Mis à jour le 9 octobre 2026
- Un adolescent a besoin d’au moins 8 heures de sommeil par nuit, et mieux vaut davantage ; en période scolaire, beaucoup en manquent 1 à 2 heures par nuit (Réseau Morphée).
- Se coucher tard est fréquent à cet âge ; l’usage d’écrans le soir retarde l’endormissement (Inserm, Réseau Morphée).
- Des repères réguliers, moins d’écrans le soir, de la lumière et de l’activité physique plutôt le matin sont les premières mesures décrites par les sources.
- Les compléments à base de mélatonine sont déconseillés aux adolescents par l’Anses, selon l’Assurance maladie ; avant tout complément ou plante, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
- Consultez en cas de somnolence dans la journée, d’angoisse, de ronflements marqués avec grande fatigue, ou si l’endormissement recule sans cesse.
Le sommeil de l’adolescent est souvent perturbé, et dans la majorité des cas, ce sont d’abord des habitudes de vie et le décalage naturel de l’horloge interne qui sont en cause. Ce n’est toutefois pas toujours le cas : un sommeil qui ne répare pas, une somnolence dans la journée ou un endormissement de plus en plus tardif justifient un avis médical.
Cet article reprend ce que disent l’Inserm, l’Assurance maladie et le Réseau Morphée sur le besoin de sommeil à cet âge, sur ses perturbations, sur les mesures d’hygiène de vie, sur la mélatonine et les compléments, et sur les signes d’alerte. Il s’adresse aux adolescents comme à leurs parents, et ne remplace pas une consultation.
De combien d’heures de sommeil un adolescent a-t-il besoin ?
Le Réseau Morphée, réseau de santé spécialisé dans le sommeil de l’enfant et de l’adolescent, indique qu’un adolescent a besoin au minimum de 8 heures de sommeil par nuit et, au mieux, de 10 heures, avec une moyenne de 9 heures pour être en forme. Vers 17-18 ans, ce besoin descend à 7 heures 30 à 8 heures. Entre 12 et 18 ans, en période scolaire, les adolescents manquent en moyenne 1 à 2 heures de sommeil par nuit.
L’Inserm rappelle que le besoin de sommeil varie beaucoup d’une personne à l’autre et que le sommeil lent profond est plus marqué pendant la croissance, jusque vers 20 ans. L’Assurance maladie donne un critère pratique : le sommeil doit être réparateur, de façon que les journées soient vécues sans fatigue.
Pourquoi les adolescents se couchent-ils et s’endorment-ils plus tard ?
Il est fréquent qu’un adolescent se couche tard : le Réseau Morphée situe l’horaire habituel vers 23 heures. Si le coucher est décalé de plus de deux heures par rapport à cet horaire, on parle de retard de phase : l’endormissement recule sans cesse, le lever devient difficile et la scolarité peut en pâtir. L’Inserm décrit ce retard de phase comme un dérèglement de l’horloge biologique.
Les écrans y contribuent. Selon l’Inserm, l’usage tardif d’écrans ou de lumière riche en lumière bleue stimule les cellules de la rétine et retarde l’endormissement. Le Réseau Morphée précise que la lumière du soir bloque la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui prépare au sommeil, et que trop de temps passé sur écrans le soir retarde les signaux de sommeil.
Quels troubles du sommeil peut-on rencontrer à l’adolescence ?
Les sources distinguent plusieurs situations, qu’une simple fatigue ne permet pas de départager :
- l’insomnie, avec des difficultés d’endormissement, des réveils ou un sommeil non réparateur ;
- le retard de phase, décrit ci-dessus, pour lequel le Réseau Morphée recommande une consultation spécialisée ;
- les pauses respiratoires et ronflements, signes qui, chez un adolescent en surpoids très fatigué le jour, justifient d’en parler au médecin selon l’Assurance maladie ;
- les comportements inhabituels pendant le sommeil, comme un somnambulisme provoquant des blessures, que l’Assurance maladie cite parmi les signes à signaler chez l’enfant.
Un trouble du sommeil peut aussi être associé à d’autres difficultés : l’Assurance maladie cite l’anxiété, la dépression, le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et la consommation de tabac, d’alcool ou de cannabis. C’est pourquoi la recherche de la cause passe par le médecin.
Quelles habitudes aident à mieux dormir ?
Les sources consultées décrivent surtout des mesures d’hygiène de vie, sans promesse de résultat :
- limiter les écrans en soirée (le Réseau Morphée propose de les éviter après 22 heures), couper les alertes du téléphone au coucher et le garder loin du lit ;
- éviter les excitants, comme l’alcool et certaines substances, ainsi qu’une activité sportive tardive, selon l’Inserm ;
- privilégier l’activité physique le matin plutôt que le soir, et sortir marcher à l’extérieur, quel que soit le temps, pour recaler l’horloge interne (Réseau Morphée) ;
- si une sieste est faite, la garder courte, en début d’après-midi et dans un endroit calme, pour ne pas gêner le sommeil du soir (Inserm).
Lorsque les difficultés persistent, l’Assurance maladie indique que le médecin peut demander de tenir un agenda de sommeil, expliquer les bonnes habitudes à adopter progressivement, souvent avec l’implication des parents, et proposer une thérapie cognitive et comportementale, avec une part éducative sur l’hygiène de vie, de l’organisation du temps passé au lit et, si besoin, de la relaxation. Un soutien psychologique remboursable peut aussi être proposé.
Mélatonine, plantes et compléments : que disent les sources ?
L’Assurance maladie indique que les médicaments à base de mélatonine ne bénéficient pas d’une autorisation pour les adolescents, sauf situations médicales particulières. Les compléments alimentaires contenant de la mélatonine sont en vente libre, mais peuvent avoir des effets indésirables et interagir avec d’autres médicaments : l’Anses recommande de les déconseiller aux adolescents. L’Assurance maladie conseille de demander l’avis de son médecin avant de prendre des compléments alimentaires et d’en parler à son pharmacien.
Pour les plantes de la relaxation ou du sommeil, aucune des sources ouvertes pour cet article ne présente de données chez l’adolescent : l’article ne les recommande donc pas. De même, l’alimentation du soir, la respiration ou la méditation sont souvent citées pour mieux dormir, mais ces sources ne les évaluent pas chez l’adolescent ; ces pratiques peuvent compléter, sans les remplacer, les mesures ci-dessus et l’avis médical.
Quand consulter pour le sommeil d’un adolescent ?
Selon l’Assurance maladie, il est conseillé de voir un médecin notamment si l’adolescent :
- s’endort spontanément dans la journée, ou est angoissé, déprimé ou très fatigué le jour ;
- a des attaques de panique nocturnes ou de nombreux cauchemars liés à des situations traumatisantes ;
- perçoit le sommeil comme un refuge face aux difficultés ;
- est suivi pour un TDAH, souvent associé à des difficultés d’endormissement, ou suit un traitement psychotrope ;
- est en surpoids, ronfle et est très fatigué le jour ;
- ne parvient pas à arrêter le tabac, l’alcool ou le cannabis.
Le médecin traitant est le premier interlocuteur ; il peut orienter vers un centre du sommeil si nécessaire (l’Inserm en compte une centaine en France). Un agenda du sommeil, tenu comme le médecin le demande, aide à préparer la consultation.
Questions fréquentes
Les écrans empêchent-ils vraiment de s’endormir ?
Selon l’Inserm, l’usage tardif d’écrans ou de lumière riche en lumière bleue stimule les cellules de la rétine et retarde l’endormissement. Le Réseau Morphée explique que cette lumière bloque la mélatonine, l’hormone qui prépare au sommeil, et recommande d’éviter les écrans après 22 heures.
Que faire quand l’adolescent s’endort de plus en plus tard ?
Le Réseau Morphée parle de retard de phase lorsque le coucher est décalé de plus de deux heures par rapport à l’horaire habituel. Il recommande de sortir marcher à l’extérieur et de faire de l’exercice le matin, et précise que seule une consultation spécialisée permet de faire le point.
Le manque de sommeil a-t-il des conséquences ?
L’Inserm associe un sommeil insuffisant à davantage d’irritabilité, de symptômes dépressifs, de prise de poids, de diabète de type 2, d’hypertension et d’infections, et rappelle que le sommeil joue un rôle dans la concentration et la mémorisation. Il s’agit d’associations observées, qui ne prédisent pas le cas de chaque adolescent.
La sieste est-elle conseillée ?
L’Inserm indique que, si l’on fait la sieste, il faut la limiter, la faire en début d’après-midi et dans un endroit calme, pour ne pas perturber le sommeil du soir.
Peut-on donner de la mélatonine à un adolescent ?
Pas sans avis médical. Selon l’Assurance maladie, les médicaments à base de mélatonine ne sont pas autorisés chez l’adolescent sauf situations particulières, et l’Anses recommande de déconseiller les compléments qui en contiennent.
À qui s’adresser en premier en cas de mauvais sommeil persistant ?
Au médecin traitant. Il recherche une cause éventuelle, peut demander un agenda de sommeil et, si nécessaire, orienter vers un centre du sommeil. L’Inserm en recense une centaine en France.
Pour aller plus loin
- Sommeil naturel : repères pour mieux dormir et récupérer
- L’importance du sommeil dans la santé : rôle et repères
- Mélatonine et sommeil : usages, limites et précautions
- Écrans et sommeil : effets de la lumière et solutions
Sources
- Assurance maladie (ameli) : du mal à dormir à l’adolescence, en parler à son médecin — signes qui justifient de consulter, prise en charge, mélatonine et compléments
- Assurance maladie (ameli) : troubles du sommeil de l’enfant, quand consulter ? — signes d’alerte, agenda de sommeil, mélatonine
- Inserm : dossier sommeil — retard de phase, écrans, conséquences du manque de sommeil, conseils, centres du sommeil
- Réseau Morphée : le sommeil de l’adolescent — besoin de sommeil, retard de phase, écrans, conseils pratiques
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

