Mis à jour le 9 octobre 2026
- Un complément alimentaire complète l’alimentation sans jamais s’y substituer ; ce n’est pas un médicament et il n’a pas d’action thérapeutique (DGCCRF).
- Selon Vidal, les besoins des adolescents ne sont pas fondamentalement différents de ceux des enfants : la priorité reste une alimentation variée, avec une attention au calcium, à la vitamine D et au fer.
- L’innocuité d’un complément n’est pas évaluée avant sa mise sur le marché ; un surdosage ou l’association de plusieurs produits peut être toxique.
- L’Anses déconseille fortement aux enfants et aux adolescents les compléments destinés à développer les muscles ou à réduire la masse grasse.
- Pour un adolescent, demandez toujours l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de commencer, surtout en cas de traitement ou de doute sur un produit.
Un adolescent n’a pas besoin de compléments alimentaires par principe : dans la grande majorité des cas, c’est l’alimentation qu’il faut regarder en premier, et toute supplémentation devrait suivre l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Les sources officielles consultées rappellent que ces produits complètent l’alimentation sans la remplacer, et que leur sécurité n’est pas évaluée avant leur mise en vente.
Cet article présente ce que disent Vidal, la DGCCRF et l’Anses sur les compléments alimentaires pour adolescents : besoins, nutriments souvent évoqués, risques et bons réflexes d’achat. Il ne remplace pas un bilan médical ou diététique.
Les adolescents ont-ils des besoins nutritionnels particuliers ?
Selon Vidal, « les besoins des adolescents ne sont pas fondamentalement différents de ceux des enfants » ; les recommandations sont les mêmes, mais les quantités suivent la croissance. Ils augmentent avec la puberté, surtout entre 10 et 13 ans chez les filles et progressivement de 13 à 18 ans chez les garçons.
La même page, qui date de 2019, relève plusieurs points à améliorer : à 15 ans, 43 % des adolescents ne prennent pas régulièrement de petit-déjeuner, la consommation de fruits et légumes est insuffisante, et les produits gras ou sucrés et le grignotage sont trop présents. Elle note aussi qu’à 15 ans, la moitié des filles disent avoir besoin de faire un régime alors qu’environ une sur dix est en surpoids.
Ces constats renforcent un principe simple : avant d’envisager un complément, il est logique d’examiner les repas, les horaires, le rapport à l’alimentation et le rythme de vie.
Quels nutriments sont le plus souvent évoqués chez l’adolescent ?
Les pages de Vidal sur l’alimentation des enfants et des adolescents mettent en avant quelques éléments :
- Calcium et vitamine D : l’adolescence est une période clé pour la minéralisation du squelette. La vitamine D est essentielle à l’absorption intestinale du calcium. Vidal précise que, dans les régions peu ensoleillées, une complémentation en vitamine D se révèle parfois nécessaire, surtout en hiver.
- Fer : les besoins augmentent à l’adolescence, un peu plus chez les filles en raison des pertes liées aux règles. Vidal estime qu’en France, 25 % des jeunes filles ont une alimentation trop pauvre en fer, ce qui peut favoriser une fatigue chronique, et qualifie l’insuffisance d’apport en fer de déficit micronutritionnel le plus fréquent du pays.
- Zinc : Vidal indique qu’une carence ralentit la croissance et peut retarder la puberté.
- Iode : la prévention repose sur le sel de table iodé et les produits de la mer.
- Fluor : un complément peut être prescrit par le médecin si l’apport est jugé insuffisant, mais il ne faut pas en donner sans avis médical, car une accumulation peut provoquer une intoxication.
Pour le calcium, Vidal cite comme sources les produits laitiers, les légumes à feuilles, les légumineuses et les eaux minérales riches en calcium. Pour le fer : viande, œufs, poisson, légumes secs, céréales complètes et fruits à coque non salés.
Ces pages ne donnent pas de dose de supplémentation, et cet article n’en indique donc aucune : elle relève d’une décision médicale individuelle.
Quand un complément alimentaire peut-il être envisagé ?
Aucune des sources consultées ne dresse une liste de situations où un complément serait recommandé pour tous les adolescents. Elles convergent plutôt sur la méthode : ne pas supplémenter « par précaution », partir de l’alimentation et du mode de vie, et demander un avis. La DGCCRF indique qu’un avis médical ou pharmaceutique est requis en cas de doute, notamment pour les enfants, les adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes, et pour un risque d’interaction avec un médicament.
Un avis professionnel se justifie en particulier dans les situations suivantes, qui découlent des constats ci-dessus et non d’une recommandation propre à chaque cas :
- une fatigue qui dure, sachant qu’elle ne prouve pas à elle seule une carence ;
- une alimentation très restrictive ou un régime entrepris sans suivi ;
- des règles abondantes ou un doute sur les apports en fer ;
- un traitement en cours, pour écarter une interaction ;
- un projet de prendre un produit destiné au sport ou à la gestion du poids.
Un bilan peut alors confirmer ou écarter un besoin réel. Dans le cas d’une carence prouvée, c’est le médecin qui choisit le produit, la durée et la surveillance.
Quels sont les risques des compléments alimentaires chez un adolescent ?
La DGCCRF rappelle que le produit doit être sans danger et correctement étiqueté, mais que son innocuité n’est pas soumise à une évaluation scientifique préalable. Un surdosage ou la prise de plusieurs compléments peut provoquer des effets toxiques. Les achats sur des sites étrangers peuvent proposer des substances interdites en France.
Les compléments destinés au sport ou à la silhouette appellent une vigilance particulière. L’Anses, dans un avis de 2016, a recensé 49 signalements d’effets indésirables probablement liés aux compléments destinés à développer les muscles ou à réduire la masse grasse, principalement cardiovasculaires (tachycardie, arythmie, accident vasculaire cérébral) et psychologiques (anxiété, troubles de l’humeur). Elle déconseille fortement ces produits aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes et aux personnes présentant certains risques de santé. Elle estime les bénéfices attendus « extrêmement hypothétiques » faute de preuve d’efficacité.
La DGCCRF cite aussi l’exemple des compléments contenant du Garcinia cambogia, interdits en France depuis avril 2025 à la suite d’un avis de l’Anses signalant des effets graves (atteintes hépatiques, psychiatriques, digestives et cardiaques).
Un produit n’est donc pas sans risque parce qu’il est en vente libre, ni parce qu’il est d’origine végétale.
Comment choisir et acheter un complément avec prudence ?
Si un médecin ou un pharmacien a recommandé un produit, quelques réflexes limitent les risques, d’après la DGCCRF et l’Anses :
- lisez l’étiquette : elle doit indiquer la dose journalière recommandée avec une mise en garde contre son dépassement, une mention rappelant qu’un complément ne remplace pas une alimentation variée, et un avertissement de conservation hors de portée des enfants ;
- respectez la notice et ne cumulez pas plusieurs compléments sans avis ;
- vérifiez la composition dans la base officielle Compl’Alim, que recommande la DGCCRF ;
- privilégiez la pharmacie pour demander conseil, et méfiez-vous des achats sur des sites étrangers ou d’origine douteuse ;
- évitez les produits contenant de la caféine avant et pendant le sport, et ne les associez pas à des médicaments sans avis, conseille l’Anses.
Un complément ne peut pas revendiquer la prévention ni le traitement d’une maladie. Une publicité qui promet de guérir, de « booster » ou de remplacer un traitement doit alerter.
Que faire en cas d’effet indésirable, et quand consulter ?
En cas d’effet indésirable après la prise d’un complément (malaise, troubles digestifs, palpitations, réaction cutanée), arrêtez le produit et parlez-en à un médecin ou à un pharmacien. La DGCCRF indique que ces effets peuvent être signalés au professionnel de santé, qui informe l’Anses, ou en ligne sur le portail de signalement des événements sanitaires indésirables.
Consultez aussi si votre adolescent présente une fatigue persistante, un changement d’appétit ou de poids, des restrictions alimentaires importantes ou une préoccupation marquée pour son poids. Ces situations méritent un échange avec un médecin avant toute supplémentation.
Ne remplacez jamais un traitement ou un suivi médical par un complément.
Questions fréquentes
Un multivitamine quotidien est-il utile à un adolescent en bonne santé ?
La DGCCRF rappelle qu’un complément complète l’alimentation sans s’y substituer et que son innocuité n’est pas évaluée avant sa vente. Aucune source consultée ne recommande une multivitamine systématique. La décision se prend avec un médecin ou un pharmacien, après examen de l’alimentation.
Faut-il donner de la vitamine D à un adolescent en hiver ?
Vidal indique que, dans les régions peu ensoleillées, une complémentation en vitamine D se révèle parfois nécessaire, surtout en hiver, car elle permet l’absorption intestinale du calcium. La décision et la forme du produit relèvent d’un avis médical ; aucune dose n’est donnée ici.
Les protéines en poudre ou les brûleurs de graisse conviennent-ils à un adolescent ?
L’Anses déconseille fortement aux enfants et aux adolescents les compléments destinés à développer les muscles ou à réduire la masse grasse. Elle a relevé des effets indésirables cardiovasculaires et psychologiques et juge les bénéfices extrêmement hypothétiques.
Peut-on acheter des compléments alimentaires sur Internet ?
La DGCCRF alerte sur les achats sur des sites étrangers, qui peuvent proposer des substances interdites en France. L’Anses ajoute que l’achat en ligne expose à des produits frauduleux ou altérés. Demandez conseil en pharmacie et vérifiez la composition dans Compl’Alim.
Comment signaler un effet indésirable lié à un complément ?
Signalez-le à votre médecin ou à votre pharmacien, qui informe l’Anses, ou directement sur le portail de signalement des événements sanitaires indésirables. Indiquez le nom du produit et conservez l’emballage.
Peut-on donner du fluor à un adolescent sans ordonnance ?
Vidal précise qu’il ne faut pas donner de supplément de fluor sans avis médical, afin d’éviter une intoxication par accumulation. Un complément peut être prescrit par le médecin si l’apport est jugé insuffisant.
Pour aller plus loin
- Compléments alimentaires pour la digestion : ce qu’on sait
- Compléments alimentaires naturels : avantages, limites et risques
- Compléments alimentaires : cadre, risques et précautions
- Alimentation de l’adolescent et naturopathie : repères sourcés
Sources
- Économie.gouv.fr (DGCCRF) : Compléments alimentaires, ce qu’il faut savoir — définition, étiquetage, innocuité non évaluée, précautions, nutrivigilance, Garcinia (fiche du 15/07/2025)
- Vidal : L’équilibre alimentaire chez les adolescents — besoins des adolescents, calcium, vitamine D, fer, petit-déjeuner (mise à jour 2019)
- Vidal : Vitamines et minéraux chez les enfants — vitamine D, fer, zinc, iode, fluor, mise en garde sur le surdosage de fluor (2019)
- Anses : Food supplements for athletes, risks for health and uncertain benefits — effets indésirables, déconseillé aux enfants et adolescents, achats en ligne (20/12/2016)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

