Mis à jour le 9 octobre 2026
- La maladie de Hashimoto est une inflammation chronique auto-immune de la thyroïde et la cause la plus fréquente d’hypothyroïdie (Manuel MSD, Assurance Maladie).
- Ses signes, comme la fatigue, la frilosité ou la constipation, sont peu spécifiques : seule une prise de sang prescrite par un médecin permet de poser le diagnostic.
- Lorsqu’une hypothyroïdie s’installe, le traitement de référence est la lévothyroxine, le plus souvent prise à vie et sans interruption ; il est ajusté par un suivi biologique.
- Niveau de preuve : le régime sans gluten et le sélénium font l’objet d’études encore limitées, et aucune source officielle consultée ne les recommande à toutes les personnes atteintes.
- La naturopathie peut compléter le suivi médical (hygiène de vie, gestion du stress) mais ne remplace ni le diagnostic ni le traitement.
La maladie de Hashimoto, ou thyroïdite d’Hashimoto, est une maladie auto-immune : le système immunitaire produit des anticorps qui attaquent la thyroïde, ce qui conduit le plus souvent, avec le temps, à une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. C’est la cause la plus fréquente d’hypothyroïdie en France.
Cet article précise les signes qui doivent conduire à consulter, la façon dont le diagnostic est posé, le traitement médical et son suivi, puis ce que disent réellement les sources sur l’alimentation, l’iode, le sélénium et les approches de naturopathie. Il ne contient aucune posologie.
Qu’est-ce que la maladie de Hashimoto ?
D’après le Manuel MSD, la thyroïdite d’Hashimoto est une inflammation chronique et auto-immune de la thyroïde. Elle touche surtout les femmes et est souvent héréditaire. La glande peut d’abord fonctionner normalement, puis devenir peu active ; la majorité des personnes finissent par développer une hypothyroïdie. Plus rarement, la thyroïde est trop active au début de la maladie, avec des palpitations, une nervosité ou une intolérance à la chaleur.
L’Assurance Maladie estime que l’hypothyroïdie concerne 1 à 2 % de la population en France, et que la thyroïdite d’Hashimoto en est la cause la plus fréquente. Elle est 5 à 10 fois plus fréquente chez les femmes de 30 à 50 ans. Parmi les facteurs de risque figurent les antécédents familiaux, d’autres maladies auto-immunes (diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde, vitiligo, anémie de Biermer) et une grossesse récente. L’hypothyroïdie du post-partum est une autre forme, souvent transitoire.
Quels sont les symptômes et quand consulter ?
Les signes ne sont pas spécifiques. La HAS cite parmi les symptômes de l’hypothyroïdie la fatigue, la frilosité, des symptômes dépressifs, la chute de cheveux et des troubles du cycle. Le Manuel MSD décrit en outre, dans la thyroïdite d’Hashimoto, un gonflement de la thyroïde indolore et ferme, ou une sensation de plénitude dans le cou. Plus rarement, au début de la maladie, la thyroïde peut être trop active, avec des palpitations, une nervosité ou une intolérance à la chaleur.
La HAS souligne qu’un symptôme isolé ne suffit pas à poser le diagnostic. Ces signes peuvent avoir de nombreuses autres causes, d’où l’intérêt d’un avis médical plutôt que d’une interprétation personnelle.
Prenez rendez-vous avec votre médecin si plusieurs de ces signes persistent ou si vous remarquez un gonflement du cou. Si vous êtes enceinte ou si vous envisagez une grossesse, signalez toute maladie thyroïdienne connue : la dose du traitement peut devoir être adaptée.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Selon la HAS, le dosage de la TSH, seul, constitue la première étape du diagnostic d’une hypothyroïdie. Si la TSH est anormale, la T4 libre est dosée pour distinguer une hypothyroïdie avérée d’une forme fruste, dans laquelle la T4 libre reste normale. Le diagnostic ne repose donc pas sur les symptômes seuls.
Les anticorps antithyroïdiens, notamment les anti-TPO, ne servent pas à poser le diagnostic d’hypothyroïdie : ils permettent de rechercher une origine auto-immune, comme la maladie de Hashimoto. Le Manuel MSD décrit en outre un examen du cou et, si des nodules sont suspectés, une échographie thyroïdienne. La HAS considère que l’imagerie n’est pas utile dans la prise en charge, sauf indications précises.
Une prise de sang normale à un moment donné ne remplace pas l’avis du médecin. Les anomalies peuvent évoluer, et seul le professionnel de santé peut les interpréter en fonction de votre situation.
Quel est le traitement médical et comment le suivre ?
Lorsqu’une hypothyroïdie est présente, le traitement de référence est la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse. L’Assurance Maladie précise qu’elle se prend par voie orale, une fois par jour, le matin à jeun, à heures régulières. Elle doit être prise « à vie sans interruption » : elle compense le déficit hormonal sans supprimer la maladie sous-jacente. Le Manuel MSD indique que le traitement est généralement proposé lorsque des symptômes d’hypothyroïdie sont présents et que la TSH est élevée.
En cas d’hypothyroïdie fruste, la HAS indique que la lévothyroxine n’est pas systématique : la décision tient compte du contexte clinique, du risque d’évolution vers une forme avérée et du ressenti de la personne.
Le suivi repose sur la TSH. Elle est contrôlée quelques semaines après le début du traitement ou après un changement de dose ou de spécialité, puis une fois par an lorsque l’équilibre est obtenu. La posologie est toujours définie et ajustée par le médecin. Si les symptômes ne s’améliorent pas au cours des premières semaines de traitement, l’Assurance Maladie recommande de consulter.
N’arrêtez jamais votre traitement de votre propre initiative, y compris lorsque vous vous sentez mieux. Tout effet indésirable se signale au médecin ou au pharmacien.
Que disent les études sur l’alimentation, l’iode et le sélénium ?
Iode. L’Assurance Maladie indique que la carence en iode, première cause d’hypothyroïdie dans le monde, n’est pas un problème en France grâce au sel iodé. À l’inverse, le Manuel MSD recommande d’éviter les apports excessifs en iode dans la thyroïdite d’Hashimoto, par exemple par des comprimés de varech ou des algues ; le sel iodé et le pain enrichi en iode restent autorisés. Les produits riches en iode demandent donc un avis médical.
Gluten. Une méta-analyse publiée en 2023, qui regroupe quatre études et 87 patients atteints de thyroïdite auto-immune sans maladie cœliaque, rapporte une possible amélioration de certains paramètres thyroïdiens (TSH et T4 libre) sous régime sans gluten. Les baisses des anticorps n’atteignent pas la significativité statistique. Les auteurs estiment que les données ne sont pas encore suffisantes pour recommander ce régime à toutes les personnes atteintes. Un régime sans gluten n’est donc pas un traitement de la maladie et ne remplace pas la lévothyroxine.
Sélénium. Selon l’American Thyroid Association, un faible taux de sélénium a été associé à la maladie de Hashimoto, et certaines études suggèrent que la supplémentation pourrait ralentir la maladie. Une revue de 35 essais rapporte une TSH légèrement plus basse chez les personnes ne prenant pas d’hormones thyroïdiennes et des anticorps anti-TPO plus bas, mais pas de changement significatif de la T4 libre, de la T3 libre, des anticorps anti-thyroglobuline ni du volume de la thyroïde. Les auteurs jugent les données limitées et estiment que d’autres études sont nécessaires. Aucune posologie n’est donc indiquée ici ; un supplément se discute avec un médecin.
La HAS, dans ses recommandations sur l’hypothyroïdie, ne mentionne ni compléments alimentaires ni supplémentation en iode ou en sélénium.
Quelle place pour la naturopathie et l’hygiène de vie ?
À ce jour, aucune des sources officielles consultées ne présente la naturopathie, la phytothérapie ou un régime particulier comme un moyen de modifier l’évolution de la maladie de Hashimoto. La prise en charge validée repose sur le suivi médical et, lorsqu’elle est nécessaire, la lévothyroxine.
Une démarche de naturopathie peut néanmoins être envisagée comme accompagnement, en complément et jamais à la place du suivi médical : travail sur le sommeil, gestion du stress, alimentation variée et activité physique adaptée. Ces conseils généraux ne sont pas des traitements de la thyroïde et ne sont pas, dans les sources consultées, présentés comme tels. Quelques précautions s’imposent :
- informez votre médecin et votre pharmacien de tout complément, plante ou huile essentielle utilisé, car certains produits peuvent contenir de l’iode ou interagir avec un traitement ;
- ne modifiez pas votre traitement sans avis médical ;
- méfiez-vous des promesses de résultat sur une maladie auto-immune : elles ne reposent sur aucune source officielle consultée ;
- un régime d’exclusion strict peut entraîner des carences ; il se discute avec un professionnel de santé.
Questions fréquentes
La maladie de Hashimoto est-elle héréditaire ?
Le Manuel MSD indique qu’elle est souvent héréditaire, et l’Assurance Maladie cite les antécédents familiaux parmi les facteurs de risque. Elle touche surtout les femmes, en particulier entre 30 et 50 ans. Avoir un proche concerné n’implique pas de développer la maladie.
Un dosage d’anticorps anti-TPO suffit-il à diagnostiquer l’hypothyroïdie ?
Non. Selon la HAS, le diagnostic d’hypothyroïdie commence par le dosage de la TSH, complété par la T4 libre si besoin. Les anticorps anti-TPO ne servent pas à poser ce diagnostic : ils permettent de rechercher une origine auto-immune, comme la maladie de Hashimoto.
Peut-on arrêter la lévothyroxine quand on se sent mieux ?
Non, pas sans avis médical. L’Assurance Maladie indique que le traitement se prend à vie sans interruption lorsqu’il est prescrit, car il compense un déficit hormonal. Si vous pensez qu’il ne vous convient plus, parlez-en à votre médecin, qui ajustera la dose d’après la TSH.
Les algues et les compléments à base de varech sont-ils conseillés ?
Le Manuel MSD recommande d’éviter les apports excessifs en iode dans la thyroïdite d’Hashimoto, par exemple par des comprimés de varech ou des algues. Le sel iodé et le pain enrichi en iode restent autorisés. Demandez conseil à votre médecin avant d’en consommer.
Faut-il suivre un régime sans gluten en cas de maladie de Hashimoto ?
Les données sont limitées : une méta-analyse de 2023 portant sur quatre études conclut que les preuves ne suffisent pas pour recommander ce régime à toutes les personnes atteintes. Il ne remplace pas la lévothyroxine. Discutez-en avec un médecin ou un diététicien avant de supprimer des aliments.
Que faire en cas de grossesse ou de projet de grossesse ?
Signalez-le sans attendre à votre médecin. La HAS indique que la dose de lévothyroxine doit généralement être adaptée en début de grossesse et qu’un avis endocrinologique est recommandé en cas de grossesse ou de projet de grossesse. Un dosage de la TSH est proposé aux femmes à risque.
Pour aller plus loin
- Thyroïde et alimentation : repères et limites du soutien naturel
- Traitement de l’hypothyroïdie : alimentation, compléments et suivi
- Naturopathie et thyroïde : ce que disent les sources médicales
- Symptômes du lupus : diagnostic et prise en charge
Sources
- HAS : Dysthyroïdies, la HAS publie un socle complet de recommandations — diagnostic par la TSH, rôle des anti-TPO, lévothyroxine, forme fruste, grossesse
- Assurance Maladie : Comprendre l’hypothyroïdie et ses causes — fréquence, causes dont Hashimoto, facteurs de risque, iode en France
- Assurance Maladie : Hypothyroïdie, un traitement à vie — lévothyroxine, modalités générales, suivi par la TSH
- Manuel MSD pour le grand public : Thyroïdite d’Hashimoto — définition, symptômes, diagnostic, traitement, précaution sur l’iode
- American Thyroid Association : Selenium supplementation (Clinical Thyroidology for Patients, juillet 2024) — état des preuves sur le sélénium dans la thyroïdite d’Hashimoto
- PubMed : Effect of gluten-free diet on autoimmune thyroiditis progression in patients with no symptoms or histology of celiac disease, a meta-analysis — état des preuves sur le régime sans gluten (4 études, 87 patients)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

