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Maca et libido féminine : ce que disent les études

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • À ce jour, les preuves sont limitées : une revue systématique de 2010 n’a retenu que quatre essais randomisés, de petite taille et de qualité méthodologique moyenne, et ses auteurs parlent d’un « niveau de preuve limité ».
  • Parmi ces quatre essais, un seul visait explicitement des femmes (ménopausées en bonne santé) ; les sources consultées ne permettent pas d’attribuer au maca un effet établi sur le désir féminin.
  • Une baisse de désir a le plus souvent des causes multiples : hormonales (ménopause, post-partum), médicaments, stress, anxiété ou dépression, difficultés de couple, douleurs pendant les rapports.
  • Les approches décrites par la Mayo Clinic associent soins médicaux, accompagnement psychologique ou de couple et hygiène de vie ; les plantes y sont qualifiées de « peu étudiées ».
  • Une baisse de désir qui vous préoccupe, des douleurs pendant les rapports ou un saignement après la ménopause justifient de consulter ; ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.

À ce jour, aucune source médicale de référence ne démontre que le maca améliore la libido féminine. La seule synthèse méthodique consultée, une revue systématique publiée en 2010, conclut à un « niveau de preuve limité » pour l’amélioration de la fonction sexuelle, et un seul des quatre essais retenus visait explicitement des femmes. Une baisse de désir est par ailleurs très fréquente et dépend de causes variées, que seul un professionnel de santé peut explorer.

Maca et libido féminine : cet article fait le point sur ce que l’on sait de la plante, sur les causes de baisse du désir décrites par la Mayo Clinic, sur les prises en charge connues et sur les précautions à prendre avec les produits à base de plantes. Il ne donne ni dose ni schéma d’utilisation : les sources consultées n’en établissent pas.

Qu’est-ce que le maca ?

Le maca (Lepidium meyenii) est une plante andine de la famille de la moutarde. Les auteurs de la revue systématique de 2010 rappellent qu’on lui attribue une amélioration de la fonction sexuelle, ce qu’ils ont cherché à vérifier en analysant les essais cliniques disponibles.

Il est souvent vendu sous forme de poudre ou de gélules, parfois en plusieurs « variétés » de couleur (jaune, rouge, noire). Les sources consultées ne comparent pas ces variétés et ne permettent donc pas d’affirmer qu’une couleur serait plus adaptée à la libido féminine. Les affirmations de ce type relèvent du discours commercial, non de preuves.

Le maca améliore-t-il la libido féminine ?

La revue publiée en 2010 dans BMC Complementary and Alternative Medicine (Shin et coll.) a recherché dans 17 bases de données des essais randomisés comparant le maca à un placebo. Quatre essais ont été retenus, menés chez des femmes ménopausées en bonne santé, des hommes adultes en bonne santé, des cyclistes en bonne santé et des hommes atteints de dysfonction érectile.

Deux essais ont rapporté un effet favorable sur la fonction ou le désir sexuels : l’un chez des femmes ménopausées en bonne santé, l’autre chez des hommes adultes en bonne santé. Un essai chez des cyclistes n’a montré aucun effet. Les auteurs concluent à un « niveau de preuve limité » et estiment que le nombre d’essais, la taille totale des échantillons et la qualité méthodologique moyenne sont trop limités pour tirer des conclusions fermes ; ils jugent nécessaires des études plus rigoureuses.

En clair, un seul essai visait explicitement des femmes, des femmes ménopausées en bonne santé. Il ne permet pas de généraliser à toutes les femmes ni à tous les types de baisse de désir. La Mayo Clinic précise plus largement que les suppléments à base de plantes vendus pour augmenter la libido « n’ont pas été bien étudiés ».

Pourquoi le désir peut-il diminuer ?

Selon la Mayo Clinic, le faible désir sexuel est la forme la plus courante de trouble sexuel féminin. Ses causes se classent en trois familles :

  • Causes physiques : certaines maladies (cancer, diabète, insuffisance rénale, sclérose en plaques, maladie cardiaque, troubles de la vessie) et certains médicaments, notamment ceux utilisés contre la dépression, l’hypertension, les allergies et le cancer, qui peuvent réduire le désir ou rendre l’orgasme plus difficile.
  • Causes hormonales : la baisse d’œstrogènes après la ménopause peut amincir les tissus vaginaux et diminuer l’afflux sanguin vers le bassin ; les variations hormonales après l’accouchement et pendant l’allaitement peuvent provoquer sécheresse vaginale et retentir sur le désir.
  • Causes psychologiques et relationnelles : anxiété ou dépression non traitées, stress prolongé, charge liée à un nourrisson, préoccupations autour de la grossesse, difficultés de couple, image du corps, contexte culturel ou religieux.

Pour la ménopause, la Mayo Clinic ajoute que la sécheresse et la perte d’élasticité du vagin peuvent causer un inconfort, voire de légers saignements lors des rapports, et qu’une sensibilité réduite de la région peut diminuer le désir. Une douleur pendant les rapports figure par ailleurs parmi les troubles sexuels décrits : elle se prend en charge médicalement et ne se traite pas par une plante.

Quelles prises en charge sont décrites par les sources médicales ?

La Mayo Clinic indique qu’un ensemble de mesures, associant des aspects médicaux, relationnels et émotionnels, fonctionne le mieux. Les approches citées sont les suivantes :

  • L’accompagnement par un thérapeute ou un conseiller spécialisé dans les difficultés sexuelles, et le dialogue ouvert avec le ou la partenaire.
  • Le traitement d’une cause médicale : par exemple, une estrogénothérapie vaginale peut être discutée pour la sécheresse et les douleurs pendant les rapports. La Mayo Clinic précise qu’aucun traitement par testostérone n’est approuvé chez la femme pour un trouble sexuel (aux États-Unis) ; toute prescription hormonale se discute avec l’équipe soignante.
  • L’hygiène de vie : limiter l’alcool, qui peut émousser la réponse sexuelle, ne pas fumer, rester physiquement active, ce qui peut soutenir l’énergie et l’humeur, et apprendre des techniques de relaxation pour réduire le stress.

La Mayo Clinic mentionne aussi deux médicaments approuvés aux États-Unis pour le faible désir sexuel avant la ménopause. Leur disponibilité et leurs indications en France n’ont pas été vérifiées pour cet article ; seul un médecin peut en discuter l’intérêt et les effets indésirables.

Quelles précautions prendre avec les compléments à base de plantes ?

La Mayo Clinic rappelle que certains suppléments à base de plantes et certaines huiles à usage local sont vendus pour augmenter le désir, mais qu’ils n’ont pas été bien étudiés. Elle signale qu’un produit à action de type œstrogénique peut favoriser la croissance de tumeurs du sein dépendantes des œstrogènes, et recommande de parler à un professionnel de santé avant d’essayer un produit à base de plantes ou une huile à usage local. Cet avertissement ne vise pas le maca en particulier : il illustre pourquoi un produit « naturel » n’est pas automatiquement anodin.

Les sources consultées ne documentent pas la sécurité du maca selon les situations. Par prudence, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en consommer si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous avez ou avez eu une maladie hormono-dépendante, ou si vous suivez un traitement, notamment pour une dépression, qui peut lui-même influencer le désir. N’arrêtez jamais un médicament de votre propre initiative à cause d’une baisse de libido : parlez-en à votre médecin, qui pourra envisager des alternatives.

Enfin, la composition des produits vendus sans ordonnance n’est pas évaluée par les sources citées ; ne tirez donc aucune conclusion de la mention « naturel » ou de promesses figurant sur l’emballage.

Quand et qui consulter pour une baisse de désir ?

La Mayo Clinic conseille de prendre rendez-vous avec un professionnel de santé si des difficultés sexuelles retentissent sur votre relation ou vous inquiètent. Selon la situation, votre médecin traitant, un gynécologue, une sage-femme ou un sexologue peuvent vous orienter.

Consultez en particulier en cas de douleur pendant les rapports, de sécheresse vaginale gênante, de symptômes dépressifs ou anxieux, ou de changement de désir après la mise en route d’un nouveau médicament. Après la ménopause, la Mayo Clinic recommande de consulter dès que possible pour tout saignement vaginal.

Questions fréquentes

Le maca est-il un aphrodisiaque prouvé chez la femme ?

Non. Une revue systématique de 2010 a conclu à un niveau de preuve limité pour l’amélioration de la fonction sexuelle, avec un seul essai visant explicitement des femmes (ménopausées en bonne santé). Ses auteurs jugent les études trop peu nombreuses et de qualité insuffisante pour des conclusions fermes.

Quelle couleur de maca choisir pour la libido ?

Les sources consultées ne comparent pas les variétés jaune, rouge et noire et ne permettent pas de recommander l’une d’elles. Les affirmations selon lesquelles une couleur serait adaptée à la libido féminine ne sont pas appuyées par des preuves dans ces sources.

Au bout de combien de temps peut-on constater un effet ?

Aucune source consultée n’établit de délai ou de durée d’utilisation du maca. Si une baisse de désir persiste et vous préoccupe, il est plus utile d’en parler à un professionnel de santé que de prolonger l’essai d’un complément.

Le maca peut-il remplacer un traitement hormonal de la ménopause ?

Rien dans les sources consultées ne le présente comme une alternative. L’un des quatre essais de la revue de 2010 portait sur des femmes ménopausées en bonne santé, sans conclusion ferme. Les traitements hormonaux se discutent avec un médecin, et un traitement en cours ne doit pas être arrêté sans avis médical.

Quelles causes médicales peuvent expliquer une baisse de libido ?

La Mayo Clinic cite certaines maladies chroniques, des médicaments (dépression, hypertension, allergies, cancer), la baisse d’œstrogènes après la ménopause, les changements hormonaux après l’accouchement ou pendant l’allaitement, ainsi que l’anxiété, la dépression, le stress et les difficultés de couple.

Quel professionnel consulter en cas de baisse de désir persistante ?

Votre médecin traitant peut faire un premier point et vous orienter vers un gynécologue, une sage-femme ou un sexologue. La Mayo Clinic recommande de consulter si les difficultés sexuelles affectent votre relation ou vous inquiètent.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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