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Principe de la phytothérapie : statuts des plantes et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le principe de la phytothérapie est l’usage de plantes ou de leurs extraits ; elle s’appuie surtout sur des usages traditionnels.
  • Un médicament à base de plantes, un complément alimentaire et une plante en vrac n’ont pas le même statut ni le même niveau de contrôle : seul le premier est évalué comme un médicament.
  • Un usage traditionnel repose sur l’ancienneté d’emploi, pas sur des essais cliniques démontrant l’efficacité.
  • Les plantes contiennent des substances actives : effets indésirables et interactions avec des médicaments existent, même pour des produits en vente libre.
  • Grossesse, allaitement, enfant, traitement en cours, chirurgie : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

La phytothérapie consiste à utiliser des plantes, ou des extraits de plantes, à des fins de bien-être ou de santé. Son principe est ancien, mais ses règles sont mal connues : une même plante peut être vendue sous des statuts différents, avec des niveaux de contrôle très inégaux, et « naturel » n’a jamais voulu dire « sans risque ». Cet article fait partie de notre dossier sur la phytothérapie et les usages traditionnels des plantes.

Qu’est-ce que la phytothérapie ?

Le mot vient du grec phyton, la plante, et therapeia, le soin. La phytothérapie consiste à employer des plantes ou des parties de plantes (feuilles, fleurs, racines, écorces, graines), sous forme de tisane, de poudre, d’extrait ou de gélule. Dans le cadre du bien-être, elle s’appuie principalement sur des usages traditionnels. Elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement prescrit.

Sous quelles formes utilise-t-on les plantes ?

  • Les tisanes (infusions, décoctions, macérations), généralement la forme la moins concentrée.
  • Les gélules, comprimés et poudres de plante entière ou d’extrait.
  • Les extraits liquides et les teintures.
  • Les extraits standardisés, dont la teneur en certaines substances est annoncée. Le NCCIH précise toutefois que le terme « standardisé » ne garantit pas à lui seul la qualité ni la régularité d’un produit.

Plus une forme est concentrée, plus il faut être attentif. Le NCCIH l’illustre avec le curcuma : les formulations de curcumine à forte biodisponibilité peuvent nuire au foie, et des atteintes hépatiques ont été rapportées chez des consommateurs de ces produits. Une tisane et un extrait concentré de la même plante n’appellent donc pas les mêmes précautions.

Médicament, complément ou plante en vrac : quelle différence ?

Trois situations se rencontrent couramment :

  • Le médicament à base de plantes fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché ou, pour un usage ancien, d’un enregistrement « d’usage traditionnel ». Selon l’Agence européenne des médicaments, ces produits relèvent d’un dossier de qualité complet, de bonnes pratiques de fabrication, d’une pharmacovigilance et d’exigences d’étiquetage, et la demande est instruite par une autorité nationale ou européenne.
  • Le complément alimentaire à base de plantes n’est pas évalué comme un médicament. Le NCCIH précise qu’aux États-Unis les compléments ne sont pas approuvés avant leur commercialisation et que leur contenu peut différer de l’étiquette. Le cadre français et européen diffère dans le détail ; en cas de doute sur un produit, demandez conseil à un pharmacien.
  • La plante en vrac pour infusion est généralement la forme la moins concentrée, à condition d’être correctement identifiée et de bonne qualité.

Dans tous les cas, une vente libre ne garantit pas qu’un produit convienne à tout le monde. Le NHS britannique rappelle que les produits à base de plantes ne sont pas testés comme des médicaments classiques et que tous ne sont pas sûrs ni adaptés à chacun.

Que signifie « usage traditionnel » ?

L’Agence européenne des médicaments permet d’enregistrer un médicament à base de plantes sur la base de son usage traditionnel. Les conditions : au moins 30 ans d’utilisation, dont au moins 15 dans l’Union européenne, un usage possible sans surveillance médicale, une sécurité suffisante et un effet jugé plausible. Aucun essai clinique de sécurité ni d’efficacité n’est exigé, l’évaluation reposant surtout sur des données bibliographiques. Le comité des plantes médicinales (HMPC) rédige des monographies qui décrivent ces usages et leurs conditions d’emploi.

Il faut en retenir ceci : un usage traditionnel reconnu repose sur l’ancienneté et la plausibilité, pas sur des essais cliniques démontrant l’efficacité. À titre d’exemple, pour la fleur de matricaire (camomille allemande), le HMPC a estimé que les données cliniques étaient insuffisantes, notamment faute de traitement comparateur dans les études, tout en retenant des usages traditionnels pour de petits inconforts.

Les plantes peuvent-elles provoquer des effets indésirables ?

Oui. Si une plante peut agir sur l’organisme, c’est qu’elle contient des substances actives, qui peuvent aussi provoquer des effets indésirables. Le NCCIH cite le kava : cette plante appartient à la famille du poivre, mais ses compléments peuvent provoquer des maladies du foie. Il cite aussi le curcuma sous forme de formulations à forte biodisponibilité. Face à des signes comme fatigue, nausées, perte d’appétit, urines foncées ou jaunisse, il recommande d’arrêter le produit immédiatement et de consulter. « Naturel » ne signifie donc jamais « sans risque ».

Peut-on associer plantes et médicaments ?

Pas sans précaution. Le NCCIH indique que le millepertuis peut affaiblir de nombreux médicaments, dont la pilule contraceptive, la warfarine, la ciclosporine, certains antiépileptiques, antirétroviraux et anticancéreux, et qu’il peut provoquer des effets graves avec certains antidépresseurs. Le NHS cite plus largement parmi les médicaments qui se combinent mal avec les plantes les statines, les antidépresseurs, la metformine, certains antihypertenseurs, les anticoagulants et la pilule combinée, et conseille de vérifier d’abord avec un pharmacien si l’on prend déjà un traitement.

Signalez donc toutes les plantes que vous consommez, tisanes comprises, à votre médecin et à votre pharmacien. Le NCCIH précise que certains produits peuvent augmenter le risque de saignement ou modifier la réponse à l’anesthésie : prévenez l’équipe médicale avant une intervention.

Qui doit demander un avis avant d’utiliser des plantes ?

Le NCCIH souligne que de nombreux compléments n’ont pas été testés chez les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les enfants. Le NHS déconseille les produits à base de plantes pendant la grossesse et l’allaitement et chez les personnes ayant des problèmes rénaux ou hépatiques, et ne les recommande pas chez l’enfant, faute de données suffisantes sur leur sécurité. Les personnes sous traitement, en particulier au long cours, les personnes âgées qui prennent plusieurs médicaments et celles qui doivent subir une intervention ont également intérêt à demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Les règles pratiques (identifier le produit, éviter le cumul, ne pas dépasser les indications, savoir quand arrêter) sont détaillées dans comment utiliser les plantes en toute sécurité.

Par où commencer avec les plantes ?

Pour découvrir les plantes, la tisane est généralement la forme la plus simple et la moins concentrée. Choisir ses plantes selon la saison, en faire un moment de pause : c’est souvent ainsi que commence l’intérêt pour la phytothérapie. Nous proposons des idées dans les tisanes de saison. Le rituel ne dispense pas des précautions ci-dessus.

Que faire en cas d’effet inhabituel, et où trouver un conseil fiable ?

Arrêtez la prise et parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, qui connaissent vos traitements et peuvent vérifier les interactions. Le NHS rappelle de ne jamais arrêter un médicament prescrit sans avoir parlé à son médecin, et de consulter pour des symptômes qui ne passent pas. Vous pouvez aussi déclarer l’effet sur le portail de signalement des événements sanitaires indésirables. L’Anses assure la nutrivigilance, c’est-à-dire l’examen des effets indésirables rapportés, une mission qui lui a été confiée par la loi du 21 juillet 2009. En cas de signes graves (difficulté à respirer, gonflement du visage, malaise), appelez le 15 ou le 112.

Quelles idées reçues faut-il écarter ?

  • « C’est une simple tisane, donc c’est anodin » : une infusion est souvent peu concentrée, mais certaines plantes restent déconseillées dans des situations précises.
  • « Plus c’est concentré, mieux c’est » : une forme plus concentrée augmente aussi le risque d’effets indésirables et d’interactions.
  • « Si c’est en vente libre, c’est sans danger » : la vente libre ne signifie pas qu’un produit convient à tout le monde.
  • « Les plantes peuvent remplacer un traitement » : un traitement prescrit ne doit jamais être modifié ou arrêté sans avis médical.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la phytothérapie ?

C’est l’usage des plantes ou de leurs extraits, sous forme de tisanes, gélules, extraits ou teintures. Dans le cadre du bien-être, elle s’appuie surtout sur des usages traditionnels.

La phytothérapie est-elle efficace ?

Cela dépend de la plante, de la forme et de l’usage. Un usage traditionnel repose sur l’ancienneté d’emploi, sans essais cliniques concluants exigés ; pour beaucoup de plantes, les données cliniques sont limitées ou insuffisantes.

Quelle différence entre un médicament à base de plantes et un complément ?

Le médicament à base de plantes est autorisé ou enregistré après évaluation de sa qualité et de sa sécurité par une autorité. Un complément alimentaire n’est pas évalué comme un médicament avant sa mise en vente ; en cas de doute, demandez conseil à un pharmacien.

Les plantes peuvent-elles interagir avec les médicaments ?

Oui. Le millepertuis, par exemple, peut affaiblir de nombreux médicaments, dont la pilule contraceptive. Signalez toujours les plantes que vous prenez à votre médecin et à votre pharmacien.

Peut-on utiliser des plantes pendant la grossesse ?

De nombreux produits n’ont pas été testés chez les femmes enceintes ou qui allaitent. Demandez l’avis d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un pharmacien avant toute utilisation régulière.

Faut-il signaler les plantes avant une opération ?

Oui. Certains produits peuvent augmenter le risque de saignement ou modifier la réponse à l’anesthésie. Signalez tout ce que vous consommez, tisanes comprises, à l’équipe médicale, qui vous indiquera la conduite à tenir.

Pour aller plus loin

Sources

Envie d’aller plus loin ?
Découvrez comment utiliser les plantes en toute sécurité et nos idées de tisanes de saison.

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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