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Les tempéraments en naturopathie : origines, profils et limites

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Les tempéraments sont une typologie traditionnelle héritée de la théorie antique des quatre humeurs ; la naturopathie en retient généralement quatre : sanguin, bilieux, lymphatique et nerveux.
  • C’est un concept propre à la naturopathie : les sources officielles consultées ne lui reconnaissent aucune validation, et il ne permet ni de prévoir ni de repérer une maladie.
  • Il n’existe pas d’outil de mesure validé : deux praticiens peuvent attribuer des profils différents à la même personne.
  • Utilisé avec recul, il peut servir de point de départ pour réfléchir à son mode de vie, jamais d’étiquette ni de diagnostic.
  • Les repères de santé publique (alimentation, activité physique, sommeil) valent pour tout le monde, quel que soit le profil supposé.

Les tempéraments sont une grille de lecture traditionnelle de la naturopathie, sans valeur de diagnostic ni de prédiction : ils classent les personnes en quelques profils, mais aucune source de santé consultée ne leur reconnaît une validité scientifique. Sanguin, bilieux, lymphatique, nerveux : ces mots, qui semblent sortis d’un vieux manuel, reviennent pourtant souvent dans les consultations et les livres de naturopathie.

Voici une présentation factuelle de cette notion, de son histoire et de ses limites. Cet article s’inscrit dans notre dossier pour comprendre ce qu’est la naturopathie et comment elle se situe par rapport à la médecine.

Qu’appelle-t-on un tempérament en naturopathie ?

En naturopathie, le tempérament désigne un profil censé décrire la constitution d’une personne : sa morphologie, son niveau d’énergie, son rythme, ses préférences alimentaires, parfois sa manière de réagir au stress. L’idée est qu’à chaque profil correspondraient des forces, des fragilités et des besoins particuliers en matière d’hygiène de vie.

Il faut distinguer ce sens du langage courant, où l’on dit de quelqu’un qu’il a du tempérament pour parler de son caractère. Ici, il s’agit d’une typologie, c’est-à-dire d’un classement des individus en quelques grandes catégories. Comme toute typologie de ce genre, elle simplifie une réalité humaine beaucoup plus variée.

D’où vient la théorie des tempéraments ?

La notion vient de la médecine antique, qui décrivait la santé comme un équilibre entre quatre humeurs : le sang, la bile jaune, la bile noire et le phlegme. Un excès ou un manque de l’une d’elles était alors tenu pour responsable des troubles, et la prédominance d’une humeur définissait un tempérament. On retrouve cet héritage dans le vocabulaire courant : « sanguin », « colérique », « mélancolique » ou « flegmatique » viennent de cette ancienne théorie.

La médecine actuelle explique la santé et la maladie par la physiologie, la biologie cellulaire et la microbiologie, et n’utilise plus cette théorie. Le NCCIH décrit la naturopathie comme un système né d’une combinaison de pratiques traditionnelles et d’approches populaires de la santé, en Europe au XIXe siècle : la typologie des tempéraments appartient à ce fonds traditionnel. Les auteurs, les dates et les variantes de cette filiation diffèrent selon les ouvrages ; nous ne les détaillons pas, faute de source officielle consultable.

Quels sont les quatre tempéraments tels que la tradition les décrit ?

Les descriptions ci-dessous résument la façon dont les ouvrages de naturopathie présentent ces profils. Elles relèvent de la tradition, pas d’une connaissance scientifique :

  • Sanguin : décrit comme robuste, chaleureux, de bon appétit, énergique et sociable, avec une tendance supposée aux excès de table.
  • Bilieux : présenté comme volontaire, actif, tourné vers l’action et la réussite, parfois impatient ou irritable.
  • Lymphatique : décrit comme calme, placide, de constitution plus ronde, avec un rythme plus lent et un goût pour la stabilité.
  • Nerveux : présenté comme mince, vif, sensible, doté d’une activité intellectuelle intense et d’une énergie jugée plus fluctuante.

Selon les écoles, la grille varie : certaines ajoutent des sous-types ou des combinaisons. Cette diversité montre qu’il ne s’agit pas d’une classification standardisée. La plupart des praticiens reconnaissent que personne n’appartient à un seul type : on parle alors de tempérament dominant, associé à un ou plusieurs tempéraments secondaires.

Comment un naturopathe évalue-t-il un tempérament ?

L’évaluation se fait en général lors du premier entretien, souvent appelé bilan de vitalité. Le praticien observe la silhouette, la forme du visage ou des mains, la posture, et pose des questions sur les habitudes : sommeil, appétit, activité, réactions au stress, goûts. Certains utilisent des questionnaires qui leur sont propres. Nous précisons ce qu’est un bilan de ce type, et ce qu’il n’est pas, dans notre article sur la vitalité et le terrain.

Aucune des sources officielles consultées ne décrit d’outil de mesure validé du tempérament, ni de critères communs à toutes les écoles. Deux praticiens peuvent donc attribuer des profils différents à la même personne. C’est une observation subjective, qui dépend de la formation et de l’interprétation de chacun. Elle ne remplace aucun examen clinique et ne fournit aucune information fiable sur l’état de santé.

Que disent les sources de santé des tempéraments ?

Soyons clairs : la théorie des tempéraments n’est pas démontrée scientifiquement. La page de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les médecines traditionnelles, complémentaires et intégratives décrit la médecine traditionnelle comme fondée sur des savoirs antérieurs à la biomédecine, et fixe pour objectif de renforcer les preuves et de garantir la sécurité des pratiques. Elle ne cite ni la naturopathie ni les tempéraments : se référer à l’OMS ne vaut donc pas validation de cette typologie. Aucune des sources consultées n’établit qu’un tempérament naturopathique permettrait de prévoir une maladie, d’expliquer un symptôme ou d’orienter une prise en charge.

La psychologie actuelle décrit plutôt la personnalité à l’aide de traits qui varient de façon continue d’une personne à l’autre, et non de quelques catégories fermées. Les recommandations de santé publique, elles, s’appliquent à tous, quel que soit le profil supposé.

Pourquoi ces portraits semblent-ils si justes ?

Beaucoup de personnes se reconnaissent dans la description de leur tempérament. Ce sentiment s’explique en partie par un phénomène décrit en psychologie, l’effet Barnum (ou effet Forer) : on a tendance à trouver pertinentes des descriptions assez générales pour convenir à presque tout le monde, surtout lorsqu’elles sont présentées comme personnalisées.

S’y ajoute le biais de confirmation : une fois un profil attribué, on remarque surtout ce qui le confirme et l’on oublie ce qui le contredit. Enfin, l’entretien lui-même, attentif et bienveillant, crée une impression de justesse. Ces mécanismes n’ont rien de honteux, mais ils invitent à garder un regard critique.

Quel usage raisonnable faire des tempéraments ?

Présentés avec prudence, les tempéraments peuvent servir de support de conversation. Se demander si l’on a besoin de davantage de calme ou de mouvement, si l’on mange vite ou si l’on néglige son sommeil, peut aider à repérer des habitudes à ajuster. Les conseils qui en découlent devraient rester ceux d’une hygiène de vie équilibrée :

  • une alimentation variée, riche en fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes, avec une limitation des sucres libres et du sel, selon les repères de l’OMS ;
  • une activité physique régulière et moins de temps sédentaire, comme le recommande l’OMS ;
  • un sommeil suffisant et des horaires réguliers ;
  • des moments de détente adaptés à ses goûts.

Ces repères valent pour tout le monde. Le tempérament peut au mieux aider à les rendre plus parlants, sans jamais les remplacer.

Quelles dérives faut-il éviter ?

Le principal risque est de transformer un portrait traditionnel en pseudo-diagnostic. Méfiez-vous d’un discours qui affirme que votre tempérament « explique » une maladie ou qui vous prédit des pathologies. D’autres dérives méritent attention :

  • des régimes restrictifs imposés au nom du profil, qui peuvent entraîner des carences ;
  • des plantes, huiles essentielles ou compléments conseillés « selon le tempérament » sans vérifier les contre-indications ni les interactions avec vos médicaments ;
  • l’étiquetage des enfants, qui peut enfermer un enfant dans une image de lui-même ;
  • l’idée qu’il faudrait modifier ou arrêter un traitement pour « respecter » sa constitution.

Le NCCIH rappelle que « naturel » ne veut pas toujours dire « sûr », que certains compléments peuvent nuire en cas de problème de santé ou de traitement, et que beaucoup n’ont pas été testés chez la femme enceinte, la femme qui allaite ou l’enfant. Avant de prendre une plante ou un complément, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Tempéraments et idées reçues : que retenir ?

La notion alimente deux excès opposés. Certains y voient une clé universelle pour se connaître et préserver sa santé ; d’autres rejettent en bloc la naturopathie à cause de ce vocabulaire ancien. La réalité est plus nuancée : les tempéraments sont une grille de lecture traditionnelle, intéressante pour son histoire, mais sans valeur prédictive. Nous passons au crible ces croyances, et bien d’autres, dans notre article consacré aux mythes et idées reçues sur la naturopathie. Pour situer cette filiation parmi les autres influences, voyez aussi notre article sur l’hygiénisme et les différents courants de la naturopathie.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Aucun tempérament ne doit servir à interpréter un symptôme. Fatigue qui dure, amaigrissement inexpliqué, douleurs, troubles digestifs persistants, difficultés de sommeil ou baisse de moral durable : ces signes justifient une consultation médicale, quel que soit le profil que l’on vous a attribué. Si vous suivez un traitement, n’en changez jamais les modalités sans l’avis de votre médecin. La naturopathie peut accompagner l’hygiène de vie en complément d’un suivi médical, mais elle ne s’y substitue en aucun cas ; le NCCIH recommande de parler à vos soignants de toute approche complémentaire que vous utilisez.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de tempéraments en naturopathie ?

La plupart des écoles en décrivent quatre : sanguin, bilieux, lymphatique et nerveux. Certaines ajoutent des sous-types ou des combinaisons, car la grille n’est pas standardisée.

Les tempéraments ont-ils une base scientifique ?

Non. Ils dérivent de la théorie antique des humeurs, que la médecine actuelle n’utilise plus. Aucune des sources consultées n’établit qu’ils permettent de prévoir ou d’expliquer une maladie.

Mon tempérament peut-il révéler une maladie ?

Non. Un tempérament n’a aucune valeur diagnostique. Tout symptôme doit être évalué par un médecin, qui dispose d’examens adaptés.

Peut-on changer de tempérament ?

Selon la tradition naturopathique, le tempérament serait une constitution de base plutôt stable. Il s’agit toutefois d’une croyance propre à cette approche, sans démonstration scientifique.

Faut-il adapter son alimentation à son tempérament ?

Rien ne le justifie dans les sources consultées. Les repères d’alimentation de santé publique s’appliquent à tous ; en cas de besoin particulier, un médecin ou un diététicien peut vous conseiller.

Un naturopathe peut-il conseiller des plantes selon mon tempérament ?

Il peut évoquer des usages traditionnels, mais ce choix n’a pas de fondement démontré. Avant toute plante ou tout complément, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien, surtout si vous prenez un traitement.

Pour aller plus loin

Sources

Envie d’aller plus loin ?
Découvrez les grands courants de la naturopathie, dont l’hygiénisme, et démêlez le vrai du faux avec nos idées reçues sur la naturopathie.

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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