Mis à jour le 9 octobre 2026
- La naturopathie se définit comme un système né de pratiques traditionnelles, d’origine européenne du XIXe siècle, qui vise à agir sur la cause profonde des troubles (NCCIH).
- Ses principes (approche globale, prévention, individualisation) sont ceux que revendique la discipline : les sources ouvertes ne les évaluent pas.
- Ce sont surtout les repères d’hygiène de vie (alimentation, activité physique) qui disposent de bases solides, et ils ne sont pas propres à la naturopathie.
- En France, les naturopathes ne sont pas des professionnels de santé ; une pratique non conventionnelle est « un complément, jamais un remplacement ».
- Informez votre médecin de tout accompagnement et n’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.
Les principes de la naturopathie reposent sur l’idée de soutenir l’organisme en agissant sur le mode de vie, mais ils relèvent d’une philosophie de soins plus que de résultats démontrés. Selon le NCCIH, institut américain spécialisé dans les approches complémentaires, la naturopathie vise à prévenir et à traiter la maladie en s’attaquant à sa cause profonde.
Cet article distingue ce que les praticiens revendiquent de ce que les sources de santé publique permettent d’affirmer. Il présente les grands principes, les outils utilisés, leur niveau de preuve, le statut de la discipline en France et les précautions à connaître avant de vous engager.
Comment définit-on la naturopathie ?
Selon le Centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative (NCCIH), la naturopathie, ou médecine naturopathique, est un système qui a évolué à partir d’une combinaison de pratiques traditionnelles et d’approches de soins, dont l’origine remonte à l’Europe du XIXe siècle. Il vise, d’après cette définition, à prévenir et à traiter la maladie en s’attaquant à sa cause profonde, en partant de l’idée que les symptômes signalent un problème dans l’organisme.
Il s’agit donc d’une définition qui décrit une philosophie de soins, non un constat scientifique. Ce que la naturopathie affirme viser n’est pas ce que des études ont démontré qu’elle obtient. Garder cette distinction en tête permet de lire sereinement la suite.
Quels principes les naturopathes mettent-ils en avant ?
Les praticiens citent le plus souvent quelques idées directrices : considérer la personne dans sa globalité plutôt que par symptôme isolé, privilégier la prévention, adapter les conseils à chaque individu et rendre la personne actrice de sa santé. Ces principes sont ceux que revendique la discipline. Aucune des sources officielles ouvertes pour cet article ne les évalue, et ils ne constituent pas, en eux-mêmes, une preuve d’efficacité.
Le NCCIH décrit des approches « holistiques » telles que l’activité physique, une alimentation équilibrée et la gestion du stress. Il précise que certains praticiens orientent leurs patients vers des soignants conventionnels lorsque c’est approprié. Cette orientation vers le système de santé est un critère de sérieux : un accompagnement qui s’isole de la médecine ou la dénigre doit éveiller votre vigilance.
Quels outils la naturopathie utilise-t-elle, et sur quelle base ?
Le NCCIH énumère des moyens très hétérogènes : modifications de l’alimentation et du mode de vie, réduction du stress, plantes et compléments, homéopathie, thérapies manuelles, exercice, « détoxification » guidée par le praticien, psychothérapie et conseil. Réunir sous un même nom des pratiques aussi différentes empêche de parler d’un niveau de preuve unique. Chaque outil doit être jugé séparément.
Les outils de l’hygiène de vie sont les mieux documentés, mais ils ne sont pas propres à la naturopathie :
- l’OMS indique qu’une alimentation saine protège contre la malnutrition sous toutes ses formes et contre des maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer ;
- elle retient comme éléments clés davantage de fruits, de légumes et de fibres, et une consommation limitée de sucres libres, de graisses saturées et de sel ;
- elle précise que l’activité physique réduit les symptômes de dépression et d’anxiété, soutient la santé cérébrale et améliore le bien-être, et que toute activité compte.
Pour les autres outils (plantes, compléments, homéopathie, « détox »), les sources ouvertes ici ne présentent pas de preuve d’efficacité. Cela ne prouve pas qu’ils soient inefficaces, mais cela invite à ne pas les présenter comme acquis.
La prévention est-elle vraiment au cœur de la démarche ?
L’idée de prévention est solide en santé publique. L’OMS rapporte que 31 % des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, n’atteignent pas les niveaux d’activité recommandés, et que ce niveau d’inactivité s’associe à un risque de décès plus élevé de 20 % à 30 %. Les leviers de prévention les plus robustes sont donc connus et relèvent des recommandations générales : bouger régulièrement, mieux manger.
La nuance tient à ce que la prévention recouvre aussi, en médecine, le dépistage, la vaccination et le suivi médical, que ne remplace aucun accompagnement de bien-être. Un naturopathe qui parle de prévention ne peut pas, à lui seul, couvrir ce champ.
Quelle place ces principes occupent-ils en France ?
Le ministère de la Santé indiquait dans une réponse publiée le 2 avril 2019 qu’il n’existe pas en France de reconnaissance des naturopathes comme professionnels de santé, que la naturopathie est classée parmi les pratiques non conventionnelles et que, faute de données probantes, elle ne peut pas être reconnue au plan scientifique. Une certification de « conseiller en naturopathie », enregistrée au répertoire national, relève de la prévention et du bien-être. Cette source est ancienne : vérifiez si la situation a évolué.
L’ARS Nouvelle-Aquitaine précise, dans une page de décembre 2025, qu’une pratique non conventionnelle peut accompagner un parcours de soins si elle a des preuves scientifiques d’efficacité, si elle est proposée en complément de la médecine conventionnelle et par un professionnel de santé dans son domaine de compétence. La page est titrée « un complément, jamais un remplacement ».
Comment tirer parti de ces principes sans prendre de risque ?
Quelques règles simples limitent les risques. Informez vos soignants de tout accompagnement complémentaire : c’est le conseil du NCCIH, relayé par le NHS britannique, qui ajoute de ne jamais arrêter un médicament prescrit sans en parler à son médecin. Ne considérez pas une approche comme sans danger parce qu’elle est dite naturelle ou douce : l’ARS le rappelle et invite à demander au praticien sa formation, son diplôme, la compatibilité avec votre traitement et les preuves de ce qu’il propose.
Méfiez-vous des signaux d’alerte listés par l’ARS : exigence financière exorbitante, déstabilisation mentale, discours dénigrant la médecine conventionnelle. Enfin, consultez un médecin pour tout symptôme qui persiste, revient ou vous inquiète, avant ou en parallèle de tout accompagnement de bien-être.
Questions fréquentes
Quels sont les principes de base de la naturopathie ?
Les praticiens mettent en avant une approche globale de la personne, la prévention et des conseils adaptés à chacun. Le NCCIH décrit une démarche qui vise à agir sur la cause profonde des problèmes de santé. Ces principes relèvent de la philosophie de la discipline et n’ont pas valeur de preuve d’efficacité.
D’où vient la naturopathie ?
Selon le NCCIH, la naturopathie a évolué à partir d’une combinaison de pratiques traditionnelles et d’approches de soins, dont l’origine remonte à l’Europe du XIXe siècle. Elle est aujourd’hui pratiquée sous des statuts très variables selon les pays.
La naturopathie est-elle une médecine ?
En France, non : le ministère de la Santé indiquait en 2019 que les naturopathes ne sont pas reconnus comme professionnels de santé. L’OMS range les médecines complémentaires parmi les pratiques de santé qui ne font pas partie de la médecine dominante d’un pays. Le terme « médecine naturopathique » est surtout utilisé aux États-Unis.
Les principes de la naturopathie sont-ils validés scientifiquement ?
Les sources consultées ne les valident pas. Le ministère de la Santé relevait en 2019 une absence de données probantes, et l’OMS indique que les médecines traditionnelles et complémentaires reçoivent moins de 1 % de la recherche mondiale en santé. L’absence de preuve n’est pas une preuve d’inefficacité, mais elle appelle de la prudence.
Que signifie une approche holistique ?
Le NCCIH décrit des approches holistiques comme l’activité physique, une alimentation équilibrée et la gestion du stress. Dans le langage des praticiens, cela signifie prendre en compte la personne dans son ensemble plutôt qu’un seul symptôme. Cela ne dispense pas d’un avis médical devant un symptôme.
Que faire si un naturopathe déconseille un traitement médical ?
Ne l’arrêtez pas de vous-même et parlez-en à votre médecin : le NHS recommande de ne jamais interrompre un médicament prescrit sans avis médical. L’ARS Nouvelle-Aquitaine classe parmi les signes d’alerte un discours dénigrant la médecine conventionnelle.
Pour aller plus loin
- Naturopathie : techniques, niveau de preuve et précautions
- Qu’est-ce que la naturopathie ? Définition, principes et limites
- Qu’est-ce que la naturopathie ? Définition, pratiques, preuves
- Naturopathie en France : attrait, preuves et précautions
Sources
- NCCIH (États-Unis) : Naturopathy — définition, origine historique, approches utilisées, types de praticiens, limites des diplômes
- OMS : Traditional, complementary and integrative medicine — définitions de la médecine complémentaire et intégrative, part de la recherche, stratégie 2025-2034
- Assemblée nationale : question écrite n° 11601 et réponse du ministère (2 avril 2019) — statut des naturopathes en France, absence de données probantes
- ARS Nouvelle-Aquitaine : Pratiques de soins non conventionnelles, un complément jamais un remplacement — usage en complément, questions à poser, signes de dérive (page du 9 décembre 2025)
- OMS : Healthy diet — éléments d’une alimentation saine et protection contre les maladies non transmissibles
- OMS : Physical activity — effets de l’activité physique sur la dépression, l’anxiété et le bien-être, niveau d’inactivité
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

