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Les bienfaits de l’ortie : usages traditionnels et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Les bienfaits de l’ortie reposent sur l’usage traditionnel : l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît les parties aériennes pour des troubles urinaires mineurs, de petites douleurs articulaires et des états de peau séborrhéique, et la racine pour des symptômes urinaires liés à une hypertrophie bénigne de la prostate.
  • Ces usages sont fondés « exclusivement sur une utilisation de longue date » (EMA) : l’efficacité est jugée plausible, mais pas établie par des essais cliniques solides. Les études disponibles chez l’humain sont limitées (Memorial Sloan Kettering).
  • La racine ne s’envisage qu’après qu’un médecin a écarté une maladie grave ; elle n’est pas recommandée avant 18 ans. Les parties aériennes ne sont pas recommandées pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données de sécurité.
  • Aucune interaction n’est rapportée par l’EMA, mais des données animales invitent à la prudence avec les diurétiques, les médicaments de la tension et certains médicaments transformés par le foie : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
  • Une gêne urinaire qui s’aggrave, de la fièvre, du sang dans les urines ou une douleur articulaire accompagnée de gonflement ou de rougeur justifient de consulter.

Les bienfaits de l’ortie sont avant tout ceux d’une plante traditionnelle : l’Agence européenne des médicaments reconnaît à ses feuilles et à sa racine des usages anciens pour des troubles mineurs, sans que des essais cliniques en aient démontré l’efficacité. Cet article distingue ce qui relève de la tradition, ce que disent réellement les études et les précautions à connaître avant d’en consommer.

Il s’inscrit dans notre dossier consacré à la phytothérapie et aux usages des plantes. Les sources citées sont l’EMA pour le cadre européen, le centre américain Memorial Sloan Kettering pour l’état des connaissances et le NHS britannique pour les règles générales de prudence ; elles ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

Quels sont les usages traditionnels de l’ortie, et pour quelles parties ?

Quelles parties de l’ortie sont utilisées, et sous quelle forme ?

Les monographies européennes concernent la grande ortie (Urtica dioica) et la petite ortie (Urtica urens). Elles distinguent deux produits qui ne sont pas interchangeables : les parties aériennes (la « herbe »), d’une part, et la racine, d’autre part. Chacune a ses propres indications, ses propres limites d’âge et ses propres précautions.

Ces parties se retrouvent sous plusieurs formes : plante séchée pour infusion, extraits liquides, préparations en gélules ou en comprimés. Les monographies encadrent des préparations précises ; une infusion de feuilles et un extrait concentré ne sont pas équivalents, et la vigilance doit croître avec la concentration. Comme pour d’autres plantes vendues sous forme concentrée, par exemple les compléments de curcuma et de leurs précautions, un extrait en gélules appelle plus d’attention qu’une soupe.

Que signifie « usage traditionnel » pour l’ortie ?

L’EMA précise que l’enregistrement « traditionnel » d’un médicament à base de plantes ne demande pas d’essais cliniques lorsque les données de sécurité sont suffisantes et que l’efficacité est jugée plausible. Le produit doit avoir été utilisé depuis au moins 30 ans, dont au moins 15 ans dans l’Union européenne, et être destiné à un usage sans surveillance médicale. C’est le cadre dans lequel l’ortie est évaluée.

Le comité des médicaments à base de plantes (HMPC) de l’EMA a publié en 2024 ses monographies sur l’ortie, mises à jour en mars 2025 (révision 1). Les deux textes précisent que ces usages reposent exclusivement sur une utilisation de longue date. Autrement dit, « traditionnel » ne signifie pas « prouvé » : il signifie que l’usage est ancien, plausible et jugé suffisamment sûr dans des conditions définies.

Quels sont les usages traditionnels reconnus pour les parties aériennes ?

Pour les parties aériennes (feuilles et tiges), la monographie de l’EMA retient trois usages traditionnels :

  • le soulagement des symptômes de troubles urinaires mineurs, en association avec une consommation de liquides supplémentaire pour augmenter la diurèse ;
  • le soulagement de petites douleurs articulaires ;
  • l’usage dans les états de peau séborrhéique.

Ces mentions décrivent des gênes mineures, pas des maladies. La monographie recommande de consulter un médecin si les troubles urinaires s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre, de brûlures en urinant, de crampes ou de sang dans les urines, et d’examiner par un médecin toute douleur articulaire avec gonflement, rougeur ou fièvre.

Que dit-on de la racine d’ortie et de la prostate ?

Pour la racine, l’EMA reconnaît un seul usage traditionnel : le soulagement des symptômes du bas appareil urinaire liés à une hypertrophie bénigne de la prostate. La monographie précise que cet usage ne s’envisage qu’une fois qu’un médecin a écarté une affection grave. Elle recommande de consulter en cas d’aggravation, de fièvre, de spasmes, de sang dans les urines, de brûlures en urinant ou de rétention d’urine, et ne prévoit aucun usage avant 18 ans.

Les symptômes urinaires de l’homme peuvent avoir des causes très diverses. Un avis médical vient donc avant tout produit à base d’ortie, pour ne pas retarder un diagnostic.

Que montrent les études, et que penser de la lecture naturopathique ?

Que montrent réellement les études ?

Le centre Memorial Sloan Kettering (page mise à jour en décembre 2021) résume l’état des connaissances en termes prudents. Les données humaines sont limitées et suggèrent un bénéfice possible dans l’arthrose de la hanche, du genou et de la main, et pour des symptômes de prostate bénigne. Certains résultats positifs concernent une association d’ortie et de palmier de Floride (saw palmetto), ce qui ne permet pas d’attribuer l’effet à l’ortie seule. Le même centre note que, pour d’autres usages populaires, tels que les allergies, la congestion thoracique ou les spasmes musculaires, « les preuves manquent ».

Les effets antitumoraux évoqués ici ou là ne sont décrits qu’en laboratoire, sans essai clinique. L’ortie ne peut donc pas être présentée comme un traitement d’une maladie, qu’il s’agisse de rhumatismes, de troubles de la prostate, de diabète ou de cancer. À ce jour, les sources consultées ne permettent pas d’aller plus loin que « usage traditionnel plausible, efficacité non établie ».

Que penser de la lecture naturopathique de l’ortie ?

En naturopathie, l’ortie est souvent présentée comme une plante de « drainage » ou de « reminéralisation », intégrée à des cures de saison. Ces notions relèvent d’une grille de lecture propre à la naturopathie : elles n’apparaissent dans aucune des monographies ni des sources scientifiques que nous avons ouvertes, et nous n’avons trouvé aucune page officielle qui les valide.

Ce qui est étayé est plus modeste : les usages traditionnels décrits plus haut, leur niveau de preuve et leurs précautions. Dans la même logique, nous présentons les usages traditionnels du romarin, autre plante aromatique à la frontière de la cuisine et de la phytothérapie.

Quelles sont les précautions et les effets indésirables ?

Quelles sont les précautions et les contre-indications ?

Les monographies européennes retiennent comme seule contre-indication l’hypersensibilité (allergie) à la plante. Elles ajoutent plusieurs précautions :

  • Grossesse et allaitement : pour les parties aériennes, la sécurité n’est pas établie et l’usage n’est pas recommandé ; aucune donnée de fertilité n’est disponible.
  • Enfants et adolescents : faute de données, l’usage n’est pas recommandé avant un âge qui varie selon l’indication et la préparation (12 ou 18 ans pour les parties aériennes) ; il n’existe pas d’usage de la racine avant 18 ans.
  • Apport de liquides restreint : les parties aériennes s’utilisent avec une consommation de liquides maintenue ; elles ne sont pas recommandées chez les personnes dont l’apport en liquides est limité, par exemple sur conseil médical.
  • Symptômes urinaires de l’homme : la racine ne s’envisage qu’après un examen médical.

Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien si vous êtes enceinte, si vous allaitez, si vous suivez un traitement ou si vous avez une maladie chronique.

Quels effets indésirables sont possibles ?

Les monographies listent des troubles digestifs (nausées, diarrhées ; pour la racine, brûlures d’estomac, sensation de plénitude et flatulences) et des réactions cutanées allergiques (démangeaisons, éruption, urticaire). La fréquence de ces effets n’est pas connue. En cas de réaction, arrêtez le produit et demandez conseil à un professionnel de santé ; en présence d’un gonflement du visage ou d’une gêne respiratoire, appelez les secours.

L’ortie interagit-elle avec des médicaments ?

Les deux monographies de l’EMA indiquent qu’aucune interaction n’a été rapportée. Cela ne vaut pas garantie : Memorial Sloan Kettering signale que des études chez l’animal suggèrent que l’ortie pourrait inhiber des enzymes du foie (cytochromes P450) qui transforment de nombreux médicaments, avoir un effet additif avec les diurétiques et renforcer l’effet de médicaments qui abaissent la tension. La pertinence clinique de ces interactions n’est pas déterminée.

Le même centre rapporte aussi un cas d’hypoglycémie chez un homme qui prenait un produit à base de plantes contenant de l’ortie pour une gêne prostatique. Par prudence, si vous prenez un diurétique, un traitement de la tension, un traitement du diabète ou tout traitement au long cours, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’utiliser de l’ortie sous une forme concentrée. Le NHS rappelle d’ailleurs de toujours signaler à un professionnel de santé les plantes que l’on prend.

Et l’ortie en cuisine ?

L’ortie fait aussi partie des plantes sauvages cuisinées : soupe, velouté, pesto ou omelette de jeunes pousses de printemps. Il s’agit d’un usage alimentaire traditionnel, distinct des usages médicinaux évalués par l’EMA ; les monographies ne portent pas sur l’alimentation et nous n’avons pas ouvert de source officielle qui en chiffre les apports nutritionnels. La plante fraîche pique : manipulez-la avec des gants.

Si vous cueillez vous-même, ne le faites que si vous êtes certain de l’identification de la plante (règle de bon sens, non tirée d’une source officielle citée ici). Pour une tisane ou un extrait, privilégiez un produit dont l’étiquette indique le nom latin, la partie utilisée et l’origine.

Quand consulter un professionnel de santé ?

L’ortie ne doit jamais retarder une consultation. Consultez un médecin en cas de brûlures en urinant, de fièvre, de sang dans les urines, de difficulté à uriner, de rétention d’urine ou de gêne urinaire qui s’aggrave. Une douleur articulaire avec gonflement, rougeur ou fièvre, ou un problème de peau qui persiste, justifie également un avis médical.

Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute prise régulière en tisane ou en complément si vous êtes enceinte, si vous allaitez, si vous suivez un traitement ou si vous avez une maladie chronique. Ne modifiez jamais un traitement prescrit au profit d’une plante. Et pour comprendre pourquoi un extrait demande plus de précautions qu’une tisane légère, voyez le curcuma et les précautions à connaître.

Questions fréquentes

Quels sont les usages traditionnels de l’ortie ?

L’Agence européenne des médicaments reconnaît pour les parties aériennes le soulagement de troubles urinaires mineurs, de petites douleurs articulaires et un usage dans les états de peau séborrhéique. Pour la racine, elle reconnaît le soulagement de symptômes urinaires liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, après avis médical. Ces usages reposent sur une utilisation de longue date.

Les bienfaits de l’ortie sont-ils démontrés scientifiquement ?

Pas de façon solide. L’EMA fonde ces usages sur l’ancienneté et non sur des essais cliniques, et Memorial Sloan Kettering décrit des données humaines limitées. Pour plusieurs usages populaires, comme les allergies, la congestion thoracique ou les spasmes musculaires, les preuves manquent.

Peut-on boire de la tisane d’ortie pendant la grossesse ?

C’est déconseillé. Pour les parties aériennes, la monographie européenne indique que la sécurité n’est pas établie pendant la grossesse et l’allaitement et que l’usage n’est pas recommandé. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme.

L’ortie peut-elle interagir avec des médicaments ?

Aucune interaction n’est rapportée par l’EMA, mais des études animales rapportées par Memorial Sloan Kettering suggèrent un effet additif avec les diurétiques, un renforcement des médicaments de la tension et une influence sur des enzymes du foie. Si vous suivez un traitement, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

L’ortie convient-elle aux enfants ?

Les monographies européennes ne recommandent pas l’usage chez l’enfant et l’adolescent faute de données, avec un seuil d’âge de 12 ou 18 ans selon l’indication et la préparation. Pour la racine, il n’existe pas d’usage avant 18 ans. Demandez l’avis d’un médecin avant tout usage autre qu’alimentaire.

La racine d’ortie est-elle utile en cas de problème de prostate ?

L’EMA reconnaît un usage traditionnel de la racine pour des symptômes urinaires liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, uniquement après qu’un médecin a écarté une maladie grave. Les symptômes urinaires de l’homme doivent d’abord être évalués par un médecin, car ils ont des causes variées.

Pour aller plus loin

Sources

Envie d’aller plus loin ?
Découvrez le romarin et ses usages traditionnels ou faites le point sur le curcuma et les précautions à connaître.

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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