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Nature et santé mentale : ce que disent les études

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Les revues scientifiques et l’OMS Europe décrivent une association positive entre espaces verts et santé mentale, avec un niveau de preuve jugé modéré pour les espaces verts et limité pour les espaces bleus (mer, rivières).
  • Les études expérimentales montrent un effet causal de l’exposition à la nature sur l’humeur à court terme ; les bénéfices à long terme sont moins bien établis.
  • Une grande enquête anglaise associe au moins 120 minutes par semaine en nature à une meilleure santé et à un meilleur bien-être déclarés, mais cette étude ne permet pas d’établir de causalité.
  • Aucune des sources consultées ne montre que la nature permette de traiter une maladie : elle peut accompagner l’hygiène de vie, sans remplacer une prise en charge médicale ou psychologique.
  • Si le stress ou l’anxiété submergent, durent ou gênent le quotidien, consulter un médecin ou un psychologue reste la démarche à privilégier.

Passer du temps dans un parc, une forêt ou au bord de l’eau est associé à un meilleur bien-être mental, mais cette association ne signifie pas que la nature traite une maladie. Sur le thème nature et santé mentale, les études disponibles décrivent un lien positif avec l’humeur, le stress et le sommeil ; elles sont plus prudentes sur la durée des effets, sur la quantité utile et sur les mécanismes en jeu.

Cet article reprend ce que disent les sources scientifiques et institutionnelles, avec leurs limites, puis rappelle quand une aide professionnelle est préférable à une simple promenade.

Que disent les études sur la nature et la santé mentale ?

Une revue publiée en 2019 dans Science Advances, rédigée par un groupe multidisciplinaire d’une vingtaine d’auteurs, établit trois constats. D’abord, l’expérience de la nature est associée à des émotions plus positives, à un sentiment de bonheur, de cohésion sociale et de sens, ainsi qu’à une meilleure attention, mémoire et fonction cognitive. Ensuite, elle est liée à un meilleur sommeil et à un stress plus faible, deux facteurs de risque de troubles mentaux ; certaines études relient aussi les espaces verts à des taux plus bas de dépression et d’anxiété. Enfin, l’urbanisation, le temps passé en intérieur et devant les écrans réduisent le contact régulier avec la nature.

L’OMS Europe, dans un rapport de juillet 2021 fondé sur deux revues systématiques, conclut à une relation globalement positive entre espaces verts et bleus et santé mentale. Le niveau de preuve est qualifié de modéré pour les espaces verts, avec des résultats variables selon les types d’espaces, et de limité pour les espaces bleus, faute d’études de qualité suffisante. Le rapport précise qu’aucun type d’espace vert ne constitue la solution idéale pour tous, partout et à tout moment.

La nature réduit-elle le stress et améliore-t-elle l’humeur ?

C’est l’effet le mieux établi. Selon la revue de Science Advances, des études expérimentales montrent que l’exposition à la nature améliore de façon causale l’humeur à court terme. Un rapport de l’OMS Europe de 2016 indique que les espaces verts urbains (parcs, aires de jeux, verdure autour des habitations) peuvent favoriser la détente psychologique et l’atténuation du stress. Il évoque aussi un effet possible sur la cohésion sociale, et une moindre exposition à la pollution de l’air, au bruit et à la chaleur excessive.

La nuance vient de la durée. La même revue précise qu’il est moins bien établi que ces changements d’humeur de courte durée se traduisent par des bénéfices à long terme sur la santé mentale, et que la durée des bénéfices reste à clarifier. Une promenade peut donc faire du bien sur le moment ; cela ne prouve pas qu’elle protège durablement contre un trouble.

Combien de temps faut-il passer dehors pour en tirer un bénéfice ?

Il n’existe pas de prescription validée. L’étude la plus souvent citée est une enquête transversale menée auprès d’environ 19 800 adultes en Angleterre (White et coll., Scientific Reports, 2019). Les personnes qui déclaraient passer au moins 120 minutes par semaine dans des espaces naturels avaient plus de chances de se dire en bonne santé et d’avoir un bon niveau de bien-être que celles qui n’y passaient aucun temps ; en dessous de ce seuil, aucune association n’apparaissait. Les bénéfices semblaient plafonner entre 200 et 300 minutes par semaine, et le fait de répartir ce temps en une longue sortie ou en plusieurs courtes ne semblait pas changer le résultat. Ces associations se retrouvaient chez les personnes âgées et chez les personnes atteintes de maladies de longue durée.

Les auteurs eux-mêmes invitent à la prudence : le seuil de 120 minutes est présenté comme indicatif et pourrait en partie refléter la tendance des répondants à arrondir à l’heure. Surtout, l’étude est transversale, donc elle ne peut pas établir que la nature améliore la santé : des personnes en meilleure santé peuvent simplement sortir davantage. Le temps passé en nature n’expliquait qu’environ 1 % des différences de santé ou de bien-être. Il s’agit d’un repère, pas d’une recommandation de santé.

Est-ce la nature ou l’activité physique qui fait du bien ?

Les deux sont liées, et les études ne permettent pas toujours de les séparer. L’enquête anglaise a tenu compte de l’activité physique, qui pourrait toutefois expliquer en partie le lien observé. L’OMS Europe relève que les espaces verts urbains favorisent l’activité physique.

Or les bénéfices de l’activité physique sont mieux documentés. Selon l’OMS (fiche de juin 2024), l’activité physique régulière réduit les symptômes de dépression et d’anxiété et améliore la santé mentale, la santé cognitive et le sommeil ; l’organisation recommande au moins 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine chez l’adulte. La Mayo Clinic indique que presque toute forme d’activité peut aider à relâcher le stress, y compris la marche et le jardinage, parce qu’elle stimule les substances cérébrales liées à l’humeur et recentre l’attention sur le corps. Marcher dehors combine donc probablement plusieurs leviers, sans que l’on sache quelle part revient à l’environnement lui-même.

Peut-on parler de « guérison » ou de thérapie par la nature ?

Non, pas au sens médical. Aucune des sources ouvertes pour cet article ne montre que le contact avec la nature permette de traiter une maladie, physique ou psychique. Les revues décrivent des associations et des effets à court terme sur l’humeur ; elles précisent que les mécanismes (réduction du stress, cohésion sociale, activité physique, restauration de l’attention) sont encore incomplètement compris, que l’on ignore largement quelles caractéristiques de la nature comptent le plus, et que les effets de la nature doivent être distingués de déterminants sociaux et environnementaux plus puissants.

Les pratiques parfois présentées comme des thérapies, comme l’écothérapie, les bains de forêt ou les jardins thérapeutiques, n’ont pas été évaluées dans les sources que nous avons ouvertes : nous ne pouvons donc pas en apprécier l’efficacité. Retenez surtout qu’un temps régulier dehors est une habitude de vie favorable au bien-être, compatible avec un suivi médical et psychologique, jamais un substitut. L’arrêt ou le remplacement d’un traitement en cours ne doit se décider qu’avec le médecin qui l’a prescrit.

Quand faut-il demander de l’aide plutôt que de compter sur une promenade ?

La Mayo Clinic recommande d’envisager une thérapie ou un accompagnement psychologique dans plusieurs situations :

  • de nouvelles sources de stress rendent difficile de faire face, ou les mesures d’hygiène de vie ne soulagent pas le stress ;
  • vous vous sentez dépassé ou piégé ;
  • vous vous inquiétez beaucoup ;
  • vous avez du mal à assurer vos activités quotidiennes ou vos responsabilités au travail, à la maison ou à l’école.

Dans ces cas, parlez-en à votre médecin traitant, qui pourra évaluer la situation et vous orienter. Les promenades, le jardinage ou le temps passé dehors restent des appuis possibles, en plus d’un suivi adapté, mais ils ne constituent pas une prise en charge. Si vous avez des idées noires, ne restez pas seul : contactez rapidement un médecin ou les services d’urgence.

Questions fréquentes

Un parc urbain suffit-il, ou faut-il aller en forêt ?

Selon l’OMS Europe (2021), aucun type d’espace vert n’est le meilleur pour tous, partout et à tout moment. Le rapport de 2016 inclut dans les espaces verts urbains les parcs, les aires de jeux et la verdure autour des habitations. Le choix dépend donc surtout de ce qui est accessible et agréable pour vous.

La mer ou une rivière ont-elles les mêmes effets que la forêt ?

Les données sont plus limitées. L’OMS Europe juge le niveau de preuve limité pour les espaces bleus (mer, rivières, lacs), faute d’études de qualité suffisante. On ne peut donc pas conclure qu’ils soient plus ou moins bénéfiques que les espaces verts.

Les effets de la nature sur l’humeur durent-ils ?

On ne le sait pas encore précisément. Selon la revue de Science Advances (2019), les effets à court terme sur l’humeur sont bien établis, mais il est moins certain qu’ils se traduisent par des bénéfices durables, et la durée des bénéfices reste à préciser.

La nature peut-elle améliorer le sommeil ?

La revue de Science Advances relie l’expérience de la nature à un meilleur sommeil et à un stress plus faible, mais il s’agit d’associations observées, pas d’un traitement de l’insomnie. Si les troubles du sommeil durent ou retentissent sur votre journée, consultez un médecin.

Les personnes qui ont une maladie chronique peuvent-elles en profiter ?

L’enquête anglaise de 2019 retrouve les mêmes associations chez les personnes atteintes de maladies de longue durée, mais sans pouvoir établir de causalité. Adaptez toute sortie à votre état et demandez l’avis de votre médecin avant de modifier votre activité.

La marche et le jardinage comptent-ils pour réduire le stress ?

Oui. La Mayo Clinic indique que presque toute forme d’activité physique peut aider à relâcher le stress, la marche et le jardinage étant cités parmi les exemples. Choisissez une activité que vous pouvez répéter facilement dans la durée.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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