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Cannabis et grossesse : risques du THC, place du CBD

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le THC, principal composé actif du cannabis, passe le placenta et le lait maternel selon l’Assurance maladie ; aucune quantité sans risque n’est connue d’après Santé Canada.
  • Les effets cités pour un usage régulier et important : prématurité, retard de croissance intra-utérin, tremblements du nouveau-né ; à plus long terme, troubles du comportement et de l’attention.
  • L’Assurance maladie ne rapporte pas de malformation après exposition au premier trimestre, mais cela ne rend pas le cannabis sûr.
  • Pour le CBD, la sécurité n’est pas établie chez la femme enceinte ou allaitante (EFSA, 2026) ; les produits peuvent aussi contenir du THC.
  • Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme : il existe des consultations spécialisées pour être aidée, sans jugement.

Pendant la grossesse, les autorités de santé recommandent d’éviter le cannabis. Le THC, son principal composé actif, traverse le placenta, et les effets documentés sur l’enfant justifient d’arrêter, de préférence dès le projet de grossesse. Le CBD, lui, est moins étudié, ce qui ne permet pas de le considérer comme sans risque.

Cet article reprend ce que disent l’Assurance maladie, la MILDECA et Santé Canada sur le cannabis, distingue ce qui est établi de ce qui reste incertain, et indique vers qui se tourner. Il ne s’adresse pas à vous pour vous juger : consommer n’empêche pas de demander de l’aide, au contraire.

Quels sont les effets du cannabis pendant la grossesse ?

Selon l’Assurance maladie (page du 1er mars 2024), le THC passe le placenta et le lait maternel. Pour une consommation régulière et importante, de l’ordre de six fois par semaine ou plus, la page décrit des effets liés à la dose : prématurité, retard de croissance intra-utérin (poids de naissance faible pour l’âge de la grossesse) et tremblements du nouveau-né, qui disparaissent en général en un mois environ.

La MILDECA précise, dans une fiche de 2022, que les dommages de l’exposition du fœtus au cannabis sont bien documentés : poids de naissance plus faible, effets plus tardifs sur le cerveau pendant l’enfance ou l’adolescence, troubles du neurodéveloppement. Santé Canada (page de 2018) indique que la consommation peut affecter le développement du cerveau de l’enfant, avec des difficultés d’apprentissage, de mémoire et d’attention possibles. L’Assurance maladie précise que le tabac, souvent fumé avec le cannabis, complique l’interprétation des études.

Un usage occasionnel est-il sans conséquence ?

Les données chiffrées sur les effets portent surtout sur des usages réguliers. L’Assurance maladie ne rapporte pas de malformation chez les femmes exposées au premier trimestre, ce qui est rassurant sur ce point précis, sans pour autant rendre le cannabis anodin.

Santé Canada indique pour sa part qu’il n’existe pas de quantité de cannabis connue pour être consommée sans danger pendant la grossesse, et que l’approche la plus sûre est de ne pas en consommer. La MILDECA recommande d’arrêter alcool, tabac et cannabis dès l’arrêt de la contraception, car ces substances peuvent aussi avoir un impact sur la fertilité chez l’homme comme chez la femme.

Qu’en est-il du CBD pendant la grossesse ?

Le CBD (cannabidiol) n’a pas les effets psychotropes du THC, mais cela ne prouve pas son innocuité. Dans son évaluation du 9 février 2026, l’EFSA indique que la sécurité du CBD n’a pas pu être établie pour les personnes de moins de 25 ans, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes sous traitement. La notice européenne du seul médicament au cannabidiol autorisé, l’Epidyolex, précise que les données chez la femme enceinte sont limitées et qu’il vaut mieux l’éviter par précaution, sauf si le bénéfice pour la mère l’emporte nettement sur le risque pour le fœtus.

L’Inserm cite par ailleurs une étude chez la souris montrant des déficits cognitifs et de communication après exposition au CBD in utero ; ces résultats concernent l’animal et ne se transposent pas tels quels à l’humain. Enfin, un produit vendu comme du CBD peut contenir du THC ou d’autres substances. Le détail du CBD seul (qualité des produits, interactions, allaitement) est traité dans un article dédié.

Le cannabis peut-il aider à soulager les nausées ou le stress de la grossesse ?

Santé Canada indique que la consommation de cannabis n’est pas recommandée pour les nausées et vomissements de la grossesse. Aucune des sources consultées ne présente le cannabis, le THC ou le CBD comme une réponse validée à ces troubles pendant la grossesse.

Nausées importantes, vomissements répétés, anxiété ou troubles du sommeil méritent un avis médical : votre médecin ou votre sage-femme peut évaluer la cause et proposer une prise en charge adaptée à votre situation. N’arrêtez pas un traitement prescrit de votre propre initiative.

Cannabis et allaitement : que faut-il savoir ?

L’Assurance maladie indique que le THC passe dans le lait maternel. Santé Canada ajoute que le THC se retrouve dans le lait des femmes qui fument du cannabis, que les bébés exposés peuvent être somnolents, avoir moins de tonus musculaire et plus de difficulté à téter, et qu’on ne sait pas si le CBD passe dans le lait, mais qu’il s’accumule probablement dans les graisses comme le THC.

La notice de l’Epidyolex recommande par précaution de suspendre l’allaitement pendant un traitement par cannabidiol, faute d’étude humaine sur ce passage. Si vous allaitez et consommez du cannabis ou du CBD, parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien.

Que faire si vous consommez du cannabis et êtes enceinte ou souhaitez l’être ?

Parlez-en rapidement à un professionnel de santé, si possible avant la grossesse, lors de la consultation préconceptionnelle. L’Assurance maladie conseille d’indiquer à votre médecin ou à votre sage-femme la quantité et la fréquence de votre consommation, afin qu’il puisse vous conseiller et protéger la santé de votre enfant. L’Assurance maladie relève que la part de femmes enceintes déclarant consommer du cannabis est passée de 2,1 % en 2016 à 1,1 % dans une enquête nationale de 2021 : vous n’êtes pas seule dans cette situation.

La MILDECA oriente vers votre médecin, les consultations jeunes consommateurs, Drogues Info Service, Alcool Info Service et les consultations de tabacologie. Ces structures peuvent vous accompagner pour arrêter. Si vous ressentez un malaise ou un symptôme inhabituel, consultez sans attendre ; en cas de détresse, appelez le 15.

Questions fréquentes

Le THC passe-t-il la barrière du placenta ?

Oui. L’Assurance maladie indique que le THC traverse le placenta et passe aussi dans le lait maternel. Cette exposition explique les recommandations d’éviter le cannabis pendant la grossesse et l’allaitement.

Quels sont les risques pour le bébé en cas de consommation régulière ?

L’Assurance maladie cite la prématurité, le retard de croissance intra-utérin et des tremblements du nouveau-né, et à plus long terme des troubles du comportement et de l’attention. La MILDECA ajoute des effets possibles sur le neurodéveloppement.

Une consommation occasionnelle est-elle sans danger ?

Aucune quantité sans risque n’est connue selon Santé Canada, qui recommande de ne pas en consommer. Les chiffres de risque cités par l’Assurance maladie concernent surtout un usage régulier et important.

Le CBD est-il plus sûr que le THC pendant la grossesse ?

Le CBD n’est pas psychotrope comme le THC, mais l’EFSA a indiqué en 2026 ne pas pouvoir établir sa sécurité chez les femmes enceintes et allaitantes. Les produits vendus peuvent en outre contenir du THC.

Faut-il dire à la sage-femme que l’on a consommé du cannabis ?

Oui. L’Assurance maladie recommande d’indiquer la quantité et la fréquence de consommation à votre médecin ou à votre sage-femme, idéalement avant la grossesse. Cette information sert à vous conseiller, pas à vous juger.

Peut-on utiliser le cannabis contre les nausées de la grossesse ?

Santé Canada indique que ce n’est pas recommandé. En cas de nausées ou de vomissements importants, consultez votre médecin ou votre sage-femme, qui pourront rechercher la cause et proposer une prise en charge adaptée.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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