Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le stress au travail résulte, selon l’INRS, d’un déséquilibre perçu entre ce qui est demandé à une personne et les ressources dont elle dispose pour y faire face.
- Les mesures reconnues par l’OMS et le NHS sont simples : activité physique, sommeil régulier, routine, échanges avec des proches ou un professionnel de santé.
- La respiration lente, la relaxation et la pleine conscience ont des données encourageantes mais encore limitées ; elles ne remplacent pas un suivi médical.
- Pour la valériane, les données sont incohérentes sur le sommeil et insuffisantes sur le stress ; l’usage de plantes se discute avec un médecin ou un pharmacien.
- Si le stress dure, perturbe le sommeil ou le travail, ou s’accompagne d’une détresse, consultez un médecin ; la prévention concerne aussi l’organisation du travail.
Le stress au travail apparaît lorsque les exigences professionnelles dépassent les ressources perçues pour y répondre, d’après l’INRS. C’est une réaction courante, mais elle peut devenir un problème de santé lorsqu’elle s’installe, notamment sous forme d’épuisement professionnel.
Cet article présente les repères que donnent l’OMS, le NHS, la Mayo Clinic, l’INRS et les National Institutes of Health : signes à repérer, mesures utiles au quotidien, niveau de preuve des techniques de relaxation et des plantes, et situations qui justifient une consultation. Les sources consultées ne portent pas sur la naturopathie en tant que telle : le texte distingue donc ce qui est documenté de ce qui ne l’est pas.
Qu’est-ce que le stress au travail ?
L’OMS définit le stress comme un état d’inquiétude ou de tension mentale provoqué par une situation difficile. Il s’agit d’une réaction normale, qui aide à faire face aux défis, et la manière d’y répondre compte pour le bien-être.
L’INRS applique cette définition au cadre professionnel : le stress au travail naît d’un déséquilibre entre les demandes et les ressources de la personne. L’institut distingue le stress aigu, lié à un événement ponctuel et qui cesse avec la situation, du stress chronique, installé dans la durée, qui nuit à la santé. Il cite parmi les causes la surcharge de travail, des objectifs mal définis, des tensions avec la hiérarchie ou les collègues et un manque d’autonomie.
Ce point compte : le stress professionnel n’est pas seulement une affaire de tempérament. L’INRS invite à chercher d’abord le lien avec le contexte de travail plutôt que d’attribuer le problème à une fragilité individuelle.
Quels signes doivent alerter ?
Le NHS et l’OMS décrivent des signes physiques, mentaux et comportementaux :
- physiques : maux de tête ou étourdissements, tensions ou douleurs musculaires, troubles digestifs, cœur qui bat plus vite, troubles du sommeil ;
- mentaux : difficulté de concentration, difficulté à prendre des décisions, sensation d’être dépassé, inquiétude constante, oublis ;
- comportementaux : irritabilité, changements d’appétit ou de sommeil, évitement de certaines personnes ou situations, consommation accrue d’alcool ou de tabac.
La Mayo Clinic décrit l’épuisement professionnel comme un stress lié au travail qui laisse une personne épuisée physiquement ou émotionnellement. Elle précise que ce n’est pas un diagnostic médical et que certains experts le rattachent à des troubles comme la dépression, qui demandent une prise en charge différente. Parmi ses signes d’alerte : remettre en question la valeur de son travail, se sentir détaché de ses collègues, perdre patience, manquer d’énergie, avoir du mal à se concentrer, ou recourir à la nourriture, à l’alcool ou à des drogues pour tenir. Un maintien prolongé de cet état est associé, selon cette source, à des maladies cardiaques, à l’hypertension, au diabète de type 2 et à des maladies plus fréquentes.
Que peut-on faire soi-même pour mieux gérer le stress ?
Les mesures citées par les sources sont accessibles et ne demandent aucun matériel.
- Bouger. L’OMS indique qu’une activité physique régulière au quotidien, de la marche à l’entraînement plus intense, peut réduire le stress.
- Protéger le sommeil. L’OMS recommande des heures de coucher et de lever régulières, une chambre calme, sombre et confortable, moins d’écrans avant de dormir, et d’éviter les repas copieux, la caféine et l’alcool avant le coucher.
- Garder une routine et manger de façon équilibrée. L’OMS cite aussi le contact avec des personnes de confiance et la limitation des actualités et réseaux sociaux lorsqu’ils majorent le stress.
- S’organiser. Le NHS propose des méthodes simples de gestion du temps, de fixer de petits objectifs réalisables et de se concentrer sur ce que l’on peut changer.
- En parler. Le NHS et la Mayo Clinic conseillent de s’adresser à un proche, à un collègue, à un professionnel de santé et, lorsque c’est possible, à son responsable pour clarifier la charge et les priorités.
- Éviter les béquilles. Le NHS déconseille de s’appuyer sur l’alcool, le tabac, le jeu ou les drogues pour faire face, car ils peuvent aggraver la santé mentale.
Que disent les études sur la respiration, la relaxation et la méditation ?
Les National Institutes of Health (NCCIH) décrivent plusieurs techniques de relaxation : respiration profonde, relaxation musculaire progressive, imagerie guidée, biofeedback, pleine conscience. Le niveau de preuve reste modeste :
- une respiration lente et profonde pourrait réduire modérément la tension artérielle et le cortisol, et une revue de trois études (880 participants) a trouvé des données préliminaires en faveur d’une réduction du stress ;
- la relaxation musculaire progressive pourrait réduire le stress et aider certaines personnes souffrant d’anxiété ou de dépression ;
- la méditation de pleine conscience pourrait réduire les symptômes de stress, d’anxiété et de dépression et améliorer le sommeil, mais peu d’études ont examiné ses effets indésirables possibles.
Ces techniques sont généralement considérées comme sûres chez les personnes en bonne santé. Elles peuvent occasionnellement accroître l’anxiété ou provoquer des pensées intrusives, et, rarement, aggraver des symptômes chez des personnes souffrant d’épilepsie, de certains troubles psychiatriques ou ayant vécu un traumatisme. Un avis médical est donc utile avant de les pratiquer en cas de fragilité de ce type.
Ces résultats décrivent des tendances, non des garanties : aucune technique ne remplace un suivi lorsque le stress est intense ou durable.
Les plantes peuvent-elles aider, et avec quelles précautions ?
Les plantes sont souvent évoquées dans les approches naturelles du stress. Parmi les sources consultées, seule la valériane a pu être vérifiée. Les National Institutes of Health indiquent que les données sur son intérêt pour le sommeil sont incohérentes et qu’il n’y a pas assez de preuves pour conclure à un intérêt dans l’anxiété ou le stress. L’American Academy of Sleep Medicine a recommandé, en 2017, de ne pas l’utiliser pour l’insomnie chronique de l’adulte.
Côté sécurité, l’usage de courte durée semble généralement bien toléré par la plupart des adultes, mais la sécurité à long terme est inconnue. Maux de tête, troubles digestifs, somnolence ou excitabilité sont rapportés ; des lésions du foie ont été signalées dans de très rares cas. Il est déconseillé de l’associer à l’alcool ou à des sédatifs, et les données manquent pour la grossesse et l’allaitement.
Pour les autres plantes ou huiles essentielles, aucune source ouverte n’a permis de documenter un effet ni des précautions précises : demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien avant d’en utiliser, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.
Quelle place pour la naturopathie et pour l’employeur ?
Les sources ouvertes ne contiennent pas d’évaluation de la naturopathie dans la gestion du stress professionnel. Ce qu’elles recommandent (sommeil, activité, respiration, soutien, organisation) peut être abordé avec un praticien de bien-être, à condition que cette démarche accompagne le suivi médical et ne s’y substitue pas.
L’INRS rappelle que la prévention du stress au travail repose d’abord sur des mesures collectives portant sur l’organisation et les conditions de travail, pour traiter les causes plutôt que les symptômes. Le chef d’entreprise doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés. Un salarié confronté à une surcharge durable peut en parler à son responsable, aux représentants du personnel ou au médecin du travail ; l’INRS renvoie à un dépliant (ED 6251) qui indique à qui s’adresser en cas de stress, de harcèlement ou de burn-out.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Le NHS conseille de voir un médecin si l’on a du mal à faire face, si ses propres efforts ne suffisent pas, ou si l’on préfère être orienté. L’OMS précise que le stress peut provoquer ou aggraver des troubles comme l’anxiété et la dépression, qui nécessitent des soins, en particulier lorsque les symptômes persistent et gênent la vie quotidienne, y compris au travail. La Mayo Clinic invite à en parler à un professionnel de santé ou de santé mentale dès que l’un des signes d’épuisement s’applique à vous.
En cas de détresse intense ou de pensées de se faire du mal, contactez immédiatement les urgences (15 ou 112) : le NHS souligne qu’une urgence de santé mentale doit être prise aussi au sérieux qu’une urgence physique. N’arrêtez ni ne remplacez jamais un traitement prescrit sans l’avis de votre médecin.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre stress et burn-out ?
Le stress est une réaction à une situation difficile et peut être passager. La Mayo Clinic décrit l’épuisement professionnel comme un stress lié au travail qui laisse épuisé physiquement ou émotionnellement ; ce n’est pas un diagnostic médical, et il peut ressembler à une dépression, qui se prend en charge différemment.
Le stress au travail est-il toujours une question personnelle ?
Non. L’INRS indique que le stress au travail peut venir de la surcharge, d’objectifs mal définis, de tensions avec la hiérarchie ou de manque d’autonomie. La prévention passe d’abord par l’organisation du travail, avant les réponses individuelles.
La respiration lente aide-t-elle à réduire le stress ?
Les National Institutes of Health rapportent des données préliminaires en faveur d’une réduction du stress par la respiration profonde et lente, avec un niveau de preuve limité. La technique est généralement considérée comme sûre chez les personnes en bonne santé, mais elle ne remplace pas un suivi médical.
La valériane est-elle recommandée contre le stress ?
Pas à ce jour : selon les National Institutes of Health, les preuves sont insuffisantes pour conclure à un intérêt dans le stress ou l’anxiété, et incohérentes pour le sommeil. Elle est déconseillée avec l’alcool ou des sédatifs ; demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Quels sont les signes physiques du stress ?
Le NHS cite des maux de tête ou étourdissements, des tensions musculaires, des troubles digestifs, un cœur qui bat plus vite et des troubles du sommeil. L’OMS ajoute des changements d’appétit. Ces signes ne sont pas spécifiques : en cas de doute, consultez un médecin.
Que faire si le stress perturbe le sommeil ?
L’OMS conseille des horaires de coucher et de lever réguliers, une chambre calme et sombre, moins d’écrans le soir et d’éviter les repas copieux, la caféine et l’alcool avant de dormir. Si les troubles persistent ou gênent le travail, parlez-en à votre médecin.
Pour aller plus loin
- Sophrologie au travail : 3 exercices simples et leurs limites
- Stress chronique : signes, effets sur la santé et quand consulter
- Stress chronique : effets, gestes utiles et quand consulter
- Relaxation anti-stress : techniques, bénéfices et limites
Sources
- OMS : Stress — Définition du stress, signes, activité physique, sommeil, routine, quand demander de l’aide
- Mayo Clinic : Job burnout, how to spot it and take action — Causes et signes de l’épuisement professionnel, mesures possibles, consultation
- NHS : Stress — Symptômes physiques, mentaux et comportementaux, mesures utiles, quand consulter
- INRS : Stress au travail, ce qu’il faut retenir — Définition du stress au travail, causes organisationnelles, prévention collective, rôle de l’employeur
- NCCIH (NIH) : Stress and relaxation techniques — Niveau de preuve de la respiration, de la relaxation et de la pleine conscience ; limites et précautions
- NCCIH (NIH) : Valerian — Preuves sur la valériane (sommeil, anxiété, stress), effets indésirables et interactions
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

