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Anxiété post-confinement : repères pour mieux la gérer

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Santé publique France a mesuré en mars 2020 une anxiété déclarée par 27 % des adultes interrogés, contre 13,5 % dans la population générale en 2017 : le phénomène a été documenté.
  • Les conseils officiels de l’époque sont simples : organiser ses journées, limiter l’exposition aux informations, rester en lien avec ses proches, limiter alcool et tabac.
  • Le NHS et le Manuel MSD citent le sommeil, l’activité physique, la relaxation, le yoga et la méditation comme mesures d’accompagnement, sans les présenter comme des traitements.
  • Lorsque l’anxiété est forte, durable ou envahissante, les sources recommandent une prise en charge médicale : thérapie cognitivo-comportementale, parfois médicaments.
  • Consultez un médecin si l’anxiété gêne votre quotidien ; en cas de pensées suicidaires, appelez le 3114 (24 h/24, gratuit, d’après Santé publique France).

L’anxiété post-confinement est un vécu documenté : si vous en ressentez encore les effets, sachez qu’en 2020, Santé publique France a mesuré une anxiété nettement plus fréquente que dans la population générale, et les sources médicales décrivent des repères de vie quotidienne et des prises en charge adaptées lorsque l’anxiété devient importante.

Cet article s’appuie sur Santé publique France, le NHS et le Manuel MSD. Il présente ce que ces sources établissent, indique ce qu’elles ne disent pas (notamment sur la durée des effets après la crise) et rappelle quand consulter. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un psychologue.

L’anxiété liée au confinement est-elle documentée ?

Oui, pour la période du début de la crise sanitaire. Santé publique France a publié le 23 avril 2020 les résultats d’une enquête en ligne menée avec BVA auprès de 2 000 adultes : 27 % des personnes interrogées déclaraient de l’anxiété lors de la première vague (23 au 25 mars 2020). Lors de la deuxième vague, la proportion avait diminué mais restait à 22 %, soit nettement plus que les 13,5 % mesurés en population générale en 2017.

L’enquête identifie des groupes où l’anxiété était plus fréquente : les femmes, les moins de 50 ans, les personnes en difficulté financière, en télétravail ou parents d’enfants de 16 ans ou moins, celles ayant un proche présentant des symptômes possibles de Covid-19, ainsi que celles qui considéraient la maladie comme grave, connaissaient mal sa transmission, se sentaient incapables de suivre les mesures recommandées ou avaient peu confiance dans les autorités.

Cette page ne couvre que le printemps 2020 : elle ne fournit aucune donnée sur la détresse psychologique après la fin du confinement. Nous ne pouvons donc pas, à partir de ces sources, quantifier la persistance de l’anxiété dans les mois ou les années suivants.

Comment distinguer une inquiétude passagère d’un trouble anxieux ?

Les sources décrivent le trouble anxieux généralisé, qui n’est qu’une des formes possibles d’anxiété pathologique. Selon le NHS, son signe principal est un stress ou une inquiétude qui affecte la vie quotidienne et qui est difficile à contrôler. Le NHS cite aussi des troubles du sommeil, de l’agitation, de l’irritabilité, des difficultés de concentration, de la fatigue, de la tension, des troubles digestifs, des palpitations et une humeur basse.

Le Manuel MSD précise que, pour poser ce diagnostic, la personne doit présenter au moins trois symptômes parmi l’agitation ou la nervosité, la fatigabilité, les difficultés de concentration, l’irritabilité, la tension musculaire et les troubles du sommeil, et que l’anxiété doit être présente plus de jours qu’elle n’est absente pendant six mois ou plus. Il note qu’une dépression ou un autre trouble anxieux est fréquemment associé.

Seul un médecin peut poser un diagnostic. Il pourra, selon le Manuel MSD, prescrire des analyses ou d’autres examens pour écarter une cause physique ou un effet de médicament ou de drogue. Une anxiété qui ne dure que quelques jours après un événement difficile n’a pas les mêmes caractéristiques, mais si elle vous préoccupe, parlez-en à un professionnel.

Quels repères du quotidien sont recommandés ?

Les conseils de Santé publique France (page publiée en avril 2020) étaient pensés pour la période de confinement, mais ils restent des repères de bon sens :

  • organiser ses journées, pour retrouver une structure ;
  • ne pas écouter les informations toute la journée ;
  • rester en lien avec son entourage et en parler ;
  • aider ceux qui en ont besoin, ce qui peut aussi faire du bien à celui qui aide ;
  • limiter sa consommation d’alcool et de tabac ;
  • prendre soin de sa santé, et demander l’aide de professionnels si la situation devient trop difficile.

Le NHS ajoute plusieurs éléments : donner la priorité au sommeil, faire de l’exercice régulièrement, manger des repas équilibrés et réguliers, limiter la caféine qui peut perturber le sommeil et aggraver l’anxiété, éviter de se focaliser sur ce que l’on ne peut pas changer, et s’exposer progressivement aux situations qui font peur plutôt que de les éviter. Il déconseille d’utiliser l’alcool, le tabac, le jeu ou les drogues pour soulager l’anxiété, car cela peut aggraver la santé mentale.

La relaxation, le yoga et la méditation aident-ils ?

Le Manuel MSD cite la relaxation, le yoga, la méditation, l’exercice physique et le biofeedback (une technique de retour d’information sur des signaux corporels) comme approches pouvant être utiles en complément d’un traitement. Le NHS mentionne de son côté les exercices de respiration calmante, le yoga et le pilates, ainsi que les livres d’auto-assistance, les outils en ligne et les formations.

Ces approches sont présentées comme un soutien et non comme un traitement de remplacement. Les pages consultées n’en donnent pas de mesure précise d’efficacité. Une pratique régulière, adaptée à vos goûts et à votre état de santé, est le plus souvent la plus simple à maintenir.

Pour les plantes et compléments, le Manuel MSD indique seulement, à propos du kava, que des effets anxiolytiques sont suggérés mais que des études complémentaires sont nécessaires sur son efficacité et sa sécurité. Aucune des sources consultées ne recommande de plante ou de complément pour l’anxiété. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en prendre.

Site cité dans l’article d’origine : comment vaincre l’anxiété. Son contenu n’a pas été vérifié dans le cadre de cet article.

Quelles prises en charge médicales existent ?

Le NHS indique que le médecin propose généralement d’abord des thérapies par la parole, le plus souvent une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), individuelle ou en groupe, avant de prescrire un médicament, le plus souvent un antidépresseur de type ISRS, ou d’orienter vers une équipe de santé mentale. Il précise que le traitement peut aider à contrôler les symptômes mais qu’il peut prendre du temps.

Le Manuel MSD présente la TCC comme le traitement le plus efficace du trouble anxieux généralisé : elle aide à repérer les pensées déformées, à les contrôler et à modifier le comportement. Les antidépresseurs sont décrits comme utiles mais mettent généralement quelques semaines à agir. Les benzodiazépines apportent un soulagement rapide, mais elles sont prescrites pour une durée relativement courte en raison du risque de dépendance et ne doivent jamais être arrêtées brutalement.

Il ne faut donc ni débuter, ni modifier, ni arrêter un traitement anxiolytique sans l’avis du médecin qui l’a prescrit.

Quand consulter et où trouver de l’aide ?

Le NHS recommande de consulter si vous pensez avoir un trouble anxieux généralisé, ou si un traitement déjà instauré ne vous aide pas. De façon générale, consultez un médecin lorsque l’anxiété gêne votre travail, votre sommeil, vos relations ou vos activités, ou lorsque vous recourez à l’alcool ou à d’autres substances pour la calmer.

En situation de crise ou d’urgence, cherchez une aide immédiate. La page de Santé publique France indique le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24 h/24 et gratuit. Cette page datant de 2020, d’autres numéros qu’elle cite (soutien psychologique lié à la Covid-19, par exemple) peuvent ne plus être actifs : vérifiez-les avant de les utiliser. Si une personne de votre entourage exprime des pensées suicidaires, ne la laissez pas seule et appelez les secours.

Questions fréquentes

Est-il normal d’avoir encore de l’anxiété après le confinement ?

Santé publique France a mesuré en 2020 une anxiété plus fréquente qu’en 2017. Cette étude ne couvre cependant que le printemps 2020 et ne dit rien de la période suivante. Si l’anxiété vous gêne durablement, parlez-en à un médecin.

Quels sont les signes d’un trouble anxieux généralisé ?

Selon le NHS, il s’agit d’un stress ou d’une inquiétude difficile à contrôler et qui affecte la vie quotidienne, avec des troubles du sommeil, de l’irritabilité, des difficultés de concentration ou de la fatigue. Seul un médecin peut poser le diagnostic.

La thérapie cognitivo-comportementale est-elle recommandée ?

Oui. Le NHS indique que les thérapies par la parole, le plus souvent la TCC, sont généralement proposées avant les médicaments, et le Manuel MSD la décrit comme le traitement le plus efficace du trouble anxieux généralisé. Elle est mise en œuvre par un professionnel formé.

Peut-on arrêter seul un anxiolytique ?

Non. Le Manuel MSD indique que les benzodiazépines ne doivent pas être arrêtées brutalement et que la dose est réduite progressivement. Toute modification de traitement se décide avec le médecin prescripteur.

La caféine ou l’alcool peuvent-ils aggraver l’anxiété ?

Le NHS indique que la caféine peut perturber le sommeil et aggraver l’anxiété, et que l’alcool, le tabac, le jeu et les drogues ne doivent pas servir à soulager l’anxiété, car ils peuvent aggraver la santé mentale.

Quel numéro appeler en cas de pensées suicidaires ?

Santé publique France indique le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24 h/24 et gratuit. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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