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Naturopathie et OMS : ce que dit réellement l’organisation

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • La page de l’OMS sur la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative ne mentionne pas la naturopathie : on ne peut pas parler de reconnaissance mondiale validée.
  • L’OMS défend une régulation, des pratiques sûres et le renforcement des preuves ; sa stratégie couvre 2025-2034.
  • Le statut de la naturopathie varie selon les pays ; en France, les naturopathes ne sont pas des professionnels de santé (réponse ministérielle de 2019).
  • Un statut ou un diplôme ne garantit pas la sécurité ni l’efficacité des conseils.
  • Informez votre médecin et n’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.

Sur le sujet naturopathie et OMS, les sources consultées ne montrent aucune reconnaissance officielle de la naturopathie comme médecine : la page de l’Organisation mondiale de la santé sur la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative ne la cite même pas. L’OMS s’intéresse à ces médecines dans leur ensemble et cherche à les encadrer, à les rendre plus sûres et à mieux en établir les preuves.

Cet article démêle ce que dit réellement l’OMS, ce que recouvrent ses définitions, pourquoi le statut de la naturopathie change d’un pays à l’autre et ce que cela implique pour vous. Il s’appuie sur des sources de santé publique et signale quand une information est ancienne.

L’OMS reconnaît-elle la naturopathie ?

Pas au sens où l’on pourrait l’entendre. La page que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) consacre à la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative ne mentionne pas la naturopathie nommément. Cette page décrit un domaine très large, qu’elle dit utilisé par des milliards de personnes dans le monde, et explique que l’organisation cherche à encadrer ces pratiques et à renforcer les preuves à leur sujet. Rien dans ce texte ne revient à valider la naturopathie comme médecine ou à lui conférer un statut officiel.

L’expression « reconnaissance mondiale », parfois employée, est donc trompeuse. Ce que l’on peut dire avec les sources consultées, c’est que l’OMS s’intéresse aux médecines traditionnelles et complémentaires en général, et qu’elle insiste sur la sécurité, la qualité et la preuve.

Que recouvrent les médecines traditionnelles, complémentaires et intégratives ?

L’OMS distingue plusieurs notions. La médecine traditionnelle désigne des systèmes de soins et de bien-être codifiés ou non, issus de contextes historiques et culturels variés. La médecine complémentaire désigne des pratiques de soins supplémentaires qui ne font pas partie de la médecine dominante d’un pays. La médecine intégrative combine les connaissances biomédicales avec des savoirs et des pratiques traditionnels ou complémentaires ; l’OMS la qualifie d’interdisciplinaire et fondée sur les preuves.

Selon les pays, la naturopathie peut relever de l’une ou l’autre de ces catégories, voire d’aucune. Le NCCIH américain la définit comme un système né de pratiques traditionnelles et d’approches de soins. En France, le ministère de la Santé la classe parmi les pratiques non conventionnelles. Ces étiquettes ne disent rien, en elles-mêmes, de l’efficacité des techniques employées.

Que prévoit la stratégie de l’OMS pour 2025-2034 ?

L’OMS présente une stratégie pour la médecine traditionnelle couvrant la période 2025-2034, structurée en quatre objectifs sur la décennie, qui fait suite à la stratégie 2014-2023. Parmi ces objectifs, la page cite le soutien à la fourniture de pratiques sûres et efficaces par des mécanismes de régulation appropriés, ainsi que l’intégration de pratiques sûres et efficaces dans les systèmes de santé. La stratégie comprend aussi le renforcement des preuves scientifiques.

Cet accent sur la régulation et sur les preuves va dans le sens de la prudence. Il signifie que l’OMS ne considère pas toutes les pratiques comme équivalentes, et qu’elle conditionne l’intégration à la sécurité et à l’efficacité. L’organisation relève d’ailleurs que ces médecines reçoivent moins de 1 % de la recherche mondiale en santé, ce qui limite les preuves disponibles. Elle indique qu’une médecine complémentaire fondée sur des preuves a le potentiel de soutenir la médecine conventionnelle.

Pourquoi la reconnaissance de la naturopathie varie-t-elle selon les pays ?

Parce que chaque pays fixe son propre cadre. Aux États-Unis, d’après le NCCIH, les exigences de licence varient selon les États et les territoires. Les « naturopathic physicians » titulaires d’un diplôme d’un programme accrédité de quatre ans peuvent être licenciés là où la licence existe, alors que les « naturopathes traditionnels » ne sont pas éligibles à une licence. Le champ d’action des praticiens licenciés dépend de la réglementation de chaque État.

Au Royaume-Uni, selon le NHS, seuls les chiropracteurs et les ostéopathes ont une obligation légale d’enregistrement ; les autres thérapeutes complémentaires et praticiens de plantes n’y sont pas tenus. En France, la réponse ministérielle du 2 avril 2019 indique que les naturopathes ne sont pas reconnus comme professionnels de santé et que le Gouvernement n’envisageait pas de les faire entrer dans ce cadre. Cette source est ancienne, et un éventuel changement de statut est à vérifier.

Que change une reconnaissance, pour vous, en pratique ?

Pas grand-chose pour votre sécurité, si elle se limite à un statut. Le NCCIH souligne qu’une licence ou un diplôme ne garantit pas des soins sûrs et efficaces, qu’ils soient conventionnels ou complémentaires. Le NHS rappelle que ces thérapies ne sont pas testées de la même façon que les médicaments. Il indique que le système public britannique n’en propose que quelques-unes, dont l’acupuncture pour certaines douleurs de longue durée, là où les preuves le justifient.

L’ARS Nouvelle-Aquitaine fixe des conditions claires pour qu’une pratique non conventionnelle accompagne un parcours de soins : des preuves scientifiques d’efficacité, une proposition en complément de la médecine conventionnelle, et un professionnel de santé agissant dans son domaine de compétence. C’est ce triple critère, plus que le mot « reconnue », qui doit guider votre choix.

Quelles précautions prendre avant de consulter ?

Parlez de votre démarche à votre médecin : c’est le conseil du NCCIH et du NHS, qui demande de signaler toute plante ou thérapie complémentaire aux professionnels qui vous suivent et de ne jamais arrêter un médicament prescrit sans son accord. Pour les plantes, le NHS recommande de demander l’avis d’un pharmacien si vous prenez déjà un médicament, et de les éviter pendant la grossesse et l’allaitement.

Posez aussi les questions que suggère l’ARS : quelle est la formation du praticien, son diplôme, existe-t-il un traitement conventionnel, la pratique est-elle compatible avec mon traitement, présente-t-elle des risques, son efficacité est-elle prouvée ? Enfin, restez attentif aux signes d’alerte : exigence financière exorbitante, discours dénigrant la médecine conventionnelle, emprise mentale. Consultez un médecin pour tout symptôme qui persiste ou revient.

Questions fréquentes

L’OMS a-t-elle validé la naturopathie ?

Les sources consultées ne le montrent pas. La page de l’OMS sur la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative ne mentionne pas la naturopathie. L’organisation y insiste surtout sur la régulation, la sécurité et le renforcement des preuves pour l’ensemble de ces pratiques.

Qu’est-ce que la médecine intégrative selon l’OMS ?

L’OMS la décrit comme une approche qui combine les connaissances biomédicales avec des savoirs et des pratiques traditionnels ou complémentaires. Elle la qualifie d’interdisciplinaire et fondée sur les preuves. Elle ne désigne donc pas n’importe quelle pratique dite naturelle.

Combien d’États ont contribué au rapport mondial de l’OMS de 2019 ?

Selon la page de l’OMS, ce rapport mondial de 2019 repose sur les contributions de 179 États membres. La page ne donne pas de décompte actuel des pays qui recourent à ces médecines. Elle indique en revanche qu’elles sont utilisées par des milliards de personnes.

La naturopathie est-elle réglementée de la même façon partout ?

Non. Aux États-Unis, la licence des naturopathes dépend de chaque État, selon le NCCIH. Au Royaume-Uni, seuls les chiropracteurs et les ostéopathes sont légalement tenus de s’enregistrer, d’après le NHS. En France, les naturopathes ne sont pas reconnus comme professionnels de santé selon une réponse ministérielle de 2019.

Une reconnaissance officielle garantit-elle que les conseils sont sûrs ?

Non. Le NCCIH précise qu’une licence ou un diplôme ne garantit pas des soins sûrs et efficaces, quel que soit le type de praticien. Informez toujours votre médecin des approches complémentaires que vous utilisez et ne cessez jamais un traitement de votre propre initiative.

Que dit l’OMS de la recherche sur ces médecines ?

L’OMS indique que la médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative reçoit moins de 1 % de la recherche mondiale en santé. Sa stratégie 2025-2034 inclut le renforcement des preuves. Une médecine complémentaire fondée sur des preuves peut, selon elle, soutenir la médecine conventionnelle.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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