Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les bases de la nutrition pour les enfants reposent sur la variété : fruits et légumes, féculents (de préférence complets), protéines, produits laitiers ou équivalents, et peu de matières grasses, de sucre et de sel (OMS, NHS, Mayo Clinic).
- Le guide alimentaire britannique (Eatwell Guide) ne s’applique pas avant deux ans ; à partir de deux ans, l’enfant peut manger comme le reste de la famille, dans les mêmes proportions.
- L’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’énergie, d’éviter les boissons sucrées et de ne pas ajouter de sel ni de sucre aux aliments des jeunes enfants.
- Avant deux ans, l’OMS recommande l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, puis une diversification avec des aliments variés tout en poursuivant l’allaitement.
- Les besoins varient selon l’âge et la croissance ; en cas de doute sur la croissance, l’appétit, le poids ou un régime particulier, demandez l’avis du médecin ou du pédiatre.
La nutrition pour les enfants n’exige ni régime strict ni produit particulier : les organismes de santé décrivent une alimentation variée, qui associe fruits et légumes, féculents, protéines et produits laitiers, et qui limite le sucre, le sel et les graisses saturées. Les besoins précis dépendent de l’âge, de la croissance et de l’activité de chaque enfant.
Cet article reprend les repères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du service de santé britannique (NHS) et de la Mayo Clinic. Ce sont des repères généraux, pas une prescription : pour un enfant malade, très petit, en retard de croissance ou suivant un régime particulier, l’avis du médecin prime.
Quels sont les principes d’une alimentation équilibrée chez l’enfant ?
Le guide alimentaire britannique (Eatwell Guide), repris par le NHS, recommande de viser l’équilibre sur la journée ou la semaine plutôt qu’à chaque repas. Les fruits et légumes d’une part, les féculents d’autre part, représentent chacun un peu plus d’un tiers de l’assiette ; les protéines, les produits laitiers ou leurs alternatives, et les huiles occupent une part plus petite. Les aliments riches en graisses, en sel et en sucre se situent en dehors de ce schéma et sont à consommer moins souvent et en petites quantités.
Le NHS précise que ce guide ne s’applique pas aux enfants de moins de deux ans. À partir de deux ans, les enfants peuvent manger les mêmes aliments que le reste de la famille, dans les proportions du guide.
Que proposer : fruits et légumes, féculents, protéines, produits laitiers ?
La Mayo Clinic détaille les choix pour les enfants, par groupe d’aliments.
- Fruits : variés, frais, surgelés, en conserve ou secs ; pour les fruits en conserve, préférer ceux conservés dans leur propre jus pour limiter le sucre ajouté.
- Légumes : variés, frais, surgelés ou en conserve ; inclure chaque semaine des pois ou des haricots et des légumes colorés, et préférer les versions pauvres en sel.
- Céréales complètes : pain ou pâtes complets, flocons d’avoine, riz brun, quinoa.
- Protéines : poissons et fruits de mer, viandes maigres et volaille, œufs, légumineuses, produits à base de soja, oléagineux non salés.
- Produits laitiers : lait, yaourt et fromage, de préférence pauvres en matières grasses selon la Mayo Clinic ; les boissons au soja enrichies comptent comme équivalent.
Le NHS ajoute pour sa part de choisir des versions complètes ou riches en fibres des féculents, de consommer du poisson chaque semaine, dont du poisson gras, et d’utiliser les huiles insaturées avec modération. Ces conseils s’adressent à l’ensemble de la population ; les quantités adaptées à votre enfant dépendent de son âge et de son appétit.
L’OMS donne un repère pour les fruits et légumes : environ 250 g par jour entre 2 et 5 ans et 350 g entre 6 et 9 ans. Il s’agit d’un ordre de grandeur, pas d’une obligation à chaque repas.
Quels aliments limiter : sucre, sel, graisses ?
L’OMS formule des limites générales, en pourcentage de l’énergie apportée par l’alimentation.
- Sucres libres : moins de 10 % de l’énergie quotidienne, et si possible moins de 5 % pour un bénéfice supplémentaire. L’OMS ne recommande pas les édulcorants comme substituts.
- Graisses : préférer les graisses insaturées (poissons, oléagineux, huiles végétales) ; limiter les graisses saturées et éviter les acides gras trans industriels.
- Sel : l’essentiel provient souvent des aliments transformés ; limiter ces derniers aide à réduire l’apport.
La Mayo Clinic recommande pour sa part de lire les étiquettes, de choisir des céréales peu sucrées, d’éviter les boissons sucrées et de limiter les jus aux jus de fruits purs sans sucre ajouté. Le NHS limite aussi la part des jus et des smoothies dans la consommation de fruits. Les sucres naturellement présents dans les fruits et le lait ne sont pas comptés comme sucres ajoutés par la Mayo Clinic.
Pour les collations, la Mayo Clinic suggère de remplacer les chips et les biscuits par des fruits et des légumes. Aucune des sources consultées ne classe de produits comme « interdits » : le message porte sur la fréquence et la quantité.
Que boire ? L’eau est-elle vraiment la boisson de référence ?
Les sources consultées recommandent d’éviter les boissons sucrées (OMS, Mayo Clinic). Le NHS cite parmi les boissons qui comptent dans l’apport en liquides l’eau, le lait pauvre en matières grasses et les boissons sans sucre, et rappelle que les jus de fruits et smoothies sont limités.
Ces pages ne donnent pas de volume précis pour les enfants. Une urine pâle est, selon le NHS, un signe de bonne hydratation, ce qui permet de rester attentif sans compter. En cas de maladie, de fièvre ou de chaleur, l’OMS recommande, pour les jeunes enfants, d’offrir davantage de liquides ; pour un enfant malade, demandez l’avis du médecin.
Comment nourrir un enfant avant deux ans ?
L’OMS recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois, puis la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans et au-delà, avec des aliments complémentaires variés, sûrs et riches en nutriments à partir de six mois.
Ces aliments sont introduits en petites quantités, dont on augmente progressivement la quantité, la consistance et la variété. Le nombre de repas augmente avec l’âge, avec une ou deux collations selon les besoins. L’OMS recommande :
- de ne pas ajouter de sel ni de sucre aux aliments des enfants de cet âge ;
- d’inclure des aliments d’origine animale (viande, poisson, œufs) ainsi que des fruits et légumes ;
- de limiter les féculents et d’éviter les aliments riches en sucre, en sel ou en acides gras trans, ainsi que les boissons sucrées ;
- de pratiquer l’alimentation « réactive » : observer les signes de faim et de satiété de l’enfant et y répondre.
Pour le choix du lait, les modalités de diversification et la gestion des allergies, suivez les conseils de votre médecin ou de votre pédiatre.
Faut-il donner de la vitamine D ou d’autres compléments ?
Les repères du NHS sur la vitamine D concernent le Royaume-Uni. Il recommande une supplémentation quotidienne toute l’année pour les bébés allaités et pour les enfants de un à quatre ans, et dans les mois d’automne et d’hiver au-delà, avec une supplémentation toute l’année pour les enfants à risque, par exemple ceux qui sortent rarement ou dont la peau est le plus souvent couverte. Il précise que, d’octobre au début de mars, le soleil ne permet pas de produire assez de vitamine D, et que le lait de vache n’en est généralement pas une bonne source.
Ces repères ne sont pas transposables tels quels en France : demandez à votre médecin ou à votre pédiatre ce qui convient à votre enfant. Ne donnez pas de compléments de votre propre initiative : la page du NHS rappelle que des apports maximaux existent selon l’âge, que des doses trop élevées sont possibles, et qu’il faut suivre toute dose indiquée par un médecin.
Quand demander un avis médical ?
Consultez le médecin ou le pédiatre si vous avez un doute sur la croissance de votre enfant, un appétit durablement très faible, une prise ou une perte de poids qui vous inquiète, des symptômes digestifs répétés, une suspicion d’allergie ou d’intolérance, ou si vous envisagez un régime d’exclusion, par exemple végétarien ou sans gluten.
L’OMS rappelle que la malnutrition de l’enfant recouvre à la fois la dénutrition et le surpoids. Cela n’invite pas à surveiller l’assiette avec anxiété, mais à faire suivre la croissance lors des visites médicales. Les restrictions alimentaires sévères ou les régimes pour perdre du poids chez l’enfant ne se décident pas sans avis médical.
Questions fréquentes
À partir de quel âge un enfant peut-il manger comme le reste de la famille ?
Selon le NHS, le guide alimentaire ne s’applique pas aux moins de deux ans. À partir de deux ans, les enfants peuvent manger les mêmes aliments que le reste de la famille, dans les proportions du guide. Avant cet âge, suivez les conseils de votre médecin ou de votre pédiatre.
Quelles boissons éviter pour un enfant ?
L’OMS recommande d’éviter les boissons sucrées chez les jeunes enfants, et la Mayo Clinic conseille d’éviter les boissons sucrées et de limiter les jus aux jus de fruits purs sans sucre ajouté. Le NHS limite la part des jus et des smoothies dans l’apport en fruits.
Les fruits secs et les fruits en conserve comptent-ils ?
La Mayo Clinic indique que les fruits frais, surgelés, en conserve ou secs sont possibles. Pour les fruits en conserve, mieux vaut choisir ceux conservés dans leur propre jus pour limiter le sucre ajouté.
Combien de repas et de collations un jeune enfant doit-il avoir ?
L’OMS indique que le nombre de repas augmente avec l’âge entre six et vingt-trois mois, avec une ou deux collations selon les besoins. Elle recommande surtout de répondre aux signes de faim et de satiété de l’enfant.
Peut-on ajouter du sel ou du sucre dans les repas d’un tout-petit ?
L’OMS recommande de ne pas ajouter de sel ni de sucre aux aliments complémentaires donnés aux enfants dès six mois, et d’éviter les aliments riches en sucre, en sel ou en acides gras trans.
Mon enfant mange-t-il assez de protéines sans viande ?
La Mayo Clinic cite plusieurs sources de protéines pour les enfants : poissons et fruits de mer, viandes maigres, œufs, légumineuses, produits à base de soja et oléagineux non salés. Si votre enfant suit un régime sans viande ou sans produits animaux, demandez conseil à un médecin ou à un pédiatre.
Pour aller plus loin
- Alimentation équilibrée des ados : repères et habitudes simples
- Équilibrer ses repas : repères simples pour composer son assiette
- Alimentation saine des enfants : les repères officiels
- Alimentation et grossesse : repères pour bien manger en sécurité
Sources
- OMS : Healthy diet — repères sur fruits et légumes, sucres libres, graisses, sel, alimentation du jeune enfant
- OMS : Infant and young child feeding — allaitement, alimentation complémentaire, alimentation réactive, malnutrition de l’enfant
- NHS : The Eatwell Guide — proportions des groupes d’aliments, âges d’application, boissons
- Mayo Clinic : Nutrition for kids, guidelines for a healthy diet — choix par groupe d’aliments, limitation du sucre ajouté, du sel et des graisses saturées
- NHS : Vitamin D — repères britanniques de supplémentation chez l’enfant et sources alimentaires
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

