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Compléments alimentaires : risques, précautions et bon usage

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Un complément alimentaire n’est soumis à aucun test d’efficacité ni d’innocuité avant sa vente et ne peut revendiquer d’effet thérapeutique, contrairement à un médicament (Assurance maladie).
  • Le dispositif de nutrivigilance de l’Anses a recensé 9 172 signalements d’effets indésirables entre novembre 2009 et fin 2024 ; les plus fréquents sont digestifs, cutanés ou une somnolence.
  • Certains compléments peuvent interagir avec des médicaments : en cas de traitement, de grossesse, d’allaitement ou de maladie chronique, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
  • Les huiles essentielles avalées sous forme de complément appellent une vigilance particulière : l’Anses a examiné celles de Melaleuca et relève qu’une agence européenne en contre-indique l’usage oral.
  • Tout effet indésirable doit être signalé à un professionnel de santé et peut être déclaré à l’Anses.

Oui, un complément alimentaire peut présenter des risques, même s’il est vendu sans ordonnance. Il peut provoquer des allergies, dépasser des limites de sécurité ou interagir avec un médicament, selon l’Assurance maladie. Il ne remplace ni une alimentation équilibrée ni un traitement.

Cet article s’appuie sur l’Assurance maladie, l’Anses, l’ANSM et Vidal. Il explique ce qu’est un complément, quels effets indésirables sont réellement signalés, quelles précautions prendre et quand demander un avis professionnel.

Qu’est-ce qu’un complément alimentaire, et en quoi diffère-t-il d’un médicament ?

Selon l’Assurance maladie, un complément alimentaire est un produit préparé qui contient une ou plusieurs substances et qui se prend en plus de l’alimentation. Ce n’est ni un aliment ni un médicament, et il ne remplace pas un repas ni une alimentation équilibrée. Les substances autorisées (vitamines, minéraux, acides aminés, plantes ou extraits) sont fixées par un décret de 2006, et les produits se présentent en gélules, comprimés, gommes, solutions ou poudres.

La différence avec un médicament est importante. Un médicament doit avoir prouvé son efficacité et son innocuité, ses effets indésirables sont suivis, et il est vendu en pharmacie. Un complément alimentaire, lui, n’est soumis à aucun test d’efficacité ni d’innocuité et ne peut pas revendiquer d’effet thérapeutique. Le fabricant est responsable des informations qu’il donne au public, dans le cadre d’une liste d’allégations de santé limitée par un règlement européen. Les compléments ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie.

Un produit « naturel » est-il sans danger ?

Non. Le caractère naturel d’une plante, d’un extrait ou d’une huile essentielle ne garantit pas son innocuité. L’Assurance maladie liste trois risques principaux : les allergies, le dépassement des limites de sécurité de certaines substances et les interactions avec un traitement médicamenteux.

Le rapport d’activité 2024 de nutrivigilance de l’Anses en donne des exemples concrets. Ce dispositif, en place depuis 2009, repère les effets indésirables liés aux compléments alimentaires, aux aliments enrichis et à certains produits destinés à des populations particulières. Parmi les alertes de 2024 figurent une insuffisance rénale aiguë après la prise d’un produit amincissant à base de thé matcha, et des hallucinations avec confusion après un produit présenté comme favorisant le sommeil. L’Anses mentionne aussi huit déclarations liées à des produits à base de Withania somnifera.

Quels effets indésirables sont réellement signalés ?

Entre le 13 novembre 2009 et le 31 décembre 2024, le dispositif de nutrivigilance a reçu 9 172 signalements, dont 478 en 2024. Cette année-là, 66 % des déclarations étaient analysables, et 5,6 % des cas analysables étaient sévères (niveaux 3 et 4). Ces chiffres reposent sur des déclarations volontaires : ils ne mesurent donc pas la fréquence réelle des problèmes dans la population.

Les effets les plus fréquents sont des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), de la somnolence et des manifestations cutanées. Des effets plus graves ont été relevés, avec des atteintes de la thyroïde, du foie, du cœur, du système nerveux central, ainsi que des effets sur la fertilité et le développement fœtal.

Pour les produits à base de Withania somnifera, l’Anses conseille d’éviter ces compléments en cas de pathologie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque, d’hyperandrogénie, de grossesse ou de prise d’un traitement sédatif ou dépresseur du système nerveux central. Par précaution, les femmes allaitantes et les enfants devraient également s’en abstenir.

Les compléments peuvent-ils interagir avec les médicaments ?

Oui. L’Assurance maladie cite par exemple la mélatonine et les oméga 3 parmi les substances susceptibles d’interagir avec des médicaments. Vidal, dans une page ancienne (dernière mise à jour en août 2011), donne d’autres exemples : le ginkgo, la vitamine E et les oméga 3 ne doivent pas être pris en même temps que l’aspirine ou des anticoagulants, car leurs effets s’additionnent ; le calcium peut altérer l’action de certains médicaments cardiaques, de certains diurétiques et de certains antibiotiques.

Vidal identifie aussi des personnes pour lesquelles l’avis médical est indispensable avant tout complément : les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes atteintes d’une maladie chronique ou suivant un traitement de longue durée, et les patients devant subir une opération, en raison d’effets possibles sur la coagulation. Il recommande de signaler au médecin et au pharmacien tout complément pris, même s’il paraît anodin.

Que dit-on des huiles essentielles vendues en compléments alimentaires ?

Les huiles essentielles appellent des précautions particulières. L’ANSM rappelle qu’une utilisation non adaptée ou non contrôlée peut entraîner des effets indésirables graves, qu’il ne faut pas les utiliser de façon prolongée, au-delà de quelques jours, sans avis médical, et qu’un avis médical préalable est nécessaire pour la femme enceinte et l’enfant, surtout par voie orale.

En 2020, l’Anses a rendu un avis, demandé par la DGCCRF, sur les huiles essentielles d’arbre à thé, de niaouli et de cajeput utilisées en compléments alimentaires. Elle y décrit les pratiques actuelles, notamment des mises en garde non harmonisées selon les produits, et rapporte que la Belgique interdit ces huiles depuis 2017 et que l’agence européenne des médicaments contre-indique leur usage oral. Les conclusions finales de cet avis n’ont pas pu être lues dans le document consulté ; seules ces informations de contexte sont reprises ici.

Comment limiter les risques ?

L’Assurance maladie reprend plusieurs précautions de l’Anses :

  • éviter les prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année sans l’avis d’un professionnel de santé ;
  • suivre strictement les conditions d’emploi indiquées par le fabricant ;
  • privilégier les circuits d’approvisionnement contrôlés par les pouvoirs publics ;
  • en cas de traitement médicamenteux en cours ou récent, consulter les notices des médicaments et la composition du complément, puis demander conseil à son pharmacien ou à son médecin traitant en leur communiquant la composition du produit.

Si un effet indésirable survient après la prise d’un complément, signalez-le à un professionnel de santé. L’Anses indique que les déclarations peuvent aussi être faites sur le portail de signalement du ministère chargé de la santé ou sur nutrivigilanceanses.fr, de façon anonyme. Enfin, un complément ne doit jamais retarder une consultation : si un symptôme persiste, parlez-en à un médecin plutôt que de multiplier les produits.

Questions fréquentes

Un complément alimentaire est-il remboursé ?

Non. L’Assurance maladie précise que les compléments alimentaires ne sont pas remboursés. Elle rappelle aussi qu’ils ne sont soumis à aucun test d’efficacité ou d’innocuité, contrairement aux médicaments.

Un complément alimentaire peut-il revendiquer un effet thérapeutique ?

Non. D’après l’Assurance maladie, un complément ne peut pas revendiquer d’effet thérapeutique. Seules des allégations de santé figurant sur une liste limitée par un règlement européen sont possibles, sous la responsabilité du fabricant.

Peut-on prendre des compléments pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Vidal indique que les femmes enceintes ou allaitantes doivent consulter leur médecin avant tout complément. Pour les produits à base de Withania somnifera, l’Anses conseille d’éviter la prise pendant la grossesse et par précaution pendant l’allaitement.

Peut-on associer un complément à un traitement médicamenteux ?

Cela dépend du produit : certaines substances peuvent interagir avec des médicaments. L’Assurance maladie recommande de demander conseil à son pharmacien ou à son médecin traitant en leur communiquant la composition du complément.

Où signaler un effet indésirable ?

Signalez-le d’abord à un professionnel de santé. Il est aussi possible de le déclarer, de façon anonyme, sur le portail de signalement du ministère chargé de la santé ou sur le site nutrivigilanceanses.fr, selon le rapport 2024 de l’Anses.

Quels effets indésirables sont les plus souvent déclarés ?

Dans le rapport 2024 de l’Anses, les plus fréquents sont les troubles digestifs comme les diarrhées et les vomissements, la somnolence et les manifestations cutanées. Des atteintes plus rares, du foie, de la thyroïde ou du cœur, ont aussi été relevées.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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