Mis à jour le 9 octobre 2026
- La sécurité du CBD n’a pas pu être établie pour les femmes enceintes et allaitantes, selon l’EFSA (9 février 2026) : par précaution, il est préférable de l’éviter.
- Les données humaines sont limitées ; les éléments disponibles viennent surtout d’études chez l’animal, dont une étude chez la souris citée par l’Inserm.
- Un produit vendu comme CBD peut contenir plus de 0,3 % de THC ou des cannabinoïdes de synthèse non déclarés (ANSM, 2025).
- Le CBD peut interagir avec de nombreux médicaments (Inserm) : prévenez votre médecin ou votre pharmacien si vous en avez pris.
- Si vous avez pris du CBD avant de savoir que vous étiez enceinte, parlez-en à un professionnel de santé sans attendre ; ne remplacez pas un traitement de votre propre initiative.
Sur le thème CBD et grossesse, la réponse prudente est d’éviter le produit : pendant la grossesse comme pendant l’allaitement, les autorités européennes n’ont pas pu établir sa sécurité pour ces situations, et les données humaines sont limitées. Absence de preuve de danger ne veut pas dire preuve de sécurité.
Cet article se concentre sur le CBD seul : ce que montrent les données disponibles, pourquoi la composition des produits ajoute une incertitude, ce qu’il en est de l’allaitement et des interactions, et ce que vous pouvez faire si vous en avez déjà pris. Les risques du cannabis et du THC font l’objet d’un autre article.
Peut-on prendre du CBD pendant la grossesse ?
Les autorités n’ont pas de feu vert à donner. Dans son évaluation du 9 février 2026, l’EFSA indique que la sécurité du CBD n’a pas pu être établie pour les personnes de moins de 25 ans, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes sous traitement.
La notice européenne de l’Epidyolex, seul médicament au cannabidiol autorisé en France selon l’Inserm et réservé à certaines épilepsies rares, va dans le même sens : les données sont limitées chez la femme enceinte et il est préférable d’éviter le médicament par précaution, sauf si le bénéfice potentiel pour la mère l’emporte nettement sur le risque potentiel pour le fœtus. Cette décision relève d’un médecin spécialiste, pas d’un achat en ligne ou en magasin.
Que montrent les études sur le CBD et le fœtus ?
Les données humaines restent limitées. L’Inserm cite une étude menée chez la souris qui montre des déficits cognitifs et de communication après exposition au CBD in utero ; ces résultats concernent l’animal et ne prouvent pas un effet identique chez l’humain, mais ils alimentent la prudence.
Une revue de 2022 sur la pharmacocinétique des dérivés du cannabis pendant la grossesse (Frontiers in Pharmacology) rapporte, chez la souris, un passage du CBD vers le fœtus dès les premières minutes après l’administration. Ses auteurs relèvent surtout des lacunes : aucune étude n’a mesuré les concentrations de cannabinoïdes dans le sang de femmes enceintes, et la pharmacocinétique du CBD seul, sans THC, est très peu documentée chez l’humain. Ils appellent à des études spécifiques. En clair, on ne sait pas encore quelle exposition du fœtus résulterait d’une prise de CBD, ni avec quelles conséquences.
Pourquoi la composition des produits au CBD ajoute-t-elle un risque ?
Un produit au CBD n’est pas toujours ce que son étiquette annonce. L’étude de la MILDECA publiée en décembre 2023, portant sur 248 produits achetés en 2022 et 2023, a trouvé 12,6 % de produits vendus comme CBD au-dessus de 0,3 % de THC, 19 % seulement avec une teneur en CBD conforme, et 46 % sans composition indiquée. L’échantillon est limité et ne représente pas tout le marché, mais il illustre l’écart possible.
L’ANSM indique en 2025 que de nombreux produits vendus comme CBD contiennent des cannabinoïdes de synthèse (HHC, H4-CBD…) ou plus de 0,3 % de THC, souvent sans que l’acheteur le sache. Pendant la grossesse, une exposition au THC est précisément celle que les autorités cherchent à éviter. L’Inserm ajoute que le CBD ne fait pas l’objet d’un contrôle qualité ni d’un étiquetage réglementaires et que certains produits peuvent contenir des métaux lourds ou des résidus de produits phytosanitaires.
CBD et allaitement : que sait-on ?
Les données sont limitées et ne vont pas toutes dans le même sens, ce qui plaide pour la prudence. La notice de l’Epidyolex indique qu’aucune étude humaine n’a été menée sur le passage du cannabidiol dans le lait maternel et recommande, par précaution, de suspendre l’allaitement pendant le traitement. Les auteurs de la revue de 2022 évoquent de leur côté des données de mesure dans le lait, tout en demandant des études plus complètes ; les sources n’ont donc pas le même degré de certitude.
Dans tous les cas, l’EFSA ne peut pas établir la sécurité du CBD pendant l’allaitement. Si vous allaitez, demandez conseil à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant tout produit au CBD, sachant qu’un produit peut aussi contenir du THC.
Quels effets indésirables et quelles interactions sont décrits ?
L’Inserm évoque, parmi les effets indésirables possibles du CBD, la somnolence, la fatigue, la diarrhée et la perte d’appétit. L’ANSM décrit, pour les produits contenant d’autres substances, des symptômes plus sévères : palpitations, attaques de panique aiguës, agitation avec hallucinations, perte de connaissance, convulsions.
Le CBD peut aussi interagir avec des médicaments. L’Inserm indique que, même à faible dose, il peut interagir avec de nombreuses molécules, et cite notamment les hormones thyroïdiennes, les antiépileptiques, les antidépresseurs, les anticoagulants et les anti-inflammatoires. Pendant la grossesse, où les traitements sont adaptés avec soin, signalez toute prise de CBD à votre médecin et à votre pharmacien.
Que faire si vous en avez pris, ou si vous cherchez une solution pour dormir ou vous détendre ?
Si vous avez pris du CBD avant de savoir que vous étiez enceinte, il n’y a pas lieu de céder à la panique : arrêtez le produit, conservez l’emballage et parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, en précisant le produit, la forme et la fréquence. Ils pourront évaluer votre situation et adapter le suivi. En cas de symptôme inattendu après un produit, l’ANSM recommande d’appeler le 15 en cas de détresse et un centre antipoison pour les autres symptômes, et de signaler l’effet sur signalement.social-sante.gouv.fr.
Si vous cherchez à soulager un stress, une douleur ou des troubles du sommeil pendant la grossesse, n’essayez pas de remplacer le CBD par un autre produit « naturel » sans avis : une plante ou un complément n’est pas forcément sans risque. Parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien, qui pourront rechercher la cause et proposer une prise en charge adaptée. N’arrêtez pas un traitement prescrit de votre propre initiative.
Questions fréquentes
Peut-on prendre du CBD quand on est enceinte ?
Il est préférable de l’éviter. L’EFSA indique, en février 2026, que la sécurité du CBD n’a pas pu être établie pour les femmes enceintes et allaitantes. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme avant toute prise.
Le CBD passe-t-il dans le lait maternel ?
Les données sont limitées. La notice de l’Epidyolex indique qu’aucune étude humaine n’a été menée sur ce passage, et une revue de 2022 réclame des études plus complètes. Par précaution, demandez conseil avant d’en prendre pendant l’allaitement.
Le CBD est-il dangereux pour le fœtus ?
Les données humaines manquent pour l’affirmer ou l’exclure. Une étude chez la souris citée par l’Inserm montre des déficits cognitifs et de communication après exposition in utero. Ces résultats animaux justifient la prudence mais ne se transposent pas tels quels à l’humain.
Un produit au CBD peut-il contenir du THC sans que cela soit indiqué ?
Oui. L’ANSM signale en 2025 des produits contenant plus de 0,3 % de THC ou des cannabinoïdes de synthèse non déclarés. L’étude MILDECA de 2023 a aussi relevé que 46 % des produits testés n’indiquaient aucune composition.
Peut-on prendre du CBD avec d’autres médicaments pendant la grossesse ?
Demandez d’abord l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien. L’Inserm indique que, même à faible dose, le CBD peut interagir avec de nombreuses molécules, dont des antiépileptiques, des antidépresseurs et des anticoagulants.
Que faire si j’ai pris du CBD avant de savoir que j’étais enceinte ?
Arrêtez le produit, conservez l’emballage et parlez-en à un professionnel de santé en précisant la forme et la fréquence. En cas de malaise ou de symptôme inhabituel, appelez le 15 ou un centre antipoison.
Pour aller plus loin
- Cannabis et grossesse : risques du THC, place du CBD
- CBD et diabète : ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas
- CBD pour dormir : ce que disent les études et les risques
- Huile de CBD, sommeil et stress : ce que disent les études
Sources
- EFSA : niveau de sécurité provisoire du cannabidiol — sécurité du CBD non établie chez les femmes enceintes et allaitantes (9 février 2026)
- EMA : information produit Epidyolex (cannabidiol) — données limitées chez la femme enceinte, précaution pour l’allaitement
- Inserm : CBD, quel impact sur la santé ? — étude chez la souris in utero, interactions, absence de contrôle qualité (3 avril 2023)
- Frontiers in Pharmacology (2022) : pharmacocinétique du cannabis et de ses dérivés pendant la grossesse et l’allaitement — passage placentaire chez la souris, lacunes des données humaines
- ANSM : Augmentation des intoxications causées par des produits à base de CBD contenant d’autres substances — substances non déclarées, symptômes, conduite à tenir (19 juin 2025)
- MILDECA / CEIP-A : rapport sur les produits au CBD, décembre 2023 — écart entre étiquetage et composition réelle sur 248 produits
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

