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Déontologie du naturopathe : ce que vous pouvez attendre

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • En France, la naturopathie n’est pas reconnue comme profession de santé (réponse ministérielle de 2019) : les sources ouvertes pour cet article ne décrivent pas de code de déontologie officiel qui s’imposerait à elle.
  • Un naturopathe reste soumis au droit de la consommation : selon la DGCCRF, il doit annoncer ses prix avant la prestation et informer loyalement sur les bénéfices attendus, le caractère non médical de la prestation, les risques et ses qualifications.
  • Il ne doit ni se présenter comme un médecin ni promettre de guérir une maladie ; inciter à abandonner des soins peut constituer un délit (article 223-1-2 du Code pénal, loi du 10 mai 2024).
  • Ces pratiques ne sont pas reconnues scientifiquement pour la grande majorité d’entre elles : elles ne remplacent jamais un suivi médical.
  • Le contrôle de la DGCCRF mené en 2018 a relevé des manquements chez 68 % des praticiens de « médecines douces » contrôlés, surtout des défauts d’information.

La déontologie du naturopathe désigne les règles de conduite qu’un praticien est censé respecter envers les personnes qu’il accompagne. En France, ces règles ne reposent pas sur un ordre professionnel, car la naturopathie n’est pas une profession de santé : ce sont surtout le droit de la consommation et le droit pénal qui fixent les limites.

Cet article distingue ce que la loi exige réellement, ce que les associations professionnelles proposent à titre volontaire et ce que les autorités de santé recommandent de vérifier. Il s’appuie sur des pages de la DGCCRF, de Santé.fr, d’une agence régionale de santé et sur une réponse ministérielle.

La naturopathie dispose-t-elle d’un code de déontologie officiel ?

Non, pas au sens des professions de santé. Dans sa réponse publiée au Journal officiel le 2 avril 2019, le ministère des Solidarités et de la Santé indique qu’« il n’existe pas actuellement en France de reconnaissance des naturopathes en tant que professionnels de santé » et que le Gouvernement n’envisage pas de les faire entrer dans ce cadre. La naturopathie y est classée parmi les pratiques non conventionnelles. Cette réponse date de 2019 et mérite d’être revérifiée.

La DGCCRF ajoute, dans son enquête publiée en décembre 2019, que le secteur tend à se structurer. Elle cite l’association OMNES (Organisation de la Médecine Naturelle et de l’Éducation Sanitaire) et la FÉNA (Fédération française des Écoles de naturopathie), qui encadre un réseau d’écoles privées. Les sources ouvertes pour cet article ne détaillent pas le contenu d’éventuels codes de conduite de ces organisations. Le fait qu’un praticien en revendique un est donc un repère de transparence, pas une garantie officielle.

Quelles informations un naturopathe doit-il vous donner avant la séance ?

La fiche pratique de la DGCCRF, datée du 24 mars 2026, énumère des obligations qui relèvent du droit de la consommation et s’appliquent à ces praticiens :

  • afficher les prix pratiqués avant la prestation ;
  • fournir une information loyale sur les bénéfices attendus, sur le caractère non médical de la prestation, sur les risques possibles et sur ses qualifications ;
  • remettre une note lorsque la prestation dépasse 25 € ou si vous la demandez ;
  • proposer un contrat sans clause abusive, avec un droit de rétractation en cas de vente à distance ou à domicile ;
  • adhérer à un système de médiation et indiquer l’identité et les coordonnées du médiateur ;
  • faire figurer les mentions obligatoires sur son site internet, dont une adresse électronique de contact.

Ces éléments servent aussi de grille de lecture : un praticien qui élude la question du prix, de son parcours ou du caractère non médical de sa pratique ne respecte pas l’esprit de ces règles.

Que ne doit jamais faire un naturopathe ?

Les sources officielles convergent sur plusieurs interdits.

  • Promettre de guérir : le Code de la consommation qualifie de trompeuse l’affirmation fausse qu’une prestation est de nature à guérir des maladies. Santé.fr rapporte que des praticiens ont prétendu guérir le cancer, le sida ou la dépression.
  • Se présenter comme médecin : la DGCCRF alerte sur les allégations qui assimilent une pratique non conventionnelle à de la médecine ou annoncent une prise en charge par l’Assurance maladie.
  • Utiliser des titres sans fondement : l’enquête de 2019 relève l’emploi de « diplômé », « certifié » ou « agréé » sans diplôme d’État, certification ou agrément officiel, ainsi que l’usage du terme « naturopathe » sans formation requise.
  • Exercer un acte réservé aux professionnels de santé : la fiche DGCCRF rappelle que leur exercice par une personne qui n’est pas professionnel de santé constitue le délit d’exercice illégal d’une profession de santé.
  • Pousser à abandonner des soins : l’ARS Nouvelle-Aquitaine rappelle que la loi n° 2024-420 du 10 mai 2024 a créé le délit de provocation à l’abandon ou à l’abstention de soin (article 223-1-2 du Code pénal), puni d’un an d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.

Qu’en est-il de la confidentialité de vos informations de santé ?

Un naturopathe recueille souvent des informations sensibles sur votre santé, votre alimentation ou votre mode de vie. Les sources ouvertes pour cet article ne précisent pas de secret professionnel propre à la naturopathie.

Elles montrent en revanche que la question n’est pas théorique. La DGCCRF a constaté, lors de son enquête de 2018, que des données personnelles sensibles étaient collectées sans mesures de protection, et des signalements ont été faits à la CNIL. Santé.fr mentionne de même des données médicales personnelles collectées de façon abusive.

Vous pouvez donc demander, avant de remplir un questionnaire de santé, quelles données sont conservées, où et pour combien de temps, et à qui elles sont transmises. Un refus d’expliquer est un signal à prendre en compte.

Quels signaux d’alerte doivent vous faire reculer ?

Santé.fr liste plusieurs critères de vigilance à propos des pratiques de soins non conventionnelles :

  • un praticien qui refuse de donner la composition exacte des substances qu’il propose ;
  • des promesses qui exigent d’abandonner vos autres traitements, avec cette consigne : « Fuyez les personnes qui essaient de vous couper de votre réseau de soins habituel » ;
  • une solution proposée très chère ;
  • un régime accompagné de suppléments vendus par le praticien lui-même.

L’enquête de 2019 relevait aussi des liens étroits entre praticiens, organismes de formation et fabricants de produits, avec des commissions liées à des codes d’apporteur d’affaires. Cela ne prouve rien sur un praticien donné, mais justifie de savoir s’il tire un revenu de ce qu’il vous recommande d’acheter.

Que faire en cas de désaccord ou de dérive ?

La première étape est d’en parler au praticien et de vous référer à son contrat et à ses prix affichés. Le recours à un médiateur de la consommation est prévu par la fiche de la DGCCRF, qui impose au praticien d’indiquer ses coordonnées.

Si vous suspectez une dérive sectaire, la DGCCRF invite à contacter la Miviludes, qui peut donner un avis. Parlez-en aussi à votre médecin traitant : Santé.fr rappelle que prendre la décision d’essayer une pratique non conventionnelle « ne doit jamais se faire seul ».

Consultez rapidement un médecin si vous avez un symptôme nouveau, persistant ou qui s’aggrave, ou si un praticien vous dissuade de le faire. Ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement prescrit sans l’avis du médecin qui l’a prescrit.

Questions fréquentes

Un naturopathe est-il soumis à un ordre professionnel ?

Les sources ouvertes pour cet article n’en font pas état. Le ministère de la Santé indiquait en 2019 qu’il n’existe pas de reconnaissance des naturopathes comme professionnels de santé. Ils restent soumis au droit de la consommation et au droit pénal comme tout professionnel.

Un naturopathe peut-il poser un diagnostic ?

La fiche de la DGCCRF précise que ces pratiques ne se substituent jamais à un suivi médical et que le praticien doit informer du caractère non médical de sa prestation. Se présenter comme médecin ou réaliser un acte réservé aux professionnels de santé peut relever de l’exercice illégal.

Un naturopathe a-t-il le droit de promettre une guérison ?

Non. Le Code de la consommation qualifie de trompeuse l’affirmation fausse qu’une prestation est de nature à guérir des maladies. La DGCCRF a d’ailleurs relevé des praticiens prétendant traiter des maladies graves.

Un naturopathe peut-il me demander d’arrêter mon traitement ?

Non. Inciter à abandonner un traitement peut constituer un délit depuis la loi du 10 mai 2024, puni d’un an d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende selon l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Ne modifiez jamais un traitement sans l’avis du médecin qui vous le prescrit.

Mes données de santé sont-elles protégées chez un naturopathe ?

Les sources consultées ne décrivent pas de secret professionnel propre à la naturopathie. La DGCCRF a constaté en 2018 des collectes de données sensibles sans mesures de protection, avec des signalements à la CNIL : demandez comment vos données sont conservées.

Une consultation de naturopathie est-elle remboursée ?

Selon la DGCCRF, ces pratiques ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, mais certaines mutuelles peuvent les prendre en charge. Un praticien qui annonce une prise en charge par l’Assurance maladie doit vous alerter.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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