Mis à jour le 9 octobre 2026
- Aucune habitude ne garantit de conserver sa mémoire : l’âge reste le principal facteur de risque, mais plusieurs facteurs modifiables sont reconnus (Inserm, OMS).
- L’OMS (fiche du 3 juillet 2026) recommande de rester actif physiquement, de ne pas fumer, d’éviter l’alcool nocif, de manger équilibré, de garder un poids sain, de rester actif socialement et mentalement, et de suivre sa tension, son cholestérol et sa glycémie.
- Les pages consultées ne présentent aucun complément alimentaire (oméga-3, vitamines, ginkgo, ginseng) comme moyen démontré de prévenir la perte de mémoire.
- Des oublis peuvent aussi avoir des causes traitables : certains médicaments, stress, anxiété, dépression, alcool, manque de vitamine B12, trouble thyroïdien, apnée du sommeil (Mayo Clinic).
- Consultez un médecin si les oublis inquiètent ou gênent la vie quotidienne : des oublis occasionnels ne sont pas forcément le signe d’une maladie.
Prévenir la perte de mémoire passe surtout par la prise en charge des facteurs de risque que l’on peut modifier : activité physique, tabac, alcool, alimentation, poids, tension artérielle, glycémie, sommeil, vie sociale. À ce jour, les sources consultées ne décrivent aucune méthode qui protège à coup sûr, mais elles s’accordent sur ces leviers de santé générale.
Cet article distingue les oublis du quotidien des signes qui justifient un avis médical, présente les facteurs de risque reconnus par l’OMS et l’Inserm, et précise ce que ces sources disent, ou ne disent pas, des compléments alimentaires et des jeux de stimulation mentale.
Les oublis fréquents sont-ils le signe d’une maladie ?
Pas forcément. La Mayo Clinic décrit le vieillissement habituel comme des oublis occasionnels, par exemple égarer ses lunettes, qui ne perturbent ni la vie quotidienne ni le travail ni l’autonomie. Le NHS britannique ajoute que des trous de mémoire ponctuels ne sont pas nécessairement inquiétants, car le stress, la fatigue, certaines maladies et certains médicaments peuvent affecter la mémoire.
La Mayo Clinic distingue ensuite le trouble cognitif léger, un déclin net dans au moins un domaine de la pensée, plus marqué que le vieillissement normal mais sans empêcher les activités quotidiennes, et la démence. Ce dernier terme regroupe des symptômes touchant la mémoire, le raisonnement, le jugement ou le langage ; la maladie d’Alzheimer en est la cause la plus fréquente. Un trouble cognitif léger évolue souvent, mais pas toujours, vers une démence.
Peut-on vraiment prévenir la perte de mémoire ?
L’Inserm rappelle qu’il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif de la maladie d’Alzheimer et que la prévention reste, selon son dossier, une perspective encore lointaine. Adapter son hygiène de vie, notamment l’activité physique et l’alimentation, pourrait limiter le risque de développer une maladie neurocognitive : le conditionnel est celui de la source.
L’OMS souligne que le risque de démence s’accumule tout au long de la vie et que l’âge est le facteur de risque le plus fort. Certains facteurs pèsent davantage à des moments précis de l’existence. Agir sur les facteurs modifiables est donc une démarche de réduction du risque, non une garantie.
Quels facteurs de risque peut-on modifier ?
La fiche de l’OMS du 3 juillet 2026 énumère des facteurs modifiables :
- des problèmes de santé : hypertension, diabète, surpoids ou obésité, dépression, perte de la vue ou de l’audition, mauvais sommeil, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral ;
- des comportements : tabagisme, consommation nocive d’alcool, inactivité physique, isolement social, faible niveau d’instruction ;
- l’environnement : la pollution de l’air.
L’Inserm cite de son côté 14 facteurs de risque reconnus par les experts, dont plusieurs sont modifiables : faible niveau d’instruction, sédentarité, tabagisme, alcool excessif, hypertension, hypercholestérolémie, obésité, diabète, perte d’audition ou de vision, dépression, isolement social, pollution de l’air, traumatismes crâniens. Il ajoute qu’une activité professionnelle stimulante et une vie sociale active semblent retarder l’apparition des premiers symptômes et en limiter la sévérité, peut-être grâce à une « réserve cognitive ».
Que faire au quotidien pour réduire son risque ?
Pour réduire le risque, l’OMS recommande les actions suivantes :
- être physiquement actif, ne pas fumer et éviter la consommation nocive d’alcool ;
- manger sainement, de façon équilibrée, et maintenir un poids sain ;
- rester actif sur le plan social et cognitif, en essayant de nouvelles façons de stimuler son esprit ;
- suivre sa tension artérielle, son cholestérol et sa glycémie ;
- utiliser des aides auditives lorsqu’elles sont nécessaires ;
- réduire l’exposition à la pollution de l’air.
Cette liste ne comporte ni régime particulier ni aliment ciblé. La fiche de l’OMS mentionne aussi le mauvais sommeil parmi les facteurs de risque modifiables : si vos nuits sont durablement mauvaises, c’est un motif d’en parler à un professionnel de santé.
Concernant la stimulation mentale, la même fiche ne formule pas d’affirmation précise sur l’entraînement cognitif comme moyen de prévention : elle invite à rester actif intellectuellement, sans désigner une activité en particulier.
Les compléments alimentaires protègent-ils la mémoire ?
Aucune des pages consultées (OMS, Inserm, NHS, Mayo Clinic) ne présente un complément alimentaire comme moyen démontré de prévenir la perte de mémoire. Les oméga-3, les vitamines du groupe B, le ginkgo ou le ginseng, souvent cités sur internet, n’y sont pas recommandés à cet effet. Cela ne signifie pas que chacun d’eux a été étudié dans ces pages, mais qu’elles ne fournissent aucune preuve en leur faveur.
La Mayo Clinic cite en revanche un faible taux de vitamine B12 parmi les causes réversibles de troubles de la mémoire. C’est un médecin qui peut rechercher cette cause, par exemple avec une prise de sang : prendre un complément au hasard ne remplace pas ce bilan. Si vous êtes enceinte, si vous suivez un traitement ou si vous avez une maladie chronique, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant tout complément, car des interactions sont possibles.
Quelles causes d’oublis peuvent être traitées ?
La Mayo Clinic liste plusieurs causes réversibles de troubles de la mémoire :
- certains médicaments ou associations de médicaments ;
- un traumatisme crânien léger ;
- le stress, l’anxiété ou la dépression ;
- un trouble lié à l’alcool ;
- un faible taux de vitamine B12 ;
- une hypothyroïdie ;
- une tumeur ou une infection cérébrale ;
- une apnée du sommeil non traitée.
La page indique que la plupart de ces situations peuvent être prises en charge, et qu’une apnée du sommeil non traitée peut être améliorée par un traitement. Un diagnostic précoce permet de traiter les causes réversibles et, si besoin, de planifier la suite.
Quand consulter pour des troubles de la mémoire ?
Le NHS recommande de consulter un médecin lorsque la perte de mémoire affecte la vie quotidienne ou inquiète la personne ou ses proches, et en particulier lorsque l’on devient de plus en plus oublieux après 65 ans. L’Inserm indique que des oublis inhabituels, qui inquiètent la personne ou son entourage et gênent la vie quotidienne, justifient une consultation chez un médecin généraliste, un neurologue, un gériatre ou un psychiatre, et que des consultations mémoire existent pour l’évaluation.
L’OMS énumère des signes d’alerte possibles :
- oublier des événements récents ou perdre des objets ;
- se perdre en marchant ou en conduisant, ou être confus même en lieu familier ;
- perdre la notion du temps ;
- avoir du mal à résoudre des problèmes, à prendre des décisions, à suivre une conversation ou à trouver ses mots ;
- avoir des difficultés pour des tâches familières.
Pour la consultation, la Mayo Clinic conseille de venir avec un proche, de préparer la liste des médicaments et compléments pris, et de s’attendre à des questions sur l’alcool, les chutes ou chocs à la tête récents, l’humeur et les événements stressants. L’évaluation peut comprendre un examen physique, des tests de réflexion, des analyses de sang et une imagerie cérébrale.
Questions fréquentes
Le café protège-t-il la mémoire ?
Selon l’Inserm, des études épidémiologiques associent une consommation régulière de café à moins de troubles cognitifs. Ces études ne prouvent pas un lien de cause à effet : elles ne permettent pas de recommander le café comme moyen de prévention.
Les mots croisés et les jeux de logique empêchent-ils de perdre la mémoire ?
La fiche de l’OMS invite à rester actif sur le plan cognitif et à essayer de nouvelles façons de stimuler son esprit, mais ne formule pas d’affirmation précise sur l’entraînement cognitif comme moyen de prévention. Aucune activité n’est désignée comme protectrice.
Perdre ses clés ou oublier un prénom est-il inquiétant ?
Des oublis occasionnels ne sont pas nécessairement alarmants, indique le NHS : le stress, la fatigue, certaines maladies et certains médicaments peuvent affecter la mémoire. Un avis médical se justifie si les oublis gênent la vie quotidienne ou inquiètent.
Que se passe-t-il lors d’une consultation pour troubles de la mémoire ?
D’après la Mayo Clinic, le médecin pose des questions sur les médicaments, l’alcool, les chutes, l’humeur et le stress, et peut prescrire un examen physique, des tests de réflexion, des analyses de sang et une imagerie cérébrale. Venir accompagné d’un proche peut aider.
La fatigue ou le stress peuvent-ils expliquer des oublis ?
Oui, ces facteurs peuvent affecter la mémoire selon le NHS, et la Mayo Clinic cite le stress, l’anxiété et la dépression parmi les causes réversibles de troubles de la mémoire. Si les oublis persistent, un médecin peut en chercher la cause.
Faut-il prendre des vitamines pour la mémoire ?
Les pages consultées ne recommandent aucun complément pour prévenir la perte de mémoire. La Mayo Clinic cite un faible taux de vitamine B12 comme cause réversible de troubles de la mémoire : seul un médecin peut le rechercher et décider d’une supplémentation.
Pour aller plus loin
- Maladie d’Alzheimer : symptômes, diagnostic, stades et prise en charge
- Concentration et mémoire : solutions naturelles et niveau de preuve
- Prévenir la dégénérescence maculaire : ce que l’on sait
- Prévenir le diabète de type 2 : hygiène de vie et suivi médical
Sources
- OMS : Démence (fiche d’information, 3 juillet 2026) — facteurs de risque modifiables, actions de réduction du risque, signes d’alerte
- Inserm : Maladie d’Alzheimer (dossier) — prévention, 14 facteurs de risque, café, premiers signes et quand consulter
- NHS : Dementia, about dementia — quand consulter pour des troubles de la mémoire
- Mayo Clinic : Memory loss, when to seek help — oublis du vieillissement, causes réversibles, consultation
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

