Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’asexualité désigne le fait de ressentir peu ou pas d’attirance sexuelle envers les autres ; le Manuel MSD la range parmi les identités sexuelles, aux côtés de l’hétérosexualité ou de la bisexualité.
- L’attirance sexuelle et l’attirance romantique sont distinctes : une personne asexuelle peut éprouver de l’attirance romantique ou, pour certaines, aucune (personnes aromantiques).
- L’asexualité n’est pas un choix et ne se confond pas avec le célibat ou l’abstinence, qui sont des décisions de ne pas avoir de relations sexuelles.
- Les services de santé britanniques consultés la présentent comme une orientation légitime, tout en notant qu’elle reste parfois confondue avec un trouble médical ; les chiffres de fréquence ne sont pas repris ici faute de source ouverte.
- Rien n’oblige à adopter une étiquette ; en cas de souffrance, un professionnel de santé formé à ces questions peut écouter, sans présumer de votre vie intime.
L’asexualité est une orientation sexuelle caractérisée par peu ou pas d’attirance sexuelle envers les autres. Elle ne dit rien de la capacité à aimer, à nouer des liens affectifs ou à vivre en couple : l’attirance sexuelle, l’attirance romantique et le comportement sexuel sont trois choses distinctes.
Cet article s’appuie sur le Manuel MSD, sur des services de santé publics britanniques (NHS) qui consacrent des pages à l’asexualité, et sur la définition de la santé sexuelle de l’Organisation mondiale de la santé. Il explique les termes employés, écarte les confusions courantes et indique quand un avis médical peut être utile.
Qu’est-ce que l’asexualité ?
Selon un guide destiné aux soignants publié par un prestataire de santé du NHS (DCHS), l’asexualité, souvent abrégée en « ace », est une orientation sexuelle dans laquelle une personne ressent peu ou pas d’attirance sexuelle envers les autres. Un autre service de santé du NHS, dans le Devon, la décrit de façon proche : peu ou pas d’attirance sexuelle pour autrui. Le Manuel MSD cite l’asexualité, qu’il définit par l’attirance pour aucun sexe, parmi les identités sexuelles, à côté de l’hétérosexualité, de la bisexualité et de la pansexualité.
Le Manuel MSD définit plus largement l’orientation sexuelle comme le schéma d’attrait émotionnel, romantique et ou sexuel qu’une personne éprouve envers autrui. Il précise aussi que l’identité de genre est une notion différente de l’identité sexuelle : être asexuel ne dit rien du genre d’une personne.
Quelle différence entre attirance sexuelle et attirance romantique ?
Les sources consultées insistent sur cette distinction. L’attirance sexuelle est le désir sexuel envers une autre personne. L’attirance romantique est l’envie de former un lien amoureux. Le NHS du Devon définit l’orientation sexuelle comme ce qui concerne les personnes envers lesquelles on est attiré sur les plans romantique, émotionnel et sexuel.
Selon le service de santé de Sussex (NHS), les personnes asexuelles peuvent éprouver une attirance esthétique, romantique ou sensuelle. Beaucoup utilisent un « modèle d’attirance séparée » pour décrire leur orientation sexuelle et leur orientation romantique indépendamment l’une de l’autre, par exemple « asexuel homoromantique ». Le même guide du NHS précise que certaines personnes asexuelles forment des relations amoureuses, tandis que d’autres sont aromantiques, c’est-à-dire qu’elles ne ressentent pas d’attirance romantique.
Cette distinction explique pourquoi l’asexualité n’est ni une incapacité d’aimer ni une absence d’émotions : elle concerne uniquement l’attirance sexuelle.
L’asexualité est-elle la même chose que l’abstinence ou le célibat ?
Non. Le service de santé de Sussex rappelle que l’asexualité est souvent confondue avec le célibat, qui est le choix de s’abstenir de relations sexuelles, souvent pour des raisons religieuses. L’asexualité, elle, n’est pas un choix : c’est une part de ce que la personne est.
La différence est donc la suivante : une personne abstinente ou célibataire par choix peut ressentir une attirance sexuelle et décider de ne pas y donner suite. Une personne asexuelle ne ressent que peu ou pas cette attirance. Les sources consultées la décrivent comme une orientation, et non comme une posture.
Qu’est-ce que le spectre asexuel ?
Le service de santé de Sussex parle d’un « parapluie » ou spectre asexuel très diversifié. Des personnes se situent à des endroits différents de ce spectre, et certaines, dites favorables ou neutres à l’égard du sexe, peuvent avoir des relations sexuelles pour des raisons comme la proximité avec un partenaire, le désir de fonder une famille ou le plaisir.
Un terme souvent cité est la demisexualité. Le NHS du Devon la décrit comme le fait de ne ressentir d’attirance sexuelle qu’après avoir noué un lien émotionnel fort. Cette même page précise que de nouveaux termes sont régulièrement créés, que la sexualité peut aussi évoluer au fil du temps, et que l’essentiel est de choisir ce qui vous semble confortable. Les autres termes du spectre (comme la « greysexualité ») n’ont pas été définis dans les pages ouvertes pour cet article et ne sont donc pas détaillés ici.
L’asexualité est-elle une maladie ou un trouble ?
Les sources consultées présentent l’asexualité comme une orientation sexuelle valide et légitime, digne de respect et de reconnaissance (guide du NHS destiné aux soignants). Le Manuel MSD la cite parmi les identités sexuelles.
La situation reste cependant nuancée. Le service de santé de Sussex note que l’asexualité est encore « médicalisée » et mentionne un diagnostic de trouble du désir sexuel hypoactif dans la classification internationale des maladies, qu’il critique. Le guide du NHS destiné aux soignants note de son côté que les personnes asexuelles sont souvent amenées à se sentir « cassées ». L’OMS, dans sa définition de la santé sexuelle, rappelle que celle-ci n’est pas seulement l’absence de maladie, de dysfonction ou d’infirmité, mais un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en lien avec la sexualité.
En pratique, ce qui compte est la façon dont la personne vit les choses. Une orientation vécue sereinement n’appelle aucune prise en charge. Si une baisse du désir est récente, vous préoccupe ou vous fait souffrir, il est légitime d’en parler à un médecin ou à un sexologue, sans que cela préjuge de ce que vous êtes.
Les personnes asexuelles ont-elles une vie de couple ou une sexualité ?
Cela dépend des personnes, comme dans toute orientation. Le guide du NHS destiné aux soignants indique que des personnes asexuelles peuvent avoir des relations sexuelles, et que certaines forment des relations amoureuses. Le service de santé de Sussex précise que certaines personnes asexuelles ont des rapports pour des raisons de proximité, de projet familial ou de plaisir. D’autres préfèrent ne pas en avoir.
Il n’existe donc pas un seul profil. Dans un couple où l’un des partenaires est asexuel, la communication, le consentement et la façon dont chacun définit l’intimité sont des points à discuter ouvertement, éventuellement avec l’aide d’un professionnel de la relation ou de la sexologie si les partenaires le souhaitent.
Comment être respecté, et quand consulter ?
L’OMS rappelle que la santé sexuelle suppose une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, que les droits sexuels de toutes les personnes doivent être respectés, protégés et mis en œuvre, et que les expériences sexuelles doivent être exemptes de coercition, de discrimination et de violence. Cela vaut pour toutes les orientations, y compris l’asexualité.
Pour les soignants, ce guide recommande de ne pas présumer qu’un patient a une activité sexuelle ou cherche une contraception, de se renseigner sur l’asexualité et d’écouter l’expérience de chacun. Si vous consultez, vous pouvez donc préciser votre situation : un professionnel attentif en tiendra compte.
Consultez un médecin si vous ressentez une détresse, si le désir disparaît brutalement alors qu’il était présent auparavant, ou si vous vous interrogez sur un lien avec un traitement ou une maladie. Ces situations sont distinctes de l’asexualité, qui est une orientation constante.
Questions fréquentes
L’asexualité est-elle un choix ?
Non. Le service de santé de Sussex (NHS) indique que l’asexualité n’est pas un choix, et la distingue du célibat, qui est la décision de s’abstenir de relations sexuelles. C’est une part de ce que la personne est.
Une personne asexuelle peut-elle tomber amoureuse ?
Cela dépend des personnes. Les sources décrivent l’attirance romantique comme distincte de l’attirance sexuelle, et certaines personnes asexuelles forment des relations amoureuses. D’autres sont aromantiques, c’est-à-dire qu’elles ne ressentent pas d’attirance romantique.
Une personne asexuelle peut-elle avoir des relations sexuelles ?
C’est possible. Selon les services de santé britanniques consultés, certaines personnes asexuelles ont des rapports pour des raisons comme la proximité avec un partenaire, le projet de fonder une famille ou le plaisir. D’autres préfèrent ne pas en avoir.
Faut-il se définir avec une étiquette ?
Non. Le NHS du Devon indique que de nouveaux termes sont régulièrement créés et que l’essentiel est de choisir ce qui vous semble confortable. Vous n’êtes pas tenu de vous définir.
L’orientation sexuelle peut-elle évoluer au fil du temps ?
Le NHS du Devon précise que la sexualité peut évoluer avec le temps. Chacun peut donc ressentir les choses différemment selon les périodes de sa vie, sans que cela remette en cause la validité de ce qu’il ressent à un moment donné.
Comment en parler à un médecin ?
Vous pouvez dire simplement que vous êtes asexuel ou que vous ressentez peu d’attirance sexuelle. Un guide à l’usage des soignants du NHS recommande de ne pas présumer d’une activité sexuelle, de se renseigner sur l’asexualité et d’écouter chaque patient sans a priori.
Pour aller plus loin
- Fantasmes sexuels : normalité, limites et quand consulter
- Énergie sexuelle et libido : comprendre une baisse du désir
- Parler de sexualité en couple avec la communication non violente
- Naturopathie : 12 mythes et idées reçues passés au crible
Sources
- Manuel MSD : Sexualité — définition de l’orientation sexuelle, asexualité parmi les identités sexuelles, distinction avec l’identité de genre
- Sussex Partnership NHS Foundation Trust : Celebrating asexuality — définition, spectre, attirance romantique, différence avec le célibat, médicalisation
- DCHS (NHS) : Asexuality and medical appointments, guide for colleagues — définition, aromantisme, recommandations aux soignants
- NHS Devon sexual health : Sexuality — définitions de l’asexualité et de la demisexualité, évolution de la sexualité
- OMS : Sexual health — définition de la santé sexuelle, respect, droits, non-discrimination
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

