Mis à jour le 9 octobre 2026
- « Perversion narcissique » est une expression du langage courant ; les sources médicales consultées décrivent le trouble de la personnalité narcissique, diagnostiqué par un professionnel selon des critères précis.
- Ce trouble et l’emprise conjugale sont deux notions distinctes : les violences psychologiques se reconnaissent à des comportements répétés de contrôle et de domination, sans diagnostic nécessaire.
- Selon le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr, humiliations, chantage affectif, isolement, surveillance et contrôle de l’argent font partie des signes possibles.
- La psychothérapie est le traitement principal du trouble de la personnalité narcissique ; aucun médicament n’est spécifiquement approuvé selon Mayo Clinic.
- Le 3919 (écoute, anonyme, gratuit, non urgent) et le 17 ou le 112 (danger immédiat) permettent de demander de l’aide.
La perversion narcissique n’est pas un diagnostic médical : l’expression désigne, dans le langage courant, une relation où une personne dévalorise, contrôle ou manipule l’autre. Les sources médicales consultées décrivent plutôt le trouble de la personnalité narcissique, qui relève d’un diagnostic posé par un professionnel, et les sources officielles définissent les violences psychologiques au sein du couple par les comportements observés.
Cet article distingue ces notions, décrit les signes d’emprise tels que les présente le site officiel contre les violences, rappelle ce que disent Mayo Clinic et le Manuel MSD du trouble de la personnalité narcissique et indique vers qui se tourner pour demander de l’aide.
Que désigne l’expression « perversion narcissique » ?
Les termes « pervers narcissique » et « perversion narcissique » sont très employés dans les médias et les conversations pour qualifier un proche, un conjoint ou un collègue jugé manipulateur. Dans les pages médicales consultées pour cet article, le terme médical retenu est celui de trouble de la personnalité narcissique. Cette différence de vocabulaire invite à la prudence : une étiquette utilisée à distance ne remplace pas une évaluation.
Ce qui peut être décrit sans étiquette, ce sont les comportements. Le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr définit les violences au sein du couple comme des actes, des propos et des comportements par lesquels le partenaire cherche à vous contrôler et à vous dominer, et précise qu’elles créent « un climat de peur, de tension et de contrôle permanent ».
Comment est défini le trouble de la personnalité narcissique ?
Selon Mayo Clinic, il s’agit d’une condition de santé mentale marquée par un sentiment exagéré de sa propre importance, un fort besoin d’admiration et une estime de soi fragile, qui peut s’effondrer face à la critique. Les symptômes décrits incluent le sentiment que tout est dû, l’exploitation des autres, un manque d’empathie, l’envie, l’arrogance et des réactions de colère ou de mépris face à la critique. Mayo Clinic précise que ces personnes peuvent aussi cacher de la détresse : dépression, honte, insécurité.
Le Manuel MSD indique que le trouble touche environ 2 % des personnes, plus souvent des hommes, et que le diagnostic repose sur les critères du DSM-5-TR : un schéma persistant, au moins 5 traits sur 9, apparu au plus tard au début de l’âge adulte. Mayo Clinic ajoute que certains traits narcissiques sont normaux chez l’enfant et ne prédisent pas nécessairement le trouble, que la cause exacte est inconnue (environnement, génétique, fonctionnement du cerveau étant évoqués) et que les symptômes se recoupent avec ceux d’autres troubles de la personnalité, ce qui peut compliquer le diagnostic.
Comment reconnaître une relation d’emprise ou de violence psychologique ?
Le site officiel donne une liste de signes possibles. Aucun n’est suffisant à lui seul, mais leur répétition et leur accumulation sont significatives :
- la dévalorisation, l’humiliation ou le chantage affectif ;
- l’interdiction de voir vos proches ou vos amis ;
- le contrôle permanent de vos déplacements et de vos fréquentations ;
- la surveillance de votre téléphone ou de vos comptes ;
- le contrôle de l’argent ;
- les menaces ou la destruction d’objets ;
- la peur au moment d’ouvrir la porte ;
- des promesses de changement après une agression.
Le même site rappelle un point essentiel : vous n’êtes pas responsable des actes de votre partenaire ou ex-partenaire.
Quelles conséquences pour la santé de la personne concernée ?
Les violences au sein du couple, y compris psychologiques, peuvent entraîner de l’anxiété, des troubles du sommeil ou de l’alimentation, une dépression, un isolement et un sentiment de culpabilité, selon arretonslesviolences.gouv.fr. Ces symptômes n’ont pas tous la même origine et ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une situation d’emprise ; ils justifient en revanche d’en parler à un professionnel.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, parlez-en à une personne de confiance ou à un professionnel de santé, de travail social ou de droit, comme le recommande le site officiel. Une consultation médicale peut aussi permettre de prendre en charge l’anxiété, les troubles du sommeil ou la dépression.
Que faire si vous pensez être dans cette situation ?
Les démarches suivantes sont indiquées par le site officiel :
- en cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 ; le 114 est accessible par SMS ou téléphone aux personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques ;
- le 3919 (Violences Femmes Info) offre écoute, information et orientation, de façon anonyme et gratuite, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 ; ce n’est pas un numéro d’urgence ;
- une plateforme de signalement en ligne avec tchat est accessible 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 ;
- le site propose un annuaire d’associations spécialisées ;
- vous pouvez demander une ordonnance de protection au juge aux affaires familiales, sans plainte préalable ;
- hors danger immédiat, préparer un départ en identifiant des personnes ressources, en mémorisant les numéros importants et en conservant des copies de vos documents et de vos preuves en lieu sûr.
Une personne présentant ce trouble peut-elle être prise en charge ?
Selon Mayo Clinic, la psychothérapie est le traitement principal du trouble de la personnalité narcissique. Elle vise notamment à améliorer les relations, à accepter ses responsabilités, à gérer la critique et l’échec et à travailler sur l’estime de soi. Aucun médicament n’est spécifiquement approuvé pour ce trouble, mais un médecin peut prescrire un antidépresseur ou un anxiolytique en cas de dépression ou d’anxiété associées.
Mayo Clinic note aussi que ces personnes consultent souvent pour une autre difficulté (dépression, consommation de substances) plutôt que pour le trouble lui-même, et qu’il faut s’attendre à des difficultés en cours de route. Ces informations concernent la personne qui souhaite se faire aider ; elles ne constituent pas une raison de rester dans une relation qui vous met en danger.
Questions fréquentes
Peut-on diagnostiquer un proche à partir de son comportement ?
Non. D’après le Manuel MSD, le diagnostic de trouble de la personnalité narcissique est posé par un clinicien selon les critères du DSM-5-TR : il faut un schéma persistant et au moins 5 traits sur 9, débutant au plus tard à l’âge adulte jeune. Lire un article ou observer un proche ne suffit pas à poser ce diagnostic.
Trouble de la personnalité narcissique et emprise conjugale, est-ce la même chose ?
Les sources décrivent deux notions distinctes. Mayo Clinic et le Manuel MSD définissent un trouble de la personnalité diagnostiqué par un professionnel. Le site officiel arretonslesviolences.gouv.fr définit les violences conjugales par des comportements de contrôle et de domination, sans exiger de diagnostic. On peut donc reconnaître une situation de violence psychologique sans mettre d’étiquette médicale sur l’autre personne.
Le 3919 est-il un numéro d’urgence ?
Non. Selon arretonslesviolences.gouv.fr, le 3919 (Violences Femmes Info) est un service d’écoute, d’information et d’orientation, anonyme, gratuit et ouvert 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, mais ce n’est pas un numéro d’urgence. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 ; le 114 est accessible par SMS aux personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques.
Peut-on être protégé sans avoir déposé plainte ?
Selon arretonslesviolences.gouv.fr, une ordonnance de protection peut être demandée au juge aux affaires familiales sans dépôt de plainte préalable, et son non-respect est un délit. Le même site précise que les forces de sécurité ne peuvent pas refuser de prendre une plainte et qu’une main courante n’est pas possible pour des violences au sein du couple.
Existe-t-il un médicament contre le trouble de la personnalité narcissique ?
Selon Mayo Clinic, aucun médicament n’est spécifiquement approuvé pour ce trouble. Des antidépresseurs ou des anxiolytiques peuvent être envisagés par un médecin si la personne souffre aussi de dépression ou d’anxiété. La psychothérapie en est le traitement principal.
Quels symptômes chez la personne qui subit ces comportements justifient de consulter ?
Le site officiel cite l’anxiété, les troubles du sommeil ou de l’alimentation, la dépression, l’isolement et la culpabilité parmi les conséquences possibles des violences conjugales. Parlez-en à un médecin ou à un autre professionnel de santé, de travail social ou de droit : il peut vous orienter et vous aider à ne pas rester seul.
Pour aller plus loin
- Confiance en soi : comprendre le manque d’assurance et agir
- Consulter un psychologue : motifs, déroulé et limites
- Syndrome d’Asperger : signes, repérage et démarche de diagnostic
- Énergie sexuelle et libido : comprendre une baisse du désir
Sources
- arretonslesviolences.gouv.fr : Violences au sein du couple — définition, signes de violence psychologique, conséquences, numéros utiles, protection juridique
- Mayo Clinic : Narcissistic personality disorder, symptoms and causes — symptômes, causes, complications, quand consulter
- Mayo Clinic : Narcissistic personality disorder, diagnosis and treatment — diagnostic, psychothérapie, absence de médicament spécifique
- Manuel MSD : Narcissistic personality disorder — fréquence, critères du DSM-5-TR, psychothérapie
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

