Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le CBD (cannabidiol) peut provoquer des effets indésirables : Harvard Health cite des nausées, de la fatigue et de l’irritabilité, et une revue de la littérature décrit aussi des troubles digestifs.
- Des anomalies du bilan hépatique sont décrites, surtout à fortes doses et lorsque le CBD est associé à certains médicaments, notamment des antiépileptiques.
- Le CBD peut modifier l’effet d’autres médicaments (anticoagulants, antiépileptiques, immunosuppresseurs) : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute utilisation.
- Les produits vendus hors pharmacie ne sont pas soumis à un contrôle qualité systématique : la teneur annoncée peut être inexacte et du THC ou d’autres substances non déclarées peuvent être présents.
- Le niveau de preuve des bénéfices reste faible en dehors de certaines formes d’épilepsie, pour lesquelles un médicament est autorisé.
Le CBD n’est pas dénué d’effets indésirables, même s’il n’a pas les effets psychotropes du cannabis récréatif. Fatigue, nausées, troubles digestifs, modification du bilan hépatique et interactions avec des médicaments font partie des risques décrits par l’Inserm, par l’ANSM et par la littérature médicale. Cet article se concentre sur ces risques et sur les précautions qui en découlent.
Il ne propose ni mode d’emploi ni posologie : en dehors du médicament Epidyolex, prescrit pour des formes précises d’épilepsie, aucune dose de CBD n’est validée. L’Inserm rappelle d’ailleurs que les bénéfices du CBD pour d’autres usages ne sont pas établis.
Quels sont les effets secondaires du CBD ?
Harvard Health, dans une page mise à jour en avril 2024, cite parmi les effets indésirables rapportés les nausées, la fatigue et l’irritabilité. Ces effets peuvent gêner la vie quotidienne, par exemple au volant.
Une revue de la littérature publiée en 2024 par des chercheurs de l’agence américaine du médicament (FDA) décrit, dans un essai de quatre semaines avec une forte dose d’un médicament à base de CBD, de la diarrhée, des maux de tête, des douleurs abdominales, des nausées et de la fatigue, rapportés par une part importante des participants. La somnolence et les vertiges sont aussi signalés, surtout lorsque le CBD est pris avec d’autres médicaments sédatifs. Ces données proviennent d’essais cliniques menés avec des médicaments : elles ne se transposent pas telles quelles aux produits vendus dans le commerce, dont la composition est variable.
L’Inserm souligne par ailleurs que le CBD reste une substance psychotrope, même s’il n’est pas considéré comme addictif, et qu’il peut provoquer des effets indésirables.
Le CBD peut-il avoir un effet sur le foie ?
Oui, c’est l’un des points de vigilance mis en avant par Harvard Health : à doses élevées, le CBD peut entraîner des anomalies dans les analyses de sang qui explorent le foie. La page recommande de signaler à son médecin toute consommation régulière de CBD, afin qu’il puisse faire surveiller périodiquement les enzymes hépatiques.
La revue de 2024 précise le contexte : chez des patients épileptiques suivis pendant 48 semaines sous un médicament à base de CBD, environ 10 % ont présenté des transaminases supérieures à trois fois la normale, dont 75 % étaient aussi traités par du valproate. Chez des volontaires sains recevant une dose élevée, des élévations ont aussi été observées. Les auteurs relient le risque d’atteinte hépatique surtout aux fortes doses et à l’association avec certains antiépileptiques. Les personnes ayant une insuffisance hépatique sévère sont citées parmi les populations à risque.
L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) relève de son côté, dans son évaluation de février 2026, des lacunes de données sur les effets du CBD sur le foie, mais aussi sur les systèmes endocrinien, nerveux et reproductif.
Avec quels médicaments le CBD peut-il interagir ?
Le CBD est métabolisé par le foie, par les mêmes enzymes que de nombreux médicaments. Harvard Health explique qu’il peut ainsi augmenter le taux sanguin de certains traitements en entrant en compétition avec ces enzymes, et que le risque est particulièrement important avec les anticoagulants, les antiépileptiques et les immunosuppresseurs. Le pamplemousse a un effet comparable, ce qui illustre le mécanisme.
La revue de 2024 détaille plusieurs exemples : une élévation de l’INR et un risque hémorragique accru chez une personne sous warfarine (cas rapporté), une hausse des taux sanguins de certains antiépileptiques comme le clobazam, le topiramate ou la rufinamide, et une augmentation de l’exposition à la caféine. L’Inserm et l’ANSM mentionnent eux aussi des interactions médicamenteuses.
Concrètement, si vous suivez un traitement, informez votre médecin ou votre pharmacien avant d’utiliser un produit au CBD. N’arrêtez jamais et ne modifiez jamais un traitement prescrit de votre propre initiative.
Qui doit être particulièrement prudent ?
L’EFSA indique que la sécurité du CBD n’est pas établie pour les personnes de moins de 25 ans, pour les femmes enceintes ou qui allaitent, ni pour les personnes sous traitement médicamenteux. L’Inserm rapporte pour sa part une étude chez la souris qui a observé des effets d’une exposition in utero ; ces résultats animaux ne prouvent rien chez l’être humain, mais ils justifient la prudence pendant la grossesse.
La conduite est un autre point sensible. L’Inserm précise qu’une teneur de 0,3 % de THC, autorisée dans les produits vendus en France, peut suffire à altérer la conduite. L’ANSM recommande de ne pas conduire après la consommation de produits au CBD en cas d’intoxication ou de doute. La MILDECA rappelle de son côté que du THC peut être retrouvé dans le sang et la salive après la consommation de produits au CBD.
Si vous avez une maladie du foie, une épilepsie, des troubles psychiatriques ou un traitement chronique, un avis médical préalable est la seule démarche raisonnable.
Les produits au CBD du commerce sont-ils fiables ?
Pas nécessairement. L’Inserm note l’absence de contrôle de qualité systématique. L’ANSM, dans une alerte de juin 2025, signale une hausse des intoxications depuis 2024 liées à des produits vendus comme du CBD mais contenant d’autres substances non déclarées (des cannabinoïdes de synthèse comme le HHC ou le H4-CBD) ou plus de 0,3 % de THC. Elle cite aussi une étude de 2023 menée par trois centres d’addictovigilance, selon laquelle huit produits sur dix avaient une teneur en CBD différente de celle de l’étiquette.
Les formes sont variées : huiles, gélules, produits à appliquer sur la peau, produits à inhaler. Les sources consultées ne comparent pas leur sécurité. Pour les fleurs ou la résine fumées, l’Inserm rappelle que la combustion, souvent avec du tabac, expose à des atteintes respiratoires. Du côté de la loi, la MILDECA indique que le CBD n’est pas classé comme stupéfiant, que les variétés et extraits doivent contenir au plus 0,3 % de THC et qu’aucune allégation thérapeutique n’est permise pour un produit qui n’est pas un médicament.
Sites commerciaux cités dans l’article d’origine, sans que leur mention vaille recommandation : achat de CBD et Dutch Natural Healing.
Quand consulter et que faire en cas de problème ?
Après la prise d’un produit au CBD, un malaise, une somnolence inhabituelle ou tout symptôme qui vous inquiète justifie d’arrêter le produit et d’appeler votre médecin. En cas de suspicion d’intoxication, l’ANSM invite à contacter le 15 ou un centre antipoison.
L’ANSM encourage aussi le signalement des effets indésirables, y compris pour les produits vendus hors pharmacie : ces signalements alimentent la surveillance sanitaire. Enfin, rappelez à tout professionnel de santé que vous consommez du CBD, au même titre que vos médicaments et compléments : c’est l’information qui lui permet d’anticiper une interaction.
Questions fréquentes
Le CBD fait-il dormir ou provoque-t-il de la fatigue ?
La fatigue figure parmi les effets indésirables cités par Harvard Health. La revue de la FDA de 2024 signale aussi de la somnolence et des vertiges, surtout en association avec d’autres médicaments sédatifs. En cas de somnolence, ne conduisez pas.
Peut-on prendre du CBD avec un anticoagulant ?
C’est déconseillé sans avis médical. Harvard Health cite les anticoagulants parmi les médicaments dont le taux sanguin peut augmenter, et une revue de 2024 rapporte un cas d’élévation de l’INR sous warfarine. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute utilisation.
Un produit au CBD peut-il rendre un test de dépistage positif ?
C’est possible. La MILDECA indique que des traces de THC peuvent être retrouvées dans le sang et la salive après la consommation de produits au CBD, et l’Inserm précise que 0,3 % de THC peut altérer la conduite. Le plus sûr est de ne pas conduire après la consommation.
Le CBD est-il addictif ?
L’Inserm indique que le CBD n’est pas addictif, mais qu’il reste psychotrope. Cela ne dispense pas de prudence : les produits du commerce peuvent contenir du THC ou d’autres cannabinoïdes non déclarés, comme l’a relevé l’ANSM en 2025.
Quelle différence entre un produit au CBD du commerce et Epidyolex ?
Epidyolex est un médicament à base de cannabidiol autorisé pour certaines formes d’épilepsie (syndromes de Lennox-Gastaut et de Dravet), prescrit et suivi par un médecin. Les produits du commerce n’ont pas cette évaluation et l’Inserm note l’absence de contrôle de qualité systématique.
Que faire en cas de symptôme inquiétant après la prise de CBD ?
Arrêtez le produit et contactez votre médecin. En cas de suspicion d’intoxication, l’ANSM invite à appeler le 15 ou un centre antipoison, et à ne pas conduire. Le signalement de l’effet indésirable est encouragé.
Pour aller plus loin
- Vertus de l’huile de CBD : ce que disent les preuves
- CBD pour se détendre : que disent les études sur le stress ?
- CBD pour dormir : ce que disent les études et les risques
- Qu’est-ce que le CBD ? Définition, effets et niveau de preuve
Sources
- Inserm : CBD, quel impact sur la santé ? — effets indésirables, interactions, absence de contrôle qualité, THC et conduite, étude animale in utero (3 avril 2023)
- ANSM : augmentation des intoxications causées par des produits à base de CBD contenant d’autres substances — intoxications, substances non déclarées, conduite, 15 et centres antipoison, signalement (19 juin 2025)
- Harvard Health : Cannabidiol (CBD), what we know and what we don’t — nausées, fatigue, irritabilité, anomalies hépatiques, interactions avec anticoagulants, antiépileptiques et immunosuppresseurs (mise à jour avril 2024)
- Journal of Environmental Science and Health, Part C : Metabolism and liver toxicity of cannabidiol — effets indésirables en essais cliniques, transaminases, interactions précises (revue de 2024)
- EFSA : dose provisoire de sécurité du cannabidiol comme nouvel aliment — sécurité non établie avant 25 ans, pendant la grossesse et l’allaitement et sous traitement, lacunes de données (9 février 2026)
- MILDECA : Le CBD — statut non stupéfiant, seuil de 0,3 % de THC, allégations thérapeutiques interdites, traces de THC dans sang et salive (mise à jour 9 novembre 2023)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

