Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’ashwagandha (Withania somnifera) est une plante de la médecine ayurvédique, vendue en complément alimentaire pour le stress, l’anxiété ou le sommeil.
- Pour le stress et l’insomnie, le NCCIH indique que certaines préparations pourraient être efficaces ; pour l’anxiété, la preuve est jugée peu claire, et de nombreuses études sont petites et hétérogènes.
- Les sources médicales ouvertes ne montrent pas de baisse du cortisol : aucune ne traite cette question, il serait donc inexact de l’affirmer.
- Des effets indésirables existent : somnolence, troubles digestifs et, plus rarement, des atteintes du foie rapportées depuis 2017.
- Grossesse, allaitement, maladie du foie, troubles de la thyroïde et plusieurs traitements imposent d’éviter ce complément ou d’en parler à un médecin.
L’ashwagandha est une plante utilisée depuis très longtemps en médecine ayurvédique, que l’on trouve aujourd’hui en compléments alimentaires. À ce jour, les sources médicales ouvertes pour cet article ne montrent pas qu’elle fasse baisser le cortisol ; elles décrivent un niveau de preuve limité sur le stress et le sommeil, et des risques réels, dont de rares atteintes du foie.
Cet article reprend ce que disent ces sources : ce qu’est la plante, ce que l’on sait (et ne sait pas) de ses effets sur le stress, les effets indésirables documentés, les précautions et les personnes concernées. Il ne donne aucune dose et ne recommande aucune cure.
Qu’est-ce que l’ashwagandha ?
Le NCCIH, centre des National Institutes of Health américains consacré aux approches de santé complémentaires, décrit l’ashwagandha (Withania somnifera, aussi appelée « ginseng indien ») comme un arbuste originaire d’Inde, d’Afrique et du Moyen-Orient, utilisé depuis des milliers d’années en médecine ayurvédique. Ses compléments sont souvent promus pour le stress, l’anxiété, le sommeil, l’infertilité masculine et la performance sportive.
Le terme « adaptogène », fréquent dans la communication commerciale, n’apparaît pas dans les sources médicales ouvertes. Un usage ancien ne démontre pas à lui seul une efficacité ou une innocuité. Le NCCIH rappelle par ailleurs que les compléments ne sont pas approuvés avant leur mise en vente aux États-Unis et recommande d’en parler à un professionnel de santé avant de les utiliser. LiverTox ajoute que les produits du commerce peuvent être des mélanges, mal étiquetés ou contaminés.
L’ashwagandha fait-elle baisser le cortisol ?
Le cortisol est une hormone produite par le cortex des glandes surrénales, sous l’influence de l’ACTH, une hormone de l’hypophyse. Selon le Manuel MSD, son taux est plus élevé tôt le matin et il augmente nettement en cas de stress, par exemple lors d’une maladie. Un excès durable correspond au syndrome de Cushing, qui relève d’un diagnostic médical.
Sur le lien entre ashwagandha et cortisol, la situation est simple à énoncer : la page du NCCIH ne mentionne pas le cortisol, et LiverTox n’en parle pas non plus. Ces sources ne permettent donc pas d’affirmer que la plante abaisse le taux de cortisol, ni d’ailleurs qu’elle n’a aucun effet. Des études spécifiques existent peut-être, mais elles n’ont pas été vérifiées pour cette mise à jour et ne sont pas citées.
Un taux de cortisol n’est de toute façon pas un objectif de bien-être : sa mesure, son interprétation et la recherche d’une cause relèvent d’un médecin.
Que disent les études sur le stress, l’anxiété et le sommeil ?
Le NCCIH résume ainsi le niveau de preuve :
- Stress et insomnie : certaines préparations pourraient être efficaces ;
- Anxiété : les données sont peu claires ;
- Autres usages : les preuves sont insuffisantes pour l’asthme, la performance sportive, la fonction cognitive, le diabète, la ménopause, l’infertilité féminine ou la COVID-19 ;
- Testostérone et qualité du sperme : des données limitées suggèrent un effet possible, sans permettre de conclure.
La même page souligne que de nombreuses études sont petites et portent sur des préparations différentes, ce qui rend les résultats difficiles à comparer. LiverTox est encore plus réservé : il indique que des études contrôlées n’ont pas établi l’efficacité de l’ashwagandha pour le stress, l’anxiété, l’insomnie ou la fatigue.
Autrement dit, à ce jour, la preuve est partielle et discutée, et rien ne permet de promettre un effet sur la résistance au stress ou sur le sommeil.
Quels sont les effets indésirables de l’ashwagandha ?
D’après le NCCIH, l’ashwagandha peut être sans danger à court terme pour certaines personnes, mais sa sécurité à long terme est inconnue. Les effets décrits sont une somnolence, des maux d’estomac, de la diarrhée ou des vomissements. LiverTox note que de fortes quantités peuvent provoquer des troubles digestifs, et que les essais cliniques n’ont pas rapporté d’élévation des enzymes du foie ni d’événement grave.
Le point d’attention principal concerne le foie. Les deux sources signalent des cas d’atteinte hépatique liés à des compléments contenant de l’ashwagandha, jugés rares. Selon LiverTox, ils sont rapportés depuis 2017 avec des produits du commerce, apparaissent en général dans les semaines suivant le début de la prise, et se manifestent typiquement par une jaunisse et des démangeaisons. L’évolution est le plus souvent favorable après l’arrêt, mais des formes mortelles ou nécessitant une greffe ont été décrites, surtout chez des personnes ayant déjà une maladie du foie ou une cirrhose.
LiverTox précise aussi qu’il est parfois difficile de savoir si la plante ou un autre ingrédient du produit est en cause, mais que, dans certains cas, le produit analysé contenait de l’ashwagandha sans contaminant. Il conseille d’éviter de reprendre le produit après un tel épisode et d’éviter l’ashwagandha en cas de cirrhose ou de maladie chronique avancée du foie.
Qui doit éviter l’ashwagandha et avec quels médicaments pose-t-elle problème ?
Le NCCIH recommande d’éviter l’ashwagandha pendant la grossesse et l’allaitement. Il ne la recommande pas avant une chirurgie, ni chez les personnes ayant une maladie auto-immune ou un trouble thyroïdien. Comme elle pourrait augmenter la testostérone, les personnes atteintes d’un cancer de la prostate hormonosensible doivent l’éviter.
La même source signale des interactions possibles avec les médicaments contre le diabète et l’hypertension, les immunosuppresseurs, les sédatifs, les anticonvulsivants et les hormones thyroïdiennes.
Si vous prenez l’un de ces traitements, si vous avez une maladie du foie ou si vous envisagez une grossesse, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien avant toute prise, et ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.
Comment agir sur le stress sans complément ?
La Mayo Clinic décrit les effets du stress sur le corps (maux de tête, tensions musculaires, fatigue, troubles du sommeil, estomac), sur l’humeur (anxiété, irritabilité, manque de motivation) et sur les comportements (alimentation, tabac, alcool, isolement, moindre activité). Un stress non géré peut contribuer à l’hypertension, aux maladies cardiaques, à l’accident vasculaire cérébral, à l’obésité et au diabète.
Elle recommande des stratégies actives : activité physique la plupart des jours, techniques de relaxation (respiration profonde, méditation, yoga, tai-chi, massage), temps avec ses proches et ses loisirs, tenue d’un journal, humour, sommeil suffisant, alimentation équilibrée, absence de tabac, d’alcool et de drogues. Les activités passives comme la télévision ou les jeux vidéo peuvent, à la longue, augmenter le stress.
Ces mesures de santé générale ne promettent aucun effet sur le cortisol, mais elles figurent parmi les recommandations d’une source médicale.
Quand consulter ?
Consultez si vous ne savez pas si le stress est en cause ou si les symptômes persistent malgré vos efforts : un professionnel de santé peut chercher d’autres causes, et un psychologue ou thérapeute peut aider à identifier les sources de stress. Si vous craignez de vous faire du mal, appelez les secours ou une ligne d’écoute.
Si vous avez pris un complément d’ashwagandha et que vous remarquez une jaunisse ou des démangeaisons, arrêtez la prise et contactez rapidement un médecin. Une douleur thoracique, surtout avec essoufflement, sueurs ou nausées, nécessite d’appeler les secours immédiatement.
Questions fréquentes
L’ashwagandha fait-elle baisser le cortisol ?
Les sources médicales ouvertes pour cet article ne le montrent pas : la page du NCCIH et celle de LiverTox ne traitent pas du cortisol. Il n’est donc pas possible d’affirmer une baisse. Seul un médecin peut interpréter un dosage.
L’ashwagandha est-elle utile pour le stress ?
Le NCCIH indique que certaines préparations pourraient être efficaces pour le stress et l’insomnie, mais que les études sont souvent petites et hétérogènes. LiverTox précise que des études contrôlées n’ont pas établi son efficacité.
Quels sont les effets secondaires de l’ashwagandha ?
Somnolence, maux d’estomac, diarrhée ou vomissements sont décrits. Des atteintes du foie, rares, ont aussi été rapportées avec des produits du commerce, avec jaunisse et démangeaisons.
Peut-on prendre de l’ashwagandha pendant la grossesse ?
Non, le NCCIH recommande de l’éviter pendant la grossesse et l’allaitement. Demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
L’ashwagandha est-elle compatible avec d’autres médicaments ?
Pas toujours. Le NCCIH cite des interactions possibles avec les traitements du diabète et de l’hypertension, les immunosuppresseurs, les sédatifs, les anticonvulsivants et les hormones thyroïdiennes. Parlez-en à un professionnel de santé.
Qui doit éviter l’ashwagandha ?
Les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes atteintes de cirrhose ou de maladie du foie avancée, de maladie auto-immune, de trouble thyroïdien ou de cancer de la prostate hormonosensible, et avant une chirurgie, selon le NCCIH et LiverTox.
Pour aller plus loin
- Stress et glycémie : effets, mécanismes et conseils
- Ashwagandha et thyroïde : ce que disent les sources
- Adaptogènes et stress : ce que disent les études, précautions
- DHEA naturelle : rôle, compléments et précautions
Sources
- NCCIH (National Institutes of Health) : Ashwagandha — description de la plante, niveau de preuve, sécurité, interactions et contre-indications
- LiverTox (NIH) : Ashwagandha — atteintes du foie rares, évolution, produits du commerce et limites des preuves d’efficacité
- Manuel MSD : Présentation des glandes surrénales — rôle du cortisol et hausse en cas de stress
- Mayo Clinic : Stress symptoms, effects on your body and behavior — effets du stress, stratégies de gestion, quand consulter
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

