Mis à jour le 9 octobre 2026
- Un complément alimentaire n’est pas un médicament : il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique et ne nécessite pas d’autorisation de mise sur le marché, selon l’ANSES.
- Pour une personne en bonne santé, une alimentation variée et équilibrée couvre en général les besoins ; les carences sont rares, la vitamine D étant l’exception citée par l’ANSES.
- Certaines situations justifient un avis professionnel : grossesse, allaitement, enfants, personnes âgées, régimes sans produits animaux, traitement en cours.
- Les contrôles de la DGCCRF (enquête 2023, publiée en 2025) relèvent environ un tiers d’établissements en anomalie, notamment pour des allégations interdites.
- « Naturel » ne signifie pas « sans risque » : doses élevées, interactions et produits mal étiquetés existent ; les effets indésirables peuvent être signalés à l’ANSES.
Les compléments alimentaires naturels peuvent compenser un besoin précis, mais ils ne sont ni nécessaires pour tous ni dépourvus de risque. Les autorités françaises rappellent qu’ils complètent l’alimentation sans la remplacer, qu’ils n’ont aucun effet thérapeutique revendiqué et que son choix mérite l’avis d’un professionnel de santé dans plusieurs situations.
Voici ce que disent l’ANSES, la DGCCRF et la Mayo Clinic sur la réglementation, l’utilité réelle, les risques, les interactions et les moyens de repérer une promesse trompeuse.
Qu’est-ce qu’un complément alimentaire, et comment est-il encadré ?
Selon l’ANSES, un complément alimentaire est une source concentrée de nutriments ou d’autres substances, vendue le plus souvent en gélules, comprimés ou liquides. Il ne nécessite pas d’autorisation de mise sur le marché : les produits sont déclarés à la DGCCRF, et des listes fixent les vitamines, minéraux et plantes autorisés ainsi que des doses maximales pour les vitamines et minéraux. Le fabricant est responsable de la sécurité et de l’étiquetage.
Un complément ne peut, par définition, revendiquer aucun effet thérapeutique, et seul un nombre limité d’allégations de santé est autorisé. En France, environ 22 % des adultes et 14 % des enfants en consomment, d’après l’étude INCA 3 (2014-2015) citée par l’ANSES, avec des achats en ligne en forte hausse.
Un complément naturel est-il sans risque ?
Non. L’origine végétale, marine ou minérale d’un ingrédient ne garantit pas son innocuité, et aucune des pages consultées ne retient le caractère « naturel » comme un critère de sécurité ou d’efficacité. L’ANSES indique que des compléments de vitamines et minéraux peuvent faire dépasser les niveaux maximaux de sécurité, surtout s’ils s’ajoutent à des aliments enrichis. Elle a rendu des avis sur des produits comme la levure de riz rouge, la mélatonine ou les boissons énergisantes.
La Mayo Clinic signale de son côté que certains compléments antioxydants à fortes doses ont été associés à des risques pour la santé, et qu’ils peuvent ne pas apporter les mêmes bénéfices que les antioxydants contenus dans les aliments.
La DGCCRF illustre le problème des produits mal formulés : lors de son enquête, un produit à base de levure de riz rouge contenait plus de monacoline K que la limite réglementaire par portion.
Faut-il prendre des compléments alimentaires ?
Dans la majorité des cas, non. L’ANSES indique qu’une alimentation variée et équilibrée, associée à une activité physique régulière, couvre en général les besoins nutritionnels ; les carences sont rares, la vitamine D étant l’exception notable. La Mayo Clinic estime que les compléments ne sont en général pas nécessaires chez des personnes en bonne santé qui mangent de façon variée.
Certaines situations peuvent justifier un apport, toujours après avis d’un professionnel de santé :
- grossesse, enfance et vieillissement, où les besoins sont accrus (ANSES) ;
- alimentation végétalienne, pour la vitamine B12, ou faible consommation de poisson, pour les acides gras EPA et DHA (ANSES) ;
- femmes pouvant devenir enceintes ou enceintes (acide folique, vitamines prénatales), adultes de plus de 50 ans (vitamine B12), personnes de plus de 65 ans (vitamine D), selon les repères de la Mayo Clinic ;
- troubles de l’absorption des nutriments ou chirurgie digestive (Mayo Clinic).
Les besoins varient d’une personne à l’autre et ne se déduisent pas d’une publicité : c’est un professionnel de santé qui peut dire si un apport est justifié dans votre cas, et pour quelle durée de prise.
Une fatigue durable ne doit pas être traitée par un complément pris au hasard : sa cause doit d’abord être recherchée avec un médecin.
Comment repérer une promesse trompeuse ?
La DGCCRF a contrôlé 270 établissements en 2023 (résultats publiés le 3 novembre 2025). Des anomalies ont été relevées chez environ un tiers d’entre eux : 37 % de non-conformités pour les produits non destinés exclusivement aux enfants et 20 % pour ceux destinés aux enfants.
Les anomalies les plus fréquentes sont des allégations thérapeutiques interdites (promesses thérapeutiques de prévention ou de traitement), des allégations de santé non autorisées, des comparaisons avec des fruits et légumes ou avec des professionnels de santé, et des mentions obligatoires manquantes comme la quantité à consommer. Pour la levure de riz rouge, 17 produits contrôlés sur 20 étaient non conformes sur l’allégation relative au cholestérol.
Des analyses en laboratoire sur 45 produits destinés aux enfants ont relevé 27 échantillons non conformes, surtout pour des écarts de teneur en vitamines ou minéraux. L’ANSES recommande donc de se méfier des produits aux effets « miracles » et d’acheter auprès de circuits de confiance.
Quelles précautions prendre en cas de traitement, de grossesse ou de maladie ?
L’ANSES conseille aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et aux personnes qui prennent des médicaments de consulter un professionnel de santé avant de consommer un complément. Elle recommande aussi de respecter les instructions du fabricant et d’éviter les prises prolongées, répétées ou multiples dans l’année sans raison précise.
La Mayo Clinic invite à interroger le médecin ou le pharmacien sur d’éventuelles interactions avec les médicaments pris et sur les effets indésirables. Les pages ouvertes ne détaillent pas les interactions de chaque plante ou nutriment ; seul un professionnel peut analyser votre situation.
Sites cités dans l’article d’origine : ANSES, Santé publique France et NCBI.
Que faire en cas d’effet indésirable ?
L’ANSES coordonne depuis 2009 le dispositif de nutrivigilance, qui recueille les effets indésirables liés aux compléments alimentaires, aux boissons énergisantes, aux aliments enrichis, aux nouveaux aliments et aux aliments pour régimes particuliers. Un effet inattendu (troubles digestifs, réaction allergique, symptôme cardiovasculaire, etc.) doit être signalé à un professionnel de santé, qui peut le déclarer ; les particuliers peuvent aussi déclarer eux-mêmes, même s’il est préférable de contacter d’abord un professionnel.
Pour l’ANSES, un effet indésirable est une réaction nocive survenue dans les conditions normales d’emploi ou à la suite d’un mauvais usage ; il peut être digestif, allergique ou cardiovasculaire, entre autres. Arrêtez le produit et consultez rapidement un médecin si les symptômes sont importants ou persistent. N’interrompez en revanche aucun traitement prescrit sans l’avis de votre médecin.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un complément alimentaire et un médicament ?
Un complément alimentaire est déclaré à la DGCCRF mais ne nécessite pas d’autorisation de mise sur le marché, et il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique, selon l’ANSES. Cette différence de statut explique que l’évaluation préalable d’un complément soit moins poussée que celle d’un médicament.
Un complément alimentaire peut-il interagir avec mon traitement ?
C’est possible. La Mayo Clinic recommande d’interroger son médecin ou son pharmacien sur les interactions, et l’ANSES conseille aux personnes sous traitement de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’en consommer.
Peut-on prendre des compléments pendant la grossesse ?
Demandez toujours l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme. L’ANSES le conseille aux femmes enceintes et allaitantes, tandis que la Mayo Clinic cite l’acide folique et les vitamines prénatales parmi les apports qui peuvent convenir dans ce contexte.
Faut-il un complément quand on est végétalien ?
L’ANSES cite les personnes végétaliennes parmi celles pour qui la vitamine B12 peut être nécessaire. Le choix du produit et son suivi relèvent d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un diététicien.
Comment savoir si une allégation est trompeuse ?
Un complément ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique : la DGCCRF sanctionne ces allégations. Méfiez-vous des produits « miracles », sans quantité à consommer indiquée, ou vendus hors circuits de confiance, comme le conseille l’ANSES.
Où signaler un effet indésirable lié à un complément ?
Auprès d’un professionnel de santé, qui peut le déclarer au dispositif de nutrivigilance de l’ANSES. Les particuliers peuvent aussi déclarer eux-mêmes, via le portail de signalement, l’anonymat du patient étant préservé.
Pour aller plus loin
- Compléments alimentaires : risques, précautions et bon usage
- Lire l’étiquette d’un complément alimentaire : repères
- Compléments alimentaires : cadre, risques et précautions
- Compléments alimentaires pour la digestion : ce qu’on sait
Sources
- ANSES : Food supplements, the need for informed consumption — définition, réglementation, usage en France, besoins, risques, conseils
- ANSES : Fiche Nutrivigilance — dispositif de nutrivigilance, produits concernés, conseils aux consommateurs
- DGCCRF : Compléments alimentaires, des anomalies encore trop nombreuses — résultats de l’enquête sur les contrôles 2023 (publiée le 3 novembre 2025)
- Mayo Clinic : Dietary supplements, what to know — personnes pouvant avoir besoin de compléments, antioxydants à fortes doses, interactions
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

