Mis à jour le 9 octobre 2026
- Pendant la grossesse, un complément n’est utile que s’il répond à un besoin précis ; il complète l’alimentation sans la remplacer (Mayo Clinic), et son choix se discute avec un médecin ou une sage-femme.
- L’acide folique (vitamine B9) est le complément le plus consensuel : la HAS recommande une supplémentation en folates pour prévenir les anomalies de fermeture du tube neural, idéalement dès le projet de grossesse.
- Fer, calcium, vitamine D et oméga-3 sont évoqués par les sources, mais leur supplémentation se décide au cas par cas, selon l’alimentation et le suivi médical.
- Certains produits sont à éviter ou à discuter : vitamine A en excès (suppléments à base de rétinol, huile de foie de morue), plantes et huiles essentielles, dont certaines contiennent des substances neurotoxiques (ANSM).
- « Naturel » ne signifie pas sans danger : même un produit vendu sans ordonnance peut contenir des vitamines ou oligo-éléments contre-indiqués à forte dose pendant la grossesse (ameli).
Parmi les compléments naturels pendant la grossesse, très peu sont recommandés d’emblée, et l’acide folique est le plus consensuel. Les autres (fer, vitamine D, calcium, oméga-3) dépendent de l’alimentation, du suivi médical et parfois d’un bilan. Ce qui est vendu comme « naturel » (plantes, huiles essentielles, compléments) n’est pas pour autant sans risque pour l’enfant à naître.
Cet article reprend ce que disent l’Assurance maladie (ameli), la Haute Autorité de santé (HAS), l’ANSM, le NHS britannique et la Mayo Clinic. Il ne donne ni posologie ni marque : tout complément se choisit avec un médecin, une sage-femme ou un pharmacien.
Faut-il prendre des compléments pendant la grossesse ?
Pas systématiquement. La Mayo Clinic rappelle qu’une alimentation saine reste la meilleure source de nutriments, et que les vitamines prénatales peuvent combler d’éventuels manques pendant la grossesse ou la période de conception. Les compléments s’ajoutent à l’alimentation et ne la remplacent pas. De la même façon, ameli précise que l’alimentation seule ne suffit pas toujours pour certains apports, comme l’acide folique, d’où une supplémentation parfois prescrite par le médecin ou la sage-femme.
Raisonner en fonction de ses besoins réels évite deux écueils : se priver d’un complément qui a une justification établie (acide folique) ou en cumuler plusieurs « au cas où ». Ameli rappelle que même des produits vendus sans ordonnance peuvent contenir des vitamines ou des oligo-éléments contre-indiqués à forte dose pendant la grossesse. Parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant tout complément.
Pourquoi parle-t-on d’acide folique dès le projet de grossesse ?
L’acide folique (vitamine B9, ou folates) contribue au développement du système nerveux de l’embryon. La HAS recommande, dans son suivi de la grossesse, de prévenir les anomalies de fermeture du tube neural par une supplémentation en folates, prévue dès la première consultation de suivi, et rappelle l’intérêt d’une consultation préconceptionnelle avant la grossesse. Pour la Mayo Clinic, les anomalies du tube neural touchent le cerveau et la moelle épinière du bébé, d’où l’intérêt de commencer idéalement avant la conception.
Le moment et la durée recommandés varient selon les sources, ce qui incite à se fier à l’avis du professionnel qui vous suit : ameli et la Mayo Clinic conseillent de commencer avant la conception (de quelques semaines à plusieurs mois avant selon la source), et le NHS recommande de commencer dès que possible si la grossesse est découverte sans supplémentation préalable. Selon ameli, la HAS et le NHS, la supplémentation s’arrête au cours du premier trimestre, sans que les durées exactes soient identiques. Le NHS précise que certaines personnes ont besoin d’une dose plus élevée, prescrite par le médecin, et la Mayo Clinic cite l’exemple d’une grossesse précédente touchée par une anomalie du tube neural. La dose ne se décide donc pas seule.
Les aliments contenant des folates (légumes verts, légumineuses, certaines céréales enrichies) font partie d’une alimentation équilibrée, mais ne remplacent pas l’avis médical sur la supplémentation.
Que disent les sources sur le fer, le calcium, la vitamine D et les oméga-3 ?
Fer. Ameli indique que le fer est essentiel, en particulier en fin de grossesse, pour prévenir une carence et une anémie ; on le trouve notamment dans les légumineuses, le poisson et la viande. La Mayo Clinic le relie au développement du placenta et du fœtus et à la production de sang. Une supplémentation, si elle est nécessaire, est décidée par le médecin ou la sage-femme à partir de votre situation ; en cas de fatigue inhabituelle ou d’essoufflement, parlez-en au lieu de vous supplémenter seule.
Calcium. Ameli recommande un apport régulier de produits laitiers (hors lait cru) ou d’eaux riches en calcium. La Mayo Clinic cite le calcium avec la vitamine D pour la santé des os et des dents du bébé.
Vitamine D. Selon ameli, elle aide l’organisme à absorber le calcium ; l’organisme la fabrique grâce au soleil, et on la trouve aussi dans les poissons gras et certains produits laitiers enrichis. Le NHS recommande aux Britanniques une supplémentation pendant la grossesse, en particulier de septembre à mars, tout en avertissant qu’un excès de vitamine D peut être nocif. Il s’agit d’une recommandation britannique : en France, c’est votre médecin ou votre sage-femme qui indique s’il faut en prendre.
Oméga-3. La Mayo Clinic indique que les oméga-3 contribuent au développement du cerveau du bébé et que, si vous ne mangez ni poisson ni autres aliments qui en contiennent, votre médecin peut proposer un complément. Les sources ouvertes ne permettent pas de préciser une quantité ni un type de produit.
Quels compléments et produits naturels éviter ou discuter ?
Le NHS demande de ne pas prendre d’huile de foie de morue ni de supplément contenant de la vitamine A (rétinol), et d’éviter le foie pendant la grossesse : un excès de vitamine A pourrait nuire au bébé. Il invite à vérifier les étiquettes, y compris celles des multivitamines. La Mayo Clinic met aussi en garde contre un apport en vitamine A supérieur au besoin.
Pour les plantes, les huiles essentielles et les produits dits naturels, l’ANSM (juin 2021) rappelle qu’ils contiennent des substances actives susceptibles d’affecter l’enfant à naître et qu’il faut demander conseil à un professionnel de santé, même pour un produit présenté comme naturel. Elle cite des huiles essentielles contenant des substances neurotoxiques, comme celles de sauge ou de menthe poivrée, et des teintures-mères contenant une quantité non négligeable d’alcool. Les sources ouvertes pour cet article ne permettent pas de dresser une liste complète des plantes autorisées ou interdites.
Que privilégier avant les compléments ?
Les premières mesures de prévention concernent l’alimentation et le suivi. Ameli rappelle, pour limiter le risque de toxoplasmose si vous n’êtes pas immunisée, d’éviter la viande crue ou peu cuite, de bien laver et cuire les légumes et de se laver les mains et les ustensiles. Pour la listériose, elle recommande d’éviter notamment les fromages au lait cru, les charcuteries cuites à la coupe, les poissons fumés ou crus, les coquillages crus, le surimi, le tarama et les graines germées crues.
Ameli est aussi catégorique sur l’alcool : aucune consommation n’est sans danger pendant la grossesse. Enfin, la vaccination contre la grippe est recommandée aux femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse, et protège aussi le bébé pendant ses premiers mois.
Ces mesures ont une justification mieux établie que la plupart des compléments. Elles s’accompagnent du suivi régulier de la grossesse, qui permet au professionnel d’ajuster les recommandations.
Quand en parler à un professionnel et quand consulter ?
Idéalement avant la conception : la HAS recommande une consultation préconceptionnelle, durant laquelle le sujet de l’acide folique peut être abordé. Pendant la grossesse, parlez à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant tout complément, plante ou huile essentielle, et apportez la liste de tout ce que vous prenez, y compris les produits vendus sans ordonnance. L’ANSM insiste sur le dialogue entre la femme enceinte et un professionnel de santé avant toute prise de médicament.
Consultez rapidement si vous ressentez une fatigue inhabituelle, un essoufflement ou tout symptôme qui vous inquiète. Ne remplacez et n’arrêtez aucun traitement prescrit sans avis médical.
Questions fréquentes
Peut-on prendre un multivitamine classique quand on est enceinte ?
Pas sans vérifier. Le NHS invite à contrôler les étiquettes, y compris celles des multivitamines, car un excès de vitamine A (rétinol) pourrait nuire au bébé. Ameli rappelle que des produits vendus sans ordonnance peuvent contenir des vitamines ou oligo-éléments contre-indiqués à forte dose pendant la grossesse. Demandez conseil à un pharmacien ou à votre médecin.
Que faire si l’on ne mange pas de poisson pendant la grossesse ?
La Mayo Clinic indique que, si vous ne mangez ni poisson ni autres aliments riches en oméga-3, votre médecin peut recommander un complément. Ne choisissez pas un produit seule : les sources ouvertes ne précisent ni type ni quantité, et la qualité du produit compte.
Les tisanes et les huiles essentielles sont-elles permises pendant la grossesse ?
L’ANSM rappelle que plantes et produits dits naturels contiennent des substances actives pouvant affecter l’enfant à naître, et que certaines huiles essentielles, comme celles de sauge ou de menthe poivrée, contiennent des substances neurotoxiques. Demandez l’avis d’un professionnel de santé avant d’en utiliser.
Que faire si l’on découvre sa grossesse sans avoir pris d’acide folique ?
Le NHS conseille de commencer dès que l’on apprend sa grossesse, sans attendre. Parlez-en rapidement à votre médecin ou à votre sage-femme, qui précisera la conduite à tenir. La HAS rappelle que la supplémentation fait partie de la première consultation de suivi.
Faut-il prendre de la vitamine D toute l’année pendant la grossesse ?
Les recommandations varient selon les pays : le NHS préconise une supplémentation en particulier de septembre à mars au Royaume-Uni, et prévient qu’un excès peut être nocif. En France, ameli indique que la vitamine D aide à absorber le calcium ; votre médecin ou votre sage-femme vous dira si vous en avez besoin.
Le vaccin contre la grippe est-il recommandé pendant la grossesse ?
Oui. Selon ameli, la vaccination contre la grippe est recommandée aux femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse, et protège aussi le bébé pendant ses premiers mois. Demandez conseil à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien.
Pour aller plus loin
- Nutriments pendant la grossesse : folates, fer, calcium, vitamine D
- Compléments alimentaires : quand un avis médical est indispensable
- Plantes pendant la grossesse : lesquelles éviter ou tolérer ?
- Huiles essentielles et grossesse : pourquoi la prudence s’impose
Sources
- Assurance maladie (ameli) : Alimentation pendant la grossesse — acide folique, vitamine D, fer, calcium, aliments à éviter, alcool, précautions sur les produits vendus sans ordonnance
- HAS : Suivi et orientation des femmes enceintes (recommandation de 2016) — consultation préconceptionnelle, supplémentation en folates pour prévenir les anomalies du tube neural
- NHS : Vitamins, supplements and nutrition in pregnancy — acide folique, vitamine D, vitamine A à éviter, avis d’un professionnel (page relue le 1er septembre 2023)
- Mayo Clinic : Prenatal vitamins — rôle des vitamines prénatales, folates, fer, calcium, oméga-3, vitamine A (1er mars 2025)
- ANSM : Médicaments et grossesse (dossier de juin 2021) — automédication, produits à base de plantes, huiles essentielles, dialogue avec un professionnel
- Assurance maladie (ameli) : Grippe, prévention — vaccination recommandée pendant la grossesse (page du 25 septembre 2026)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

