Mis à jour le 9 octobre 2026
- En France, les denrées alimentaires contenant du CBD sont commercialisées illégalement selon une réponse du ministère de l’Agriculture publiée le 1er septembre 2026 : seules les graines de chanvre et les feuilles pour infusion dans l’eau ont un historique de consommation reconnu.
- Pour l’ANSES (avis de juillet 2024), le CBD relève du règlement européen sur les nouveaux aliments : sa mise sur le marché dans l’alimentation reste interdite en attendant une évaluation de l’EFSA.
- Un projet de règlement européen (avril 2026) fixerait des teneurs maximales de THC pour les feuilles de chanvre destinées à l’infusion ; application prévue au 1er janvier 2027 si le texte est adopté.
- Aucune source consultée n’établit qu’une infusion au CBD aide à dormir, à digérer ou à soulager une douleur ; l’Inserm rappelle que les bénéfices du CBD ne sont pas établis en dehors de certaines épilepsies.
- Pour les feuilles de chanvre, ajouter du lait ou de l’huile avant l’infusion n’est pas recommandé : le projet européen prévoit de n’ajouter le gras qu’après le trempage, car le THC passe davantage dans la boisson.
Une infusion au CBD n’est pas une denrée alimentaire reconnue en France à ce jour : selon le ministère de l’Agriculture et l’ANSES, les aliments contenant du CBD relèvent du règlement européen sur les nouveaux aliments et ne peuvent pas être mis sur le marché en l’absence d’évaluation par l’EFSA. Il faut donc distinguer la question du statut du CBD (qui n’est pas un stupéfiant) de celle de son statut alimentaire, qui est différent.
Cet article fait le point sur ce que disent les sources officielles de l’infusion au CBD et des infusions de feuilles de chanvre, sur le niveau de preuve pour le sommeil, la digestion ou la douleur, et sur les précautions à connaître. Il ne donne ni dosage ni recette : aucune dose de CBD n’est validée pour ces usages.
Une infusion au CBD est-elle légale en France ?
Deux régimes juridiques se superposent. Le premier concerne les stupéfiants : selon la MILDECA, le CBD n’est pas classé comme stupéfiant, à condition que les variétés et extraits de chanvre respectent un seuil maximal de 0,3 % de THC. Le second concerne l’alimentation, qui obéit à d’autres règles.
Sur ce second point, une réponse du ministère de l’Agriculture publiée au Journal officiel le 1er septembre 2026 (question n° 15714) rappelle le cadre : les denrées alimentaires contenant du CBD relèvent du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments. Seules les graines de chanvre et les feuilles destinées à une infusion dans l’eau ont un historique de consommation, tandis que des denrées au CBD sont commercialisées illégalement. La question évoque aussi un plan de contrôle des services de l’État pour 2026.
L’ANSES, dans un avis du 2 juillet 2024, confirme que le CBD relève de ce règlement et que la mise sur le marché d’aliments au CBD est interdite en attendant l’évaluation de l’EFSA.
Ces textes évoluent : vérifiez l’état du droit avant toute décision. Une tisane vendue comme « infusion au CBD » se situe, au regard des sources officielles, dans une zone que l’administration juge illégale pour les denrées contenant du CBD.
Que prévoit l’Union européenne pour les infusions de feuilles de chanvre ?
Une infusion de feuilles de chanvre n’est pas une infusion « au CBD » : les feuilles de chanvre sans sommités florifères ou fructifères ne sont pas un nouvel aliment au sens du règlement (UE) 2015/2283. Mais elles contiennent du THC, et l’Europe prépare des limites.
Un projet de règlement de la Commission, transmis au Conseil de l’Union européenne le 1er avril 2026, modifierait le règlement (UE) 2023/915 pour fixer des teneurs maximales en delta-9-THC (somme du THC et de son précurseur THCA, exprimée en équivalents de THC) dans les feuilles de chanvre destinées à l’infusion dans l’eau et dans les infusions prêtes à boire. Le motif sanitaire est la dose aiguë de référence fixée par l’EFSA pour le THC, que certaines estimations d’exposition dépassaient. Si le texte est adopté, il s’appliquerait à partir du 1er janvier 2027, avec une période transitoire pour les denrées déjà légalement sur le marché.
Ce projet prévoit aussi des mentions d’étiquetage : l’infusion préparée dans l’eau ne doit pas être consommée par les nourrissons et les jeunes enfants. Les valeurs chiffrées des teneurs maximales figurent dans une annexe non reproduite dans le document consulté ; elles ne sont donc pas citées ici. Il s’agit d’un projet, pas d’un texte en vigueur.
Faut-il ajouter du lait, de l’huile ou du beurre à une infusion ?
On lit souvent qu’un corps gras serait indispensable pour « libérer les cannabinoïdes ». Aucune source officielle consultée ne l’établit pour le CBD, et le projet européen de 2026 indique même le contraire pour le THC : son considérant précise que les ingrédients gras, comme la crème ou le lait, ne doivent être ajoutés qu’après le trempage, car la migration du THC augmente nettement en leur présence.
Autrement dit, ajouter du gras à l’infusion augmente le passage du THC dans la boisson, ce qui va à l’encontre de la prudence recherchée. Cette précision vaut pour les feuilles de chanvre ; les sources consultées ne documentent pas le comportement du CBD dans une tasse.
Une infusion au CBD aide-t-elle à dormir, à digérer ou à soulager une douleur ?
Les sources consultées n’évaluent pas spécifiquement l’infusion au CBD, et rien n’y établit un effet sur le sommeil, la digestion ou la douleur. L’Inserm rappelle que les bénéfices du CBD ne sont pas établis, le seul médicament autorisé, Epidyolex, concernant certaines épilepsies. La MILDECA précise qu’aucune allégation thérapeutique n’est permise pour un produit qui n’est pas un médicament.
On associe parfois la tisane au CBD à des repères chiffrés (prise 30 à 60 minutes avant le coucher) et à des effets « plus lents mais plus durables » : ces éléments ne reposent sur aucune source consultée. Les sources ne permettent pas non plus de distinguer l’effet éventuel du CBD de celui d’un simple moment de pause.
Si vous avez des troubles du sommeil fréquents, des douleurs abdominales répétées, un reflux important ou une douleur persistante, consultez un médecin : une cause peut être recherchée, et aucun produit ne doit retarder cette démarche.
Quels risques et quelles précautions avec une infusion au CBD ?
Les produits non contrôlés sont le premier risque. L’ANSM a signalé, dans une alerte de juin 2025, une hausse des intoxications depuis 2024 avec des produits vendus comme du CBD mais contenant du THC au-delà de 0,3 % ou d’autres substances non déclarées. L’Inserm note l’absence de contrôle de qualité systématique et indique que 0,3 % de THC peut suffire à altérer la conduite : l’ANSM recommande de ne pas conduire en cas d’intoxication ou de doute.
L’Inserm mentionne aussi des effets indésirables et des interactions médicamenteuses, et rapporte une étude chez la souris qui a observé des effets d’une exposition in utero. Si vous êtes enceinte, si vous allaitez ou si vous prenez un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Les infusions de feuilles de chanvre ne sont pas destinées aux nourrissons ni aux jeunes enfants, selon la mention d’étiquetage prévue par le projet européen.
En cas de suspicion d’intoxication (malaise, symptôme inhabituel après une boisson ou un produit), l’ANSM invite à appeler le 15 ou un centre antipoison et à signaler l’événement. Page citée dans l’article d’origine, site commercial dont la mention n’est pas une recommandation : tisane CBD pour le sommeil.
Comment lire une offre de tisane au CBD ?
Trois constats ressortent des sources. Un produit alimentaire vendu avec la mention « CBD » se heurte au cadre des nouveaux aliments décrit plus haut. Toute promesse de sommeil, de digestion ou de soulagement est une allégation thérapeutique interdite pour un produit qui n’est pas un médicament. Et la composition annoncée n’est pas garantie : l’ANSM a relevé des produits contenant autre chose que ce qui était déclaré.
En cas de difficulté à vous endormir ou de stress durable, la première étape reste l’avis d’un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Peut-on légalement acheter une infusion au CBD en France ?
Selon le ministère de l’Agriculture (réponse du 1er septembre 2026), les denrées alimentaires contenant du CBD sont commercialisées illégalement, le CBD relevant du règlement sur les nouveaux aliments. L’ANSES a confirmé en 2024 que leur mise sur le marché est interdite en attendant l’évaluation de l’EFSA. Vérifiez l’état du droit, qui évolue.
Une infusion de feuilles de chanvre sans CBD ajouté est-elle autorisée ?
Les feuilles de chanvre sans sommités florifères ou fructifères ne sont pas un nouvel aliment, selon le projet de règlement européen de 2026. Ce texte, non adopté à ce jour, prévoit des teneurs maximales en THC applicables à partir du 1er janvier 2027.
Le CBD en infusion agit-il plus lentement ou plus longtemps qu’une huile ?
Les sources consultées ne documentent pas cette comparaison, parfois avancée dans le commerce. L’idée selon laquelle l’effet serait plus lent mais plus durable n’est pas étayée.
Une infusion au CBD peut-elle rendre un test de dépistage positif ?
La MILDECA indique que des traces de THC peuvent être retrouvées dans le sang et la salive après la consommation de produits au CBD. Le THC étant toléré jusqu’à 0,3 % dans les produits légaux, une personne soumise à un dépistage doit en tenir compte.
Peut-on donner une infusion de chanvre à un enfant ?
Le projet de règlement européen de 2026 prévoit une mention indiquant que l’infusion préparée dans l’eau ne doit pas être consommée par les nourrissons et les jeunes enfants. Pour un enfant, demandez l’avis du médecin ou du pharmacien.
Une infusion au CBD aide-t-elle à la digestion ?
Aucune source consultée ne l’établit. L’Inserm rappelle que les bénéfices du CBD ne sont pas établis en dehors de certaines épilepsies. Des douleurs abdominales répétées ou un reflux important justifient un avis médical.
Pour aller plus loin
- Acheter du CBD en France : repères pour choisir un vendeur
- Fleurs de chanvre : modes de consommation et cadre légal
- Livraison de CBD à domicile en France : cadre légal et vérifications
- Crème au CBD : que sait-on de ses effets sur la peau ?
Sources
- Conseil de l’Union européenne : projet de règlement de la Commission sur le Δ9-THC dans les feuilles de chanvre pour infusion (document 7899/26) — projet de teneurs maximales de THC, statut des feuilles de chanvre, étiquetage, gras ajouté après le trempage (note du 1er avril 2026)
- Assemblée nationale : réponse du ministère de l’Agriculture, question n° 15714 — règlement nouveaux aliments, denrées au CBD commercialisées illégalement, graines et feuilles pour infusion (JO du 1er septembre 2026)
- ANSES : avis NUT2024SA0040 — le CBD relève du règlement nouveaux aliments, mise sur le marché alimentaire interdite en attendant l’EFSA (avis du 2 juillet 2024)
- Inserm : CBD, quel impact sur la santé ? — bénéfices non établis, seul médicament autorisé, interactions, absence de contrôle qualité, THC et conduite (3 avril 2023)
- MILDECA : Le CBD — statut non stupéfiant, seuil de 0,3 % de THC, allégations thérapeutiques interdites, traces de THC dans sang et salive (mise à jour 9 novembre 2023)
- ANSM : augmentation des intoxications causées par des produits à base de CBD contenant d’autres substances — substances non déclarées, THC au-delà de 0,3 %, conduite, 15 et centres antipoison, signalement (19 juin 2025)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

