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Naturopathie reconnue en France ? Ce que disent les sources

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • « Reconnue » peut vouloir dire trois choses : un statut légal, un diplôme officiel ou des preuves scientifiques ; les sources consultées ne les confondent pas.
  • En France, la Miviludes définit le professionnel de santé par un diplôme d’État et l’appartenance à un Ordre ; la naturopathie ne figure pas parmi les sept Ordres qu’elle cite.
  • La page du NCCIH sur la naturopathie ne synthétise pas de résultats cliniques : à ce jour, ces sources ne permettent ni d’affirmer ni de nier une efficacité d’ensemble.
  • À l’étranger, la reconnaissance varie : aux États-Unis, seuls 17 États et le district de Columbia licencient les naturopathic physicians ; au Royaume-Uni, seuls chiropracteurs et ostéopathes ont un enregistrement légal obligatoire.
  • Quel que soit le statut, la naturopathie ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical : parlez-en à votre médecin.

La question de la naturopathie reconnue en France dépend de ce que l’on entend par ce mot. D’après les sources officielles consultées, la naturopathie n’apparaît ni comme une profession de santé au sens de la Miviludes, ni comme une approche dont l’efficacité d’ensemble serait établie par les synthèses citées ; elle est en revanche largement pratiquée et connue du public.

Cet article distingue la reconnaissance légale, la reconnaissance par les diplômes, la reconnaissance scientifique et la comparaison internationale. Il s’en tient à ce que les pages officielles ouvertes permettent d’affirmer, et signale ce qu’elles ne disent pas, en particulier pour l’Europe.

Que signifie « être reconnue » pour une pratique de santé ?

Le mot recouvre au moins trois niveaux qu’il est utile de séparer. La reconnaissance légale concerne l’existence d’un statut, d’un titre protégé ou d’une profession réglementée. La reconnaissance par la formation concerne les diplômes et les certifications. La reconnaissance scientifique, enfin, repose sur des études qui évaluent ce qu’une pratique apporte réellement, et pour quelle situation.

Le NCCIH, centre des National Institutes of Health américains consacré aux approches complémentaires, ajoute une distinction d’usage : une approche est complémentaire lorsqu’elle est utilisée avec la médecine conventionnelle, alternative lorsqu’elle l’est à la place de celle-ci. Il décrit la naturopathie comme un système issu de pratiques traditionnelles et d’approches de soins populaires en Europe au XIXe siècle. Être répandue ne dit rien du niveau de preuve ni du statut juridique.

La naturopathie est-elle reconnue légalement en France ?

Les sources officielles ouvertes pour cet article ne contiennent pas de texte qui crée un statut de naturopathe. La Miviludes définit en revanche ce qu’est un professionnel de santé : une personne qui a obtenu un diplôme d’État après des études reconnues, est inscrite auprès d’un Ordre et soumise à une déontologie. Elle cite sept Ordres : médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues. La naturopathie n’en fait pas partie.

La Miviludes précise que tous les thérapeutes ne sont pas des professionnels de santé et que certains se prévalent d’un diplôme délivré par une instance non reconnue. Le cadre précis (textes du code de la santé publique, intitulés de formation enregistrés) n’a pas pu être consulté ici ; il se vérifie sur Legifrance, service-public.gouv.fr ou auprès du ministère de la Santé.

Les diplômes et certificats de naturopathie sont-ils officiels ?

Le NCCIH explique, pour les États-Unis, la différence entre licence et certification : les licences sont délivrées et contrôlées par des organismes publics, tandis que les certifications sont délivrées par des organisations professionnelles. Il rappelle qu’une licence ou une certification ne garantit pas toujours la qualification du praticien. Cette distinction est précieuse pour lire un intitulé de formation : « certifié par une association » n’a pas la même portée qu’un titre délivré par l’État.

En France, la Miviludes met en garde contre les diplômes délivrés par des instances non reconnues. Avant de vous inscrire à une formation ou de choisir un praticien, demandez qui délivre le titre, ce qu’il atteste précisément et s’il figure dans un répertoire officiel que vous pouvez consulter vous-même.

La naturopathie est-elle reconnue sur le plan scientifique ?

Sur sa page consacrée à la naturopathie, le NCCIH ne résume pas de résultats cliniques : il liste des revues de la littérature et renvoie vers des recherches PubMed, afin que le lecteur consulte lui-même les données. Aucune des sources ouvertes ne présente donc de conclusion d’ensemble sur l’efficacité de la naturopathie. À ce jour, elles ne permettent ni d’affirmer qu’elle est efficace, ni d’affirmer le contraire.

Il faut aussi rappeler que le mot recouvre des pratiques très différentes selon les praticiens. Il est donc plus pertinent de s’interroger sur un conseil précis (alimentation, activité physique, gestion du stress, plante) et sur ce qui l’étaye, plutôt que sur la naturopathie en bloc. La Miviludes qualifie de dérive thérapeutique un soin non conforme aux données acquises de la science, par exemple une pratique non démontrée présentée comme remplaçant la médecine conventionnelle.

Elle constate aussi que les dévoiements de pratiques telles que la naturopathie sont de plus en plus nombreux. Elle cite les « détoxifications », les régimes exclusifs et les jeûnes stricts comme dangereux, y compris pour des personnes affaiblies.

Qu’en est-il en Europe et dans le monde ?

Les sources ouvertes ne permettent pas de dresser un tableau de l’ensemble de l’Europe. Elles montrent cependant que les situations diffèrent fortement.

  • Aux États-Unis, il n’existe pas de système national de reconnaissance : chaque État fixe ses règles, et seuls 17 États ainsi que le district de Columbia licencient les naturopathic physicians, selon le NCCIH. Ces praticiens suivent un programme de quatre ans en école accréditée ; les naturopathes traditionnels, issus de programmes non accrédités, ne sont pas éligibles à la licence.
  • Au Royaume-Uni, le NHS indique que seuls les chiropracteurs et les ostéopathes doivent être enregistrés par la loi. Les autres thérapeutes complémentaires ne le sont pas, et le NHS conseille de vérifier l’inscription auprès d’une organisation accréditée par la Professional Standards Authority.
  • À l’échelle mondiale, l’OMS fixe dans sa stratégie 2025-2034 l’objectif de soutenir une offre sûre et efficace de médecines traditionnelles, complémentaires et intégratives par des mécanismes de réglementation appropriés.

Pour connaître le statut dans un pays européen donné, il faut consulter les autorités de ce pays.

Que change cette situation pour vous si vous souhaitez consulter ?

L’absence de statut officiel ne rend pas la consultation interdite, mais elle déplace une partie de la vigilance vers vous. Quelques réflexes simples en découlent.

  • Interrogez le praticien sur sa formation, les titres qu’il revendique et l’organisme qui les délivre. Le NCCIH rappelle qu’un diplôme ou un certificat ne garantit pas, à lui seul, des soins sûrs.
  • Informez votre médecin. Le NCCIH recommande de tenir tous vos soignants au courant des approches complémentaires que vous utilisez.
  • Ne cessez jamais un traitement prescrit sans l’avis de votre médecin, rappelle le NHS.
  • Demandez l’avis d’un pharmacien avant de prendre une plante ou un complément : le NHS signale des interactions possibles avec des médicaments courants et déconseille la phytothérapie aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes.
  • Méfiez-vous d’un praticien qui présente sa pratique comme remplaçant la médecine, selon les critères de la Miviludes.

Pour tout symptôme inhabituel, persistant ou qui vous inquiète, consultez un médecin avant toute autre démarche.

Questions fréquentes

Existe-t-il un ordre des naturopathes reconnu par l’État ?

Les sources consultées n’en mentionnent aucun. La Miviludes cite sept Ordres de professionnels de santé (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues), et la naturopathie n’en fait pas partie. Vérifiez le statut de tout organisme qui se présente comme un ordre.

La naturopathie est-elle remboursée par l’Assurance maladie ?

Les sources ouvertes ne permettent pas de répondre pour la France : aucune page de l’Assurance maladie n’a été consultée. Le NCCIH invite plus généralement à ne pas présumer d’un remboursement et à interroger son assureur. Renseignez-vous auprès de votre complémentaire santé avant la séance.

Un certificat de naturopathe est-il un diplôme officiel ?

Pas nécessairement. Selon le NCCIH, les licences sont délivrées par des organismes publics et les certifications par des organisations professionnelles. La Miviludes met en garde contre les diplômes délivrés par des instances non reconnues. Demandez qui délivre le titre et ce qu’il atteste précisément.

La naturopathie est-elle une médecine alternative ou complémentaire ?

Cela dépend de l’usage, selon le NCCIH : une approche utilisée avec la médecine conventionnelle est dite complémentaire, et utilisée à sa place elle est dite alternative. Le second usage expose à des risques de retard de soins, d’où la recommandation d’en parler à son médecin.

Puis-je consulter un naturopathe en plus de mon suivi médical ?

Aucune source consultée ne l’interdit, mais le NCCIH recommande d’informer tous vos soignants des approches complémentaires que vous utilisez, et le NHS de ne pas arrêter un traitement sans en parler à votre médecin. Prévenez aussi le praticien de vos traitements en cours.

Comment signaler un praticien dont les pratiques inquiètent ?

La Miviludes propose sur son site de signaler une dérive ou de demander son avis. Elle conseille aussi d’en parler à son médecin ou au professionnel qui vous suit. En cas de danger immédiat pour la santé, contactez les services de secours.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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