Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le contact avec la nature ne se limite pas à la forêt : parcs, jardins, bords d’eau ou arbres visibles depuis une fenêtre en font partie.
- Deux revues systématiques résumées par l’OMS Europe montrent une relation globalement positive entre les espaces verts et bleus et la santé mentale. Les résultats varient selon les types d’espaces, et aucun « modèle idéal » ne s’impose.
- Pour les espaces bleus (littoral, lacs, rivières), peu d’études de bonne qualité étaient disponibles : l’OMS Europe n’a pas pu en tirer de conclusions fermes.
- Sortir expose à des risques à connaître : tiques (y compris dans son jardin), rayons ultraviolets et pollens pour les personnes allergiques.
- Le contact avec la nature est une habitude de bien-être, pas une prise en charge : une souffrance psychologique durable justifie de consulter un médecin.
Le contact avec la nature est associé à une meilleure santé mentale dans l’ensemble de la littérature scientifique, mais la force de ce lien dépend du type d’espace et de la qualité des études. C’est la conclusion de deux revues systématiques résumées en 2021 par le bureau régional de l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet article reprend ce qu’elles disent, propose des idées simples pour la ville et la campagne, et rappelle les précautions utiles.
Il complète notre panorama des techniques et pratiques utilisées en naturopathie.
De quoi parle-t-on quand on évoque le contact avec la nature ?
Les chercheurs distinguent les espaces verts (parcs, jardins, bois, prairies) et les espaces bleus (littoral, lacs, rivières, canaux). Le contact peut être très variable : regarder un paysage, passer du temps dehors sans objectif précis, ou agir, par exemple en jardinant. Cette vision large rend le sujet accessible à presque tout le monde : un arbre devant la fenêtre ou une halte dans un square comptent aussi.
Que disent les études sur la nature et la santé mentale ?
Le rapport de l’OMS Europe de 2021 s’appuie sur deux revues systématiques. Il conclut qu’elles ont « démontré la relation positive globale » entre les espaces verts et bleus et la santé mentale, sur un large éventail de dimensions de celle-ci. L’OMS Europe nuance toutefois : les résultats sont variés selon les types d’espaces verts et leurs caractéristiques, et il n’existe pas de type d’espace ou de caractéristique qui serait un « étalon-or » pour les bénéfices en santé mentale.
Pour les espaces bleus, le rapport indique que peu d’articles de bonne qualité étaient disponibles, avec peu de variations systématiques dans le type d’exposition. Cela a empêché de formuler des conclusions et des recommandations fermes. Ce constat invite à la modestie : le lien est plausible et cohérent, mais il ne permet pas de promettre un effet précis.
Association ne veut pas dire cause : quelles limites ?
Une relation positive observée dans des études ne prouve pas à elle seule un effet de cause à effet. Les personnes qui fréquentent beaucoup les espaces naturels peuvent différer des autres par leur situation, leurs habitudes ou leur état de forme, et le sens de la relation peut s’inverser : on sort plus volontiers quand on se sent bien. Ces explications possibles relèvent du raisonnement général sur les études d’observation ; les sources consultées ne les détaillent pas pour ce sujet.
Retenez surtout que le contact avec la nature est un geste de bien-être accessible, apprécié par beaucoup, et sans risque particulier lorsqu’on respecte quelques précautions. Il ne constitue ni un traitement ni une garantie de santé.
Que dit la naturopathie du contact avec la nature ?
En naturopathie, le contact avec la nature est présenté comme un élément d’hygiène de vie, aux côtés de l’alimentation, du mouvement et du sommeil. Certains praticiens parlent de « reconnexion » ou de « vitalité » : ce sont des notions propres à cette approche, que les sources scientifiques consultées ne démontrent pas.
D’autres prolongent ce lien au végétal avec des élixirs floraux, comme les fleurs de Bach, dont nous détaillons l’origine et les limites. La revue systématique d’Ernst (2010) conclut que les essais cliniques les plus fiables ne montrent aucune différence entre les élixirs floraux et un placebo. Mieux vaut retenir ce qui est concret : sortir, regarder, bouger.
Comment multiplier les occasions de nature en ville ?
Vivre en ville n’empêche pas de côtoyer le vivant. Quelques pistes, qui relèvent de l’idée pratique et non de recommandations officielles :
- modifier son trajet pour traverser un parc, longer un canal ou une rue arborée ;
- prendre sa pause à l’ombre d’un arbre plutôt que devant un écran ;
- cultiver quelques plantes aromatiques ou fleurs sur un balcon ou un rebord de fenêtre ;
- rejoindre un jardin partagé, souvent proposé par les communes ou des associations de quartier ;
- observer ce qui vit près de chez soi : oiseaux, arbres qui changent au fil des saisons, ciel du soir.
Quand on ne peut pas sortir (maladie, mobilité réduite, météo), une fenêtre ouverte sur un arbre ou un fauteuil placé face à la lumière du jour permettent de garder un lien avec l’extérieur. Certaines personnes aiment aussi évoquer mentalement un paysage aimé, comme le proposent les exercices de relaxation et de visualisation guidée, dont les bénéfices restent à ce jour limités.
Comment en profiter à la campagne, et au jardin ?
Vivre au milieu de la verdure ne garantit pas d’en profiter : on peut passer ses journées en voiture ou devant un écran. L’idée est de ménager des moments dédiés, même courts : un tour du jardin le matin, un potager entretenu sans viser le rendement, une halte au bord d’un ruisseau. Le jardinage est aussi une activité physique : alternez les postures, pliez les genoux plutôt que le dos et faites des pauses.
Le jardin est aussi un lieu où l’on peut croiser des tiques. Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) précise que beaucoup de personnes se font piquer dans leur propre jardin ou leur voisinage, et que ces animaux vivent dans les zones herbeuses, broussailleuses ou boisées, ou sur des animaux.
Comment se protéger des tiques ?
Après un séjour dans la végétation, le CDC recommande un contrôle complet du corps au retour, avec un miroir pour les zones difficiles à voir : sous les bras, derrière les genoux, autour des cheveux, dans le nombril. Se doucher peu après être rentré peut aider à éliminer les tiques non encore fixées. Vérifiez aussi les vêtements, le matériel et les animaux de compagnie.
Pour retirer une tique, saisissez-la au plus près de la peau avec une pince fine propre, puis tirez droit, d’un mouvement régulier, sans tordre ni secouer, car cela peut laisser des parties de la tique dans la peau. Nettoyez ensuite la zone et vos mains à l’eau et au savon, à l’alcool ou avec un gel hydroalcoolique, et ne l’écrasez pas avec les doigts. Si une éruption ou de la fièvre apparaît dans les semaines qui suivent, consultez un médecin et mentionnez la piqûre, sa date et le lieu probable de contamination.
Quelles précautions prendre face au soleil ?
Le temps passé dehors expose aux rayons ultraviolets (UV). L’OMS rappelle que les UV sont cancérogènes pour l’être humain et que les coups de soleil pendant l’enfance augmentent le risque de cancer de la peau plus tard. Ses conseils : limiter le temps passé au soleil en milieu de journée, chercher l’ombre, porter des vêtements couvrants et un chapeau à larges bords, protéger les yeux avec des lunettes de soleil enveloppantes offrant une protection de 99 à 100 % contre les UV-A et UV-B, et utiliser une crème solaire à large spectre sur les zones qui ne peuvent pas être couvertes.
La crème solaire est un complément de l’ombre et des vêtements, pas une façon de prolonger l’exposition. L’OMS recommande de se protéger lorsque l’indice UV atteint 3 ou plus, et de ne pas recourir aux cabines de bronzage.
Que faire si l’on est allergique aux pollens ?
Pour les personnes allergiques, les sorties peuvent être inconfortables. Selon le Service national de santé britannique (NHS), les symptômes du rhume des foins sont généralement plus marqués entre fin mars et septembre, période où les concentrations de pollens sont les plus élevées. Pour limiter l’exposition, le NHS conseille de se doucher et de changer de vêtements après une sortie, d’éviter de tondre ou de marcher sur l’herbe, de garder fenêtres et portes fermées autant que possible, de ne pas faire sécher le linge dehors et de porter des lunettes enveloppantes ou un chapeau à larges bords. Il invite aussi à consulter les prévisions polliniques : renseignez-vous sur celles de votre région.
Votre pharmacien peut vous conseiller sur les traitements disponibles. Consultez un médecin si les symptômes s’aggravent ou ne s’améliorent pas avec les médicaments délivrés en pharmacie.
Quelles sont les limites, et quand consulter ?
Le contact avec la nature est une habitude de bien-être, pas une prise en charge. Il ne remplace ni un suivi médical ni un accompagnement psychologique. Une fatigue qui persiste, un sommeil durablement perturbé, une anxiété envahissante ou une tristesse profonde doivent conduire à consulter un professionnel de santé, en commençant par votre médecin traitant. En cas de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement à toute heure.
Si vous avez une maladie chronique, êtes enceinte ou prenez un traitement qui rend la peau sensible au soleil, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien quelles précautions adopter pour vos activités en extérieur.
Questions fréquentes
Le contact avec la nature a-t-il des effets démontrés ?
Deux revues systématiques résumées par l’OMS Europe en 2021 montrent une relation positive globale entre espaces verts et bleus et santé mentale. Les résultats varient selon les espaces, et ces travaux ne permettent pas de promettre un effet précis.
Faut-il habiter à la campagne pour en profiter ?
Non. Un parc, un jardin partagé, une rue arborée ou quelques plantes sur un balcon offrent déjà un contact avec le vivant. L’OMS Europe ne retient d’ailleurs aucun type d’espace comme référence idéale pour la santé mentale.
Regarder la nature par la fenêtre, est-ce utile ?
Beaucoup de personnes trouvent cela apaisant, et c’est une option précieuse quand on ne peut pas sortir. Les sources consultées ne chiffrent pas cet effet, mais l’habitude ne présente aucun risque particulier.
Peut-on attraper des tiques dans son jardin ?
Oui. Le CDC indique que beaucoup de personnes se font piquer dans leur propre jardin ou leur voisinage. Après une activité dans les herbes, contrôlez votre corps et retirez toute tique avec une pince fine, en tirant droit.
Comment profiter de la nature quand on est allergique aux pollens ?
Selon le NHS, se doucher et changer de vêtements après une sortie, éviter de tondre ou de marcher sur l’herbe et ne pas faire sécher le linge dehors aident à limiter l’exposition. Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin si les symptômes vous gênent.
La nature peut-elle remplacer un suivi psychologique ?
Non. Elle peut accompagner des moments de détente, mais une anxiété ou une tristesse qui dure justifie de consulter un médecin ou un psychologue.
Pour aller plus loin
- Contact avec la nature et santé : ce que disent les études
- Nature et santé mentale : ce que disent les études
- Sylvothérapie : bain de forêt, ce que disent les études, précautions
- Marche en nature : ce que disent les sources, et précautions
Sources
- OMS Europe : Green and blue spaces and mental health (2021) — relation globalement positive entre espaces verts et bleus et santé mentale ; résultats variés ; peu d’études de qualité sur les espaces bleus
- CDC (États-Unis) : Preventing tick bites — habitat des tiques (y compris le jardin), contrôle du corps après une sortie
- CDC (États-Unis) : After a tick bite — retrait d’une tique avec une pince fine, nettoyage, surveillance d’une éruption ou de fièvre
- OMS : Ultraviolet radiation (fiche d’information) — protection solaire (ombre, vêtements, chapeau, lunettes, crème), risques des UV, indice UV supérieur ou égal à 3
- NHS (Royaume-Uni) : Hay fever — période des symptômes, gestes pour limiter l’exposition aux pollens, quand consulter
- Ernst E. : Bach flower remedies: a systematic review of randomised clinical trials, Swiss Medical Weekly, 2010 — les essais les plus fiables ne montrent pas de différence entre les élixirs floraux et un placebo
Découvrez comment s’initier à la relaxation et à la visualisation et ce qu’il faut savoir sur les fleurs de Bach et leurs limites.
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

