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Hypertension artérielle : définition, symptômes et prise en charge

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • L’hypertension artérielle est une pression du sang trop élevée de façon persistante : elle est retenue, selon l’Inserm, à partir de 140/90 mmHg sur des mesures répétées au repos, et jamais sur une mesure isolée.
  • Elle ne donne le plus souvent aucun symptôme : seule la mesure de la tension permet de la détecter, d’où l’intérêt d’un contrôle régulier chez le médecin ou à domicile avec un appareil validé.
  • Non prise en charge, elle augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus, d’insuffisance cardiaque et d’insuffisance rénale (OMS, Inserm, Manuel MSD).
  • La prise en charge repose sur l’hygiène de vie (sel, poids, activité physique, tabac, alcool) et, selon les cas, sur des médicaments prescrits ; aucun aliment ni plante isolé ne remplace un suivi médical.
  • Une tension très élevée avec symptômes, une tension élevée pendant la grossesse ou une douleur de tête avec troubles visuels nécessitent un avis médical rapide ; ne modifiez jamais un traitement sans l’accord de votre médecin.

L’hypertension artérielle est une pression du sang trop élevée dans les artères, de façon persistante. Selon l’Inserm, elle est confirmée lorsque la pression systolique atteint ou dépasse 140 mmHg et/ou la pression diastolique 90 mmHg lors de mesures répétées au repos. C’est la maladie chronique la plus fréquente en France, et elle passe souvent inaperçue, car elle provoque rarement des symptômes.

Cet article reprend ce que disent l’Inserm, Santé.fr, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Manuel MSD et la Mayo Clinic sur la mesure, les symptômes, les causes, les complications et la prise en charge. Il précise aussi la différence avec l’hypertension intracrânienne, une maladie distincte. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin.

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle et à partir de quelle valeur ?

L’Inserm définit l’hypertension artérielle comme une maladie cardiovasculaire chronique dans laquelle la pression exercée par le sang sur la paroi des artères est trop élevée. Le diagnostic repose sur plusieurs mesures répétées au repos, avec une pression systolique supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une pression diastolique supérieure ou égale à 90 mmHg. L’OMS retient les mêmes valeurs et précise qu’elles doivent être observées lors de deux journées différentes. Santé.fr donne un seuil de 135/85 mmHg pour l’automesure à domicile.

Une seule mesure ne suffit pas : l’Inserm indique que le diagnostic s’appuie sur l’automesure à domicile ou sur la mesure ambulatoire sur 24 heures, et le Manuel MSD rappelle que le diagnostic ne repose jamais sur une seule prise. Mesurer sa tension à domicile avec un tensiomètre électronique validé est une option évoquée par Santé.fr ; votre médecin vous indiquera la fréquence adaptée à votre situation et les valeurs à viser.

En France, l’Inserm estime qu’environ un adulte sur trois, soit près de 17 millions de personnes, est concerné. La fréquence augmente avec l’âge : moins de 10 % des 18-34 ans, contre 40 % des plus de 40 ans. Environ un tiers des personnes hypertendues l’ignorent. À l’échelle mondiale, l’OMS estime qu’environ 1,4 milliard d’adultes de 30 à 79 ans étaient concernés en 2024 et que 44 % d’entre eux ne le savaient pas.

L’hypertension donne-t-elle des symptômes ?

Le plus souvent, non. Santé.fr parle d’un « tueur silencieux » et le Manuel MSD indique que la plupart des personnes n’ont aucun symptôme pendant des années. Le Manuel MSD ajoute que les maux de tête, les saignements de nez, les vertiges ou la fatigue ne sont pas plus fréquents chez les personnes hypertendues. Santé.fr cite des signes possibles mais peu spécifiques : maux de tête, difficultés de concentration, vertiges, douleurs thoraciques, essoufflement, troubles visuels, bourdonnements d’oreille. Leur présence ne permet donc ni d’affirmer ni d’écarter une hypertension : seule la mesure de la tension le permet.

Les valeurs très élevées, de l’ordre de 180/120 mmHg ou plus, sont à part. L’OMS indique qu’elles peuvent provoquer des maux de tête sévères, des douleurs thoraciques, des vertiges, une gêne respiratoire, des nausées, des vomissements, des troubles de la vision, une confusion ou des saignements de nez, et qu’il faut alors consulter immédiatement. Le Manuel MSD décrit ces situations comme des urgences hypertensives, qui nécessitent un traitement d’urgence lorsqu’il existe une atteinte d’un organe.

Quelles sont les causes et les complications ?

Dans la grande majorité des cas, l’hypertension est dite essentielle (ou primaire), sans cause unique identifiée : environ 90 % des cas selon l’Inserm et 85 % selon le Manuel MSD. Elle résulte de facteurs génétiques, comportementaux et environnementaux. Le vieillissement est le principal facteur non modifiable ; parmi les facteurs modifiables figurent le surpoids, la sédentarité, le tabac, l’excès de sel, l’alcool, le manque de sommeil, le stress chronique et la pollution (Inserm). L’OMS cite aussi des antécédents familiaux, le diabète et les maladies rénales.

L’hypertension secondaire, plus rare, est liée à une maladie (reins, glandes surrénales, aorte) ou à un médicament ou une substance : anti-inflammatoires, corticoïdes, œstrogènes, certains décongestionnants, réglisse (Inserm, Santé.fr, Manuel MSD). Elle est évoquée notamment chez les adultes de moins de 40 ans sans facteur de risque, en cas de résistance au traitement ou d’aggravation brutale. On parle d’hypertension résistante lorsque la tension reste au-dessus des objectifs malgré au moins trois classes de médicaments, dont un diurétique (Inserm).

Les complications possibles touchent le cœur et les vaisseaux : accident vasculaire cérébral, infarctus, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, mais aussi insuffisance rénale, atteinte de la rétine et artérite des membres inférieurs (Inserm, OMS). Le Manuel MSD indique que le traitement réduit nettement le risque d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance cardiaque.

Comment l’hypertension est-elle prise en charge ?

La prise en charge comporte deux volets, selon l’Inserm : les mesures d’hygiène de vie et, si besoin, les médicaments.

  • Hygiène de vie : perte de poids si nécessaire, activité physique régulière, limitation du sel (en évitant surtout le sel caché des aliments transformés et des plats préparés, précise Santé.fr), consommation d’alcool modérée, alimentation riche en fruits et en légumes, arrêt du tabac et gestion du stress.
  • Médicaments : ils sont envisagés si ces mesures ne suffisent pas, ou d’emblée selon le niveau de la tension et le risque cardiovasculaire. L’Inserm cite les diurétiques thiazidiques, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2, les bêtabloquants et des antihypertenseurs d’action centrale. Le choix et l’association relèvent du médecin. Le Manuel MSD précise que le traitement est souvent poursuivi à vie.
  • Cas particuliers : pour une hypertension résistante, l’Inserm mentionne la dénervation rénale par cathéter, dont les résultats sont variables, ainsi qu’une prise en charge spécialisée.

Santé.fr recommande de prendre les médicaments chaque jour à la même heure et, en cas d’oubli, de ne jamais doubler la prise le lendemain. Ne modifiez ni n’arrêtez un traitement sans l’avis de votre médecin, même si votre tension est redevenue normale.

Qu’en est-il de l’alimentation ? Les sources consultées recommandent une alimentation riche en fruits et en légumes et pauvre en sel, associée à une activité physique et à un poids maîtrisé. Aucune d’elles ne présente un aliment, une plante ou un jus isolé comme capable de faire baisser durablement la tension ; l’alcool, lui, figure parmi les facteurs de risque et n’est pas un traitement. Ces mesures complètent le suivi médical sans le remplacer.

Hypertension et grossesse : à quoi faut-il être attentif ?

La Mayo Clinic décrit la prééclampsie comme une complication de la grossesse associant une tension élevée à d’autres signes d’atteinte d’organe, comme des protéines dans les urines ; elle débute habituellement après 20 semaines chez des femmes dont la tension était auparavant normale. Une hypertension chronique, un diabète, une maladie rénale, une maladie auto-immune, une première grossesse avec un nouveau partenaire ou une grossesse multiple font partie des situations qui augmentent le risque.

Les complications possibles concernent la mère et l’enfant : retard de croissance du fœtus, naissance prématurée, décollement du placenta, convulsions (éclampsie). La Mayo Clinic recommande de se rendre à toutes les consultations prénatales, qui permettent de surveiller la tension, et de contacter immédiatement son médecin ou les urgences en cas de maux de tête sévères, de troubles de la vision, de douleur intense au ventre ou d’essoufflement important. En cas de doute sur un symptôme pendant la grossesse, demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme.

L’hypertension intracrânienne est-elle la même maladie ?

Non. Le Manuel MSD décrit l’hypertension intracrânienne idiopathique comme une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne, liée au liquide céphalorachidien et au drainage veineux du cerveau, sans rapport avec la tension artérielle. Elle touche surtout des femmes en âge de procréer, plus souvent en surpoids, et la cause exacte est inconnue. Certains médicaments (comme les tétracyclines) ou de fortes quantités de vitamine A ont été associés à cette maladie.

Les symptômes cités sont des maux de tête quotidiens ou presque, des nausées, une vision trouble ou double et des bruits pulsatiles dans la tête. Le diagnostic repose sur l’examen du fond d’œil, un champ visuel, une IRM et une ponction lombaire. Le risque principal concerne la vue : sans prise en charge rapide, elle peut être atteinte de façon durable. Des maux de tête inhabituels associés à des troubles visuels justifient donc un avis médical rapide ; cette situation relève d’un médecin, avec un suivi ophtalmologique, et non d’une automesure de la tension.

Questions fréquentes

Peut-on faire baisser sa tension sans médicament ?

Les mesures d’hygiène de vie font partie de la prise en charge : perte de poids si besoin, activité physique régulière, moins de sel, alcool modéré, arrêt du tabac, alimentation riche en fruits et en légumes (Inserm, Santé.fr). Selon les cas, le médecin ajoute des médicaments. Ne les arrêtez pas de votre propre initiative.

Comment mesurer correctement sa tension à la maison ?

Santé.fr évoque l’usage d’un tensiomètre électronique validé et fixe à 135/85 mmHg le seuil de l’automesure. Le Manuel MSD indique que la mesure se fait assis, après un temps de repos, et qu’aucun effort, caféine ou tabac ne doit la précéder de peu. Un résultat isolé n’a pas de valeur diagnostique : montrez vos relevés à votre médecin.

L’hypertension est-elle héréditaire ?

Une part génétique existe. L’Inserm cite des facteurs génétiques parmi ceux de l’hypertension essentielle, et Santé.fr mentionne une prédisposition familiale. Mais l’âge, le poids, la sédentarité, l’alimentation, le tabac et l’alcool jouent aussi un rôle : certains de ces facteurs peuvent être modifiés.

Peut-on avoir de l’hypertension quand on est jeune ?

C’est moins fréquent : l’Inserm indique que moins de 10 % des 18-34 ans sont concernés. Chez un adulte de moins de 40 ans sans facteur de risque, une cause secondaire (maladie des reins ou des glandes surrénales, médicament) est recherchée par le médecin, notamment en cas d’aggravation brutale.

Certains médicaments ou produits peuvent-ils faire monter la tension ?

Oui. Santé.fr et le Manuel MSD citent notamment les anti-inflammatoires, les corticoïdes, la pilule œstroprogestative, certains décongestionnants et la réglisse. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre ces produits si votre tension est élevée, et n’interrompez pas un traitement prescrit de vous-même.

L’alcool, le vin rouge par exemple, aide-t-il à réguler la tension ?

Non. L’alcool figure parmi les facteurs de risque d’hypertension pour l’Inserm et l’OMS, et les sources recommandent de le consommer avec modération, voire de le limiter. Santé.fr et l’OMS fixent des repères de consommation maximale que votre médecin peut adapter à votre situation.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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