Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le kudzu (Pueraria montana var. lobata) est une liane originaire d’Asie de l’Est, utilisée en médecine traditionnelle chinoise et devenue envahissante dans plusieurs régions du monde.
- Pour les usages du kudzu en santé, les données sont limitées : selon Memorial Sloan Kettering, les preuves d’un bénéfice sur une affection quelconque restent incertaines.
- Pour l’alcool, de petites études donnent des signaux, mais une revue systématique n’a pas montré de bénéfice net ; il ne s’agit pas d’un moyen reconnu de sevrage.
- Précautions : possible effet œstrogénique, interactions médicamenteuses possibles, cas rapportés d’atteinte rénale ou hépatique ; avis médical indispensable avant tout usage.
- Côté environnement, sa croissance rapide et ses racines profondes rendent son éradication longue et difficile.
Le kudzu est une liane d’Asie de l’Est qui joue deux rôles opposés : herbe de la médecine traditionnelle chinoise d’un côté, espèce envahissante jugée problématique de l’autre. Pour la santé, les usages du kudzu restent mal établis : les petites études disponibles ne permettent pas de conclure à un bénéfice, et des effets indésirables ont été rapportés.
Cet article s’appuie sur la fiche de Memorial Sloan Kettering pour les aspects santé, sur la base mondiale sur les espèces envahissantes (GISD) et sur le service forestier américain (USDA) pour la botanique et l’écologie. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Qu’est-ce que le kudzu ?
Le kudzu, aussi appelé pueraria, ge gen ou arrow-root japonais, est une herbe de la médecine traditionnelle chinoise ; ses isoflavones sont considérées comme responsables de ses effets éventuels (Memorial Sloan Kettering). Le GISD le désigne sous le nom Pueraria montana var. lobata et situe son aire d’origine dans l’Est et le Sud-Est de l’Asie, notamment la Chine, le Japon, la Corée, Taïwan, la Thaïlande et le Vietnam.
C’est une liane à croissance rapide. Elle a été introduite aux États-Unis en 1876 comme plante ornementale et pour l’ombrage des vérandas, avant de devenir une espèce considérée comme un fléau sérieux dans le sud-est du pays (GISD). L’USDA précise qu’elle a aussi été cultivée comme fourrage, mais que l’organisme ne recommande pas de la cultiver, quel qu’en soit l’objectif.
Quels sont les usages du kudzu en phytothérapie ?
Memorial Sloan Kettering résume l’état des connaissances en une phrase : la question de savoir si le kudzu présente un bénéfice pour une affection quelconque reste incertaine. Des études de laboratoire suggèrent des effets anti-inflammatoires, antiprolifératifs et neuroprotecteurs, mais elles ne se transposent pas automatiquement à l’humain.
Selon la même fiche, les usages cités sont les suivants :
- alcool : de petites études chez de grands buveurs suggèrent une réduction de la consommation, mais une revue systématique n’a pas montré de bénéfice net (voir ci-dessous) ;
- symptômes de la ménopause : de petites études suggèrent un bénéfice possible, qu’une revue systématique n’a pas confirmé ;
- diabète, fièvre, rhume : les preuves manquent ;
- douleurs du cou ou des yeux : des données chez l’animal existent, mais pas chez l’humain.
Les articles consultés ne permettent donc pas de présenter le kudzu comme une aide dans l’une de ces situations, ni de confirmer d’autres usages parfois avancés, comme l’effet sur le cholestérol, la diarrhée, la colite, les vertiges ou les acouphènes.
Le kudzu peut-il aider à réduire la consommation d’alcool ?
C’est l’usage le plus étudié, et aussi le plus souvent présenté de façon excessive. Memorial Sloan Kettering rapporte que les études chez l’animal ont montré une réduction de la prise d’alcool et des symptômes de sevrage ; chez l’humain, de petites études chez de grands buveurs suggèrent que le kudzu pourrait réduire la consommation, et une dose unique a diminué la consommation dans une étude sur la consommation excessive ponctuelle. Une revue systématique n’a toutefois pas trouvé de bénéfice net.
Le mécanisme n’est pas connu : la fiche indique que la puérarine est créditée d’une influence sur les habitudes de consommation, sans que l’on sache comment. Le kudzu ne constitue donc pas un moyen reconnu de sevrage. En cas de difficulté avec l’alcool, parlez-en à votre médecin, qui peut proposer un accompagnement adapté ; ne modifiez ni ne remplacez de vous-même un suivi en cours.
Quels sont les risques et les précautions ?
Les données de sécurité sont limitées. Memorial Sloan Kettering rapporte :
- une petite étude chez des femmes ménopausées, avec des modifications transitoires des analyses de sang et du foie ;
- un cas de néphrite interstitielle (inflammation des reins) chez une femme ayant bu du jus de racine de kudzu, amélioré à l’arrêt ;
- un cas d’atteinte du foie chez un homme ayant pris des extraits de kudzu et de gui, sans que l’on sache lequel des deux produits, ou leur association, en était la cause.
En raison d’effets œstrogéniques possibles, les personnes ayant un cancer hormonodépendant ou prenant du tamoxifène doivent éviter le kudzu. Des interactions sont aussi suspectées avec le méthotrexate et des médicaments du diabète (études chez l’animal), et avec certaines enzymes du métabolisme des médicaments (études en laboratoire), dont la portée clinique n’est pas établie. La fiche n’aborde pas la grossesse et l’allaitement ; l’absence de donnée appelle à la prudence et à demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Pourquoi le kudzu est-il considéré comme envahissant ?
Le GISD décrit une croissance pouvant atteindre 26 cm par jour, qui permet à la liane de former des peuplements monospécifiques ; l’USDA rapporte jusqu’à 30 cm par jour, soit 10 à 30 mètres par saison. Le kudzu étouffe les plantes locales et peut tuer des arbres en les recouvrant. Dans une étude citée par le GISD, 20 à 25 espèces poussaient sur 4 m² de prairie ou de forêt non envahie, contre 6 à 9 sous le kudzu.
Il se propage surtout en s’enracinant au niveau des nœuds de ses tiges ; ses racines stockent des glucides, ce qui lui permet de repartir après une perturbation. Il fixe aussi l’azote et peut modifier le cycle des nutriments du sol. Selon l’USDA, une infestation peut éliminer le couvert forestier.
Que faire face à du kudzu, et que dit la réglementation ?
Le GISD recommande avant tout la prévention : éviter de vendre ou de planter l’espèce et nettoyer le matériel qui circule entre sites infestés. Arracher les couronnes de racines est efficace, de même que couvrir le site d’une bâche ; le pâturage et le brûlage aident mais sont souvent impraticables. L’USDA indique qu’il faut détruire toutes les couronnes de racines, souvent pendant des années, et que la lutte biologique reste expérimentale.
Le ministère français de la Transition écologique rappelle que le règlement européen 1143/2014 interdit l’importation, le transport, la commercialisation, l’utilisation, la culture et l’introduction dans l’environnement des espèces de la liste de l’Union, et que le Code de l’environnement interdit aussi leur détention et leur vente. La page consultée ne mentionne pas le kudzu : son statut précis en France n’a pas pu être vérifié ici, et il faut se renseigner auprès des autorités compétentes avant toute plantation ou signalement.
Questions fréquentes
Quels sont les autres noms du kudzu ?
Le centre de cancérologie Memorial Sloan Kettering indique que le kudzu est aussi appelé pueraria, ge gen ou arrow-root japonais. Dans la base mondiale sur les espèces envahissantes (GISD), l’espèce est désignée par le nom scientifique Pueraria montana var. lobata.
Le kudzu est-il présent en Europe ?
Oui, il y a été recensé. Le GISD signale des introductions notamment en Italie, en Suisse et en Ukraine, ainsi qu’aux États-Unis, au Mexique, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs îles du Pacifique. Les sources consultées ne donnent pas sa répartition exacte en France.
À quelle vitesse le kudzu pousse-t-il ?
Très vite : le GISD rapporte jusqu’à 26 cm par jour, et le service forestier américain (USDA) jusqu’à 30 cm par jour, soit 10 à 30 mètres de liane au cours d’une saison de croissance. Cette croissance est plus rapide dans les conditions chaudes et ensoleillées.
Peut-on consommer la racine ou le jus de kudzu ?
Les sources consultées ne documentent pas les usages alimentaires du kudzu ni leur sécurité. Memorial Sloan Kettering rapporte un cas d’inflammation des reins (néphrite interstitielle) chez une femme ayant bu du jus de racine de kudzu pendant plusieurs jours, avec amélioration à l’arrêt. En cas de doute, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Peut-on prendre du kudzu avec un traitement médical ?
Cela pose question. Memorial Sloan Kettering signale des interactions possibles avec le tamoxifène, le méthotrexate et des médicaments du diabète, ainsi qu’avec des enzymes qui métabolisent certains médicaments, dont la portée clinique n’est pas établie. Toute personne sous traitement, enceinte ou allaitante doit en parler à un médecin avant tout usage.
Pourquoi le kudzu est-il si difficile à éliminer ?
Ses racines stockent des glucides et lui permettent de repartir après une perturbation, ce qui limite l’efficacité des herbicides, selon le GISD. L’USDA précise qu’il faut détruire chaque couronne de racines, ce qui demande souvent des années de traitements répétés. Plus l’infestation est ancienne, plus elle est difficile à éradiquer.
Pour aller plus loin
- Lapacho pau d’arco : usages traditionnels, preuves et précautions
- Propolis et santé : preuves, usages et précautions
- Bardane pour la peau : ce que disent les sources
- Les bienfaits de l’ortie : usages traditionnels et précautions
Sources
- Memorial Sloan Kettering : Kudzu (fiche de médecine intégrative) — niveau de preuve, alcool, effets indésirables, interactions, précautions
- GISD (UICN) : Pueraria montana var. lobata — origine, aire d’introduction, impacts, gestion
- USDA Forest Service : Pueraria montana var. lobata (FEIS) — croissance, propagation, éradication, usages comme fourrage
- Ministère de la Transition écologique : Espèces exotiques envahissantes — cadre général européen et français
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

