Mis à jour le 9 octobre 2026
- Pour les règles douloureuses, une revue Cochrane de 2016 note que les compléments étudiés, dont le gingembre, reposent sur des preuves de qualité faible à très faible : elles ne permettent pas de conclusions fermes.
- Pour la ménopause, le NHS indique qu’il existe très peu de preuves de l’efficacité et de la sécurité du trèfle rouge et de l’actée à grappes noires ; certains produits peuvent provoquer des effets secondaires graves avec d’autres médicaments.
- Des douleurs de règles intenses, qui s’aggravent ou plus fortes que d’habitude peuvent révéler une endométriose, des fibromes ou une autre affection : elles justifient un avis médical, pas seulement des plantes.
- Les prises en charge reconnues existent : chaleur, activité douce, antidouleurs, traitements prescrits pour les règles ; traitement hormonal substitutif, thérapie cognitivo-comportementale et autres options pour la ménopause.
- Une plante n’est pas anodine : parlez-en à un médecin ou à un pharmacien avant tout usage, surtout en cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.
Règles douloureuses et ménopause : les plantes médicinales pour femmes sont très souvent évoquées, mais les sources médicales sont nettement plus prudentes : pour la plupart des plantes, les preuves sont faibles ou absentes, et certaines ont fait l’objet d’alertes de sécurité. Les prises en charge reconnues reposent sur d’autres moyens.
Cet article fait le point à partir du NHS, de la Mayo Clinic, de revues Cochrane et d’un avis de Santé Canada : ce que l’on sait des causes, ce qui est démontré ou non pour les plantes, les risques à connaître et les signes qui imposent de consulter. Il ne remplace ni un avis médical ni un bilan.
Pourquoi les règles sont-elles douloureuses, et quand consulter ?
Selon le NHS, les douleurs de règles surviennent quand l’utérus se contracte, et elles sont souvent normales. La Mayo Clinic précise que des substances proches d’hormones, les prostaglandines, déclenchent ces contractions et qu’un taux élevé est associé à des crampes plus intenses. Lorsqu’elles ne sont pas dues à une autre affection, les crampes tendent à s’atténuer avec l’âge et s’améliorent souvent après un accouchement.
Elles peuvent aussi être liées à une affection : endométriose, adénomyose, fibromes, infection pelvienne, stérilet (surtout dans les premiers mois après la pose, d’après le NHS) ou, selon la Mayo Clinic, étroitesse du col de l’utérus. Traiter la cause est alors essentiel.
Consultez rapidement un médecin si les douleurs sont sévères ou plus intenses que d’habitude malgré les antidouleurs. Le NHS recommande aussi un avis médical, sans urgence, si les règles deviennent plus douloureuses, plus abondantes ou irrégulières, si les douleurs gênent les activités quotidiennes ou surviennent pendant les rapports, la miction ou la défécation, en cas de saignements entre les règles, de ventre gonflé, de perte d’appétit ou de perte de poids inexpliquée. La Mayo Clinic ajoute les crampes qui perturbent la vie chaque mois, qui s’aggravent progressivement ou qui apparaissent de façon sévère après 25 ans.
Que peut-on faire pour les règles douloureuses en dehors des plantes ?
Le NHS décrit des gestes simples : un bain ou une douche chaude, une bouillotte ou un coussin chauffant sur le ventre (enveloppé dans un linge), un massage du ventre et du dos, une activité douce comme le yoga, la natation, la marche ou le vélo, et la réduction de l’alcool et du tabac. Il mentionne aussi des antidouleurs courants, le paracétamol ou l’ibuprofène ; demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin avant de les utiliser, notamment si vous avez un traitement en cours.
Si cela ne suffit pas, un médecin peut proposer des anti-inflammatoires sur ordonnance, un appareil de stimulation électrique antidouleur (TENS) ou une contraception hormonale, qui amincit la muqueuse de l’utérus, rend les règles moins abondantes et soulage la douleur selon le NHS. Des examens comme une échographie peuvent être demandés ; si une affection est identifiée, son traitement soulage la douleur. En l’absence d’amélioration, une orientation vers un gynécologue est possible.
Que montrent les études sur les plantes et compléments pour les règles douloureuses ?
La revue Cochrane « Dietary supplements for dysmenorrhoea », mise à jour en 2016, porte sur la dysménorrhée primaire modérée à sévère. Ses tableaux de synthèse indiquent, pour le gingembre comparé à un placebo, une baisse de la douleur dans tous les essais, mais avec une forte hétérogénéité entre eux et une qualité de preuve jugée faible. La qualité de preuve est également faible pour plusieurs autres produits (fenugrec, valériane, huile de poisson, vitamine B1), très faible pour d’autres (aneth, fenouil, sulfate de zinc), et la vitamine E ne montre pas de différence significative avec le placebo.
En résumé, ces résultats suggèrent un bénéfice possible pour certains produits, sans permettre de conclusion ferme : les études sont peu nombreuses, de petite taille, avec des méthodes parfois mal rapportées. À ce jour, elles ne démontrent pas qu’une plante soulage de façon fiable les règles douloureuses.
Les autres plantes souvent citées dans les articles de bien-être, comme la camomille, la menthe poivrée, l’achillée millefeuille, le framboisier ou le curcuma, ne sont pas évaluées dans les sources que nous avons pu ouvrir. Nous ne formulons donc aucune affirmation à leur sujet : l’absence de données dans ces sources ne prouve ni leur intérêt ni leur danger.
Quelles solutions la médecine propose-t-elle pour la ménopause ?
Le NHS présente comme principal traitement des symptômes de la ménopause le traitement hormonal substitutif (THS). Il comprend des œstrogènes, en comprimés, patchs, sprays ou gels, avec un progestatif lorsque l’utérus est présent, afin de le protéger. Des crèmes ou ovules à base d’œstrogènes sont utilisés pour la sécheresse et les douleurs vaginales, ainsi que pour certains symptômes urinaires. Ce traitement se discute avec un médecin, qui en évalue l’intérêt et les contre-indications selon votre situation.
Lorsque le THS ne convient pas, est contre-indiqué ou n’est pas souhaité, le NHS cite des options non hormonales : antidépresseurs pour l’humeur basse ou l’anxiété liées à la ménopause, et, pour les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, la thérapie cognitive et comportementale ou, selon le médecin, un médicament comme la clonidine ou un antidépresseur. Pour une baisse de libido, le NHS rappelle qu’elle peut avoir d’autres causes (difficultés relationnelles, estime de soi, gêne physique) et qu’un spécialiste de la ménopause peut proposer un traitement adapté.
Trèfle rouge, soja, actée à grappes noires : que sait-on pour la ménopause ?
Le NHS indique que le trèfle rouge et l’actée à grappes noires (black cohosh) sont parfois vendus pour la ménopause, qu’il existe très peu de preuves de leur efficacité comme de leur sécurité, et que certains produits peuvent provoquer des effets secondaires graves lorsqu’ils sont associés à d’autres médicaments.
La revue Cochrane sur les phytoestrogènes (version de 2013) va dans le même sens. Pour le trèfle rouge, l’analyse de cinq essais ne montre pas de réduction globale significative de la fréquence des bouffées de chaleur. Pour le soja, la génistéine et d’autres phytoestrogènes, les résultats sont hétérogènes : plusieurs essais montrent une réduction par rapport au placebo, beaucoup ne trouvent aucune différence. Une grande partie des essais présente un risque de biais élevé ou incertain, des effectifs réduits et des produits très variables. Deux essais sur le soja ont par ailleurs rapporté davantage d’effets indésirables ou de fractures que dans le groupe placebo.
Pour l’actée à grappes noires, Santé Canada a publié en 2006 un avis de prudence : des cas d’atteinte du foie ont été soupçonnés d’être liés à cette plante dans le monde (trois au Canada et un décès signalé aux États-Unis), la plupart avec d’autres facteurs possibles. L’organisme conseille de consulter un professionnel de santé en cas d’inquiétude, et d’arrêter tout produit qui en contient et de consulter en cas de symptômes évoquant une atteinte du foie : fatigue inhabituelle, faiblesse, perte d’appétit, jaunissement de la peau ou du blanc des yeux, urine foncée, douleurs abdominales. Cet avis est ancien et archivé ; il n’a pas été confirmé ni remplacé par une source française que nous avons pu ouvrir.
La sauge, le millepertuis et d’autres plantes également citées pour la ménopause ne sont pas documentés dans les sources ouvertes pour cet article ; nous n’en parlons donc pas.
Comment utiliser des plantes avec prudence ?
Si vous souhaitez malgré tout utiliser une plante, quelques réflexes limitent les risques. Ils découlent des points ci-dessus et du bon sens, et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel.
- En parler avant. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, surtout si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous prenez un traitement (le NHS signale des interactions possibles avec d’autres médicaments) ou si vous avez une maladie du foie.
- Ne pas remplacer un traitement. Ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement prescrit, hormonal ou non, sans l’accord du médecin qui l’a prescrit.
- Ne pas accumuler les produits. Utiliser plusieurs plantes ou compléments à la fois rend difficile d’identifier la cause d’un effet indésirable.
- Surveiller les réactions. En cas de symptôme inhabituel, arrêtez le produit et consultez ; en cas de fatigue inhabituelle, de jaunisse ou d’urines foncées, consultez rapidement (Santé Canada).
- Ne pas masquer un symptôme d’alerte. Une douleur nouvelle, plus forte que d’habitude ou associée à des saignements en dehors des règles doit être évaluée par un médecin.
La mention « naturel » ne garantit ni l’absence de risque ni l’efficacité. Seuls les essais cliniques bien menés permettent de le savoir, et pour la plupart des plantes évoquées ici ils font défaut.
Questions fréquentes
Le gingembre soulage-t-il les règles douloureuses ?
Une revue Cochrane mise à jour en 2016 rapporte, dans les essais comparant le gingembre à un placebo, une baisse de la douleur, mais avec des résultats très hétérogènes et une qualité de preuve jugée faible. Cela ne permet pas de conclure fermement. En cas de douleurs importantes ou qui s’aggravent, consultez un médecin.
La camomille ou la menthe poivrée apaisent-elles les douleurs de règles ?
Les sources ouvertes pour cet article (NHS, Mayo Clinic, revue Cochrane) n’évaluent pas ces plantes pour les règles douloureuses : nous ne pouvons donc pas affirmer qu’elles aident ni qu’elles sont sans risque. Pour des gestes soutenus par le NHS, voyez la chaleur sur le ventre, l’activité douce et les antidouleurs courants, après avis d’un pharmacien.
Des règles très douloureuses sont-elles normales ?
Les douleurs de règles sont souvent normales, indique le NHS, mais elles peuvent aussi révéler une endométriose, une adénomyose, des fibromes ou une infection. Consultez si elles sont plus intenses que d’habitude, s’aggravent ou gênent votre quotidien. La Mayo Clinic cite aussi des crampes sévères qui apparaissent après 25 ans.
Le trèfle rouge est-il utile contre les bouffées de chaleur ?
Le NHS indique qu’il existe très peu de preuves de son efficacité et de sa sécurité. La revue Cochrane de 2013 ne trouve pas de réduction globale significative de la fréquence des bouffées de chaleur avec le trèfle rouge. Parlez-en à un médecin avant d’en prendre, en particulier si vous suivez un traitement.
L’actée à grappes noires est-elle sans danger pour le foie ?
Santé Canada a signalé en 2006 des cas d’atteinte du foie soupçonnés d’être liés à cette plante, sans preuve de causalité dans la plupart des cas. En cas de fatigue inhabituelle, de jaunissement de la peau ou des yeux ou d’urines foncées, arrêtez le produit et consultez. Le NHS souligne aussi un risque d’interactions médicamenteuses.
Que faire face à des bouffées de chaleur qui gênent au quotidien ?
Consultez un médecin : le NHS indique que le traitement hormonal substitutif est le principal traitement des symptômes de la ménopause, et que la thérapie cognitive et comportementale ou certains médicaments non hormonaux sont possibles lorsqu’il ne convient pas. Le choix dépend de votre situation personnelle et de vos antécédents.
Pour aller plus loin
- Règles douloureuses : que faire naturellement et quand consulter ?
- Naturopathie et équilibre hormonal féminin : ce que disent les sources
- Plantes et santé des femmes : ce que disent les sources
- Endométriose et naturopathie : ce que disent les sources
Sources
- NHS : Period pain — causes, auto-soins, signes pour consulter et traitements des règles douloureuses
- Mayo Clinic : Menstrual cramps, symptoms and causes — prostaglandines, causes associées et moments pour consulter
- Cochrane : Dietary supplements for dysmenorrhoea (mise à jour 2016) — gingembre et autres compléments : preuves de qualité faible à très faible
- NHS : Menopause, treatment — THS, options non hormonales, trèfle rouge et actée à grappes noires
- Cochrane : Phytoestrogens for menopausal vasomotor symptoms (2013) — trèfle rouge, soja et génistéine : résultats hétérogènes, preuves limitées
- Santé Canada : avis sur l’actée à grappes noires et l’atteinte hépatique (18 août 2006) — cas d’atteinte du foie suspectés et conduite à tenir
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

