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Qi gong et tai-chi : pratique, niveau de preuve et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le qi gong et le tai-chi sont des pratiques voisines qui associent postures, mouvements doux, concentration, respiration et relaxation (NCCIH) ; le tai-chi est né en Chine comme art martial (Harvard Health).
  • Niveau de preuve : le tai-chi peut améliorer l’équilibre et la stabilité chez les personnes âgées, et, selon certaines études, réduire les chutes. Pour la douleur, l’anxiété ou le sommeil, les résultats sont plus limités ou hétérogènes.
  • Le qi gong est moins étudié que le tai-chi ; les notions d’énergie et de méridiens ne sont pas évaluées par les sources consultées.
  • Ces pratiques paraissent sûres et provoquent, au plus, de légères courbatures ; elles ne remplacent ni un traitement ni un suivi médical.
  • Demandez l’avis de votre médecin si vous avez un problème musculo-squelettique limitant, des vertiges ou un traitement qui en provoque, ou si vous êtes enceinte.

Le qi gong et le tai-chi se reconnaissent à leurs mouvements lents et enchaînés, souvent pratiqués en groupe. Ils sont aujourd’hui proposés dans des associations, des centres de loisirs et parfois des structures de santé. Que sait-on vraiment de leurs effets, et comment les aborder avec discernement ?

Cet article s’appuie sur trois sources : le NCCIH, institut américain de santé consacré aux approches complémentaires, Harvard Health et le CDC. Il s’inscrit dans notre dossier sur l’activité physique au service du bien-être.

Qu’est-ce que le qi gong et le tai-chi ?

Le NCCIH décrit le tai-chi et le qi gong comme des pratiques corps-esprit anciennes et apparentées. Elles associent certaines postures et des mouvements doux à la concentration mentale, à la respiration et à la relaxation, et peuvent se pratiquer en marchant, debout ou assis. Le tai-chi se distingue du qi gong par le fait que, pratiqué rapidement, ses mouvements peuvent servir au combat ou à l’autodéfense.

Harvard Health précise que le tai-chi est né en Chine comme art martial. Il se pratique en suivant des séquences nommées, avec une respiration naturelle et une attention portée aux sensations du corps. Les mouvements sont circulaires et jamais forcés, les muscles restent détendus et les articulations ne sont pas complètement étendues ou fléchies. La publication parle de « méditation en mouvement » et estime que la pratique peut s’adapter à presque tout le monde, des personnes en forme à celles qui sont en fauteuil roulant ou en convalescence après une opération.

Qu’en est-il de l’énergie (qi) et des méridiens ?

Les enseignants évoquent souvent le qi, les méridiens ou l’équilibre entre yin et yang. Ces notions appartiennent à la tradition chinoise et donnent un cadre symbolique à la pratique. Les sources consultées décrivent ces pratiques par ce qui est observable (postures, mouvements, respiration, concentration) et n’évaluent pas l’existence d’une énergie circulant dans des méridiens. Les études citées mesurent des effets comme l’équilibre ou la douleur, sans reposer sur ces explications : vous pouvez les voir comme des images pour vous concentrer, sans y chercher une explication médicale.

Que dit la recherche sur ses effets ?

Selon le NCCIH, le tai-chi peut améliorer l’équilibre et la stabilité chez les personnes âgées et chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Il pourrait réduire la douleur liée à l’arthrose du genou, aider à mieux vivre avec un mal de dos, et le tai-chi comme le qi gong pourraient atténuer la douleur de la fibromyalgie. Pour l’anxiété, les deux pratiques peuvent avoir un intérêt psychologique, mais les différences de méthodes entre les études empêchent de tirer des conclusions fermes. Le NCCIH note que le tai-chi a été plus étudié que le qi gong, dont les résultats sont, par exemple, mitigés pour la douleur chronique de la nuque.

Harvard Health rapporte que le tai-chi améliore l’équilibre et, selon certaines études, réduit les chutes, ainsi que la peur de tomber, qui augmente elle-même le risque de chute. La publication ajoute qu’une pratique régulière peut apporter un gain de force musculaire, parfois comparable à celui d’un entraînement de résistance ou de la marche rapide, et de souplesse, avec une certaine sollicitation du cœur et de la respiration, inférieure à celle d’un exercice cardio plus intense.

La page du NCCIH consultée date d’octobre 2016 et s’appuie sur des références de 2009 à 2015 ; la publication de Harvard Health porte la date d’avril 2026. Dans les deux cas, ces pratiques complètent une activité physique régulière sans qu’on puisse leur attribuer un effet spécifique sur une maladie.

Le tai-chi est-il utile pour l’équilibre après 65 ans ?

Le CDC recommande aux adultes de 65 ans et plus, chaque semaine, 150 minutes d’activité d’intensité modérée, du renforcement musculaire au moins deux jours et des activités qui améliorent l’équilibre, en citant par exemple marcher talon-pointe ou se lever d’une chaise. Cette page du CDC ne mentionne pas le tai-chi. Le tai-chi est l’une des façons de travailler l’équilibre, d’après Harvard Health et le NCCIH, mais pas la seule.

Si vous vous sentez instable, que vous avez déjà chuté ou que vous craignez de tomber, parlez-en à votre médecin : il pourra rechercher la cause et vous orienter vers un programme adapté.

Comment débuter ?

Harvard Health suggère de commencer par une forme courte, surtout si l’on est âgé ou peu en forme, et de suivre si possible un cours : la plupart des enseignants acceptent que l’on assiste d’abord à une séance. La publication recommande des vêtements amples et des chaussures à semelle antidérapante qui permettent encore de sentir le sol ; les chaussures de course sont généralement peu adaptées. Les programmes pour débutants durent en général au moins 12 semaines, à raison d’une ou deux séances par semaine, complétées par une pratique à la maison.

Le NCCIH précise que l’apprentissage par vidéo ou par livre n’est pas un moyen fiable de vérifier que les mouvements sont exécutés correctement et sans risque. Si vous reprenez une activité après une longue période d’inactivité, notre article pour se remettre en mouvement après une longue période sédentaire donne des repères de progression, et des étirements réguliers pour entretenir sa souplesse peuvent compléter la pratique.

Comment choisir son enseignant et son cours ?

Aux États-Unis, le NCCIH indique que les enseignants de tai-chi n’ont pas besoin de licence, qu’aucune réglementation ne s’applique à cette pratique et qu’il n’existe pas de norme nationale pour la certification en qi gong. Harvard Health écrit de même qu’il n’existe pas de formation ou d’habilitation standard pour les enseignants de tai-chi. Ces constats concernent les États-Unis ; nous n’avons pas pu vérifier la situation en France sur une page officielle.

Les deux sources conseillent de demander des recommandations à des proches ou à un professionnel de santé, de vérifier la formation et l’expérience de l’enseignant, et de chercher quelqu’un qui tienne compte de votre état de santé, de votre coordination et de votre forme. Un discours qui promet de guérir une maladie ou qui incite à interrompre un traitement doit vous alerter : aucune source consultée n’étaye de tels effets.

Quelles précautions prendre et quand consulter ?

Le NCCIH juge le tai-chi et le qi gong apparemment sûrs, et cite une revue indiquant qu’ils risquent peu de causer une blessure grave mais peuvent entraîner de légères douleurs ou courbatures. Il recommande aux femmes enceintes d’en parler à leur professionnel de santé avant de commencer. Harvard Health conseille de consulter son équipe médicale avant de débuter en cas de problème musculo-squelettique limitant, de maladie, ou de médicament provoquant des vertiges ou des étourdissements.

Arrêtez la pratique et prenez un avis médical en cas de douleur vive, de vertige ou de malaise. Informez tous vos professionnels de santé de ces pratiques, comme le recommande le NCCIH, et ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre qi gong et tai-chi ?

Selon le NCCIH, ce sont des pratiques apparentées ; le tai-chi s’en distingue car, pratiqué rapidement, ses mouvements peuvent servir au combat. Harvard Health précise qu’il est né en Chine comme art martial.

Le tai-chi améliore-t-il l’équilibre et réduit-il les chutes ?

Harvard Health indique que le tai-chi améliore l’équilibre et que, selon certaines études, il réduit les chutes. Le NCCIH le dit utile pour l’équilibre et la stabilité des personnes âgées.

L’énergie qi existe-t-elle scientifiquement ?

Les sources consultées n’évaluent pas l’existence d’une énergie circulant dans des méridiens. Elles décrivent la pratique par les postures, les mouvements, la respiration et la concentration.

Combien de temps faut-il pratiquer pour débuter ?

Harvard Health indique que les programmes pour débutants durent en général au moins 12 semaines, à raison d’une ou deux séances par semaine, avec une pratique à la maison. Aucune durée d’effet garantie n’est établie.

Peut-on pratiquer pendant la grossesse ?

Le NCCIH recommande aux femmes enceintes d’en parler à leur professionnel de santé avant de commencer. Prévenez aussi l’enseignant pour que les postures soient adaptées.

Ces pratiques remplacent-elles un traitement ?

Non. Harvard Health les présente en complément des soins habituels et le NCCIH recommande d’informer tous vos professionnels de santé. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.

Pour aller plus loin

Sources

Envie d’aller plus loin ?
Complétez ces pratiques avec des étirements simples pour gagner en souplesse, ou découvrez comment reprendre une activité en douceur quand on est sédentaire.

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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