Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le régime Cohen est un programme minceur conçu par le Dr Jean-Michel Cohen ; l’ANSES l’a évalué en 2010 parmi quinze régimes populaires.
- Il est décrit en phases : une première phase de perte de poids rapide, une phase équilibrée, puis une phase de consolidation.
- Le rapport de l’ANSES évalue des catégories de régimes et non l’effet individuel ; il relève, pour la première phase, des apports inférieurs aux repères en fibres, en magnésium et en vitamine C.
- Aucun régime n’a démontré une efficacité durable : l’ANSES rapporte que 80 % des personnes reprennent du poids un an après un régime.
- La HAS et l’Assurance maladie recommandent un suivi par le médecin traitant, des objectifs réalistes et des changements d’habitudes durables.
Le régime Cohen est un programme de perte de poids par phases, associé au nutritionniste Jean-Michel Cohen. Il a été analysé par l’ANSES en 2010, mais cette analyse porte sur la composition nutritionnelle de ses menus, pas sur son efficacité à long terme pour un individu.
Cet article présente son fonctionnement tel que la source officielle le décrit, ses limites nutritionnelles, ce que l’on sait de la reprise de poids après un régime et la démarche recommandée par les autorités de santé.
Qu’est-ce que le régime Cohen ?
Le régime Cohen est un programme alimentaire publié par le Dr Jean-Michel Cohen, notamment dans l’ouvrage « Maigrir, le grand mensonge » cité par l’ANSES. Il fait partie des quinze régimes que l’agence a retenus en 2010 parce qu’ils étaient très cités sur Internet ou très vendus en librairie, au même titre que les régimes Atkins, Dukan, Montignac ou Weight Watchers.
Les sites qui le présentent le décrivent souvent comme un programme structuré, associant alimentation, activité physique et suivi régulier. Ces éléments d’accompagnement sont cohérents avec les recommandations générales, mais nous n’avons pas pu les vérifier dans une source officielle propre à ce régime.
Comment se déroulent les phases du régime ?
D’après la description reprise dans le rapport de l’ANSES, le programme comporte trois temps :
- une première phase dite « booster », conçue pour une perte de poids rapide, avec une alimentation pauvre en glucides ;
- une deuxième phase de régime équilibré, au niveau calorique plus élevé, dans laquelle l’alimentation est surveillée tout en préservant la vie sociale ;
- une troisième phase de consolidation, où l’un des deux repas principaux reprend des menus issus de la méthode.
En cas de plateau ou de reprise de poids, l’auteur propose de revenir à la première phase pendant quelques jours. Les dénominations des phases varient d’un site à l’autre ; nous suivons ici le vocabulaire du rapport officiel.
Nous ne reprenons volontairement ni durées, ni quantités, ni valeurs caloriques : un programme de ce type ne doit pas être suivi sans l’avis d’un professionnel de santé.
Que dit l’ANSES de la valeur nutritionnelle de ce régime ?
Le rapport de l’ANSES évalue des catégories de régimes, pas le bénéfice ou le risque pour une personne donnée, et précise que ses analyses ne doivent pas servir de base à des conseils individuels. Il s’agit en outre d’un rapport préparatoire, soumis à consultation.
Pour le régime Cohen, ses tableaux comparent les apports des menus publiés aux repères nutritionnels :
- première phase : apports inférieurs aux repères pour les glucides, les fibres, le magnésium et la vitamine C, et sodium supérieur à la valeur de référence de l’OMS ;
- deuxième phase : fibres, vitamine D et vitamine E inférieures aux repères, sodium inférieur à la valeur de l’OMS.
Ces constats illustrent une limite générale relevée par l’ANSES : les régimes restrictifs conduisent à des déséquilibres nutritionnels. Le rapport souligne aussi que la restriction cognitive peut perturber la régulation de la faim et de la satiété, et que le diagnostic comme les prescriptions alimentaires doivent relever de cliniciens spécialisés.
Un programme minceur par phases permet-il de maigrir durablement ?
Il n’existe pas, dans les sources officielles consultées, de preuve qu’un régime en particulier permette de maintenir une perte de poids. Les données disponibles invitent à la prudence : l’ANSES rapporte que 80 % des personnes reprennent du poids un an après un régime, et 95 % dans les cinq ans.
L’agence explique ce phénomène par la nature de la perte initiale, constituée surtout de glycogène et d’eau, puis par la baisse du métabolisme de repos et la perte de muscle. Elle insiste sur l’intérêt d’une activité physique régulière pour limiter la reprise de poids.
La HAS indique de son côté que les approches cognitivo-comportementales ont fait la preuve de leur efficacité et que les modifications d’habitudes doivent être maintenues sur le long terme, avec une prise en charge poursuivie au long cours. Un cadre de phases, de suivi et d’activité physique n’est donc pas à écarter par principe, à condition de l’adapter à votre situation avec un professionnel.
Pour qui un régime restrictif est-il déconseillé ?
L’ANSES considère que la recherche d’une perte de poids sans excès pondéral effectif est à risque, que le régime soit proposé par un médecin ou non. Elle signale aussi des précautions pour les enfants et adolescents, les adolescentes et sportives, les femmes enceintes et les personnes âgées.
Pour les régimes riches en protéines, elle recommande un bilan rénal préalable chez les personnes à risque d’insuffisance rénale. L’Assurance maladie ajoute que les régimes peu variés peuvent entraîner des carences, par exemple en calcium ou en vitamines.
Si vous avez une maladie chronique, un traitement en cours, ou des antécédents de troubles du comportement alimentaire, demandez un avis médical avant de commencer. Ne modifiez pas un traitement de votre propre initiative.
Comment bâtir une démarche réaliste avec votre médecin ?
La HAS et l’Assurance maladie proposent une démarche en plusieurs étapes :
- en parler à votre médecin traitant, qui fixe les objectifs avec vous et vous oriente vers un diététicien, un médecin nutritionniste ou un psychologue si besoin ;
- viser d’abord la stabilisation du poids, puis une perte progressive jusqu’à un poids de forme ;
- choisir des objectifs réalistes plutôt que des cibles inatteignables, source de découragement ;
- associer éducation diététique, activité physique et suivi dans la durée.
L’Assurance maladie précise qu’en l’absence de complication, la perte de poids n’est pas toujours prioritaire. Elle retient par ailleurs qu’une perte de 5 à 10 % du poids chez une personne obèse peut améliorer plusieurs paramètres de santé (lipides, glycémie, pression artérielle). Consultez sans attendre en cas de fatigue importante, de malaise ou de perte de poids rapide non voulue.
Questions fréquentes
Le régime Cohen est-il recommandé par la HAS ?
Non, les pages consultées de la HAS ne recommandent aucun régime commercial particulier. Elles demandent de mettre en garde contre les régimes trop restrictifs et déséquilibrés et de privilégier une prise en charge fondée sur l’éducation thérapeutique et un suivi.
L’ANSES a-t-elle étudié le régime Cohen ?
Oui, il figure parmi les quinze régimes évalués en 2010. Le rapport analyse la composition nutritionnelle des menus de chaque phase par rapport aux repères, sans évaluer l’effet individuel. Il s’agit d’un rapport préparatoire soumis à consultation.
Faut-il être en surpoids pour suivre un régime amaigrissant ?
L’ANSES juge que chercher à perdre du poids sans excès pondéral effectif comporte des risques, quel que soit le régime. Un avis médical permet de savoir si une perte de poids est utile, notamment à partir de l’IMC et du tour de taille.
L’activité physique est-elle utile pour maintenir son poids ?
Oui, l’ANSES la juge essentielle pour limiter la reprise de poids, et la HAS la place parmi les piliers de la prise en charge avec l’alimentation. L’Assurance maladie la cite aussi pour développer la masse musculaire une fois le poids de forme atteint.
Quel objectif de perte de poids est réaliste ?
Cela dépend de votre situation. L’Assurance maladie recommande de fixer l’objectif avec votre médecin, de viser d’abord la stabilisation puis une perte progressive. Selon elle, 5 à 10 % de perte de poids peuvent déjà améliorer certains paramètres de santé chez une personne obèse.
Qui consulter avant de commencer un programme minceur ?
Votre médecin traitant en premier lieu. Il peut vous orienter vers un diététicien, un médecin nutritionniste, un psychologue ou un professionnel d’activité physique adaptée, et vérifier qu’aucune situation médicale ne contre-indique le programme envisagé.
Pour aller plus loin
- Régime Cohen : principes, limites et recommandations officielles
- Rééquilibrage alimentaire et perte de poids : quel accompagnement ?
- Régime cétogène : fonctionnement, usages médicaux et risques
- Régime Seignalet (alimentation hypotoxique) : principes et preuves
Sources
- ANSES : Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement (rapport soumis à consultation) — description des phases du régime Cohen, comparaison aux repères nutritionnels, conclusions générales
- ANSES : Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement (dossier de presse, novembre 2010) — quinze régimes évalués, risques et recommandations
- ANSES : L’illusion perdue des régimes amaigrissants — origine de la perte initiale et reprise de poids
- Haute Autorité de santé : Surpoids et obésité de l’adulte, prise en charge médicale de premier recours — régimes restrictifs, approches cognitivo-comportementales, accompagnement
- Assurance maladie : Surpoids ou obésité de l’adulte, se préparer à perdre du poids — objectifs réalistes, carences, professionnels et médecin traitant
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

