Mis à jour le 9 octobre 2026
- Après 65 ans, les priorités d’hygiène de vie sont surtout de rester actif (endurance, force, équilibre), de manger suffisamment et de façon variée, et de boire régulièrement.
- Les adultes de 65 ans et plus sont particulièrement exposés à la dénutrition ; une perte de poids involontaire ou une baisse d’appétit doivent être signalées au médecin, et les régimes restrictifs ne sont pas adaptés.
- La sensation de soif ne protège pas toujours de la déshydratation : proposer et prendre des boissons régulièrement, surtout en cas de chaleur, de fièvre ou de diarrhée, est un repère du NHS.
- Plantes et compléments ne sont pas garantis sûrs : en cas de médicaments multiples, ils peuvent provoquer des interactions graves et exigent l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
- Vaccinations, dépistages, contrôle de la vue et de l’audition restent des mesures de prévention qu’aucune démarche de bien-être ne remplace.
Vieillir en bonne santé dépend en partie de l’hygiène de vie, et il n’est jamais trop tard pour en tirer parti : rester actif, bien manger, bien boire, conserver des liens sociaux. Mais les besoins des personnes âgées sont spécifiques, et certaines pratiques de naturopathie, comme les cures, les régimes restrictifs ou les compléments, demandent chez elles une prudence particulière. Cet article fait partie de notre dossier sur la naturopathie selon les publics.
Sur le thème naturopathie et seniors, les repères ci-dessous s’appuient sur des sources de santé publique et sur des organismes médicaux ; la naturopathie n’y est pas présentée comme un moyen de traiter une maladie.
Qu’est-ce qui change avec l’âge ?
La Mayo Clinic décrit plusieurs évolutions : les artères se raidissent et le cœur travaille davantage ; les os tendent à perdre en taille et en densité ; les muscles perdent de la force, de l’endurance et de la souplesse, ce qui touche la coordination et l’équilibre et augmente le risque de chute ; le métabolisme ralentit, et une activité réduite sans changement d’alimentation peut entraîner une prise de poids. Ces changements sont normaux, mais leur rythme dépend aussi du mode de vie, ce qui rend certaines habitudes plus importantes.
La dénutrition : un risque à ne pas sous-estimer
Selon le NHS, les personnes de 65 ans et plus sont particulièrement à risque de malnutrition, et la perte de poids n’est pas une fatalité du vieillissement. Les signes sont une perte de poids involontaire (le NHS cite 5 à 10 % ou plus du poids sur 3 à 6 mois), une baisse d’appétit ou de l’envie de boire et manger, une fatigue et une faiblesse persistantes, ainsi que des maladies fréquentes ou une récupération lente. Les maladies chroniques, les difficultés à avaler, une mobilité réduite ou des ressources limitées augmentent le risque.
Si vous ou un proche avez perdu du poids sans raison ou êtes inquiet, consultez le médecin : il pourra vous peser, vous mesurer et vous orienter vers un diététicien. Les premières mesures décrites par le NHS passent par des aliments enrichis en calories et en protéines, des collations supplémentaires et des boissons caloriques ; des compléments nutritionnels viennent ensuite si cela ne suffit pas. Les régimes restrictifs, les jeûnes et les cures « détox » vont à l’inverse de ces conseils et ne sont donc pas adaptés.
Que faut-il manger après 65 ans ?
Le NHS recommande, pour l’ensemble des adultes, une alimentation variée : fruits et légumes, féculents (de préférence complets), protéines (légumineuses, poisson, œufs, viande), produits laitiers ou alternatives enrichies, matières grasses insaturées en petite quantité, et moins de sel et de produits gras ou sucrés. En cas de petit appétit, la page sur la dénutrition suggère d’enrichir les plats et d’ajouter des collations. Manger en compagnie, quand c’est possible, aide aussi à maintenir l’appétit.
Pour les personnes diabétiques, sous traitement ou dont l’état de santé impose un régime particulier, ces situations se discutent avec le médecin ou un diététicien.
Quelle activité physique pour préserver son autonomie ?
Pour les 65 ans et plus, le NHS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine (ou 75 minutes d’activité intense pour les personnes déjà actives, ou une combinaison des deux), ainsi que des activités de force, d’équilibre et de souplesse au moins deux jours par semaine. Marche rapide, aquagym, vélo, danse, yoga, tai-chi, exercices avec le poids du corps ou bandes élastiques : il s’agit de choisir ce qui vous convient. Le NHS conseille aussi de réduire le temps passé assis ou allongé, de couper les longues périodes d’inactivité par du mouvement et de rester actif chaque jour, même légèrement.
Si vous avez déjà chuté ou craignez de tomber, ces exercices peuvent renforcer et rassurer. Si vous n’avez pas fait d’exercice depuis longtemps ou avez des problèmes de santé, parlez-en d’abord à votre médecin. Nous détaillons ces conseils dans l’hygiène de vie et la vitalité après 50 ans.
Comment réduire le risque de chute ?
Le NHS rappelle que les chutes sont fréquentes chez les personnes âgées. Elles peuvent être favorisées par l’affaiblissement des muscles, certaines maladies (arthrite, accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson), une tension basse, les effets secondaires de certains médicaments, une mauvaise vue ou audition, ou des troubles de la mémoire.
Les repères de prévention donnés sont :
- être actif chaque jour et travailler force et équilibre au moins deux fois par semaine ;
- dégager les passages, ranger les fils et tapis qui peuvent faire trébucher ;
- utiliser un tapis antidérapant dans la douche et la baignoire, envisager des rampes dans l’escalier et des barres d’appui dans la salle de bains ;
- porter des chaussures ou chaussons bien ajustés, avec une bonne adhérence ;
- demander à son médecin ou à son pharmacien si un médicament peut affecter l’équilibre ;
- faire contrôler régulièrement sa vue et son audition.
Après une chute ou en cas d’inquiétude sur l’équilibre, consultez : le médecin peut évaluer l’équilibre et orienter vers un service spécialisé.
Pourquoi faut-il boire régulièrement ?
Le NHS indique que les bébés, les enfants et les personnes âgées sont davantage exposés à la déshydratation, et que les personnes âgées doivent boire suffisamment. Le repère est de boire assez dans la journée pour que l’urine reste claire ; on boit davantage en cas de transpiration, de maladie ou de diarrhée. Une chaleur excessive ou un séjour prolongé au soleil augmentent le risque. Pour un proche, le NHS conseille de proposer des boissons aux repas et de les garder à portée de main, car la personne ne mesure pas toujours ce qu’elle boit.
Une fatigue inhabituelle, des vertiges persistants au lever, des urines très foncées ou rares, un souffle ou un pouls rapides appellent un avis médical rapide ; confusion, somnolence anormale, peau pâle, bleutée ou froide appellent les secours.
Que retenir sur le sommeil des seniors ?
Dans sa fiche sur le vieillissement, la Mayo Clinic recommande de viser 7 à 9 heures de sommeil par nuit, car le sommeil participe à la réparation du cœur et des vaisseaux. Si les troubles du sommeil sont fréquents, consultez votre médecin pour en chercher la cause. Les somnifères et autres médicaments psychotropes ne doivent jamais être arrêtés ni démarrés sans avis médical ; interrogez votre médecin ou votre pharmacien sur leurs effets possibles sur l’équilibre.
Plantes et compléments : pourquoi la prudence est-elle de mise ?
La Mayo Clinic rappelle que les compléments à base de plantes ne sont pas garantis sûrs ni efficaces, que des herbes peuvent avoir des effets comparables à ceux de médicaments et que leur association à des médicaments peut avoir des conséquences graves, parfois mettant la vie en danger. Elle cible les personnes qui prennent des médicaments, celles qui ont une maladie chronique, et celles qui sont enceintes ou allaitent. Les personnes âgées prennent souvent plusieurs traitements : le risque d’interaction y est plus élevé.
Aucune plante, tisane concentrée, huile essentielle ou complément ne devrait donc être pris sans avis du médecin ou du pharmacien, en leur présentant la liste de tout ce que vous prenez, y compris les produits achetés sans ordonnance. Faire régulièrement le point sur l’ensemble de ses traitements avec son médecin est une bonne pratique.
Vaccinations, dépistages, vue et audition : que prévoir ?
La prévention reste essentielle. À titre d’exemple, le NHS propose aux adultes de plus de 65 ans, selon l’âge, des vaccins contre la grippe, le pneumocoque, le zona, la Covid-19 et le virus respiratoire syncytial, avec des calendriers propres à l’Angleterre. Le calendrier en vigueur en France peut différer : demandez-le à votre médecin ou à votre pharmacien. De la même façon, demandez quels dépistages sont adaptés à votre âge et à votre situation, et faites contrôler régulièrement votre vue et votre audition. Aucune démarche de bien-être ne remplace ces mesures.
La ménopause est-elle concernée ?
Chez les femmes, les années qui suivent la ménopause sont marquées par la perte de densité osseuse et une évolution du risque cardiovasculaire. Nous abordons cette période dans la ménopause et l’hygiène de vie.
Peut-on consulter un naturopathe après 65 ans ?
Un accompagnement sur l’hygiène de vie peut avoir sa place, à condition que la démarche reste prudente : attention à la dénutrition, pas de régime restrictif, pas de plantes ni de compléments sans validation médicale, et orientation vers le médecin en cas de symptôme. Pour beaucoup de questions, le médecin traitant, le diététicien, le kinésithérapeute ou l’enseignant en activité physique adaptée sont les interlocuteurs les plus adaptés. Nous ne comparons pas les praticiens et ne recommandons personne en particulier.
Comment accompagner un proche âgé au quotidien ?
Enfants, conjoints ou voisins repèrent souvent les changements les premiers. Quelques repères, en respectant les choix et le rythme de la personne :
- observer l’appétit et le poids : repas souvent sautés, vêtements devenus larges, réfrigérateur peu rempli sont à signaler au médecin ;
- partager des repas, ce qui soutient l’appétit et rompt l’isolement ;
- faire la liste de tout ce qui est pris (médicaments, plantes, tisanes, compléments) pour la montrer au médecin ou au pharmacien ;
- proposer à boire régulièrement, surtout en cas de chaleur ;
- encourager le mouvement : promenade à deux, activité de groupe adaptée.
L’objectif est de préserver l’autonomie et le plaisir de vivre, pas d’imposer un programme. En cas de doute ou d’épuisement de l’aidant, le médecin traitant est un bon interlocuteur.
Questions fréquentes
Les personnes âgées doivent-elles manger moins ?
Non. Le NHS rappelle que la perte de poids n’est pas inévitable avec l’âge et que les plus de 65 ans sont particulièrement exposés à la dénutrition. En cas de perte de poids involontaire ou de petit appétit, consultez votre médecin.
Quelle activité physique après 65 ans ?
Le NHS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, plus des activités de force, d’équilibre et de souplesse au moins deux jours par semaine. Marche, tai-chi, yoga, aquagym ou danse conviennent. Parlez-en à votre médecin si vous reprenez après une longue pause.
Les plantes sont-elles dangereuses pour les seniors ?
Elles ne sont pas garanties sûres, et leur association à des médicaments peut avoir des conséquences graves. Comme les seniors prennent souvent plusieurs traitements, un avis médical ou pharmaceutique est indispensable avant toute prise.
Pourquoi les personnes âgées se déshydratent-elles plus facilement ?
Le NHS indique qu’elles sont plus exposées à la déshydratation, et qu’une chaleur excessive, une maladie ou une diarrhée augmentent le risque. Buvez régulièrement dans la journée, et proposez des boissons à un proche qui ne le fait pas spontanément.
Comment réduire le risque de chute à domicile ?
Le NHS conseille de dégager les passages, de retirer fils et tapis qui font trébucher, d’installer des barres d’appui et des tapis antidérapants, de porter des chaussures adhérentes et de faire contrôler vue et audition. Travaillez aussi force et équilibre.
Comment savoir si un proche âgé mange suffisamment ?
Une perte de poids involontaire, une baisse d’appétit, une fatigue persistante ou des repas souvent sautés doivent alerter. Parlez-en au médecin traitant, qui pourra évaluer la situation et orienter vers un diététicien.
Pour aller plus loin
- Bien vieillir : les fondamentaux d’hygiène de vie à tout âge
- Naturopathie et seniors : hygiène de vie pour bien vieillir
- Renforcement doux à la maison : exercices simples sans matériel
- Naturopathie et prévention du cancer : ce que disent les sources
Sources
- NHS : Physical activity guidelines for older adults — repères d’activité, force, équilibre, prévention des chutes
- NHS : Malnutrition — signes, personnes à risque, enrichissement de l’alimentation, quand consulter
- NHS : Dehydration — risque chez les personnes âgées, repères de boisson, signes d’alerte
- NHS : Falls — causes, prévention à domicile, médicaments, vue et audition
- Mayo Clinic : Aging : what to expect — évolutions des muscles, des os, du cœur, du métabolisme, sommeil
- Mayo Clinic : Herbal supplements — sécurité non garantie, interactions avec les médicaments
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

