|
Vu dans l'Edito de Alain Tardif (AEMN)
L'année vient à peine de commencer que reprend le triste spectacle d'une société humaine vraiment tombé sur la tête.
Alors que l'association Kokopelli, semencier alternatif bien connu pour son travail de conservation des semences rares, se trouve aux prises dans un procès intenté par la société Baumaux depuis décembre 2005, voici que cette même société Baumaux vient de sortir sur son catalogue un mélange de semences de tomates nommé "tomates kokopelli" !!! On croit vraiment cauchemarder !
Rappelons les faits : Kokopelli oeuvre depuis des années à la conservation de variétés rares de semences de légumes et de tomates, dont certaines, disparues des catalogues des semenciers et grainetiers classiques, font pourtant partie de notre patrimoine, tels le navet de Pardailhan, le melon vert olive d'hiver ou encore la laitue grosse blonde paresseuse (eh oui ! celle que je préfère !). La société Baumaux, grainetier bien implanté, est-ce par jalousie, par mauvais esprit, ou pour une raison bien mystérieuse encore, a décidé d'intenter un procès à l'association Kokopelli en raison que les graines diffusées par Kokopelli sembleraient ne pas être inscrites à des catalogues officiels de graines dûments acceptées au niveau européen et que ladite association n'aurait pas le droit de les distribuer. En fait, Baumaux estime avoir subi un préjudice dû à l'activité de Kokopelli et essaie de faire taire cette association en utilisant une règlementation européenne. l'Etat lui même, qui avait pourtant condamné Kokopelli pour ne pas avoir inscrit ses semences au catalogue officiel avait pourtant renoncé à recouvrer les 17 000 euro d'amende, jugeant qu'en fait Kokopelli oeuvrait comme un "service public" pour reprendre les termes de certains membres du gouvernement lui même.
Le dépôt de la marque kokopelli au 31 octobre 2007 par la société Baumaux, soit deux ans après l'ouverture du procès, semble démontrer une certaine mauvaise foi de la part de cette société. Et la sortie de tomates kokopelli au catalogue de Baumaux constituerait alors un acte de contrefaçon, puisque le dépôt de la marque semble clairement abusif. Quel incroyable imbroglio !!! Espérons que Kokopelli s'en sorte une fois pour toutes... |