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Plantes adaptogènes : ce que disent les études

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Pour l’ashwagandha, certaines préparations pourraient aider en cas d’insomnie et de stress, mais les données sur l’anxiété sont incertaines et des atteintes du foie ont été rapportées.
  • Pour le ginseng asiatique, une possible petite amélioration de la fatigue est évoquée, avec des essais le plus souvent petits et courts ; les résultats sur la performance sportive sont majoritairement négatifs.
  • Pour la rhodiola, l’institut américain NCCIH indique qu’elle n’a pas été démontrée utile pour un quelconque problème de santé.
  • Ces plantes peuvent interagir avec des médicaments et ne conviennent pas à toutes les situations : grossesse, allaitement, maladie thyroïdienne ou auto-immune, diabète, traitement chronique.
  • Un stress qui pèse, une fatigue persistante ou un sommeil perturbé justifient un avis médical ou psychologique, pas une automédication.

Les plantes adaptogènes les plus connues, l’ashwagandha, le ginseng et la rhodiola, n’ont pas de bénéfice solidement démontré : les données disponibles sont limitées, souvent issues de petits essais, et des risques existent. Le terme « adaptogène » est surtout utilisé dans le commerce des compléments alimentaires et en médecine traditionnelle.

Cet article reprend ce que disent des sources médicales reconnues sur ces trois plantes, plante par plante : niveau de preuve, effets indésirables, interactions et situations où l’avis d’un professionnel de santé s’impose. Il ne propose ni cure ni posologie, et il ne remplace pas une consultation médicale.

Que sont les plantes adaptogènes et que prouvent-elles ?

On désigne sous ce nom des plantes dont on dit qu’elles aideraient l’organisme à mieux s’adapter au stress. Dans les fiches de l’institut américain NCCIH consultées pour cet article, chaque plante est évaluée séparément, avec son propre niveau de preuve : rien ne permet donc de parler d’un effet commun à toute la catégorie.

Le NCCIH souligne par ailleurs que, aux États-Unis, les compléments alimentaires ne sont généralement pas évalués avant leur mise sur le marché, que l’étiquette peut ne pas correspondre au contenu du produit et que des mentions comme « standardisé » ou « certifié » ne garantissent pas la qualité. Il invite à signaler à son médecin tous les compléments pris. Les règles applicables en France ne sont pas détaillées dans les sources consultées.

Que disent les études sur l’ashwagandha ?

Selon le NCCIH, certaines préparations d’ashwagandha pourraient aider en cas d’insomnie et de stress, mais les preuves concernant l’anxiété sont incertaines. Des données limitées suggèrent un effet sur la testostérone et la qualité du sperme. Il n’y a pas assez d’éléments pour juger de son intérêt dans d’autres situations, et des données de bonne qualité ne soutiennent pas son usage dans la COVID-19.

Côté sécurité, l’institut estime qu’elle pourrait être utilisée sans danger à court terme, mais que sa sécurité à long terme n’est pas bien établie. Des effets indésirables sont possibles : somnolence, troubles digestifs, diarrhée, vomissements. Les atteintes du foie sont rares, mais le NCCIH relève plusieurs cas rattachés à des compléments d’ashwagandha.

Plusieurs situations posent problème. L’ashwagandha doit être évitée pendant la grossesse et ne doit pas être utilisée pendant l’allaitement. Elle n’est pas recommandée en cas de maladie thyroïdienne ou auto-immune, et peut interagir avec les médicaments de la thyroïde. Elle peut aussi interagir avec des médicaments du diabète et de l’hypertension, des immunosuppresseurs, des sédatifs et des anticonvulsivants. Elle n’est pas recommandée avant une intervention chirurgicale, et les personnes atteintes d’un cancer de la prostate sensible aux hormones doivent l’éviter.

Que disent les études sur le ginseng ?

La fiche du NCCIH porte sur le ginseng asiatique. Pour la cognition, une petite quantité de recherches suggère un possible bénéfice sur l’attention et le temps de réaction chez des adultes d’âge moyen, mais pas chez de jeunes adultes ; un effet sur la mémoire semble dépendre d’une association avec le ginkgo.

Pour la fatigue, une revue de 2023 portant sur 19 études évoque un possible petit bénéfice du ginseng seul sur la fatigue générale. Pour le diabète et la santé cardiométabolique, les résultats sont partagés. Concernant les performances sportives, la plupart des recherches ne montrent pas d’amélioration. Pour d’autres usages comme le vieillissement ou l’asthme, les informations fiables manquent. L’institut précise que la plupart des essais cliniques ont été petits et de courte durée : la qualité des preuves reste donc limitée.

L’insomnie est l’effet indésirable le plus fréquent. Plus rarement, des éruptions sévères, des atteintes du foie et des réactions allergiques graves ont été décrites. Le ginseng peut aggraver des maladies auto-immunes, interférer avec la coagulation et faire baisser la glycémie : les personnes diabétiques doivent consulter avant de l’utiliser. Il peut aussi interagir avec certains médicaments. Selon le NCCIH, certains experts déconseillent son usage chez les nourrissons, les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes.

Que disent les études sur la rhodiola ?

Le NCCIH est clair : la rhodiola (Rhodiola rosea) n’a pas été démontrée utile pour une quelconque indication de santé. Les études chez l’humain sont majoritairement de qualité faible à modérée et ne permettent pas de dire si elle aide dans une affection précise.

Elle est jugée possiblement sans danger à court terme. Les effets indésirables rapportés sont des étourdissements, des maux de tête, de l’insomnie et une bouche sèche ou, à l’inverse, une salivation excessive. Une interaction avec le losartan, un médicament contre l’hypertension, a été signalée. On sait peu de choses sur sa sécurité pendant la grossesse et l’allaitement : éviter la plante ou demander l’avis d’un professionnel de santé est l’attitude prudente.

Quelles précautions prendre avant d’essayer une de ces plantes ?

Une plante vendue sans ordonnance n’est pas inoffensive. Pour réduire les risques, le NCCIH recommande d’informer tous ses professionnels de santé des compléments pris, idéalement bien avant une intervention chirurgicale, car certains compléments augmentent le risque de saignement ou agissent sur l’anesthésie.

Un avis médical ou pharmaceutique préalable est particulièrement important si :

  • vous prenez un médicament, notamment pour la thyroïde, le diabète, la tension, l’épilepsie, ou un immunosuppresseur ou un sédatif ;
  • vous êtes enceinte, vous allaitez ou vous envisagez une grossesse ;
  • vous avez une maladie du foie, une maladie auto-immune, un trouble de la coagulation ou une intervention chirurgicale prévue ;
  • il s’agit d’un enfant ou d’un adolescent, pour lequel peu de produits ont été étudiés.

En cas d’effet indésirable, le NCCIH conseille d’arrêter le supplément et de contacter un professionnel de santé. Ne remplacez jamais un traitement prescrit par une plante et ne l’arrêtez pas sans avis médical.

Que faire face à un stress ou à une fatigue qui s’installent ?

Une plante ne règle pas la cause d’un stress ou d’une fatigue durable. La Mayo Clinic rappelle, à propos de la gestion du stress, qu’il faut contacter un professionnel de santé mentale qualifié lorsque l’on rencontre des difficultés psychologiques. Elle indique aussi qu’une stratégie, comme le rire, n’est qu’un outil parmi d’autres et ne résout pas tout.

Un sommeil perturbé durablement, une fatigue qui ne passe pas, une baisse du moral, une anxiété envahissante ou des symptômes physiques inexpliqués justifient une consultation chez votre médecin traitant. Il pourra chercher une cause médicale et vous orienter vers un psychologue, un psychiatre ou un autre professionnel adapté.

Si vous envisagez malgré tout d’essayer une plante, en parler avant avec votre médecin ou votre pharmacien permet de vérifier la compatibilité avec vos traitements et votre situation.

Questions fréquentes

Peut-on prendre de l’ashwagandha avec des médicaments ?

Selon le NCCIH, l’ashwagandha peut interagir avec les médicaments de la thyroïde, du diabète et de l’hypertension, les immunosuppresseurs, les sédatifs et les anticonvulsivants. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’en prendre.

L’ashwagandha est-elle dangereuse pour le foie ?

Les atteintes du foie sont rares, mais le NCCIH relève plusieurs cas liés à des compléments d’ashwagandha. Si vous constatez une fatigue inhabituelle, des nausées, des urines foncées ou une jaunisse, arrêtez le produit et consultez rapidement.

Le ginseng convient-il en cas de diabète ou de traitement anticoagulant ?

Le NCCIH indique que le ginseng peut faire baisser la glycémie et interférer avec la coagulation. Les personnes diabétiques doivent consulter avant de l’utiliser, et celles qui prennent un anticoagulant doivent demander l’avis de leur médecin.

La rhodiola est-elle recommandée pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Le NCCIH précise que l’on sait peu de choses sur sa sécurité dans ces situations. L’attitude prudente consiste à l’éviter ou à demander d’abord l’avis d’un professionnel de santé.

Les plantes adaptogènes améliorent-elles les performances sportives ?

Pour le ginseng, le NCCIH indique que la plupart des recherches ne montrent pas d’amélioration des performances sportives. Pour l’ashwagandha et la rhodiola, les fiches consultées ne présentent pas de preuve dans ce domaine.

À qui parler quand le stress devient difficile à supporter ?

La Mayo Clinic conseille de contacter un professionnel de santé mentale qualifié en cas de difficultés psychologiques. Votre médecin traitant est un bon premier interlocuteur, surtout en cas de sommeil perturbé ou de fatigue durable.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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