Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’EFT (Emotional Freedom Techniques) associe la verbalisation d’un problème et des tapotements sur des points du visage et du haut du corps.
- Une revue systématique publiée en 2022 dans Frontiers in Psychology rapporte, sur 56 essais randomisés, des effets modérés à importants sur l’anxiété, mais ses auteurs sont proches du courant EFT et reconnaissent le manque de réplications indépendantes pour d’autres troubles.
- Dans les pages du NHS et de la Mayo Clinic consultées, l’EFT n’apparaît pas parmi les approches recommandées de l’anxiété : le NHS cite surtout les thérapies cognitivo-comportementales et, selon les cas, un médicament.
- L’EFT ne remplace ni un diagnostic, ni une psychothérapie, ni un traitement : un malaise qui s’installe ou retentit sur la vie quotidienne justifie de consulter un médecin.
- La Mayo Clinic signale que des techniques de détente peuvent faire émerger un inconfort émotionnel, surtout en cas de trouble psychique sévère ou d’antécédent de trauma : il faut alors s’arrêter et en parler à un professionnel.
La méthode EFT est une technique de tapotements sur des points du corps, associée à la verbalisation d’une émotion ou d’un problème ; son intérêt est discuté, car les travaux publiés sont favorables mais proviennent en grande partie de chercheurs engagés dans ce courant, et les organismes de santé consultés ne la citent pas parmi les approches recommandées de l’anxiété.
Cet article reprend le sujet de l’article d’origine, consacré à l’EFT et à la libération des émotions. Il décrit la méthode, expose ce que disent les études et leurs limites, rappelle ce que recommandent les sources médicales pour l’anxiété et indique quand consulter.
En quoi consiste la méthode EFT et comment se déroule une séance ?
EFT signifie Emotional Freedom Techniques. Dans la forme décrite par l’article d’origine, la personne se concentre sur ce qui la perturbe (une peur, une tension, un souvenir, une émotion), évalue l’intensité ressentie sur une échelle de 0 à 10, puis tapote du bout des doigts plusieurs points situés sur le visage, le haut du corps et le torse, tout en répétant une phrase qui nomme le problème et exprime une acceptation de soi.
Les points sont présentés comme inspirés des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise. Les sources consultées pour cet article ne permettent pas de confirmer cette explication énergétique. Elles ne permettent pas non plus de dire quelle part de l’effet éventuel tient aux tapotements, à l’attention portée à l’émotion, à la verbalisation ou à la relaxation qui l’accompagne.
La méthode est généralement présentée comme une technique de régulation émotionnelle, et non comme un traitement médical. L’article d’origine précisait d’ailleurs lui-même qu’elle ne remplace pas un diagnostic médical.
Que disent les études sur l’EFT ?
La publication la plus complète consultée est une revue systématique de Dawson Church, Peta Stapleton, Anitha Vasudevan et Tom O’Keefe, parue le 10 novembre 2022 dans Frontiers in Psychology. Les auteurs y ont retenu 139 études, dont 56 essais randomisés (2 013 participants au total), et huit méta-analyses. Ils concluent que l’EFT dite « clinique » repose sur une base de preuves étendue, avec des effets jugés modérés à importants dans les méta-analyses, pour l’anxiété, la dépression, les phobies et le stress post-traumatique, ainsi que pour la douleur, l’insomnie ou des mesures de performance.
Cette revue doit se lire avec prudence, pour plusieurs raisons mentionnées dans sa propre présentation :
- ses auteurs sont rattachés au courant EFT : Dawson Church est à l’origine de la définition de l’EFT clinique en 2013, et plusieurs auteurs figurent parmi les investigateurs d’essais inclus dans la revue ;
- pour les affections physiques (douleur, troubles auto-immuns), les auteurs écrivent eux-mêmes que l’EFT ne peut pas encore être considérée comme un traitement fondé sur des preuves, en raison du petit nombre d’essais bien conçus et du manque de réplications indépendantes ;
- la revue ne couvre que les études publiées jusqu’à sa date et exclut des méthodes voisines.
Autrement dit, à ce jour, les travaux disponibles suggèrent un effet sur certaines émotions, comme l’anxiété, mais ils ne suffisent pas à établir la place de l’EFT au regard des autres approches. Les pages consultées du NHS et de la Mayo Clinic sur l’anxiété et la détente ne la mentionnent pas. Ces constats ne signifient pas que vous ne puissiez pas vous sentir plus calme après une séance ; ils signifient qu’on ne peut pas garantir ce résultat.
L’EFT peut-elle remplacer une prise en charge de l’anxiété ?
Non. Le NHS décrit le trouble anxieux généralisé par un stress ou des inquiétudes persistants, difficiles à contrôler et qui retentissent sur la vie quotidienne, avec parfois des troubles du sommeil, de l’agitation, de l’irritabilité, des difficultés de concentration, de la fatigue, des tensions musculaires, des troubles digestifs, des palpitations, des vertiges ou une humeur basse. Il recommande de consulter un médecin si vous pensez en être atteint, surtout si l’anxiété est présente la plupart du temps et perturbe votre quotidien.
Côté traitements, le NHS cite en premier lieu les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), individuelles ou en groupe, et un médicament de la famille des antidépresseurs ISRS dans certains cas. Il précise que le traitement peut aider mais qu’il peut prendre du temps. Si vous suivez déjà un traitement ou une thérapie, ne l’arrêtez pas et ne le remplacez pas par l’EFT : parlez-en à votre médecin.
Le NHS donne aussi des conseils d’hygiène de vie : parler à une personne de confiance, pratiquer des exercices de respiration calme ou du yoga, veiller au sommeil, bouger régulièrement, prendre des repas réguliers et équilibrés, réduire la caféine, et ne pas compter sur l’alcool, le tabac ou d’autres substances pour faire face. Il conseille aussi de ne pas fuir les situations qui provoquent de l’anxiété, mais d’y passer progressivement plus de temps.
Peut-on pratiquer l’EFT seul chez soi ?
Rien dans les sources consultées n’interdit d’essayer une technique de détente simple chez soi, et la Mayo Clinic rappelle que ces techniques sont souvent gratuites ou peu coûteuses, comportent peu de risques et peuvent se pratiquer presque n’importe où. Elle présente la détente comme une compétence qui s’améliore avec la pratique et qui donne de meilleurs résultats lorsqu’elle est associée à d’autres moyens : activité physique, alimentation, sommeil, temps en extérieur, soutien de l’entourage.
La même page signale toutefois une précaution : un inconfort émotionnel pendant une technique de détente est rare, mais il peut survenir, en particulier chez les personnes qui ont un trouble psychique sérieux ou des antécédents de maltraitance ou de trauma. Si cela se produit, il faut s’arrêter et en parler à un professionnel de santé ou de santé mentale. Cette précaution s’applique aussi à toute pratique centrée sur des souvenirs douloureux.
L’article d’origine allait dans le même sens : pour un sujet lourd, traumatique ou ancien, ou si les émotions sont très fortes, mieux vaut ne pas travailler seul.
Comment choisir un accompagnement ?
Pour un stress passager ou une appréhension (un examen, une prise de parole), vous pouvez vous tourner vers une technique de relaxation reconnue. La Mayo Clinic cite la relaxation autogène, la relaxation musculaire progressive, la visualisation, la respiration profonde, la méditation, le yoga, le tai-chi, le massage ou le biofeedback. L’EFT ne figure pas dans cette liste.
Si vous souhaitez malgré tout consulter un praticien d’EFT, informez-le de vos antécédents et de vos traitements, demandez-lui comment il envisage la méthode et ses limites, et prévenez votre médecin. Un praticien d’EFT ne remplace pas un médecin ni un psychologue lorsqu’il y a un trouble anxieux, une dépression ou un traumatisme. Méfiez-vous de toute promesse de résultat rapide ou garanti.
Site cité dans l’article d’origine : www.ars-coaching.fr.
Quels signes doivent amener à consulter ?
Consultez un médecin si votre anxiété est présente la plupart du temps, si elle perturbe votre travail, votre sommeil ou vos relations, ou si les traitements ou les moyens d’apaisement ne suffisent plus. Des symptômes physiques qui persistent ou que vous ne comprenez pas méritent aussi un avis médical.
Un avis rapide est aussi justifié si vous êtes submergé par des souvenirs ou des émotions trop forts, si des crises de panique se répètent ou si vous vous sentez mal lorsque vous tentez de travailler seul sur un souvenir pénible.
En cas de détresse aiguë ou d’idées de se faire du mal, ne restez pas seul : contactez sans attendre un proche, un médecin ou les services d’urgence. Le NHS rappelle qu’une aide urgente existe en cas de crise de santé mentale.
Questions fréquentes
L’EFT est-elle reconnue par la médecine ?
Les pages du NHS et de la Mayo Clinic consultées pour cet article ne la citent pas parmi les approches de l’anxiété ou de la détente. Les études favorables viennent surtout d’auteurs engagés dans le courant EFT, qui reconnaissent eux-mêmes un manque de réplications indépendantes pour certaines affections.
Faut-il croire aux méridiens pour que l’EFT fonctionne ?
Les sources consultées ne permettent pas de confirmer l’explication par les méridiens. Elles ne disent pas non plus si l’effet éventuel tient aux tapotements, à l’attention portée à l’émotion ou à la relaxation. Croire ou non à cette explication ne remplace pas un avis médical en cas de trouble.
Combien de séances faut-il pour ressentir un effet ?
Aucune des sources consultées n’indique de nombre de séances. L’article d’origine précisait que cela dépend de l’ancienneté et de la complexité du problème. Si rien ne change ou si la gêne s’aggrave, consultez un médecin plutôt que de multiplier les séances.
L’EFT convient-elle aux enfants ?
Les sources consultées ne traitent pas de l’EFT chez l’enfant. Face à une anxiété ou à une tristesse qui dure chez un enfant ou un adolescent, le médecin traitant est le premier interlocuteur.
Peut-on utiliser l’EFT pour un animal stressé ?
Aucune source consultée ne documente cette pratique. Si votre animal montre une peur importante, des changements de comportement ou de l’appétit, consultez d’abord un vétérinaire.
Quelles techniques de détente sont décrites par la Mayo Clinic ?
La Mayo Clinic cite la relaxation autogène, la relaxation musculaire progressive, la visualisation, la respiration profonde, la méditation, le yoga, le tai-chi, le massage, le biofeedback, la musique ou l’art-thérapie. Elle recommande d’en essayer une autre si la première ne convient pas.
Pour aller plus loin
- Bienfaits du shiatsu : ce que disent les études et précautions
- Endométriose et EFT : ce que disent les sources sur la douleur
- Acupression : ce que disent les études sur ses effets et ses limites
- Réflexologie plantaire : ce que disent les études et ses limites
Sources
- Frontiers in Psychology : Clinical EFT as an evidence-based practice for the treatment of psychological and physiological conditions (2022) — revue systématique de 139 études dont 56 essais randomisés, conclusions des auteurs et limites reconnues
- NHS : Generalised anxiety disorder in adults — symptômes, quand consulter, thérapies cognitivo-comportementales, médicaments et conseils d’hygiène de vie
- Mayo Clinic : Relaxation techniques, try these steps to reduce stress — techniques de détente décrites, bénéfices, précautions en cas de trouble psychique ou de trauma
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

