Mis à jour le 9 octobre 2026
- La naturopathie relève du bien-être et de l’hygiène de vie ; elle ne remplace ni le diagnostic, ni les traitements évalués, ni le suivi médical.
- Selon le NHS, les thérapies complémentaires ne sont pas testées de la même façon que les médicaments standard ; ne jamais arrêter un médicament prescrit sans l’avis de son médecin.
- Une étude américaine (JNCI, 2018) associe le recours à la médecine alternative seule, pour des cancers non métastatiques, à un risque de décès environ 2,5 fois plus élevé qu’avec les traitements conventionnels ; étude observationnelle.
- Vaccins et dépistages sont des outils de prévention médicale que l’hygiène de vie ne remplace pas.
- En complément d’un suivi médical, avec l’accord du médecin, des conseils d’hygiène de vie peuvent avoir leur place.
La naturopathie ne remplace pas la médecine : elle ne pose pas de diagnostic médical, ses pratiques n’ont pas été évaluées comme les traitements, et elle ne prend pas en charge les urgences ni les maladies graves. Utilisée en complément, pour l’hygiène de vie et avec l’accord de votre médecin, elle peut en revanche avoir sa place.
Cet article fait partie de notre dossier sur la naturopathie, la science et l’esprit critique.
Pourquoi un diagnostic médical est-il indispensable ?
Une même plainte (fatigue, douleur abdominale, maux de tête) peut avoir de nombreuses causes, bénignes ou graves. Le NHS recommande de demander l’avis d’un médecin pour des symptômes qui ne disparaissent pas ou reviennent, plutôt que de se fier seulement à un thérapeute.
La Miviludes rappelle que tous les thérapeutes ne sont pas des professionnels de santé, et que les risques sont nettement plus élevés lorsqu’un non-professionnel de santé intervient. Un professionnel de santé est, selon elle, une personne ayant obtenu un diplôme d’État après des études conformes aux données acquises de la science. Nous n’avons pas pu vérifier sur un texte officiel le statut légal de la naturopathie en France ; en cas de doute sur les qualifications d’un praticien de santé, la Miviludes conseille d’interroger l’ordre concerné.
Les pratiques de naturopathie sont-elles évaluées comme les traitements ?
Selon le NHS, les thérapies complémentaires et les plantes ne sont pas testées de la même façon que les médicaments standard pour savoir si elles fonctionnent. Le service de santé britannique n’en propose que certaines, sur la base de preuves de leur efficacité.
La plupart des pratiques associées à la naturopathie n’ont pas démontré d’efficacité dans les sources officielles que nous avons consultées : voir ce qui n’est pas prouvé en naturopathie. Pour une maladie grave, aucune approche de bien-être ne peut se substituer à un traitement dont l’efficacité a été évaluée.
Que montrent les études quand des patients renoncent aux soins ?
Une étude américaine publiée en 2018 dans le Journal of the National Cancer Institute a utilisé la base de données nationale sur le cancer (2004-2013). Elle a comparé 281 patients atteints d’un cancer non métastatique du sein, de la prostate, du poumon ou colorectal, ayant utilisé une médecine alternative comme seul traitement anticancéreux, à 840 patients au total ayant reçu un traitement conventionnel après appariement.
Le recours à la médecine alternative seule était associé à une moins bonne survie : le rapport de risque de décès était de 2,50 (intervalle de confiance à 95 % de 1,88 à 3,27). Le risque variait selon le cancer ; pour la prostate, la différence n’était pas statistiquement significative. Les auteurs concluent que cette utilisation pour un cancer curable, sans traitement conventionnel, est associée à un risque de décès plus élevé.
Il s’agit d’une étude observationnelle et rétrospective : elle montre une association et ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien de cause à effet. Elle concerne des personnes ayant choisi de ne pas suivre de traitement conventionnel, pas l’usage d’une approche complémentaire à côté des soins.
Peut-on compter sur la naturopathie en cas d’urgence ?
Non. Un symptôme brutal, intense ou inhabituel appelle une prise en charge médicale immédiate : contactez les services d’urgence plutôt que d’attendre ou d’essayer une approche de bien-être.
La prévention médicale peut-elle être remplacée par l’hygiène de vie ?
L’hygiène de vie contribue à la santé, mais elle ne remplace pas les outils de prévention médicale. D’après l’Organisation mondiale de la santé, les vaccins protègent contre des maladies pouvant entraîner des complications graves, des séquelles ou le décès, comme la rougeole, la poliomyélite, le tétanos, la méningite à Hib ou les cancers liés au papillomavirus (cancer du col de l’utérus notamment).
Le National Cancer Institute indique que plusieurs tests de dépistage ont montré qu’ils détectent des cancers tôt et réduisent le risque d’en mourir, tout en précisant que le dépistage peut aussi avoir des inconvénients. Votre médecin peut vous indiquer, selon votre âge et votre situation, les dépistages et vaccinations qui vous concernent.
Quel cadre protège le patient ?
La Miviludes rappelle que les professions de santé sont réservées aux personnes titulaires du diplôme et remplissant les conditions exigées, et que nul ne peut se prévaloir de ces titres sans cela. Agir sans en avoir la qualité dans ces professions constitue un exercice illégal. En cas de manquement d’un professionnel de santé, il est possible de saisir son ordre professionnel ; si des infractions ont pu être commises, de déposer plainte auprès de la police, de la gendarmerie ou du procureur.
La Miviludes signale aussi des dévoiements constatés de pratiques comme la naturopathie, et cite l’exemple de nourrissons mis en danger par une alimentation exclusive. Ce constat ne vise pas les praticiens qui respectent le cadre de leur activité.
Pourquoi certaines personnes se détournent-elles de la médecine ?
Consultations jugées trop courtes, sentiment de ne pas être écouté, effets indésirables difficiles à vivre, errance diagnostique, méfiance envers les médicaments : ces difficultés sont réelles. La réponse n’est pas de renoncer aux soins, mais de chercher un médecin avec qui l’on se sent en confiance, de demander un deuxième avis et de parler des effets indésirables pour que le traitement soit adapté.
L’information fiable joue ici un rôle clé : nous vous aidons à lire une information santé avec esprit critique.
Quelle place pour la naturopathie en complément ?
Reconnaître ces limites ne signifie pas rejeter tout accompagnement d’hygiène de vie : mieux manger, bouger davantage, mieux dormir, gérer son stress. Le NHS conseille d’informer tout soignant de l’usage d’une plante ou d’une thérapie complémentaire. L’important est que cet accompagnement se fasse avec l’accord de votre médecin et sans modifier votre traitement. Cette logique de complémentarité est détaillée dans naturopathie et médecine : une approche complémentaire.
Comment aider un proche tenté d’abandonner ses soins ?
La Miviludes conseille de rester à l’écoute et ouvert au dialogue, d’éviter de juger ou de critiquer ouvertement les choix de la personne (cela peut faire perdre sa confiance), de lui dire que vous êtes prêt à l’accueillir en cas de besoin, et de vous renseigner auprès d’elle ou d’associations spécialisées si vous soupçonnez une emprise.
Essayez d’abord de comprendre ce qui motive la décision : effets indésirables, peur du traitement, sentiment d’abandon, information trouvée en ligne ou auprès d’un praticien. Proposez de l’accompagner à un rendez-vous médical, d’aborder les effets indésirables avec son médecin ou de demander un deuxième avis.
Quelles règles pour une démarche sans danger ?
- Consultez un médecin pour tout symptôme nouveau, persistant ou inquiétant.
- Ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement prescrit sans l’avis de votre médecin (NHS).
- Informez votre médecin et votre pharmacien des plantes et compléments que vous utilisez ; certains ne se combinent pas bien avec des médicaments (NHS).
- Méfiez-vous d’un praticien qui dénigre la médecine, vous conseille d’arrêter un traitement ou promet une guérison « miracle » (Miviludes).
Questions fréquentes
Peut-on se soigner uniquement avec la naturopathie ?
Non. La naturopathie ne permet ni de diagnostiquer ni de traiter une maladie. Elle peut accompagner l’hygiène de vie en complément d’un suivi médical, avec l’accord de votre médecin.
Que risque-t-on à remplacer un traitement par une médecine alternative ?
Une étude américaine de 2018 sur des cancers non métastatiques associe le recours à la médecine alternative seule à un risque de décès plus élevé qu’avec les traitements conventionnels. C’est une étude observationnelle.
La naturopathie peut-elle être utilisée pendant un traitement médical ?
Des conseils d’hygiène de vie peuvent être envisagés si votre médecin est d’accord. Selon le NHS, il faut informer tout soignant de l’usage d’une plante ou d’une thérapie complémentaire et ne jamais arrêter un médicament prescrit sans son avis.
Que faire si je ne me sens pas écouté par mon médecin ?
Notez vos questions, demandez un deuxième avis ou changez de médecin traitant. Renoncer aux soins n’est pas la solution ; parlez des effets indésirables pour que le traitement puisse être adapté.
Un naturopathe est-il un professionnel de santé ?
La Miviludes rappelle que tous les thérapeutes ne sont pas des professionnels de santé, qui sont titulaires d’un diplôme d’État. Nous n’avons pas pu vérifier le statut légal de la naturopathie sur un texte officiel.
Comment reconnaître un discours qui éloigne de la médecine ?
Méfiez-vous des promesses de guérison, du dénigrement de la médecine, des conseils d’arrêter un traitement et des demandes de couper les liens avec les proches ou les médecins, signaux cités par la Miviludes.
Pour aller plus loin
- Les limites de la naturopathie : ce qu’elle ne peut pas faire
- Médecine douce : bienfaits possibles, limites et précautions
- Les limites de la naturopathie : ce qu’elle n’est pas
- Limites de la naturopathie : ce que disent les sources
Sources
- Journal of the National Cancer Institute (2018) : Use of Alternative Medicine for Cancer and Its Impact on Survival — médecine alternative seule et risque de décès, cancers non métastatiques
- NHS : Complementary and alternative medicine — thérapies non testées comme les médicaments, informer son médecin, ne pas arrêter un médicament prescrit (revue le 1er mai 2026)
- National Cancer Institute : Cancer screening — dépistage et détection précoce, bénéfices et inconvénients
- OMS : Immunization coverage — maladies que les vaccins permettent d’éviter (15 juillet 2026)
- Miviludes : Comment aider un proche ? — signaux d’alerte en santé, conseils aux proches, plainte, ordres professionnels
- Miviludes : Vos questions les plus fréquentes — professionnels de santé et diplôme d’État, exercice illégal, dévoiements constatés
Découvrez ce qui n’est pas prouvé en naturopathie et comment garder l’esprit critique face à l’information santé.
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

