Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les troubles hormonaux masculins recouvrent plusieurs situations médicales, dont le déficit en testostérone (hypogonadisme) et les troubles de la thyroïde ; leur diagnostic est médical.
- Selon la Mayo Clinic, un déficit en testostérone peut d’abord se manifester par une baisse du désir, de l’énergie et par un état dépressif ; ces signes ne sont pas spécifiques et justifient une consultation.
- Les causes sont variées : atteinte des testicules, problème de commande hormonale, obésité, apnée du sommeil non traitée, certains médicaments, âge. Les perturbateurs endocriniens sont des facteurs suspectés, rarement prouvés, selon l’Inserm.
- Aucune source consultée ne présente une plante, un régime ou un complément comme capable de rétablir l’équilibre hormonal ; la naturopathie ne remplace ni diagnostic ni traitement.
- Des troubles urinaires, du sang dans les urines, une fatigue inexpliquée ou une baisse durable du désir justifient un avis médical.
Les troubles hormonaux masculins ne sont pas une entité unique : l’expression regroupe des situations différentes, comme le déficit en testostérone, les troubles de la thyroïde ou, plus souvent évoqué avec elles, les troubles de la prostate. Seul un médecin peut dire si des symptômes comme la fatigue ou la baisse du désir relèvent d’une cause hormonale.
Cet article s’appuie sur la Mayo Clinic, le NHS britannique, l’Inserm, l’Assurance maladie et l’OMS. Il présente les signes et les causes décrits par ces sources, ce qu’elles disent des plantes et des compléments, et les situations dans lesquelles il est nécessaire de consulter. Il ne propose aucun traitement ni aucune dose.
Que recouvrent les troubles hormonaux masculins ?
La Mayo Clinic définit l’hypogonadisme masculin comme une situation dans laquelle le corps ne fabrique pas assez de testostérone, de spermatozoïdes, ou les deux. Il peut exister dès la naissance ou apparaître plus tard, souvent à la suite d’une blessure ou d’une infection.
La thyroïde est une autre glande dont le dérèglement est décrit par la Mayo Clinic ; l’hypothyroïdie correspond à une production trop faible d’hormones thyroïdiennes. Enfin, l’augmentation de volume de la prostate est fréquemment associée à ce sujet dans le langage courant : le NHS la décrit comme une affection fréquente, le plus souvent sans gravité, qui touche surtout les hommes de plus de 50 ans, sans la présenter comme un trouble hormonal.
Quels signes peuvent évoquer un déficit en testostérone ?
Chez l’homme adulte, la Mayo Clinic cite comme signes précoces une baisse du désir sexuel, une baisse d’énergie et une dépression. Avec le temps peuvent s’ajouter des troubles de l’érection, une infertilité, une diminution de la pilosité du visage et du corps, une perte de masse musculaire, un développement du tissu mammaire (gynécomastie) et une perte osseuse (ostéoporose). Dans les cas sévères, la source mentionne aussi des troubles de la concentration et des bouffées de chaleur.
Ces signes ne sont pas spécifiques : la fatigue, une baisse de moral ou une baisse du désir peuvent avoir d’autres origines. La Mayo Clinic recommande de consulter un médecin en cas de symptômes évocateurs, car identifier la cause est la première étape d’une prise en charge adaptée.
Quelles sont les causes possibles ?
La Mayo Clinic distingue deux grandes familles de causes d’hypogonadisme :
- Primaires (atteinte des testicules) : syndrome de Klinefelter, testicules non descendus dans l’enfance, oreillons à l’adolescence ou à l’âge adulte, excès de fer (hémochromatose), traumatisme testiculaire, traitements d’un cancer (chimiothérapie, radiothérapie).
- Secondaires (problème de commande dans le cerveau, hypothalamus ou hypophyse) : syndrome de Kallmann, maladies de l’hypophyse, maladies inflammatoires, infection par le VIH, certains médicaments (opiacés, certaines hormones), apnée obstructive du sommeil non traitée, obésité et vieillissement.
Pour la thyroïde, la Mayo Clinic cite notamment la maladie auto-immune de Hashimoto, la chirurgie ou la radiothérapie de la région, certains médicaments (lithium, amiodarone) et, plus rarement, des déficits ou excès en iode.
Concernant les perturbateurs endocriniens, l’Inserm rappelle, en citant l’OMS, qu’il s’agit de substances extérieures altérant le système endocrinien, présentes dans des pesticides, des polluants, des plastifiants ou des médicaments. L’exposition peut se faire par l’alimentation, l’eau, l’inhalation ou le contact avec la peau (cosmétiques, détergents). La page indique cependant que la plupart des effets sur la santé restent seulement suspectés, que leurs causes sont souvent multifactorielles et que peu de substances sont officiellement reconnues comme dangereuses.
Que sait-on des troubles de la thyroïde chez l’homme ?
Selon la Mayo Clinic, l’hypothyroïdie évolue souvent progressivement et peut être discrète au début. Parmi les signes possibles figurent la fatigue, la sensibilité au froid, la constipation, la peau sèche, la prise de poids, la voix rauque, des douleurs ou raideurs musculaires, un ralentissement du pouls, une dépression et des troubles de mémoire. Les personnes de sexe féminin, les personnes ayant des antécédents familiaux et celles atteintes de maladies auto-immunes sont plus exposées, selon la source.
La Mayo Clinic conseille de consulter en cas de fatigue sans cause apparente ou d’autres symptômes. Une personne déjà traitée doit suivre l’avis de son médecin pour le rythme des contrôles. Aucune de ces situations ne se règle par l’automédication.
Que dire de l’augmentation de volume de la prostate ?
Le NHS décrit une prostate qui grossit, comprime l’urètre et provoque des troubles urinaires : difficulté à commencer à uriner, jet faible, impression de vidange incomplète, gouttes après la miction, besoin plus fréquent ou urgent d’uriner, y compris la nuit. Les symptômes se développent lentement.
Consultez un médecin en cas de gêne urinaire ou de besoin plus fréquent d’uriner. Le NHS demande une consultation urgente en cas de sang dans les urines, de douleur en urinant ou d’impossibilité d’uriner. Il précise qu’une prostate augmentée de volume n’est pas causée par un cancer de la prostate et n’en augmente pas le risque, mais que les symptômes peuvent parfois être dus à un cancer : ils doivent donc être évalués. Parmi les mesures d’hygiène de vie citées : réduire alcool et caféine, limiter les boissons avant le coucher sans trop restreindre l’hydratation, manger assez de fibres et maintenir un poids de santé.
Que peuvent apporter l’hygiène de vie, les plantes et la naturopathie ?
L’OMS recommande aux adultes au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine et cite notamment une meilleure santé mentale, un meilleur sommeil et de meilleurs indicateurs de masse grasse. La Mayo Clinic cite l’obésité et l’apnée du sommeil non traitée parmi les causes de déficit en testostérone : ce sont des situations à évaluer médicalement. Aucune source consultée ne démontre qu’un mode de vie particulier rétablit un déficit hormonal.
Pour les plantes (fenugrec, grenade, ginseng et autres), aucune des sources consultées ne présente de preuve qu’elles rétablissent l’équilibre hormonal. L’Assurance maladie rappelle que les compléments alimentaires ne sont soumis à aucun test d’efficacité ni d’innocuité, qu’ils peuvent provoquer des effets indésirables ou interagir avec un traitement, et recommande d’en parler à un pharmacien ou à un médecin. La naturopathie, comme les autres approches complémentaires, ne remplace pas le diagnostic ni le traitement médical.
Quand consulter ?
Consultez un médecin en cas de fatigue durable sans explication, de baisse persistante du désir ou de l’énergie, d’humeur dépressive, de troubles de l’érection, de troubles urinaires, de prise ou de perte de poids inexpliquée, ou de tout symptôme qui vous préoccupe. En cas de sang dans les urines, de douleur en urinant ou d’impossibilité d’uriner, demandez une consultation urgente. Le médecin décidera des examens utiles et du traitement éventuel.
Ne commencez, ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement hormonal ou un autre médicament sans avis médical. Si vous prenez déjà un traitement, signalez au pharmacien et au médecin tout complément alimentaire ou plante utilisé.
Questions fréquentes
Quels sont les signes d’un manque de testostérone ?
Selon la Mayo Clinic, les signes précoces peuvent être une baisse du désir, une baisse d’énergie et une dépression. Avec le temps peuvent s’ajouter des troubles de l’érection, une infertilité, une perte de masse musculaire et une perte osseuse. Ces signes ne sont pas spécifiques et justifient un avis médical.
Une baisse de libido vient-elle toujours des hormones ?
Non. La Mayo Clinic cite la baisse du désir comme un signe possible d’un déficit en testostérone, mais d’autres causes existent (fatigue, dépression, médicaments, maladies). Seul un médecin peut en déterminer l’origine.
L’obésité ou l’apnée du sommeil peuvent-elles jouer un rôle ?
Oui, la Mayo Clinic cite l’obésité et l’apnée obstructive du sommeil non traitée parmi les causes d’hypogonadisme secondaire. Si vous ronflez fortement ou avez des pauses respiratoires pendant le sommeil, parlez-en à un médecin.
Les perturbateurs endocriniens sont-ils responsables des troubles hormonaux ?
L’Inserm indique que la plupart de leurs effets sur la santé sont seulement suspectés, que les causes sont souvent multifactorielles et que peu de substances sont officiellement reconnues comme dangereuses. Ils ne peuvent donc pas être tenus pour responsables d’un trouble précis chez un individu.
Une prostate augmentée de volume est-elle un cancer ?
Non. Le NHS précise qu’une prostate augmentée de volume n’est pas due à un cancer et n’augmente pas le risque d’en développer un, mais que les symptômes urinaires doivent être évalués car ils peuvent parfois être dus à un cancer.
Les plantes peuvent-elles rétablir l’équilibre hormonal ?
Aucune source consultée ne le démontre. L’Assurance maladie rappelle que les compléments alimentaires ne sont soumis à aucun test d’efficacité ni d’innocuité préalable et recommande de demander l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin, surtout en cas de traitement.
Pour aller plus loin
- Testostérone basse : signes, causes et démarche médicale
- Augmenter sa testostérone naturellement : ce que disent les sources
- Énergie sexuelle et libido : comprendre une baisse du désir
- Fatigue hormonale : causes possibles, bilan et quand consulter
- Plantes et prostate : ce que disent les études et les sources
Sources
- Mayo Clinic : male hypogonadism — définition, signes, causes, consultation
- Mayo Clinic : hypothyroidism — signes, causes, personnes à risque
- NHS : prostate enlargement — symptômes, quand consulter, lien avec le cancer, hygiène de vie
- Inserm : perturbateurs endocriniens — définition, sources d’exposition, effets suspectés
- OMS : physical activity — recommandation d’activité physique et bénéfices
- Assurance maladie : compléments alimentaires — absence de test d’efficacité et d’innocuité, avis du pharmacien ou du médecin
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

