Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les nausées de grossesse sont très fréquentes ; elles débutent vers la 6e semaine d’aménorrhée, sont les plus intenses vers la 9e et disparaissent généralement vers la 12e, d’après l’ANSM.
- Les mesures qui font consensus sont d’abord alimentaires : repas fractionnés, aliments pauvres en graisses, boissons en petites quantités, éviter les odeurs qui déclenchent les nausées.
- Le gingembre et l’acupression sont cités pour les formes légères, avec un niveau de preuve limité ; la vitamine B6 seule n’a pas démontré d’effet selon l’Assurance maladie et Vidal.
- Les huiles essentielles sont déconseillées pendant la grossesse ; aucune des sources consultées ne valide la menthe, la camomille ou la mélisse pour ces nausées.
- Consultez sans attendre si vous ne gardez plus liquides ou aliments, si vous perdez du poids ou si vos urines sont rares et foncées : il peut s’agir d’une hyperémèse gravidique.
Les nausées et vomissements de la grossesse touchent un grand nombre de femmes enceintes, surtout en début de grossesse, et ils s’atténuent le plus souvent avec le temps. Les mesures qui font consensus sont d’abord des ajustements alimentaires et de mode de vie ; quand ils ne suffisent pas, un médecin ou une sage-femme peut proposer un traitement adapté à la grossesse.
Cet article s’appuie sur l’ANSM, l’Assurance maladie, Vidal, le NHS britannique et la Mayo Clinic. Il distingue ce qui est démontré de ce qui ne l’est pas, notamment pour le gingembre, les plantes et les huiles essentielles, et indique les signes qui doivent conduire à consulter.
Pourquoi les nausées surviennent-elles pendant la grossesse ?
La cause exacte n’est pas connue. Vidal présente l’explication hormonale comme la mieux documentée : l’hormone hCG, les hormones thyroïdiennes, le cortisol, les œstrogènes et la progestérone atteignent leurs niveaux les plus élevés au moment du pic des symptômes. Des travaux expérimentaux évoquent aussi un rôle de deux substances, GDF15 et IGFBP7, qui interviennent dans l’appétit et la perception du goût. Vidal précise que l’origine psychologique n’a pas été confirmée par la recherche.
Le calendrier habituel est décrit par l’ANSM : les nausées débutent vers la 6e semaine d’aménorrhée, sont les plus intenses vers la 9e et disparaissent généralement vers la 12e. Dans de rares cas, elles durent jusqu’à 5 mois de grossesse. Le NHS indique qu’elles disparaissent habituellement entre la 16e et la 20e semaine et que ces nausées ne mettent pas le bébé en danger.
Certaines situations sont associées à un risque plus élevé de nausées : des antécédents de nausées lors de grossesses précédentes, une grossesse de jumeaux ou plus, le mal des transports ou les migraines avant la grossesse, selon la Mayo Clinic et le NHS. Si vous êtes dans l’un de ces cas, vous pouvez en parler à votre sage-femme ou à votre médecin dès le début du suivi.
Que peut-on faire par l’alimentation et le mode de vie ?
Les conseils pratiques se recoupent entre les sources. Vidal précise toutefois qu’aucun changement de régime n’a prouvé son efficacité : chaque femme peut adapter son alimentation selon ses symptômes, sans chercher une règle universelle.
- Fractionner les repas. Vidal recommande de fractionner les repas sans grignoter en continu. La Mayo Clinic et le NHS conseillent de petits repas fréquents plutôt que trois repas copieux.
- Choisir des aliments simples. Les aliments pauvres en graisses sont privilégiés. La Mayo Clinic cite les aliments fades, salés ou contenant du gingembre, et indique que les aliments gras ou épicés peuvent aggraver les nausées. Le NHS suggère un toast sec ou un biscuit nature le matin, et des aliments froids si les odeurs de plats chauds gênent.
- Éviter les déclencheurs. Les odeurs de cuisine sont à éviter, ainsi que les aliments ou odeurs qui vous gênent personnellement.
- Boire régulièrement, en petites quantités. Vidal conseille de boire plutôt entre les repas ; le NHS recommande de boire par petites gorgées, souvent. La Mayo Clinic mentionne l’eau, le thé au gingembre ou la boisson gazeuse au gingembre.
- Ne pas fournir d’effort avant d’avoir mangé et se reposer, car la fatigue peut aggraver les nausées (Vidal, NHS).
- Après un vomissement, se rincer la bouche pour protéger l’émail des dents ; la Mayo Clinic mentionne de l’eau additionnée de bicarbonate.
Pour les vitamines et le fer, l’Assurance maladie indique que, dans les formes légères, il peut être proposé d’arrêter les vitamines prénatales et le fer, qui peuvent aggraver les nausées, tout en maintenant l’acide folique. Cette décision relève du médecin ou de la sage-femme : n’arrêtez aucun complément de votre propre initiative.
Gingembre, acupression, vitamine B6 : que disent les preuves ?
Le gingembre. Les sources le citent avec un niveau de preuve limité. Le NHS indique qu’il est soutenu par certaines données et recommande de demander conseil à un pharmacien avant de prendre des compléments de gingembre. La Mayo Clinic précise qu’il aide certaines personnes, sous forme de gélules, de bonbons, de boisson gazeuse ou de thé. L’Assurance maladie le réserve aux symptômes peu sévères, et Vidal le classe parmi les mesures non médicamenteuses des formes légères. Si vous suivez un traitement ou avez une maladie, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’en prendre.
L’acupression et l’acupuncture. Le NHS indique qu’appuyer sur le poignet, à la main ou avec un bracelet, a certains éléments en sa faveur. La Mayo Clinic juge les résultats des études mitigés pour les bracelets et indique que l’acupuncture n’est pas prouvée. L’Assurance maladie et Vidal les réservent aux formes légères et soulignent qu’aucun bénéfice n’est formellement démontré.
La vitamine B6 seule. L’Assurance maladie indique que son effet sur les nausées n’est pas démontré. Vidal ne la cite pas comme solution isolée : elle n’apparaît que dans l’association médicamenteuse doxylamine-pyridoxine. N’en prenez donc pas de votre propre initiative comme complément.
L’hypnose et l’aromathérapie. La Mayo Clinic note que peu de recherches existent, même si certaines personnes rapportent un soulagement.
Plantes, tisanes et huiles essentielles : pourquoi la prudence ?
Les huiles essentielles sont les plus clairement déconseillées. L’Assurance maladie indique que l’aromathérapie est contre-indiquée pendant la grossesse dans cette situation, et Vidal la déconseille en raison d’une inefficacité démontrée et des risques liés aux huiles essentielles pendant la grossesse.
Pour les tisanes de menthe poivrée, de camomille ou de mélisse, souvent citées, aucune des sources officielles consultées ne les recommande pour ces nausées ni ne précise leur sécurité pendant la grossesse. À ce jour, les pages consultées ne permettent donc ni de les valider, ni de les écarter ; le plus prudent est d’en parler à un professionnel de santé avant de les utiliser régulièrement. La Mayo Clinic rappelle de manière générale de demander l’avis de son professionnel de santé avant tout médicament, complément, produit à base de plantes ou traitement alternatif pendant la grossesse.
Cette prudence s’applique aussi au cannabis. La Mayo Clinic rapporte que l’American College of Obstetricians and Gynecologists déconseille son usage pendant la grossesse : ses effets sur la femme enceinte et sur le bébé sont mal connus, et il peut provoquer un syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, avec nausées et vomissements.
Quels médicaments un médecin peut-il proposer ?
Les traitements sont réservés aux formes modérées à sévères, ou aux cas où les mesures simples ne suffisent pas. L’Assurance maladie indique que le traitement de première intention est souvent l’association doxylamine et pyridoxine (Cariban, Xonvea), peu pourvoyeuse d’effets secondaires et non remboursée. D’autres options existent, avec des effets secondaires possibles. L’ANSM dresse la liste des médicaments disponibles en France : antihistaminiques (dont la doxylamine seule et le dimenhydrinate), antagonistes de la dopamine (métoclopramide, métopimazine, dompéridone) et antagoniste de la sérotonine (ondansétron).
L’ANSM formule plusieurs points de prudence :
- demander l’avis d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un pharmacien avant tout médicament ;
- pour les nausées dites classiques, la doxylamine associée à la vitamine B6 est le traitement de première intention ;
- l’ondansétron n’est envisagé que si les autres traitements ont échoué, et pas pendant les 3 premiers mois ;
- la doxylamine, la métopimazine et le dimenhydrinate sont à éviter au 3e trimestre, car ils peuvent entraîner un syndrome atropinique chez le nouveau-né ; si leur usage est jugé nécessaire, le nouveau-né doit être surveillé ;
- les données sur le neurodéveloppement de l’enfant sont inexistantes ou quasi inexistantes pour tous ces médicaments, ce qui ne permet pas de conclure ; pour les malformations, le risque de base est de 2 à 3 % de malformation grave à chaque grossesse.
Ces éléments sont donnés pour informer, pas pour choisir un traitement : la prescription revient au médecin ou à la sage-femme, après évaluation de votre situation. Ne prenez aucun médicament sans leur avis.
Quand consulter et qu’est-ce que l’hyperémèse gravidique ?
Des nausées persistantes peuvent masquer une autre maladie, rappelle l’ANSM. L’Assurance maladie indique que, si les vomissements persistent au-delà de 9 semaines de grossesse, d’autres causes sont recherchées. Le NHS invite à contacter la sage-femme, le médecin ou le service d’orientation médicale si vous vomissez et présentez l’un des signes suivants :
- urines très foncées, ou aucune miction pendant plus de 8 heures ;
- impossibilité de garder aliments ou boissons pendant 24 heures ;
- faiblesse importante, vertiges ou malaise en position debout ;
- douleurs abdominales ou fièvre ;
- vomissements de sang ou perte de poids.
La Mayo Clinic ajoute à cette liste un cœur qui bat très vite. Si vous présentez un signe grave (malaise, vomissements de sang, douleur abdominale intense), appelez le 15.
L’hyperémèse gravidique est la forme sévère. Selon l’ANSM, elle concerne moins de 4 % des grossesses et se caractérise par des vomissements intenses et persistants, avec un risque de perte de poids et de déshydratation. L’Assurance maladie et Vidal retiennent comme critères une perte de poids d’au moins 5 %, des signes de déshydratation ou un score PUQE d’au moins 7 ; le médecin ou la sage-femme évalue la gravité et réalise une bandelette urinaire. Une hospitalisation est envisagée en cas de vomissements mal tolérés, de déshydratation importante, de perte de poids d’au moins 10 % ou de bilan biologique perturbé. Elle permet une réhydratation par perfusion, avec des vitamines B1 et B6, et des antiémétiques par voie intraveineuse. Un soutien psychologique est proposé et des associations de patientes existent, selon l’Assurance maladie.
Questions fréquentes
Jusqu’à quand durent les nausées de grossesse ?
Selon l’ANSM, elles débutent vers la 6e semaine d’aménorrhée, sont les plus intenses vers la 9e et disparaissent généralement vers la 12e. Le NHS indique qu’elles disparaissent le plus souvent entre la 16e et la 20e semaine. Dans de rares cas, elles durent jusqu’à 5 mois de grossesse.
Les nausées de grossesse sont-elles dangereuses pour le bébé ?
Les nausées habituelles ne mettent pas le bébé en danger, selon le NHS. En revanche, des vomissements sévères qui empêchent de s’alimenter et de boire peuvent entraîner une déshydratation et une perte de poids, et nécessitent un avis médical rapide.
Le gingembre aide-t-il à réduire les nausées de grossesse ?
Le gingembre est cité pour les formes légères, avec un niveau de preuve limité : le NHS parle de données en sa faveur, la Mayo Clinic indique qu’il aide certaines personnes. Demandez conseil à un pharmacien avant de prendre des compléments de gingembre, surtout si vous avez un traitement en cours.
Peut-on utiliser des huiles essentielles contre les nausées de grossesse ?
Non. L’Assurance maladie indique que l’aromathérapie est contre-indiquée dans cette situation, et Vidal la déconseille en raison d’une inefficacité démontrée et des risques des huiles essentielles pendant la grossesse. En cas de doute, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’une sage-femme.
La vitamine B6 aide-t-elle contre les nausées de grossesse ?
L’Assurance maladie indique que l’effet de la vitamine B6 seule sur les nausées n’est pas démontré. Elle entre toutefois dans l’association doxylamine-pyridoxine, médicament de première intention que seul un professionnel de santé peut prescrire ou conseiller.
Quand faut-il aller aux urgences pour des vomissements pendant la grossesse ?
Contactez rapidement un médecin ou une sage-femme si vous ne gardez plus aucun liquide, si vos urines sont très foncées ou rares, si vous êtes très faible, avez de la fièvre ou des douleurs abdominales, ou si vous perdez du poids. En cas de vomissements de sang ou de malaise, appelez le 15.
Pour aller plus loin
- Naturopathie et grossesse : conseils de bien-être et précautions
- Plantes pendant la grossesse : lesquelles éviter ou tolérer ?
- Huiles essentielles et grossesse : pourquoi la prudence s’impose
- Bienfaits du gingembre : preuves, usages et précautions
Sources
- ANSM : Traitement des nausées et vomissements durant la grossesse — calendrier des nausées, médicaments disponibles, précautions, hyperémèse gravidique
- Assurance maladie : Nausées et vomissements pendant la grossesse, consultation et traitement — évaluation de la gravité, mesures non médicamenteuses, traitements, hospitalisation
- Vidal : Les nausées pendant la grossesse — causes, conseils alimentaires, gingembre, acupression, aromathérapie, quand consulter
- NHS : Vomiting and morning sickness — durée habituelle, conseils pratiques, signes d’alerte, traitement
- Mayo Clinic : Morning sickness, diagnosis and treatment — traitements, mesures à domicile, limites des preuves, prudence
- Mayo Clinic : Morning sickness, symptoms and causes — facteurs de risque, hyperémèse gravidique, quand consulter
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

