Image default

Choisir une école de naturopathie : statut, titres et vérifications

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • En France, aucun diplôme reconnu par l’État n’est obligatoire pour pratiquer la naturopathie : les formations sont le plus souvent délivrées par des organismes privés dont le contenu n’est pas contrôlé par les institutions publiques (DGCCRF).
  • Il n’existe donc pas de classement officiel des « grandes écoles » : cet article ne désigne aucun établissement et ne propose ni comparatif ni palmarès.
  • Selon l’enquête de la DGCCRF (2018), les durées vont « du simple week-end » à plusieurs années, et les mentions « diplômé », « certifié » ou « agréé » peuvent être employées sans diplôme d’État ni agrément officiel.
  • Le ministère de la Santé mentionnait en 2019 une certification de « conseiller en naturopathie », hors du champ sanitaire ; la naturopathie n’est pas une profession de santé reconnue.
  • Comparez le coût total, méfiez-vous des licences annuelles et des systèmes de formation en cascade, et demandez ce que le titre vous autorise réellement à faire.

Aucun palmarès officiel ne classe les écoles de naturopathie, car la naturopathie n’est pas une profession de santé reconnue en France et ne repose sur aucun diplôme d’État. Choisir une formation revient donc à vérifier soi-même ce que l’organisme enseigne, ce que son titre signifie et ce qu’il coûte réellement.

Cet article rassemble ce que disent les sources officielles sur l’encadrement des formations, la valeur des titres, les risques financiers et les limites de ce que peut proposer un praticien après sa formation. Il ne cite aucune école et ne formule aucune recommandation commerciale.

Existe-t-il des écoles de naturopathie reconnues par l’État ?

Il n’existe pas de diplôme d’État de naturopathe. La fiche pratique de la DGCCRF du 24 mars 2026 indique que seuls l’acupuncture, l’ostéopathie et la chiropraxie exigent un diplôme reconnu par l’État ; pour les autres pratiques de soins non conventionnelles, aucun diplôme reconnu n’est obligatoire. Elle précise, en citant le ministère de la Santé, que les formations sont souvent « délivrées au sein d’organismes privés sans contrôle des institutions publiques quant à leur contenu ».

Dans sa réponse publiée au Journal officiel le 2 avril 2019, le ministère des Solidarités et de la Santé écrit qu’il n’existe pas en France de reconnaissance des naturopathes comme professionnels de santé et que le Gouvernement n’envisageait pas de les y intégrer. Cette réponse a plus de sept ans : le statut actuel doit être revérifié auprès des autorités de santé.

Santé.fr ajoute que la grande majorité des pratiques de soins non conventionnelles ne sont ni reconnues scientifiquement par la médecine conventionnelle ni enseignées dans la formation initiale des professionnels de santé.

Que valent les titres délivrés par ces écoles ?

La DGCCRF a contrôlé en 2018 des praticiens de « médecines douces » et publié ses résultats en décembre 2019. Elle relève que presque tous avaient suivi une formation, de durée très variable : « du simple week-end » à plusieurs années de scolarité. Elle constate aussi l’emploi des termes « diplômé », « certifié » ou « agréé » sans diplôme d’État, certification ou agrément officiel, et l’usage du terme « naturopathe » sans formation requise.

Elle note par ailleurs que le secteur tend à se structurer et cite deux organisations : OMNES (Organisation de la Médecine Naturelle et de l’Éducation Sanitaire), principale association représentative, et la FÉNA (Fédération française des Écoles de naturopathie), qui encadre un réseau d’écoles privées. Les sources consultées ne détaillent pas leurs critères : l’appartenance d’une école à un réseau est une information à vérifier, pas un gage officiel de qualité.

Le ministère mentionnait en 2019 une certification de « conseiller en naturopathie » inscrite au répertoire national. Elle concerne la prévention et l’éducation au bien-être, notamment l’alimentation et l’hygiène de vie, et se situe en dehors du champ sanitaire. La réponse ne précise ni l’organisme certificateur ni le niveau de qualification : demandez à l’école le numéro ou la fiche exacte de la certification qu’elle prépare et vérifiez-la auprès de l’organisme qui la tient.

Quelles questions poser à une école avant de vous inscrire ?

L’ARS Nouvelle-Aquitaine propose des questions applicables à tout praticien et qu’on peut adapter à un organisme de formation : qui est cette personne, quelle est sa formation, quel est son diplôme, ce soin est-il reconnu par les autorités de santé, le traitement proposé a-t-il prouvé son efficacité. Pour une école, demandez en pratique :

  • l’intitulé exact du titre délivré, l’organisme qui le délivre et ce qu’il atteste ;
  • s’il s’agit d’un diplôme d’État, d’une certification inscrite au répertoire national ou d’un simple certificat de l’école ;
  • la durée réelle de la formation et la part de temps encadré ;
  • le coût total, avec toutes les options, licences et renouvellements éventuels ;
  • les modalités de rétractation et de résiliation, et le contrat ;
  • ce que le titre vous permet, et ne vous permet pas, de proposer à des clients.

Une école transparente répond par écrit. Un refus de documenter ces points est un signal à prendre en compte.

Quels risques financiers faut-il surveiller ?

La fiche de la DGCCRF met en garde contre les coûts élevés, les endettements, les licences annuelles et les systèmes de formation en cascade, qui peuvent relever de la vente pyramidale, interdite. Santé.fr, relayant les contrôles de la DGCCRF d’octobre 2020 à septembre 2021, signale des formations coûteuses pouvant conduire à l’endettement et recommande une vigilance particulière lors de l’attribution de financements publics à des formations.

L’enquête de 2019 relevait aussi des liens étroits entre praticiens, organismes de formation et fabricants de produits : formations gratuites, réductions et commissions liées à des codes « apporteur d’affaires ». Cela ne vise pas toutes les écoles, mais invite à demander si la formation est liée à la vente de produits ou à un réseau de revente.

Les sources consultées ne donnent aucun prix moyen ni aucune durée standard de formation en naturopathie : méfiez-vous des comparatifs chiffrés qui ne citent pas de source.

Que pourrez-vous proposer après la formation ?

Une formation, même longue, ne transforme pas un praticien en professionnel de santé. La DGCCRF rappelle que ces pratiques ne doivent jamais se substituer à un suivi médical, que le praticien doit informer ses clients du caractère non médical de sa prestation, et que l’exercice par un non-professionnel de santé d’actes réservés constitue un exercice illégal. Prétendre guérir une maladie est une pratique commerciale trompeuse, selon le Code de la consommation cité par Santé.fr.

Le praticien devra également afficher ses prix avant la prestation, remettre une note au-delà de 25 €, informer sur ses qualifications et adhérer à un système de médiation (DGCCRF). Ces prestations ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale ; certaines mutuelles peuvent les prendre en charge.

Si vous envisagez une reconversion, ces éléments pèsent sur l’activité future : l’absence de reconnaissance comme profession de santé, le contrôle de la DGCCRF sur les allégations et les titres, et le délit de provocation à l’abandon de soins créé par la loi du 10 mai 2024 (ARS Nouvelle-Aquitaine). Les sources consultées ne chiffrent ni les débouchés ni les revenus : cet article ne le fait pas.

Questions fréquentes

Existe-t-il des grandes écoles de naturopathie reconnues en France ?

Aucun diplôme d’État de naturopathe n’existe, selon la DGCCRF. Les formations sont le plus souvent privées et leur contenu n’est pas contrôlé par les institutions publiques. Il n’existe donc pas de classement officiel des écoles.

Quelle est la durée d’une formation en naturopathie ?

Les sources consultées ne donnent pas de durée standard. La DGCCRF relève dans son enquête de 2018 des formations allant « du simple week-end » à plusieurs années de scolarité. Demandez la durée réelle et le temps encadré à l’école.

Que signifie une certification de conseiller en naturopathie ?

Le ministère de la Santé mentionnait en 2019 une certification inscrite au répertoire national, centrée sur la prévention et l’éducation au bien-être (alimentation, hygiène de vie), en dehors du champ sanitaire. Elle ne donne pas de statut de professionnel de santé.

Une école de naturopathie peut-elle financer sa formation par des fonds publics ?

Les sources consultées ne détaillent pas les financements. Santé.fr rappelle, d’après la DGCCRF, qu’une vigilance particulière est recommandée lors de l’attribution de financements publics à des formations, souvent coûteuses. Vérifiez la certification visée avant de vous engager.

Peut-on exercer la naturopathie sans diplôme ?

D’après la DGCCRF, aucun diplôme reconnu n’est obligatoire pour les pratiques non conventionnelles hors acupuncture, ostéopathie et chiropraxie. Le praticien reste tenu d’informer sur ses qualifications et d’éviter les titres et allégations trompeurs.

Quels signaux d’alerte doivent faire fuir une formation ?

Des coûts élevés et un endettement, des licences annuelles, des systèmes de formation en cascade relevant de la vente pyramidale (DGCCRF), ainsi que le refus de documenter le titre et le contenu. En cas de doute sur une dérive sectaire, Santé.fr cite la Miviludes comme ressource.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



A lire aussi

Comment choisir un naturopathe : vérifications et questions à poser

Claire Garnier

Déontologie du naturopathe : ce que vous pouvez attendre

Claire Garnier

Naturopathie et loi : ce que disent les sources en France

Claire Garnier