Mis à jour le 9 octobre 2026
- La naturopathie n’est pas adaptée de la même façon à toutes les personnes ni à toutes les situations de santé.
- En France, les naturopathes ne sont pas reconnus comme professionnels de santé (réponse ministérielle du 2 avril 2019).
- Une pratique non conventionnelle est « un complément, jamais un remplacement » selon l’ARS Nouvelle-Aquitaine.
- Plantes et compléments peuvent présenter des risques (grossesse, enfants, interactions) : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
- Les preuves sont inégales ; un diplôme ne garantit pas la sécurité des conseils.
Une naturopathie adaptée à tous n’existe pas : elle ne convient pas de la même façon à tout le monde, et elle ne peut jamais tenir lieu de suivi médical. Les sources officielles consultées pour cet article la traitent comme une pratique non conventionnelle : elle peut accompagner des habitudes de vie, mais elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni un dépistage.
Cette page fait le point sur ce qu’on sait du statut de la naturopathie en France, sur les situations qui demandent une vigilance particulière (grossesse, enfants, traitement en cours, maladie chronique) et sur les moyens de choisir un praticien avec discernement. Elle s’appuie uniquement sur des organismes de santé publique et d’information médicale, et signale quand une source est ancienne ou étrangère.
Que veut dire « adaptée à tous » pour une pratique non conventionnelle ?
Aucune source officielle consultée ne présente la naturopathie comme adaptée à toutes les personnes et à toutes les situations. Le Centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative (NCCIH) la décrit comme un système qui a évolué à partir de pratiques traditionnelles et d’approches de soins, et qui vise à prévenir et à traiter la maladie en s’intéressant à sa cause profonde. Les approches citées sont variées : alimentation, activité physique, gestion du stress, plantes et compléments, mais aussi homéopathie, thérapies manuelles ou accompagnement psychologique.
Cette diversité explique qu’on ne puisse pas répondre par oui ou par non. Un conseil sur le rythme des repas ou sur l’activité physique n’engage pas les mêmes risques qu’une plante utilisée en parallèle d’un médicament. La bonne question porte donc sur la pratique précise qui vous est proposée, sur la personne qui la propose et sur votre situation de santé.
Quel est le statut de la naturopathie en France ?
En France, les naturopathes ne sont pas reconnus comme professionnels de santé. C’est ce qu’indique la réponse du ministère des Solidarités et de la Santé à une question écrite de députée, publiée au Journal officiel le 2 avril 2019 : « il n’existe pas actuellement en France de reconnaissance des naturopathes en tant que professionnels de santé ». La même réponse classe la naturopathie parmi les pratiques non conventionnelles et précise qu’en l’absence de données probantes, elle ne peut pas être reconnue au plan scientifique. Elle mentionne en revanche une certification de « conseiller en naturopathie », enregistrée au répertoire national, qui relève de la prévention et du bien-être et non du champ sanitaire.
Cette source date de 2019 : si vous cherchez l’état du droit le plus récent, il est prudent de vérifier auprès des autorités de santé. Elle suffit toutefois à rappeler l’essentiel. Un naturopathe ne dispose donc pas du statut d’un professionnel de santé.
Dans quelles situations la naturopathie ne peut-elle pas se substituer au suivi médical ?
L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine résume la position des autorités par une formule : une pratique non conventionnelle est « un complément, jamais un remplacement ». Selon cette page, de telles pratiques peuvent accompagner un parcours de soins si elles ont des preuves scientifiques d’efficacité, si elles sont proposées en complément de la médecine conventionnelle et si elles sont prodiguées par un professionnel de santé dans son domaine de compétence. Elle recommande de consulter un professionnel de santé qualifié, même quand on recourt à des approches complémentaires.
Concrètement, un suivi médical reste indispensable dans plusieurs situations :
- un symptôme nouveau, inhabituel, intense, ou qui persiste ou revient ;
- une maladie chronique ou grave, ou un traitement en cours ;
- une grossesse, un allaitement ou la santé d’un enfant ;
- toute situation d’urgence, qui relève des services d’urgence et non d’une consultation de bien-être.
Le NHS britannique donne la même consigne : consulter un médecin pour des symptômes qui durent ou reviennent plutôt que de s’en remettre uniquement à un thérapeute, et ne jamais arrêter un médicament prescrit sans en parler d’abord à son médecin.
Quelles précautions s’imposent avec les plantes et les compléments ?
« Naturel » ne signifie pas « sans danger ». L’ARS Nouvelle-Aquitaine invite expressément à ne pas considérer une approche comme sans risque du seul fait qu’elle se présente comme naturelle ou douce. Le NHS précise que les plantes médicinales ne sont pas recommandées pour les enfants et qu’il faut les éviter pendant la grossesse et l’allaitement, en cas de problème rénal ou hépatique, ou avec certains médicaments.
La même page cite des interactions possibles entre des produits à base de plantes et plusieurs médicaments : statines, antidépresseurs, metformine, ramipril, warfarine, pilule combinée. Elle conseille de demander l’avis d’un pharmacien avant de prendre une plante si l’on prend déjà un médicament, y compris sans ordonnance, et de ne pas acheter en ligne de produits non autorisés. Ces recommandations viennent d’un système de santé étranger, mais le principe vaut partout : informez votre médecin ou votre pharmacien de tout produit que vous utilisez.
Le NHS mentionne aussi que certaines thérapies complémentaires ne conviennent pas à tous, par exemple en cas de traitement anticoagulant ou de risque de saignement pour l’acupuncture, la chiropraxie ou l’ostéopathie.
Quelles parties de la démarche concernent presque tout le monde ?
Les conseils d’hygiène de vie, eux, s’adressent à la plupart des adultes en bonne santé et reposent sur des recommandations établies. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu’une alimentation saine protège contre des maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. Elle indique aussi que l’activité physique réduit les symptômes de dépression et d’anxiété et améliore le bien-être, et que toute activité compte : quelle qu’en soit la quantité, elle vaut mieux que l’inactivité.
Ces repères ne sont pas propres à la naturopathie : ce sont des recommandations générales de santé publique. Un accompagnement centré sur le sommeil, l’alimentation ou la régularité du mouvement peut donc avoir du sens, à condition qu’il reste réaliste, adapté à votre âge et à votre état de santé, et qu’il ne promette pas de résultat sur une maladie.
Comment choisir un praticien et repérer les dérives ?
Un diplôme ou une certification ne garantissent pas la sécurité. Le NCCIH le dit pour les licences et les titres : ils ne garantissent pas des soins sûrs et efficaces, qu’ils soient conventionnels ou complémentaires. L’ARS Nouvelle-Aquitaine propose donc de poser quelques questions simples avant de vous engager :
- Qui est cette personne, quelle est sa formation, quel est son diplôme ?
- Existe-t-il un traitement conventionnel pour mon problème ?
- La pratique est-elle reconnue par les autorités de santé et compatible avec mon traitement ?
- Présente-t-elle des risques et son efficacité a-t-elle été prouvée ?
Cette page liste aussi des signes d’alerte de dérive sectaire : une exigence financière exorbitante, une déstabilisation mentale, un discours dénigrant la médecine conventionnelle, ou toute forme d’emprise mentale. Un praticien qui vous demande d’arrêter un traitement ou de ne plus consulter votre médecin sort de son rôle.
Que dit la science sur l’ensemble de ces pratiques ?
Le NHS indique que les thérapies complémentaires ne sont pas testées de la même façon que les médicaments pour mesurer leur efficacité. Il précise que le service public britannique n’en propose que certaines, lorsque les preuves en montrent l’intérêt, comme l’acupuncture pour des douleurs de longue durée. La Mayo Clinic rappelle de son côté que la frontière entre médecine alternative et médecine conventionnelle bouge à mesure que des traitements sont évalués.
L’OMS souligne que les médecines traditionnelles et complémentaires reçoivent moins de 1 % de la recherche mondiale en santé et qu’une médecine complémentaire fondée sur des preuves a le potentiel de soutenir la médecine conventionnelle. Autrement dit, l’insuffisance de preuves n’est pas une preuve d’inefficacité, mais elle impose de la prudence et de ne pas présenter comme acquis ce qui ne l’est pas.
Questions fréquentes
Une femme enceinte peut-elle consulter un naturopathe ?
Pour la grossesse et l’allaitement, la première démarche reste de demander l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme. Le NHS conseille d’éviter les plantes médicinales pendant la grossesse et l’allaitement. Un accompagnement limité à l’hygiène de vie reste possible, mais ne remplace pas le suivi obstétrical.
La naturopathie convient-elle aux enfants ?
Le NHS indique que les plantes médicinales ne sont pas recommandées pour les enfants. L’ARS Nouvelle-Aquitaine rappelle que les pratiques complémentaires doivent rester un complément de la médecine conventionnelle. Pour un enfant, demandez d’abord l’avis du pédiatre ou du médecin traitant.
La naturopathie est-elle compatible avec un traitement en cours ?
Cela dépend de ce que le naturopathe propose. Certaines plantes peuvent interagir avec des médicaments, notamment des statines, des antidépresseurs, la metformine, la warfarine ou la pilule combinée, selon le NHS. Informez votre médecin et votre pharmacien, et n’interrompez jamais un traitement sans avis médical.
Un naturopathe est-il un professionnel de santé en France ?
Non. Dans sa réponse du 2 avril 2019 à une question écrite à l’Assemblée nationale, le ministère de la Santé indique qu’il n’existe pas en France de reconnaissance des naturopathes comme professionnels de santé. Il n’envisageait pas de les faire entrer dans ce cadre. Vérifiez l’évolution éventuelle auprès des autorités de santé.
Un diplôme de naturopathe garantit-il la sécurité des conseils ?
Non. Selon le NCCIH, une licence ou un diplôme ne garantit pas des soins sûrs et efficaces, quel que soit le type de praticien. Interrogez le praticien sur sa formation, sur les risques de ce qu’il propose et sur la compatibilité avec votre traitement, comme le recommande l’ARS Nouvelle-Aquitaine.
Que faire en cas de dérive ou de publicité trompeuse ?
L’ARS Nouvelle-Aquitaine indique qu’une dérive sectaire peut être signalée à la MIVILUDES, et qu’une publicité trompeuse peut l’être à la DGCCRF, à l’ANSM ou à la DDPP. Parlez-en aussi à votre médecin traitant, surtout si l’on vous a incité à interrompre un traitement.
Pour aller plus loin
- Remboursement de la naturopathie : Assurance maladie et mutuelle
- Naturopathie et bien-être : quelle place, avec quelles preuves ?
- Principes de la naturopathie : repères, preuves et limites
- Naturopathie et médecine conventionnelle : complémentarité et limites
Sources
- NCCIH (États-Unis) : Naturopathy — définition de la naturopathie, pratiques associées, statut variable des praticiens, diplômes qui ne garantissent pas la sécurité
- NHS (Royaume-Uni) : Herbal medicines and complementary therapies — absence de test équivalent à celui des médicaments, précautions avec les plantes (grossesse, enfants, interactions), ne pas arrêter un traitement
- ARS Nouvelle-Aquitaine : Pratiques de soins non conventionnelles, un complément jamais un remplacement — conditions d’un usage en complément, questions à poser au praticien, signes de dérive sectaire (page du 9 décembre 2025)
- Assemblée nationale : question écrite n° 11601 et réponse du ministère (2 avril 2019) — absence de reconnaissance des naturopathes comme professionnels de santé en France
- Mayo Clinic : Alternative medicine — la frontière entre médecine alternative et conventionnelle évolue ; médecine intégrative
- OMS : Traditional, complementary and integrative medicine — définition de la médecine complémentaire, part de la recherche, objectif de pratiques sûres et fondées sur des preuves
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

