Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’épicondylite latérale, ou « tennis elbow », est une atteinte des tendons de l’avant-bras à leur insertion à l’extérieur du coude ; elle est le plus souvent liée à un surmenage répété.
- La plupart des personnes concernées ne jouent pas au tennis : certains métiers manuels, d’autres sports et l’usage intensif de la souris d’ordinateur sont cités parmi les causes.
- Le diagnostic repose avant tout sur l’interrogatoire et l’examen clinique ; l’imagerie est réservée aux cas où un autre problème est suspecté.
- La prise en charge commence par le repos relatif des gestes douloureux, puis une rééducation avec exercices ; la chirurgie n’est envisagée qu’après des mois de traitement sans amélioration.
- L’évolution est souvent favorable après quelques semaines de repos, mais elle peut parfois dépasser un an : consultez si la douleur persiste malgré le repos.
L’épicondylite du coude, plus connue sous le nom de tennis elbow, est une douleur située à l’extérieur du coude, due à un surmenage des tendons qui s’attachent sur une saillie osseuse de cette zone. Elle est généralement bénigne et s’améliore souvent avec le repos, mais elle peut être longue et gênante dans les gestes du quotidien.
Cet article présente ce que disent le NHS (service de santé britannique), la Mayo Clinic et le Manuel MSD sur les symptômes, les causes, le diagnostic et les options de prise en charge. Il décrit aussi les limites des données : certaines techniques sont citées par les sources sans que leur efficacité soit chiffrée.
Qu’est-ce que l’épicondylite du coude ?
La Mayo Clinic décrit le tennis elbow, aussi appelé épicondylite latérale, comme une affection provoquée par la surutilisation des muscles et des tendons du coude. La douleur siège surtout à l’endroit où les tendons de l’avant-bras s’attachent à une saillie osseuse à l’extérieur du coude. De petites déchirures et une inflammation prolongée fragilisent le tendon.
Le Manuel MSD la définit de façon voisine : une inflammation et une microdéchirure des fibres des tendons extenseurs de l’avant-bras. Le NHS parle d’une inflammation des tendons, ces cordons résistants qui relient les muscles aux os.
Le nom est trompeur : malgré l’appellation « tennis elbow », la plupart des personnes atteintes ne jouent pas au tennis, souligne la Mayo Clinic.
Quels sont les symptômes de l’épicondylite ?
Le symptôme principal est une douleur à l’extérieur du coude, qui peut descendre vers l’avant-bras et le poignet. Selon le NHS, elle va d’une gêne légère lors du mouvement du bras à une douleur constante pouvant perturber le sommeil.
La douleur s’aggrave avec la flexion ou l’extension du bras, la préhension d’objets et les mouvements du poignet. Les sources citent aussi :
- une douleur et une faiblesse qui rendent difficile de serrer la main, de tenir un objet, de tourner une poignée ou de tenir une tasse (Mayo Clinic) ;
- une sensibilité ou un gonflement du coude, une douleur dans l’avant-bras et une difficulté à étendre complètement le bras (NHS) ;
- une douleur provoquée par l’extension du poignet contre résistance, par exemple au revers au tennis ou en vissant (Manuel MSD).
Ces signes ne sont pas spécifiques : d’autres affections du coude peuvent donner des douleurs voisines, d’où l’intérêt d’un avis médical lorsque la douleur dure.
Quelles sont les causes et qui est concerné ?
Le plus souvent, la Mayo Clinic évoque un surmenage et une sollicitation excessive des muscles sans cause précise identifiée. Les contractions répétées des muscles qui redressent la main et le poignet peuvent abîmer les fibres du tendon. Plus rarement, une blessure ou une affection du tissu conjonctif est en cause.
Parmi les activités citées : les sports de raquette (notamment un revers mal exécuté), les travaux de plomberie ou de peinture, le vissage, la découpe de viande et l’usage intensif de la souris d’ordinateur.
Les facteurs de risque indiqués par la Mayo Clinic sont :
- l’âge : l’affection est plus fréquente entre 30 et 60 ans ;
- certains métiers aux gestes répétés du poignet et du bras (plombiers, peintres, charpentiers, bouchers, cuisiniers) ;
- la pratique de sports de raquette, surtout avec une mauvaise technique ou un équipement inadapté, ou sur de longues durées quotidiennes ;
- le tabagisme, l’obésité et la prise de certains médicaments.
Comprendre le geste en cause est donc une étape à part entière : réduire la contrainte sur le tendon fait partie de la prise en charge.
Comment le diagnostic est-il posé ?
La Mayo Clinic indique que les antécédents médicaux et l’examen clinique suffisent souvent à poser le diagnostic. Le médecin peut palper la zone douloureuse ou demander de mobiliser le coude, le poignet et les doigts. Le Manuel MSD précise que le diagnostic repose principalement sur l’interrogatoire, l’examen clinique et des tests de provocation de la douleur.
Des radiographies, une échographie ou d’autres examens d’imagerie peuvent être demandés si un autre problème est suspecté. Ils ne sont donc pas systématiques, et leur résultat doit être interprété avec le tableau clinique.
Si la douleur survient après un choc ou une chute, ou s’accompagne d’un engourdissement ou d’une déformation, ne la considérez pas comme un simple « coude du tennisman » : consultez pour écarter une autre cause.
Quelle prise en charge est proposée ?
Les trois sources décrivent une prise en charge d’abord conservatrice, c’est-à-dire sans chirurgie.
- Repos relatif et adaptation du geste : éviter les activités qui aggravent la douleur (Mayo Clinic, NHS), modifier les activités (Manuel MSD). Si les symptômes sont liés au sport ou au travail, un professionnel peut analyser le geste ou le matériel pour réduire la contrainte sur le tissu lésé.
- Antalgiques et anti-inflammatoires : le NHS cite le paracétamol ou un gel anti-inflammatoire, la Mayo Clinic l’ibuprofène ou le naproxène, le Manuel MSD les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces médicaments ont des contre-indications : demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
- Rééducation : un kinésithérapeute peut proposer des exercices pour renforcer les muscles et tendons de l’avant-bras et récupérer la mobilité du coude. Selon le NHS, la kinésithérapie peut aussi comprendre du massage, des étirements et de l’ultrasonothérapie, en cas d’absence d’amélioration avec les soins à domicile. La Mayo Clinic juge ces exercices essentiels quel que soit le traitement.
- Attelle ou orthèse : une sangle ou une orthèse d’avant-bras peut soulager le tissu lésé (Mayo Clinic, NHS, Manuel MSD).
- Injections : les corticoïdes peuvent soulager à court terme (Manuel MSD) ; la Mayo Clinic cite aussi le plasma riche en plaquettes, et plus rarement d’autres injections.
- Autres techniques : la Mayo Clinic mentionne les ondes de choc extracorporelles, appliquées sur la peau pour soulager la douleur et favoriser la cicatrisation, ainsi que des gestes guidés par échographie. Les sources ouvertes ne chiffrent pas leur efficacité.
La chirurgie, ouverte ou sous arthroscopie, n’est envisagée que si les symptômes ne s’améliorent pas après des mois de traitements. Le Manuel MSD la décrit comme rarement nécessaire et précise que le soulagement peut rester insuffisant.
Les gestes manuels, les techniques de travail des tissus ou les approches de bien-être peuvent accompagner la prise en charge, mais aucune des sources ouvertes ne les présente comme un traitement de référence de l’épicondylite. Ils ne doivent pas retarder une consultation.
Combien de temps dure une épicondylite ?
Selon le NHS, l’affection disparaît généralement avec le repos, le plus souvent après quelques semaines, mais elle peut parfois durer plus d’un an. Il n’est donc pas possible de promettre un délai précis : la durée dépend de la cause, de la poursuite ou non des gestes en cause et de la prise en charge.
Les sources recommandent d’éviter les gestes qui aggravent la douleur, sans préciser de durée de repos. Le NHS parle de réduire ou d’éviter ces activités ; la Mayo Clinic ajoute que, si les symptômes sont liés au sport ou au travail, analyser le geste ou le matériel permet de réduire la contrainte sur le tendon.
Quand consulter un médecin ?
Le NHS conseille de consulter un médecin généraliste si la douleur persiste après une période de repos et de soins personnels ; dans de nombreuses régions britanniques, la kinésithérapie est accessible directement. La Mayo Clinic recommande de voir un professionnel de santé si le repos, la glace et les antalgiques ne soulagent pas la douleur et la sensibilité du coude.
Consultez aussi sans attendre en cas de douleur après un traumatisme, de gonflement important, de faiblesse marquée, de douleur nocturne qui perturbe le sommeil ou de difficulté nouvelle à étendre complètement le bras. Votre médecin pourra rechercher d’autres causes et vous orienter vers un kinésithérapeute, un rhumatologue ou un médecin du travail ou du sport selon la situation.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on « tennis elbow » alors que l’on ne joue pas au tennis ?
Parce que les sports de raquette, et notamment un revers mal exécuté, font partie des causes décrites. Mais la Mayo Clinic précise que la plupart des personnes atteintes ne jouent pas au tennis : plomberie, peinture, vissage, cuisine ou usage intensif de la souris sont aussi cités.
Faut-il passer une échographie ou une IRM ?
Pas systématiquement. D’après la Mayo Clinic, l’interrogatoire et l’examen clinique suffisent souvent. Des radiographies, une échographie ou d’autres imageries peuvent être demandées si un autre problème est suspecté ; la décision revient au médecin.
Une attelle ou un bracelet est-il utile ?
La Mayo Clinic, le NHS et le Manuel MSD citent le port d’une sangle ou d’une orthèse d’avant-bras comme une option pour soulager le tissu lésé. Elle ne dispense pas d’adapter le geste en cause ni de faire les exercices proposés par un kinésithérapeute.
Les infiltrations de corticoïdes sont-elles recommandées ?
Le Manuel MSD indique qu’une injection de corticoïde est possible pour un soulagement à court terme, et la Mayo Clinic cite aussi les injections de plasma riche en plaquettes. Il s’agit de décisions médicales, qui dépendent de chaque situation et ne sont pas des premiers gestes à envisager seul.
Les ondes de choc fonctionnent-elles ?
La Mayo Clinic décrit les ondes de choc extracorporelles comme appliquées sur la peau pour soulager la douleur et favoriser la cicatrisation. Les sources ouvertes ne donnent pas de chiffre d’efficacité : c’est une option à discuter avec un médecin ou un kinésithérapeute.
Combien de temps dure une épicondylite ?
Le NHS indique que l’état s’améliore le plus souvent après quelques semaines de repos, mais que les symptômes peuvent parfois durer plus d’un an. La chirurgie n’est envisagée qu’après des mois de traitement sans amélioration.
Pour aller plus loin
- Fracture de l’ulna : types, traitement et récupération
- Bursite du coude : symptômes, causes et prise en charge
- Syndrome de De Quervain : douleur au pouce et au poignet
- Tendinite du quadriceps : symptômes, causes et prise en charge
Sources
- NHS : Tennis elbow — symptômes, auto-soins, kinésithérapie, durée, consultation, chirurgie
- Mayo Clinic : Tennis elbow – Symptoms and causes — définition, causes, facteurs de risque, quand consulter
- Mayo Clinic : Tennis elbow – Diagnosis and treatment — diagnostic, imagerie, rééducation, attelle, injections, ondes de choc, chirurgie
- Manuel MSD (édition professionnelle) : Épicondylite latérale — définition, diagnostic clinique, traitement, chirurgie rarement nécessaire
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
